LUI
listes révèlent a eu sa part, grande ou minime, d'influence, et nos devises peuvent être le point do départ d'une élude sur chacun d'eux ; j'aurais pu placer des annotations plantureuses sous la plupart des noms que j'ai catalogués ; lo commentaire est tout priH; mais j'ai relenu un conseil d'une spirituelle dame du xvni* siècle, conseil qui n'agrée guère à l'érudition, et non est pas moins précieux : < Il ne faut pas retourner le fond du sac ! »
Eh bien, suit ! — Pour l'heure, en essayant de présonter ici quelques observations sur le caractère de nos devises littéraires, je m'attacherai à relever les traits généraux qui s'offrent les premiers dans une vue d'ensemble. Or, ce qui frappe tout d'abord, c'est le sens religieux et moral du très grand nombre de ces devises : témoignages de la fermeté des croyances, elles s'élèvent avec autant de force que de simplicité, au milieu des luttes et des calamités publiques, comme une prière ou un cri d'espéranco. A côté de ces ardentes ou sereines affirmations, se manifestent les énergiques convictions, cette confiance en soi où s'accusent chez l'écrivain la virilité du tempérament et la sincérité de la foi littéraire. Voilà pour les traits de grandeur. Mais il y a des ombres au tableau. Le pédantisme a été le grand défaut du temps : son dogmatisme, ses entortillages, ses attitudes sottes et compassées, ses élégances outrées, sa fureur d'imitation, offusquent de toute part ; il fait grimacer tous les visages. Nos devises n'on sont pas exemptes, tant s'en faut ! Le lourd apparat et tous les abus de la fausse science s'y révèlent, non-seulement dans les emprunts faits aux langues savantes ou étrangères, mais encore, et surtout, dans la recherche des constructions bizarres et imprévues, dans les tours de force et les laborieuses puérilités de l'anagramme, enfin dans ce fanatisme de l'inouï qui a inspiré à quelques-uns des phrases aujourd'hui absolument inintelligibles et qu'ils n'entendaient peut-être pas eux-mêmes, vrais casse tête dont l'invention était digne de ce siècle d'abstracteurs de quintessence (1).
Après avoir ainsi déterminé les caractères généraux qui s'offrent do primo abord à l'observation, si nous descendons aux détails do l'analyse, un examen attentif nous fournira la matière de nouvelles remarques en nous faisant pénétrer dans la connaissance plus intime de nos devises. Pour faciliter cette petite étude, on poul grouper les devises littéraires en trois catégories différentes :
Celles que j'appellerai de sélection ; elles sont simplement lo résultat d'un choix, plus ou moins heureux, fait dans les Saintes Écritures et dans les œuvres des écrivains de l'antiquité ou des auteurs étrangers (2) ;
Celles d'inspiration, qui sont l'œuvre originale de l'écrivain ou du poète ot ont été
[IJ Comme les devise*, les anagrammes ont uue origine Tort ancienne. (Voy. les Jtémoiret de littér. aniiq. de M. Em. Egger. Parit. lSf>2. in-S, p. m;. La passion de l'anagramme a sévi longtemps et cruellement dans la période à laquelle appartiennent nos devises; c'est a l'anagramme surtout qu'elles doivent leurs formules étranges. Les rencontres fortuites ou les laborieux miracles de la transposition leur ont rarement donne quelque apparence d'originalité ; en revanche, que de bi/irreries. et quelle tournure singulière ont la plupart des pauvrettes! Leur physionomie nVst pas iVensemblt. et elles ont garde comme le torticolis du malheureux rèvasseur qui resta des jours entiers a attendre d'eu h uit la révélation de leur fantasque structure. Mais U critique ne peut mtttre le fait a néant . il faut donc l'accepter et même chercher a expliquer un goût si universel qu'il devint presque une science dont le docte et grave Plorimond de Kavmond n'a pas craint de Taire l'éloge dans son Anti-chriit, et G. Frobon de donner les règles sous le litre d'Annagramma-
[2) Surtout italiens. Ce seul trait suffirait a prouver combien fut grande alors dans notre littérature Tinfluenrc italienne expliquée en tant d'écrits spéciaux, notamment dans l'excellent livre de feu Rathcry.
LES DEVISES DES VIEUX POETES
inventées de toutes pièces : chose digne de remarque, olles sont les moins nombreuses :
Enfin, celles do combinaison, produits de l'industrie et de l'ingéniosité des patients esprits qui se délassaient aux mosaïques de l'anagramme, aux complications du rébus, aux surprises du calembour.
Mais, dans ces catégories mômes, que de variétés ! que do mots heureux, d'inventions drolatiques, de rencontres singulières ! C'est un curieux défilé que celui de ces devises de toutes tailles, de toutes formes, de toutes couleurs.
II y a les hautaines et les glorieuses : Suffire ou rien (Calvi de la Fontaine); In magnis voluissc sat est (Abel d'Argent); Aï pour salaire, ni pour complaire (B. de Verville); Nec turbœ, nec in turbam (Alex. Boutoroue); im mort ni mord, devise de Cl. Marot, si bien vérifiée depuis ;
Les outrecuidantes et les confiantes : Vela un docte élu (Claude Nouvellet); Mieulx qui pourra (D'Adonvillo) (1); A maintenir (Jean Martin, qui se décornera lui-même un glorieux brevet d'inventeur : J'ay bien chotsi à maintenir !); Immortalité, par Nicole de Bargedé, malheureux mâcho-laurior, qui, comme tant d'autres écrivains du temps, a si pieusement fait mentir sa devise (2).
Les poétiques et les gracieuses : Cœlum non solum (P. de Mesmes (3); Vita ut rosa (Martin). Cctto dernière est d'un médecin; or, cela est au moins fort singulier, dans toute cette masse de devises de poètes, les deux que je viens de citer sont les seules, ou à pou près, qui offrent quoique image poétique ;
Celles des ames qu'un sentiment pieux ou une grande pensée morale ont inspirées ; celles-là, en revanche, sont nombreuses : En Dieu la fin (Pyochet de Sallin); Fors Dieu tout passe (Charles Fontaine); Honneur te guide (H. Salel); Le content est riche (J. Le Febvre); Servir à Dieu, c'est régner (Yves Rouspcau); Vircscit vulnere virtus (Oronce Finé); Vouloir et espérer (Philib. Bugnyon), et ce beau mot de Gentien Hervet, qui rachète toutes les sottises qu'a pu inspirer la fureur des devises littéraires : Qu» patitur vincit!
Celles des épicuriens et des sceptiques : Tout vienne à bien (P. Çrignon); Riand jhe vy (Jean Divry) (4); Moins et meilleur (J. Pelletier); Loisir et liberté (B. des Perriers; Jouyr ou rien (Noël du Fay); In otio negotium, mot de Nicolas Denizot, que Guill. des Autelz a traduit pour son usage : Travail en repos ;
Celles des mystiques, des mélancoliques ou des transis : Le lianny de liesse (Fr. Habert); L'espérant mieulx (J. Leblond); Mort ou mercy (N. de la Boicière); Soupir d'espoir (Béranger de Latour); Triste et pensif (Mich. Marot); Fy de soulas, ce qui est aussi do Fr. llabort, le Danny de liesse :
Les stoïques : De peu assez (J. Le Maire); Persistant donec potior (Est. de la
(1) Voyez, sur ce poetc. les curieuse pièces et les détails peu connus donnes dans le recueil d'A*c. p»*> franç., de M. de Montaiglon, t. XII. p. 328. et t. XIII. |>. 6S et suiv. (?) Il est vrai qu'il avait celte autre: Moins que rien' Etait-re pour expier la première »
(3) En rappelant une des deux devises de Jean-Pierre de Mesmes. je ne puis me dispenser de citer sa > * par ColleM, publiée par M.. T. de Larroquc, et enrichie de si savants et si judicieux commentaires. T;n.. a part du Cabintl hittoriq., 1S7S. in-S, 28 p.). M. Taiciîey de larroquc nous apprend que notre devis*- ft: adoptée plus tard par Jean-Jacques Boilcau, sous cette forme: c<rh no* sol» ^p. 21, note 1).
(4) Voir sur ce poète les notes de M. de Montaiglon (Ane. pois, (ranr., t. IV, p. 85, et t. VII. p. IV
LES DEVISES DES VIEUX POÈTES. LV
Guette); Quoy qu'il advienne (Anl. du Saix); Plustost mourir (J. Grevin); En ma peine repoz (J. Grangier);
Enfin, celles simplement baroques, cocasses ou ridicules: L'envie d'envie en vie \iacq. Gohorry, qui décline ici comme son futur émule Trissotin); Rien bigarc (Jean Birger); Miculx que pis (G. Crétin; pauvre Crétin ! il a du moins le mérite d'avoir exactement rempli son modeste programme); Si peu que plus (D. J. Sanyon (I); Ou mort ou vie [Fr. de Belleforest, dont le dilemne vise au sublime, mais a tout l'air du sublime de M. de la Palisse).
Je n'en finirais pas si je voulais pousser jusqu'au bout cette docte litanie, et je ne puis refaire ici le charmant article do Ch. Nodier (2\ auquel il vaut mieux renvoyer le lecteur pour le délasser de tout ceci.
Dans la dernière partie de cotte élude, je serai plus sobre : nous arrivons au but vers lequel tout ce qui précède n'a été qu'un acheminement. Je vais donner les devises que j'ai promises, c'est-à-dire celles qui ont échappé aux recherches de mon prédécesseur. A cause de cola même, il se trouve que, dans la liste offerto à mes lecteurs, on ne rencontre aucun des grands noms de la période de transition dans laquelle se circonscrivent nos recherches, et cependant j'ose croire que les devises ici restituées no paraîtront ni les moins remarquables, ni les moins curieuses. Fort bien ! Mais quel intérêt s'attache à la connaissance de ces devises ? Les aperçus qui précèdent pourraient répondre suffisamment à la question ; je demande pourtant à ajouter ici une dernière considération.
Outre leur curiosité propre, nos nouvelles devises ont le privilègo de faire passor sous nos yeux une grande partio de cette innombrable classe de lettrés qui forme la plèbe littéraire aux xv' et xvi* siècles. N'y a-t-il pas dans cette foule quelque talent ignoré à découvrir? Nous voilà sur leurs traces.. Mais il y a mieux que cela; les basfonds de la littérature ont toujours été dédaignés par la haute critique, celle qui s'écrit trop souvent avec dos grands mots et des opinions toutes faites; on n'y a donc guère regardé jusqu'à ce jour; à peine quelques érudits, presque sans conséquence (je leur demande très humblement pardon, et libre à eux d'ailleurs de me dire : Parlez pour
(l) Cette assez niaise devise est une sorte de mauvaise variante de cette autre : Si Peu Qu* Rit*, l'une des interprétations de l'inscription des enseignes romaines SPQR, dont la très singulière kyrielle se lit avec plaisir au ch. \\i (Des Notes) des Bigarrure* et Touches du seigneur des AccorJs (ed. 'de Rouen, 161S, [». in-8, p. 291-95).
i3) V. l'un des plus piquants articles annexes aux premiers numéros du Bultet. du Biblioph., lrt série, n° 16 {Des artificts que certains auteur» ont employé» pour déguiser leurs nom» ; 1835. in-8). Si l'on veut élargir un peu le cadre de cette rtude, on consultera, entre autres, un des curieux livres du P. Menestrier: Devises des prince*, cawliers, dame*, sçaran*. etc. Paris. 1GS3, in-8; cest le tome II de la Philosophie des images, compilée d'un ample recueil de devines. Plus tard, le P. Menestrier donna, presque sous le même litre, un ouvrage tout différent : la Philosophie de* imngts énigmatiquet ; Lyon. 1001. in-12. ou se rencontre une bibliographie des auteur* qui ont publie des recueils de drvises ou traiie ce sujet.
LVI LES DEVISES DBS VIEUX POÈTES
vous !); à peine quelques érudits ont porté leur curiosité sur des personnages isolés; aucune étude d'ensemble.
Eh bien ! celte abstention est un très grand tort. Toutes les causes actives et fécondes qui se sont formées sous l'influence des traditions et des milieux ; tous les éléments étrangers ou indigènes qui ont servi à animer et nourrir le génie ; les forces mystérieuses qui suscitent, dirigent, retardent ou précipitent le progrès intellectuel et le bon goût du public, tout cela se retrouve, bien plus nettement accusé dans cet ordre subalterne où il n'y a pas assez d'art et de puissance chez l'ouvrier pour nous dérober les inductions que cherche notre analyse. L'histoiro officielle biffe dédaigneusement ce qu'elle appelle la littérature de second ou de troisième ordre et les œuvres dites populaires. Aussi, rcsle-t-elle dans l'ornière de la routine; elle se momifie sous les bandelettes consacrées. Les maîtres do la critique, en rendant leurs oracles, ne nous donnent guère que de savantes ou ingénieuses variantes d'un môme texte ; les mêmes sujets sont éternellement ressassés : on nous apprend à connaître et à juger, d'après les règles, certains écrivains, quelquefois certains groupes de lettrés ; mais la littérature elle-même, la formation, les développements, la marche de- cette suprême manifestation de la vie intellectuelle d'un peuple, au milieu de laquelle le grand homme lui-même n'apparaît que comme un accident, il n'en est pour ainsi dire pas question. Eh bien ! c'est dans ces basses régions littéraires, si dédaignées, qu'on voit sourdre et s'élever la sève, encore grossière mais pleine de vie et de force, prise aux sources troubles du fonds commun et qui aura sa brillante efflorescence dans les œuvres de génie.
Les œuvres de génie ! Sans doute, c'est à elles qu'aboutit la grande élaboration collective des intelligences, et il y a plus de charme à se perdre dans la contemplation de Dante, de Shakespeare et de Molière, que de suivre péniblement la marche de l'esprit humain en des œuvres confuses, dépouillées d'idéal, presque informes et bégayantes. Mais le véritable et l'entier profit où sera-t-il ? Ne faut-il pas d'abord connaître tous les éléments de vitalité qui circulent dans les champs immenses de l'art littéraire, et n'apprécierons-nous pas mieux ensuite la richesse et le charme des belles cultures qui en sont l'honneur ? Eludions ces poètes sans art, ces écrivains infimes, où so rencontrent d'une façon beaucoup plus complète les sentiments et l'expression delà réalité, qui sont l'écho du langage, des idées, des sensations, des jugements et des passions de la masse. Leurs futilités, leurs bizarreries elles-mêmes ne rendent pas seulement témoignage contre eux ; elles montrent, par la perpétuité et l'universalité de ces défauts dans leurs ouvrages, quels étaient l'esprit et le goût du siècle, de même que la multiplicité et le caractèro de leurs poésies érotiques déposent contre les mœurs. Ce sont donc des témoins précieux, et l'histoire proprement dite les revendique aujourd'hui. Eh 1 pourquoi ne les interrogerions-nous pas aussi, nous qui voulons connaître intimement et voir en pleine lumière les trésors de notre littérature ? Or. comment apprécier avec exactitude la valeur et la portée de leur témoignage si nous no les connaissons pas eux-mêmes ? Ils frappent à la porte et nous disent : C'est moi ! — Qui, vous ? — Nos malins du vieux temps répondent par mille subterfuges ou fauxfuyants; parfois, ils font comme Protée ; mais nous autres, impassibles chercheurs, nous les saisissons à la gorge, et, de gré ou de force, il faut bien s'expliquer. A la
LES DEVISES DES VIEUX POBTBS
vérité» quelques-uns nous ont fait la courtoisie très grande de s'expliquer d'eux-mêmes. ' Voilà de rude besogne toute faite.
Ne me suis-je point fait illusion? N'ai-je pas exagéré l'importance des inductions nées de mon sujet ? Ce n'est pas ici que je puis entrer à fond dans la discussion ; un plus habile pourra corriger et compléter ce que je n'ai fait qu'effleurer. D'ailleurs, comme l'a spirituellement affirmé le maître : « Il n'est pas absolument nécessaire d'être allé à Corinthe pour en indiquer le chemin. » A tout événement, je ne me suis chargé que de fournir quelques provisions de voyage, et, c'est Parmentier qui le dit en sa devise : Vela de quoy ! (1).
Ab œterno.
AEVONMDR.
RDMNOVEA.
A maintenir'.
A naistre ou bien estre.
A raison cède.
Arbre d'arbrisseau.
Ardens os vatis.
Art donné des ars.
Advis esprouvé.
Cl. d'Esternod.
Florimond de Rœmond (2).
Jean Martin.
André Bretonnayau.
Jean de Coras.
Ch. de Navière.
André do Rossant.
Le même.
Yves Rouspeau.
Bel art d'ange.
Bon (le) berger.
Bonté acquise.
Bouche (la) de vérité.
Ce sera que sera.
Christus quo me vocal.
Clarus votes orbis.
Corona finis Victoria vitœ.
Cres. cens. spe. ro.
Abel d'Argent.
Jehan de Brie.
Jehan Bosquet.
Hector (Eustorg) de Beaulieu
Jacques D'Adonville (3).
M. Bouchart.
Alex. Boutoroue.
Jehan Serre.
Pierre Crespet.
(!) Je donne ici simplement la partie de ma récolte, qui peut se joindre à ecllede M. Pr. Blaneliemain. le premier et le seul, a ma connaissance, qui ait répondu à l'appel Tait, il y a bien des années, par M. de Monlaiglon, dans une note des Ane. pot*, franraittt. Quoique ma liste ne renferme presque exclusivement que des poètes, a l'imitation de mon prédécesseur, j'y ai admis quelques prosateurs du même ttmps. Il ne me convient pas; sous prétexte de mieux Taire (innocente manie de tous découvreurs, reetiOcaicursct complément leurs}, de tn'ingénier a créer une classification autre que celle adoptée par mon savant confrère; il est allé tout droit et sans façon a l'ordre alphabétique; ma paresse et la commodité du lecteur ne sauraient y trouver a redire.
(2) Cette singulière devise qui offre les lettres composant le nom de l'auteur des Brreurt populaires ér la poptiM Jeanne (1599. p. in-8) entoure, en partie, une sphère sur le titre de ce dernier ouvrage ; on la retrouve disposée de la même façon, sur les titres des opuscules saivauts : De la Couronne du soldai (1591) ; Aux Mar- <yrt (1594), in-8,
(3) Ou bien . Ce que $era tera : M. Blanchemain la rapporte sous cette autre forme, mais pas très exacte
LVIII LES DEVISES DES VIEUX POÈTES
Cy j'estandray de la vigne ung vert jus.
André de la Vigne (1).
De bien en mieulx.
De muerte vida.
De voir tard envie.
Deo gloria et gratta.
Des astres mon espoir.
Dieu pour guyde.
Du don de Dieu je suis content.
Durior est spectatœ virtutis quam
incognito? conditio.
Durum patientiâ frango.
Ferrand Deboz (2).
Hiérosme d'Avost (3).
Antoine Du Verdier.
Léger du Chesne.
A. Bouteroue.
Philib. Guyde, dit Hégémon (4).
Paul Contant.
Et. Dolet (5).
Michault Taillevent.
Ex tcû ircîoû irsvXi).
En ma peine repoz.
Esperonnier (t) de discipline.
Espoir de mieulx en soulas nous fait vivre jusque à la fin.
Jérôme de Monteux (6).
J. Grangier.
Ant. du Saix.
Franç. Girault.
Fac et spera.
Felice l'aima che per Dio sospira.
Jehan Le Maire (7).
Pierre Poupo (8).
(1) Ceci n'est pas proprement une devise ; mais j'ai cru devoir relever, à cause de sa curiosité, ce vers rryptonyme par lequel l'auteur de la Farci du Meunier termine les » Complaintes et epilaphes du Roy de la Bnzochc >, et qui offre un des plus singuliers exemples de signature équiroquée. On en peut rapprocher un vers-signature d'un poète alors célèbre, Guillaume Dubois, beaucoup plus connu sous le pseudonyme de Crétin: ce vers sert de début a la formule de salutation de l'epltrc <* (r. Jehan Martin: « Le G (geai) do bois (G. Dubois\ alias dit Crétin » (Edit. Coustelier. 1723. p. 248j.
(2) Celte devise était aussi celle de Maximien. Il faut croire qne les emprunts de devise ne passaient pas pour vilenies; nous ne devons, pas plus que les contemporains, crier a la piraterie; je relèverai, ci-après, quelques-uns des nombreux exemples qui se sont produits, sans avoir occasionné, il semble, aucune espèce de revendication.
(3) Augier, cite par M. Blanchemain, avait: De mort en vie; Jehan de Bocssiéres: Mort m'avie ou it or anut vivam, Franç. de Belleforest : Ou mort ou rie, enfin, l'auteur du « Blason des basquines et verlugale» • : Mourir et vivre; de même, comme je l'ai rappelé deja. G. des Autelr avait : Travail en repot; cl Nie, Dcnizot : in otio neaotium,
(4) M. Blanchemain ne donne pas le vrai nom de l'auteur; le pseudonyme Kégcmon n'était qne la simple traduction en grec de ce nom.
(5) C'est la une devise littéraire comme cette autre qu'on attribue encore a Dolet et qui est aussi presque prophétique : Prt*ercez-moi, Seigneur, de* calomnie* de* homme». Dolet, imprimeur, accompagnait sa marque typographique de la devise suivante : Scabra et impotita ad amuttim dolo atque perpolio. Robert Esticnne. également écrivain et imprimeur, n'a eu qu'une devise typographique: Soli altum *apere, adoptée avec sa marque par toute la savante famille des Estienne.
[V, Cette devise du laborieux savant était aussi sa devise héraldique. Voy. M. P. Allul dans son • Elude sur Symph. Champier. » Lyon. 1850. in-8, p. 50.
(7) Un sait que celle virile devise a etc reprise par un homonyme du vieux poète, l'un des libraires parisiens dont le nom est le plus cher a nos jeunes générations de bibliophiles. J'avoue que les petits livres de famille clzeviriennc donl elle décore le frontispice, m'ont toujours plu. et je crois qu'ils ont contribue pour beaucoup au rajeunissement et a la diffusion de la bibliophilie.
;8; G. Colletet avait écrit une Vie de Poupo ; elle n'est pas entièrement perdue, M. L. Fcugere l'ayant analysée et abondamment citée dans sa notice : Un poêle inconnu farartrre* et portrait* littéraire* du teizieme siècle. 1859. t. II. p. 485-501).
LES DEVISES DES VIEUX POÈTES
Finis coronat.
Fors Dieu tout passe.
Fortitudo lenitatis cornes.
Jehan Serre Robert le Rocquez (1).
Fr. le Poulchre.
Gloria virtutis Apollo.
Humble (F) espérant.
Pierre de Deimier.
Jehan Leblond do Branville.
Ignoti nulla cupido.
Il leone pelle onghic.
H n'a cor ni cher.
Immortalité.
Indigent (F) de sapience.
Incognu (F).
In giovenil faillir è men vergogna.
In magnis voluisse sat est.
In te hœret bonus odor.
In ulrumque paratus.
ray bien choisy à maintenir.
Je croy que le seur bien verray.
Je presche le salut.
T espère ou j'aspire.
Jusque s à quand.
André de Rivaudeau.
Desmolcns, angevin.
Nicole de Bargedé.
Gilles Corrozet (3).
A. de Montluc Comte de Craraail.
Jean Doublet.
Abel d'Argent.
De la Blanchardière.
Jehan de la Taille.
Jean Martin.
Jacques le Croy (4).
Voy. Y presche.
F. P. Sodé (5).
Bernard du Pocy (6).
Rabelais (7).
La richesse peult.
Lassé (le) de liesse.
Laurus cor beat.
Charles Pinselet.
Jehan Chaponneau.
Al. Bouteroue (8%
m Charles Fonlainc avait la même devise, relevée par M. Bjanchetnaîn.
(«) M. de MonUiglon interprète rrs initiales P. G. sieur (Je I* Coste {Ane. ji-rff. franç.. t. VI. p. 218). M Pr Blanchcmain don»»' la même devise a Pierre des Mireurs. ^ 1Amj ,„.
'sVceUe devise de Gilles Corroie! «e trouve a la Un du . Cry de joye pour la délivrance du pape Clément vil. » reimpr par M. de Monuiolon. Franc *agon avait pris la même qual.llrat.on. La devise habitue le I CorrozTcUit P<« v« Comme imprimeur il avait: Lnhore «««.. Au 16* s.ecle. les
Sev^ dTmpr meur, et de libraires sont innombrables. Cornet, écrivain et poète a ses ^^^"J . 2 Comme Dolel nue je viens de citer, il avait devise dcrr.va.n et dev.se de typographe. Ils
[orme" "ni* «es poètes et .eurs confrères en . art typographie. (V. p. lyu,. „• 5).
(1) Cette attribution est dm* a M. de Montaiglon.
(51 La je re*pxre ou j'aspire, était la devise de J. Bapl. Chassignet.
(6) Voy. Via de, poeu* ga*c»n*. etc.. par M. T. de Larro^ue, IS06. in-S, p. 29-16. nKU „ uh , 7HI a écrit cette devis*- au dessous de sa signature autographe, sur le t.tre de son exemplaire des O^c-ta af^il de P Bel, 'Lyon. Gryphe. 1KB. in-1*). conserve a la bibliothèque de la Faculté de Mt.lec.ne de
Montpellier. ,
(S) Cette devise est aussi employée par Bauter, dit Méiytoue.
LES DEVISES DES VIEUX P0KTES
Laus Dec Loué soit Dieu.
Johan d'Abundance (i).
Louis Guyon (2).
Myj aaXi Jw; c Kpuocc.
Mentre si puo.
Mort aie haud opto.
Multa quidem sed minora veris.
Musis sine tempore tempus.
Michel Coyssard.
Vauquelin do la Frosnaye.
Jean Desplanchos.
Louis Papou (3).
Franç. d'Ainboiso.
Nec prece nec pretio.
Nec turbce, nec in turbam.
Ne hay le moyen.
Ne pis, ne mi eus.
Nil solidum.
Nihil nisi ad supremum.
Ni la rigueur, ni les ans.
Nul bien sans foy.
Rob. Garnior (4).
A. Bouteroue.
Jehan le Moyne.
De Saint-Romat (5).
Pierre Tristan.
Pierre do Deimier.
Pierre de la Meschinière.
Albert Babinot.
On le prend à la course le levrault. François Levrault.
Pamphile (le).
Ilaoî fiiv £<htv asXmv.
Perferer crée esprit.
Petit (le) escholicr des bons rheto-
riqueurs.
Plus bien que rien.
Gilles d'Aurigny.
Michel Quillian.
Pierre Crespet, cèles tin.
Jehan Divry (6).
Arnauld Sorbin.
(1) Voy. Ane. poé». franç., t. XI, p. 322. tl y a quelques détails sur ce pck'le du cycle populaire, dont M. Ch. d'IIcricaalt a si bien caractérise l'importance (Hec. Crépet, t. I. p. 500-12,, dans le très savant livre de M. Ad. Fabrc, in Citra H* ratait (2* éd., 1875. p. 176 et 104% Puisque j'ai occasion de citer Cet ouvrage, je ferai remarquer combien sont nombreux, parmi 1rs versificateurs qui ont fait usage de devises, ceux qui appartiennent a la Bazochc. La plupart des poètes des 15 e et 16* siècles sont sortis des rangs de cette turbulente corporation, depuis Martial d'Auvergne et Villon jusqu'à Gilles Durant et Sce*olc de Sainte-Marthe. Outre qoe le fatras et les obscurités «le la vieille chicane ne sont pas étrangers au style de tous ces ri meurs loquaces et embrouillantes, je crois qu'il y a quelque raison de voir dans l'emploi si gênerai des devises poétiques, l'extension d'une pratique dont la Bazoche donnait l'exemple et entretenait la tradition, elle qui avait arbore, non-seulement la devise fameuse et si bien choisie: SMIorum numenu ett infinitm, mais d'à o 1res encore relatées par M. Fabrc /. e.. p. 230).
(2) D'après M. P. Blanrlicmain. J.-B. Chassignel avait aussi Louange a Dieu; mais, sous la «levise rapportée plus haut rp. txi, n» .V, il a place ces mots : Coin a Dieu, a la lin de ses Paraphrases sur les psaumes (Lyon. 1613, in-12. p. 066); tout cela me semble plutôt l'expression d'une action de grâce qu'une devise: d'autre part, une des devises de Jehan Divry est: SU tau* Sommo.
(3) Cette devise se lit a la lin de l'/iymne a Marguerite de ratoit. du poète forésien. si splendidement édite par M. Yemeniz 'Supplément. 1860. in-8. p. 35% L. Papon avait ajoute a ses armes cette autre devise que M. G. de la Gryc (de Chantelauze) qualifie fort bien d'ingénieuse, a cause de l'allusion a la denckurt Ht gnentet placée en chef : Son avoH acnen tanguine dentem.
(4) Qui est l'emprunteur de Garnier ou de B. de Vervillc : V. ci-dess, p. liv, I. 9?
(5) Dans le* XXI ipùtrtt d'Oeidt. cto.. Pari», 1571, in-16. volume dont il n'existe que deux exemplaires, l'an a la Biblioth. nat.. l'autre chez feu DIdot.
(6) Ce pseudonyme-devise a été employé par Divry comme titre de l'une de ses productions.
LES DEVISES DES VIEUX POETES
Plus d'enchères et plus vaut.
Plus la moitié que le tout.
Plus mort que vif.
Plus que moins.
Plustost mourir.
Ilovo; Pif* x&Joç 'opi'Êti.
Pour la violette.
Pro patria et rege.
Jehan de Schelandre (1).
Michel Foucqué.
Jacques Moysson, parisien (2).
Mace de Villebresme (3).
Jacques Grevin.
Gab. Bounin.
Franç. de Clary.
Michel de l'Hospilal (4).
Qui patitur vincit.
Quocumque rapit tempestas.
Gentien Ilervet.
Du Buisson de Grannas.
Repos ailleurs.
Requiers la paix de vie.
Riche en povreté.
Ridet fatum virtus.
Rien bigare.
Riens sans peine.
Rien sans art.
Phil. Marnix de Sainte-Aldegonde.
Jacques de l'Espervier.
Charles de Croy.
Flaminio de Birague (5).
Jean Birger (6).
Ant. du Moulin (7).
Jacques Godard.
Sainte (la) Muse te décore.
Seigneur (le) du rouge et du noir.
Servir à Dieu.
Sine dolis jus euro.
Sit laus Sommo.
Tfruxpoç juxtbî;, u.i-yxi fo pt-riXe*;.
Soing et secret.
Solitudo mihi provincia est.
Scévole de Sainte-Marthe.
J. Leblond de Bran ville.
Yves Rouspeau (8).
Louis Servin (9).
Jehan Divry.
Cl. Garnier.
Jean Maugin.
Pontus de Tyard.
(1) Celle-ci est à la deuxième puissance et enchérit YériUblement sur les autres, e'est nue allusion an pseudonyme Daniel VAucuêres pris par le poète, et qui n'était lui-même que l'anagramme de son véritable nom.
(2) V. le rare opuscule non cité au Manuel, ni dans Barbier: « Lettre de l'evesque de Riez (Lancetot de Caries,) an Rojr, contenant les actions et les propos de Mgr de Guyse. » Paru, Kerver. 1563, in-3.
(3) M. Guiffrey a réimprimé, en 1875, YBpielre de Cleriande Ut Bomaune, à Beginue. En restituant cette pièce â Macé de Villebresme, le savant éditeur a virtuellement démontre que G. Corrozet arait emprunté sa plus célèbre devise à un obscur prédécesseur. D'un autre coté, un pocte du même temps (inc. poée. fromç., t. X, p. 127) s'est insurgé contre cette louche afQrmation et a pris pour devise : Plue que moine mut.
(4, On attribue cette devise au célèbre chancelier et encore a Pierre Pitbou ; quoiqu'elle leur convienne excellemment, l'ont-ils effectivement employée?
(5) Je dois observer que l'attribution n'est exacte que si l'on veut bien porter a l'actif de Fl. de Birague l'Enfer de ta Mère Cardme; sa réputation n'a rien a y perdre, et il y aurait de bonnes raisons à faire valoir.
(6) Rien a ici le sens lort archaïque de ebose (rte). V. Otuvr. camp', de M. de St-Qtlaie, 1873, in-16, 1. I, p. 212; et L. F. Burguy, Grammaire de ta tangue d'oil, fr édit., t. 111.
(7) G. de la Taysonnière avait : Rien eane xile.
18) M. Pr. Blaochemain rapporte en entier (Sertir à Dieu, e'eet régner) celle devise dont Y. Rouspeau s'est parfois servi sous la forme abrégée donnée ici. (0) Faut-il prendre au sérieux l'attribution de cette devise faite au célèbre avocat général, par le P. Oadam son Banqurt dee eagn au togie de M. L. Servin; 1611, p. in-8ï
LES DEVISES DBS VIEUX POETES
Souliès per tout.
Spes et fortuna valetc.
Suum cuique pulchrum.
Tii; ipxrcu twccî.
„. bon espoir Ti . . en.
vive joyeux
Tov çiXi'wt* çtXiîv.
Ton vouloir est le mien.
Tout à poinct.
Tout à un poinct.
. Tout par soulas.
Tout pouresgard.
Tout vienne à bien.
T. P. I. M. (Tutto per il meglio.)
Ung (a") uray zèle.
i'nus quisque swe fortuna faber.
Ant. de Arena (1).
J. du Bellay.
François le Poulchre (2).
Jean Tagaut.
Luc (3).
Scévole do Sainte-Marthe.
Luc.
Lest ... (4).
P. Tredehan, angevin (5).
Jehan Chapperon.
François la Salla (6).
Pierre Crignon.
Claude Colet, champenois (7).
Jean de Vauzelles (8).
G. de la Taysounière (9).
(1) C'est â tort que les Superckeriet liltéroire$ (2* edii., t. I. col. 378) donnent ce nom comme le pseudonyme d'Ant. de la Sable: c'est la simple traduction latine d'Antoine d'Arène, vrai nom de fauteur. V. la notice publiée par M. Augustin Fabre : Antoniu» Arma, 1800, in- 16, p. 51 et suiv.; cf., an sujet de notre devise, p. 13. G. Colletet avait écrit aussi une Vie d'Ant. de Arena, qui est restée inédite; j'eu possède uoe copie cl je la publierai prochainement.
(2) Voir l'excellente publication de M. Tamizey de Larroquc : Viw de* poète* ga$conj, p. 106.
(3) Cette curieuse devise en rébus a été expliquée ainsi: Bon espoir entretient vice joyeux (Bullet. du Biblioph. 1837, p. 470); mais je crois qu'il faut lire: Bon e$poir Murvive {a) joyeux entretien, ou bien, en supposant une licence lipogrammatique ou une simple faute typographique: Virr* joyeux bon etpoir entretient. Je borne la
mes conjectures, car cela peut se mettre aussi en diverses matières tout comme : Belle marquin et le rôle
du Maître de philosophie avec M. Jourdain ne vaut rien pour un commentateur. L'inventeur de notre malice est fauteur peu connu du charmant recueil la Fleur de toute joyeuwté (reimprime dans la collection des Joyeuietez de Techencr), si elogicusomeut cité, et avec raison, par Viollet-le-Duc. et dont Aimé Martin (Voy. Bull, du Biblioph., 2* série, p. 411; déclare les poésies « dignes d'avoir une place à côte de celles de Cl. Marot. » Je crois devoir observer que les devises littéraires, tldeles en tout aux traditions qui se réfèrent a leur origine, n'ont pas même innove dans leurs rares spécimens de devises en rébus. Les blasons héraldiques s'accompagnaient parfois aussi de devises du même genre. Le P. Meneslricr, dans sa correspondance avec Guicheuon, recueillie par M. Allut. en cite un assez singulier exemple, parlant des armes de la famille de Candie, qui offrent pour pitre une écrevisse, il restitue les lettres qui s'y trouvent jointes en forme de devise: G. R. Q. L. [Je recuit j. Dans un genre analogue, il y a la célèbre devise de la maison de Savoie : FERT, qui d'après l'interprétation courante, mais qui. a vrai dire, est a veriller, se traduit ainsi, par allusion au siège de Rhodes: t'orutudo Eju* Rhodum Ttnuit. Cf. ci-devsus. p. i.vm, note 1, et p. lv, n° 1.
(4) Peut-être C. de Lestrange, ahbc de Celle, que Jacques Tahureau nomme dans ses poésies.
(5) Une des trois devises de Uernalde de Verviile est simplement Tout a un (niais <i >,«i ou a quoi*).
(0) Du Verdier cite un Pierre Salla, bibliophile, qui « avoit traduit de rime romande en rime françoisc » le roman de Tristan. V. aussi Cat. Pichon, I86y, il" 473.
(7) C. Colet s'est servi parfois du texte entier cl, en d'autres circonstances, des simples initiales de sa davise italienne, que, d'après M. Blancbcmain, il a aussi employée en français: JVwf pour le mieux.
(S) Cite par M. Blancbcmain, mais avec quelques défectuosités orthographiques.
(0) Cette devise a ete employée par Benoit Rigaud, le célèbre imprimeur lyonnais du 16 e siècle, dans une curieuse marque non reproduite, je crois, au Manuel, mais qui est donnée dans le Bulletin du Btbhoph., 1851, p. 226; ce n'est pas la seule devise de Rigaud (v. I. c, p. 3d5), qui était d'ailleurs couturoier du Tait, car il a joint a une autre marque, sur le titre des iEuvrtn et mttlong. poéttq. de Jodelle (1507, in-12), la devise de l'auteur du « Triumphc des vestemenu » : Vieil pott funtn virtui.
LES DEVISES DBS VIEUX POETES. LXltl
Vale fœlix.
Vela de quoy.
Verdoyant je mourray.
Verus honor lucidus.
Virtus mini carior auro.
Vivere dat Musa.
Vrai perdu.
Vrai prélude.
Jean Serre.
Jehan Parmentier (1).
Pierre Desmay (2).
Louys Herron.
Christophle de Gamon.
J. do la Jesséo (3).
Pierre Du val.
Le même.
Y presche le salut. Charles Pynselet (4).
Ma gerbe est faite. Je n'ai qu'un regret en la liant, c'est de no pouvoir l'offrir entre deux autres qui lui feraient belle compagnie : celle des devises des anciens imprimeurs, puisque ce sont eux qui ont mis au jour nos vieux poètes et leurs devises ; et celles des bibliophiles, qui ont recueilli et fidèlement conservé jusqu'à nous les antiques et précieux volumes qui ont inspiré cette étude. Il y aurait, là aussi, un vasto sujet de découvertes (5); mais cette moisson sera l'œuvre de jours meilleurs. En ce temps de gens affairés et pour qui l'heure présente ne vaut qu'à cause de celle qui va suivre, c'est trop s'attarder au passé. Pour moi, bibliophile convaincu, je reprends ma sape et mes fouilles à travers ce passé par lequel je voudrais pouvoir me survivro ; par lequel^ du moins, je vis chaque jour, y trouvant à la fois le calme, do nouvelles forces et des heures charmantes. En témoignage de ce que je dois à cette étude des œuvres et des temps qui no sont plus, j'inscris ici une devise d'aspect étrange, mais pleine de moelle et dont cette nouvelle appropriation eût sûrement ravi d'aise son inventeur :
Mort m'avie!
f l) Cette même devise cuit a l'usage de Franç. Sagon.
(2) M. Blanchemaia rapporte une autre forme de cette même devise, adoptée par P. Desmay : Mourant verpoyer.
(3) Guill. Col le te t nous apprend, de plus, que Jean de la Jesscc • composa une anagramme sur son nom et • sur celluy d'une jeune et belle damoisclle nommée Anne Alaignc. a laquelle il dédia ses epistres fran- « çolscs..., et ceste anagramme estoit : Diane l'a a gri en oage de liesse, qui est un vers assez obscur par lequel « il flnit une epistre qu'il luy addresse sur le subject de ses harangues • (V. Tam. de Larroque. Vite de$ poit. ga*c., p. 135).
( t) Si je ne craignais d'allonger cette étude outre mesura, j'ajouterais ici les devises dont je n'ai pu trouver la clef; ainsi: Bataille pour piix [Le Philopoleme. Lyon. 1560); .Vu» qu'a ung seul {Dépl. tur la mort de Cl. Moral ; 1511;; Tout par Mesure [Ln Exercices de Jean Yves D., poésies inns. du 10' siècle, qui ont fait l'objet d'un article dans les Archivée du Biblioph., 4« année, 1361 . p. 19J-201); Tant qu'il en reile ; De fortune une; Tout pour la vu; Loyauté vaine, etc.; je me borne a faire un appel a tous les chercheurs de bonne volonté pour parfaire cette moult belle entreprise; intermédUtiristes, a la rescousse !
(5) On l'a deja traite. Il me sufUra de citer : d'une part, l'excellent ouvrage de Silvestrc. Marque* tupograp. ou Bec. de* monogr., chiff., enseign., emblèm., dévier», rèbut et fleurons de» Itbr. et mur. qui ont exercé en France depuis 1470 jusqu'à la fin du 16* siècle. Paris, 1867, in-8; d'autre part, de Reiflenberg, dtt Marques et devises mises à leurs lier, par un graml nombre d'amat. (reirapr. a Paris, en 1874, in-12) : les Ex-libri» [rans. de Pou lot - Malassis, 1874, iii-8, et l'Armoriai du biblioph. de J. Guigard. Autant le recueil de Silvestre est plein de mérite et d'intérêt, autant sont insuffisantes les études ou se trouvent abordées, plus ou moins directement, les devises des bibliophiles : elles attendent encore uu chercheur patient, exact et judicieux.
APPEL AUX BIBLIOPHILES