‹ Dictionnaire des ouvrages anonymes (volume 5)Chapitre 7 sur 352 · NOTICE BIOGRAPHIQUE. XI · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE. XI

furent pas infructueuses, et M. Barbier sollicita et obtint du ministre de rintôrieur, l'autorisation d'enrichir la bibliothèque du Conseil-d'Etat de divers ouvrages très-remarquables.

Dans la même année (1807), Napoléon, qui avait su apprécier par luimême et par le témoignage de M. le baron Meneval, son secrétaire intime^ les connaissances et les travaux bibliograghiques de M. Barbier^ le nomma son bibliothécaire particulier (1). Il succéda dans cette place à M. Ripault, membre et bibliothécaire de Tlnstitut d'Egypte (2).

Comme bibliothécaire de TEmpereur, M. Barbier fut souvent appelé auprès de lui ; Napoléon se faisait apporter plusieurs fois par semaine» ordinairement pendant et après le repas, quelquefois même dans la nuit, les meilleura ouvrages qui paraissaient, ou ceux que les auteurs avaient envoyés pour lui être présentés (3). Après lui avoir rendu compte de ces nouvelles publications^ le bibliothécaire devenait au besoin son lecteur, lorsque Napoléon, ce qui arrivait souvent, non content de Tavis d'un autre, voulait juger par lui-même. Pendant ses campagnes, toutes les nouveautés lui étaient expédiées chaque jour, avec des analyses et des jugements sur chacune d'elles. Lors de son départ pour Tarmée, il emportait une bibliothèque de voyage composée, en petits formats, de ce qu'il y avait de meilleur en littérature, en histoire, et en livres relatifs au pays qu'il devait parcourir (4).

(1) € La publication du « Dictionnaire des anonymes » ne pouvait manquer d'attirer sur son auteur les regards de Napoléon, si attentif à découvrir partout le mérite et si habile à en tirer parti. » ( c Constitutionnel » du 19 décembre 1835, article nécrologique, par M. Henri Boulaj delà Meurthe.)

(^) Depuis 1804, l'abbé Denina avait été adjoint à M. Ripault, mais seulement comme bibliothécaire honoraire. Depuis cette nomination, M. Ripault s'était désoûté de ses fonc-. tions: et au moment où il fut remplacé par M. Barbier, il avait passé plus d'une année à sa maison de Lacbapelle, près d'Orléans; Napoléon considéra comme un abandon de sa place cet éloignement volontaire de fonctions qui exigeaient une présence habituelle. Voy. « Revue encyclopédique >, t. XXII, p. 766.

(3) Ces livres étaient souvent accompagnés de pétitions ; elles étaient remises ou renvoyées au bibliothécaire de l'Empereur, pour en faire des rapports. C'est sur la proposition de M. Barbier que Napoléon l'autorisa à remettre à la bibliothèque, alors impériale, quelques ouvrages t'.ès-précieuZy tels que les « Fables de Pilpay », imprimées en langue persane, à Calcutta, en 1805; l'c Iliade», en grec, imprimée sur vélin, par Bodoni, et plusieurs autres éditions remarquables de cet imprimeur; la c Jérusalem délivrée », traduite par le prince Le Brun, imprimée également sur vélin.

(4) Napoléon parait avoir eu de tout temps le goût des livres. Voyez en effet ce qu'on lit pp. 14-16 de la brochure intitulée : « Quelques notions sur les premières années de Buonaparte. » Vo^. ce titre au Dictionnaire.

« Pendant la résidence de Buonaparte à l'école militaire de Brienne on y établit une bibliothèque destinée à l'agrément et à l'instruction des élèves. Mais pour nous donner de bonne heure des idées d'ordre et d'arrangement, nos supérieurs avaient décidé que la distribution des livres et l'administration aes fonds consacrés à l'entretien de cette bibliothèque seraient abandonnées k la direction de deux des pensionnaires choisis par leurs camarades. Je fus un des deux sur lesquels tomba le choix de mes condisciples. Je consacrai à cette occupation mes loisirs de trois ans; et ce fut peut-être le temps le plus agréable de ma vie. Voilà ce qui me donna de très-fréquentes occasions de voir Buonaparte, qui, si l'on m*en avait cru, eût été réputé le plus propre à être notre bibliothécaire. Nos camarades en jugèrent autrement. Il eût peut-être d'ailleurs dédaigné ce petit hommage. Il

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