TRADUCTIONS SUPPOSÉES
Il y a longtemps qu'on s'est avisé de donner une œuvre originale comme la traduction d'une languo étrangère et parfois fictive. Les romans do chevalerie qui formaient la Bibliothèque de Don Quichotte, en offrent plusieurs exemples. Ils donnent comme récits écrits primitivement en grec les vaillants faits d'armes des héros de la chevalorio errante.
Citons comme des traductions d'ouvrages écrits en des langues qui n'ont pas existé : La description de la superbe et imaginaire entrée faicle à la royne Gillette passant
à Venise en faueur du roy de Malachie, son futur époux, lo premier jour do septembre,
traduicte de langue caractérisée en langue françoisc. 1614, in-8.
Les amours d'Assas-Eloujoud et d'Ouard, roman traduit do l'arabe, composé par
Savary. (Paris, 1789, in- 18.)
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SUPEHCHEhlES TYPOGRAPHIQUES.
SUPERCHERIES TYPOGRAPHIQUES
A Tépoque de Louis XIV, la répression se montrait parfois des plus rigoureuses à l'égard des délits de la presse. La question ordinaire et extraordinaire, les galères, la potence (Voir le « Manuel du Libraire » au mot : « Scarron apparu à M me de Maintenon »), une cage de fer au mont Sl-Michel furent quelquefois la récompense des téméraires colporteurs de libelles contre le roi ou ses ministres. Plus tard, sous le règne de Louis XV, sous celui de Louis XVI, une assez grande tolérance succéda à des sévérités outréos. Des ouvrages philosophiques, des poésies ou des contes plus ou moins risqués virent le jour à Paris. L'autorité fermait les yeux; elle accordait ce qu'on appelait des permissions tacites, mais pour sauver les apparences, elle voulait que l'ouvrage non exempt de reproches parut sortir do presses étrangères. Grâce à ce subterfuge qui, d'ailleurs, ne trompait personne, on vit se succéder un très grand nombre de livres avec la rubrique do Londres ou celle d'Amsterdam ; d'autres, mais en moindre quantité, portèrent au frontispice le nom de Genève ou de La Haye. Il y eneut enfin qui parurent avec des noms de ville dont le choix était dù aux caprices de l'imprimeur. Nous allons en citer quelques-uns :
Liège. — Le Salmigondis, ou le mélange du genre humain. 1698, in-8. C'csi sous un autre tilre : « Le Moyen de parvenir. •
— Le docteur Fagotin, comédio en 3 actes. 1732, in-8.
— L'emblème de Calomnie, comédie en 3 actes. 1734, in-8.
— Les Enluminures du fameux Almanach des pères jésuites. 1683, in-12. Dôlc. — Histoire critique sur les lanternes. 1755, in-12.
Madrid. — Eloge de la paresse. 1760, in-8.
Vtrecht. — Le Philosophe anglais, ou histoire de M. Clevcland, fils naturel de Cromwell (par l abbé Prévost). 1732-39, 7 vol. in-12.
— Le facétieux réveille-malin. 1654, pet. in-12.
Galipoli de Calabre. — L'art de désopilcr la rate. L'an des folies, 175886, in-12. Athènes. — Les Gorges chaudes de Thalie, petit théâtre facétieux. S. d., in-12. Xugopolis. — Théâtre de campagne. 1767, in-8. Mahon. — Théâtro des boulevards. 1756, 3 vol. in-12.
Francfort. Fras Rottemberg. — Histoire de la Guérin, femme et vouvo do Molière. 1688, pet. in-12.
Rotterdam. Chez Pierre Marteau, rue du Bouc. — Scatabronda, coumedia noubelo et histouriquo. 1687, pet. in-12.
— L'héritière de Guyenne. 1692, in-12.
— Les chats, par de Moncrif. 1728, in-8.
Turin. — Zoloë et ses acolytes, satyre contre Joséphine Bonaparte et contre M"" Tallicn et Visconti; an VII, in-18.
— Vie privée do Charles-Philippe de France, comte d'Artois. 1791, in-8.
Pragues. Frederick Gretz. — La présomption punie. 1743, in-12.
Dresde. — Bibliothèque du théâtre français. 1756, 3 vol. in-12.
Venise. — Histoire de D. Ranucio d'Alétès écrite par lui-même (par l'abbé Porée). 1758, 2 vol. in-12.
Clèves. — Histoire des diables modernes, par Adolphus, juif anglais. 1771, pet. in-8. Charles-Town. — Lolottc et Fanfan. 1789, 2 vol. in-12.
Frivolipolis. — Mon serre-téte, ou les après-soupers d'un petit commis. 1788, in-12.
TiroâftAMiiorEs.
Lutipolis. — Momus redivivus, ou les Saturnales françaises. 1796, 2 roi. in- 18. Harlem. — Poésies du père Sanlecque. 1796, pet. in-12.
— Projet d'une histoire de la ville de Paris. 1739, pet. in-8. Fribourg. — La vie de M-« de Brancas. 1668, pet. in- 12. Saint-Germain. — La cour de Saint-Germain. 1693, pet. in- 12. Montauban. — Le grand Alcandre. 1717. pet. in-12.
C'est ou* «Jtyrc contre Uni* XIV.
Berlin. — Mémoires secrets pour servir à l'histoire de Perse v de France". 1759. in-18.
Oxford. — Histoire secrète de la reine Zarah (de la reine Anne). 5. d., in-12.
Aix. — Le Roman de la Cour de Bruxelles. 1728, in-12.
Cantorbéry. — Le **", histoire bavarde. 1754, in-12.
En Pensylvanie. — Calendrier de Philadelphie. 1778, in-12.
Agra... — Angola, histoire indienne. 1775, in-12.
Rome. — Altnanach des Aristocrates, l'an III de la Barnarocatrie, in-12.
— Les Aventures de Pomponius, chevalier Romain. 1728, in-12. Cest uoc satyre eoulre te relent. Voir Dru uo « Li»rcs a fief cal. 101.
Pampelune. — Dispute d'un âne contre frère Anselme Turmeda. 1606, in- 16.
Constanlinople. — La oille, mélange ou assemblage de divers mots pour tous les goûts, par un vieux cuisinier gaulois. 1755, in-18.
Capoue (Paris; . — Lettre de Carabi de Cappadoce à son ami Carabo de Palestine, par P.-S. Caron. 1777 ou 1787.
Oxfort (Paris). — Les Soupers de Daphné ou les dortoirs de Lacédémone. 1740, in-8.
Voir sur cet onvrafe. Nodier.
,4nyers (Paris). — L'Enfer burlesque, ou le sixième livre de l'Enéide travestie. in-12.
Middelbourg. — La lyre d'Appollon. 1657, in- 16. Bredda. — Joseph, ou l'esclave fidèle. 1667, in-12.
Anvers. — Grand théâtre des Nouvellistes, docteurs et historiens à la mode 1689, in-12.
— Le poète sincère, ou les vérités du siècle. 1698, in-12.
— Almanach des proverbes. 1746, in-8.
Césarée. — Le parfait ouvrage. 1776, in-8.
Cracovie (France). — Paradoxe sur les femmes où l'on tache de prouver qu'elles ne sont pas de l'espèce humaine. 1776, in-12.
Philadelphie (Paris). — Mémoires sur la vie et les ouvrages de Turgot. 1782, 2 t, en 1 vol. in-8.
— Voyage de Louis XVI dans sa province de Normandie. 1786, in-12. Athènes Chez Jean qui Pique. — Le dîner du lion d'or. 1784, in-8.
Caire. — Cassandre, ou quelques réflexions sur la Révolution française. 1798, in-8.
Liège. — La femme docteur, ou la théologie tombée en quenouille, par le père Bougeant. 1731, in-8.
Edimbourg. — Des erreurs et do la vérité, par Aphile Hinc..., philosophe inconnu. ( Saint-Martin). 1782, 2 vol. in-8.
Luxembourg. — Œuvres de Grecourt. 1796, 4 vol. in-8.
SCPERCHEK1ES TrPOGRAPHIQl'BS.
Cologne. — Cotto ville tient «no grande place dans la typographie fantastique. Ce fut elle dont les imprimeurs Hollandais et Belges firent le choix pour attribuer â ses pressa imaginaires des volumes exécutés à Bruxelles et surtout à Amsterdam, et que l'on avait de justes motifs pour ne pas avouer. Ce fut là surtout que se déploya l'activité du fameux Pierre Marteau qui, dans la seconde moitié du XVII* siècle, no cessa de répandre à profusion des pamphlets contre la France et des écrits plus ou moins hostiles à la décence. Un bibliophile Belge aussi instruit que zélé, M. Léonce Jaumart de Brouillant, entreprit dans le « Bulletin du bibliophile », publié à Paris par la librairie Téchener, la liste des ouvrages sur le frontispice desquels s'étale ce nom si connu dans les fastes de la typographie clandestine. Pierre Marteau perdit dans le XVIII e siècle, la plus grande partie de son activité; aujourd'hui, il a cessé d'exister. On rencontre bien rarement quelques volumes publiés par ses héritiers ou par des membres de sa famille, Pierre l'Enclume ou Paul de la Tenaille. 11 lui est arrivé très rarement de quitter sa bonne ville de Cologne ; toutefois, il s'est montré comme habitant d'Amsterdam.
Son origine ost inconnue. On a supposé qu'un Elzévicr découvrit à Paris, dans un de ses voyages, un imprimeur fort obscur nommé Marteau, qu'il l'emmena à Amsterdam, et qu'il oui l'idée de le faire passer pour imprimeur de bien des ouvrages plus nu moins prohibés qu'on imprimait à Cologne, ville alors libre et qui jouissait d'une certaine indépendance. Marteau mourut, on ignore à quelle époque, mais son nom lui survécut et devint une étiquette généralement adoptée par les éditeurs de Bruxelles pv d'Amsterdam.
Une sphère plus ou moins bien gravée devint l'emblème adopté par la majeure partie des éditeurs hollandais, et parfois elle parut seulo sans être accompagnée d'un nom d'homme ou de ville.
Il s'est souvent montré, au-delà du Rhin, sous le nom germanisé de Peter Hammcr.
Parmi les typographes fantastiques qui, émules de Pierre Marteau, choisirent Cologne pour lieu de résidence, nous ponvons nommer : Jean du Pays. — Intérêts et Maximes des princes. 1666. Pierre de la Place. — Mémoires du duc de Guise. t668. Pierre Michel. — La politique des Vénitiens. 1669. Pierre le Pain. — L'origine des cardinaux. 1669. Jean le Blanc. — Les amours des dames illustres. 1680. Pierre Ab Egmont. — Mémoires du chancelier de l'Hospital. 1672. Simon l'Africain. — Le lion d'Angélie.
Jacques l'Ingénu. — Essai de dissertation sur Testât présont des puissances protestantes. 1675.
Une seconde classe comprendrait des v illes réelles mais dont le nom seul révèle une Bupercherie :
Jérusalem. — Perini del Vago equitis do Maltha (Hadr. Beverlandi), Epistoliuni ad Batavum in Britannia hospitem de Tribus Impostoribus. 1673, in-8. Bassora. — Contes saugrenus, par Sylvain Maréchal. 1784, in-8. Cracoiic. — Apologie de Cartouche, ou le scélérat sans reproche. 1731, in-8. Tunis (impr. du Divan). — Jouachin, bey de Tunis, ou le Saut périlleux. 1781, in-8. Berg-op-Xoom. — Contes et poésies diverses de M. de G**". 1750, 3 vol. in-12. Gibraltar. -~ Le petit neveu do Grécourt. 1782, in-24. Pékin. — Mémoires de Perse.
Coblents. — Almanach de l'abbé Maury. S. fi., in-24.
SUI'KRCIIERIES TYPOGRAPHIQUES.
— Almanach dos Emigrants. 1792, in-12.
— Le Martyrologe, ou l'histoire des Martyrs de la Révolution. 1792. Chantilly. — Vie politique et privée de Louis-Joseph de Condé, prince de sang.
1791, in-8.
Berne. — La lanterne magique, ou fléau des aristocrates. 1799, in-18.
On peut ranger dans une troisième classe des lieux d'impression qui n'ont jamais oxisté et qui sont dus aux caprices des typographes:
Cosmopolis. Tijpis Philaletheis. — Apologia pro Jul. Caïsare Vanino Neapolitano. 1712, in-8.
— Panlheisticon, sire Formulo colcbrandae sodalitatis Socraticœ (Aut. J. Tolando). 1720, in-8.
Whitehall (en anglais salle blanche). — La follie écossoise. 1746, in-8. Au Parnasse. Chez les héritiers d'Apollon. — Recueil do poésies galantes du chevalier de 1744, in-8.
Scatopolis (Paris). — Bibliotheca Scatologica. 5850. Pigritiopolis (Lille). — Délassements d'un paresseux. 1798, in-18. Lilliput (Paris). — Encyclopédie lilliputienne. Sans date.
Monachopolis. — Essai sur l'histoire nalurello do quelques espèces de moines. 1784, in-8.
— Poésies héroïques de ce temps, augmentées du poesmo de Zaquachrist, ou la mort du roi d'Ethiopie. Imprimé cette année, in-12.
Pinccnarillc, ville de la Morosophie. — Hochepot, ou Salmigondi des Folz. 1590 in-8.
Isle (l') d'Adonis. — Almanach perpétuel d'amour, par Fidelle Soupirant. Ville franche. — La cassette ouverte de l'illustre criole (créole% ou les amours de M m -' de Main!cnon. 1099, pet. in-12.
— Les Fastoi de Louis XV et de ses maltresses. 1782, 2 vol. in-12.
— L'enfant Sans Soucy divertissant son père Roger Bontemps et sa mère Bouletout-Cuirc. 1082, pet. in-12.
— Le monde renversé. 1712, pet. in-12.
— Les amours précipités de Pierrot et rte Claudine. 1723, pet. in-12. Calcéopolis. — Le paquet de mouchoirs. 1750, in-12.
U'imblcdon. — Précis historique des causes de la Révolution française. 1791, in-12. Jovial, chez Stoker. — Relations du royaume de Candavia. (Sans date), in-12. Cologne. — Le marquis de Louvois sur la sellette. 1695, in-12.
— Lo retour de Jacques II à Paris. 1690, gr. in-12.
Piron en basse Normandie. — Le festin nuptial dressé dans l'Arabie heureuse au mariage d'Esope. 1700, in-12.
Francheville. — L'allée de la Seringue, ou les noyers. 1091, pet. in-8. flerne. — Lo songe d'Athalie. 1788, in-8.
Home. — Il existe divers ouvrages libres ou irréligieux avec la rubrique do Rome, imprimerie Papale; ou Rome, imprimerie du Vatican; ou bien encore Rome, de l'imprimerie de la Propagande. Nous nous abstiendrons de les indiquer.
Astracan. — Les deux Biscuits, comédie, par Grandval.
Andrinople. — Les princes Malabares. 1734, in-12
SIPERCIIERIES TYPOGRAPHIQUES.
Ratisbonne. Les héritiers de Mathias Kerner. — Satyre Menippée. 1709, 3 vol.
Home. — Grimoire du pape Honorius III avec un recueil des plus rares secrets.
Baillons. — Mille et une Fadaises, contes à dormir debout. 1743, in- 12. Eleutheropoli. — Peccalum originale. 1678, pet. in-8. Tilloobalaa (Paris). — La patte du chat (par Cazotte). 1741, in-12. Minutie (Paris). — Acajou et Zirphile. 1744, in-8. ' L'topie. — Voyages et avanluros do Jacques Massé. 1760, 2 t. en 1 vol. in-8. Demonopolis. — La Démone mariée. 1745, in-12. Baratiopolis. — Rodoric ou le Démon marié. 1715, in-12. Vertefeuille. — Le livre à la mode. S. d.
Stultomanie. — Le Calendrier des fous. 7737, in-32. Viflispurg (Paris). — Almanach perpétuel de nos aïeux. S. d., in-18. Ratopolis. — Histoire des Rats. 1728, in-8.
Liberovadi. — Opizii, dissertatio juridica. 1684, pet. in-12.
Arctopolis. — L'Antropophile, ou le secret et les mystères do l'ordre de la Félicité. 1746, in-12.
Eleutheropole. — La Télémacomanio, ou la censure et critique du Télémaque. 1700, in-12.
Tote. — Le coup d'œil Purin en patois normand. N. d., in-8.
C'est une satyre contre les tribunaux établis par le chancelier Maupeou a la lin du ri«gne de Louis XV.
Cheux le seignour de Scnegica, à l'enseigne d ate canibales, cum privilryio. — Pronostication véritable et générale pour tous climats. Sans date, in-4.
Cette facétie en vers de 10 syllabes est regardée comme imprimée a Lyon vers îr^; elle a ete rrjiroJu.i dans le t. VI du Recueil de poésies françaises des XV« et XVI* siècles, édite par M. Anatole de Moataigloa et faisant partie de la Bibliothèque clrcvirienne.
Etats calotins. — Mémoires pour servir à l'histoire de la calotte. 1752-54, 3 vol. in-12.
Bonne huile. — Lo plat do carnaval, ou les beignets apprêtés par Caron. L'an dixhuit cent d'œufs.
Balivernopolis. — Chimerande l'anti-grec, etc. Sans date, in-12. Eleutheropoli 8. — Pasquillorum tomi duo. 1544, 2 tom. en 1 vol. pet. in-8. Moropolis. — Journée calot i ne en deux dialogues. 1732, in-8.
A la Courtille. — Testament histori-morali-politique de 31. R*'* (Hampoueau le cabaretier). 1760, in-12.
Cosmopolis. — Préface de l'histoire do Louis XVI. 1776, in-8.
Maroc. — Précis de la vie, ou confession générale du comte do Mirabeau. 1789, in-8.
Emeluogna (Angoulême), nom écrit à rebours. — Chute de la médecine et ohirurgio (par P. -S. Carron).
Goa. — Almanach philosophique. 1762, pet. in-12.
Pékin. — Anecdotes secrètes pour servir à l'histoire galante de la cour de Berlin (de Versailles). 1746, in-12.
Un certain nombre d'ouvrages portent comme lioux d'impression : Cylhcrc. la nouvelle Cythère, Cytéropolis, Amathontc, Genève, Paphos, etc. Ces noms désignant suffisamment le genre de ces productions. Il existe également d'autres livres portant
SI" l'KRCilKRIKS TVIDORAIMIIOL KS.
au frontispice des noms inspirés par une audace révoltanto et que nous laisserons dans l'ombre dont ils ne devraient jamais sortir.
Latomopolis. — Essai sur la franc-maçonnerie. 5788, 2 vol. in-8.
Memphis. — Les véritables clavicules de Salomon. S. d., in-18.
Salomonopolis. — Suite des erreurs et de la vérité. 1784, in-8.
Hersalaiin. — Clef des erreurs et de la vérité. t789, in-8.
Une catégorie spéciale pourrait renfermer les lieux d'impression qui se distinguent par leurs singularités.
Imprimé sous le quadre à la presse sur le marbre. — La Tasse, comédie propre pour être exhibée au temps de caresme prenant.
Le titre tout au long de cette comédie singulière se trouve au catalogue Soleinc. n» 3897, t. III, p. 338.
L'auteur et l'imprimeur se condamnent à payer le vin à quiconque pourra le lire sans rire.
La Tasse. Il s'agit d'une tasse d'argent dérobée par deux filous; a été insérée dans la réimpression donnée parle libraire Barraud, de la collection des facéties qui portent le nom do P.-S. Carron.
Imprimé oit Ton a pu. — Atalzaïde, ouvrage allégorique. 1745, 2 t. en 1 vol. in- 12.
Au Palais- Royal. — Les Sabbats jacobites. 1791-92, 3 vol. in-8.
Aux quatre éléments. — Le livre de quatre couleurs, l'an 4444. In-12.
Chez Roger Bontcmps. — Oille, ou mélanges de scènes comiques. XVII e et XVIII" siècles. Gr. in-4.
Aux étoiles. — Almanach de nuit. S. d., in-12.
La vallée de Josaphat. — Etrennes aux morts et aux vivants. 1708, in-12.
Au Gros-Caillou. — Almanach des halles et des ports. S. d., in-24.
A la Chancellerie. — Mémoires de l'abbé Terray, contrôleur général par Coquereau). 1776, 2 vol. in-12.
Imprimé d'un coup de baguette. — Bien aimé (Louis XV), allégorie, par Godard d'Aucour. 1744, in-12.
Imprimé sous le soleil. — Le Gazcticr cuirassé. Sans date, 3 vol. in-8.
Dans l'atmosphère. — L'ombre errante, rêve historique. 1777, 1 vol. in-12.
A 100 lieues de la Bastille. — Vie privée, ou apologie de Monseigneur le duc de Chartres. 1784, in-8.
A Croque-Marmot. — Le croquis des croqueurs. 1790, in-12. En Sybérie. — Voltaire aîné, jadis poète. 1750, in-12.
Au Mont-Parnasse. — Les quatre minutes, contes d'un quart d'heure. 1751. A la toilette, chez les Belles. — Théâtre du monde.
Stultomanie. Imprimerie des Petites maisons. — L'almanach des fous. 1772.
Aux Enfers. — Almanach du Diable. 1738.
Aux Etoiles, chez Vesper, à la Lune. — Almanach de nuit.
A Wiflisburg. — Almanach de nos ayeux.
Dans tous les pays où l'on imprime. — Almanach puce, ou almanach nouveau de l'an passé. 1781-82, 2 vol.
Nulle part. — Le moyen de parvenir. 1763.
A l'Orient. — Histoire des Francs-maçons. 1745, 2 vol. in-12.
Vlll SUPEncilEItlKS TTPOGRAI'IIIQUES.
A la Fidélité, chez le Silence. — L'adoption, ou la maçonnerie des femmes en trois «rades. 1775, p. in-8.
La famille des Elzévicrs tient parmi les typographes hollandais une place prééminente. Pendant près d'un siècle, de 1590 à 1685, elle ne cessa de produire des volumes, pour la plupart d'une exécution digne à tous égards d'une place dans les bibliothèques d'élite.
Les Elzévier ont signé la majeure partie de leurs impressions ; ils ont toutefois, de temps à autres, voulu se dissimuler, désireux de produire dos livres orthodoxes tels que: L'imitatio Chrisli et les Confessions de Saint Augustin; ils ont substitué le nom do Lugduni à celui de LugduniBatavorum, voulant ainsi faire passer comme produits de l'imprimerie lyonnaise, des volumes en réalité imprimés à Leyde, et que leur provenance calviniste aurait fait repousser de la part d'électeurs catholiques. Parfois des préoccupations politiques les ont engagés à rester dans l'ombre C'est ainsi que la Défensio regia de Saumaise ne porte ni le nom d'une ville ni celui de l'imprimeur, livre dont la vente fut prohibée par un édit spécial des Etats-Généraux désireux de ne pas froisser les susceptibilités de l'Angleterre momentanément républicaine. Du reste, publiant avec inditrérence le pour et le contre, ils mirent au jour sous le voile de l'anonyme la Defensio populi anglicani, de Milton. Les Elzéviers ont gardé l'anonyme lorsqu'ils réimprimaient sans autorisation des auteurs des ouvrages que le public accueillait favorablement. La contrefaçon fut très activo en Hollande, dans la seconde moitié du XVII e siècle; elle ne se cachait pas et une foule de livres portent les mots: Jouxte la copie imprimée à Paris.
Parmi les œuvres les plus importantes auxquelles les Elzévier attachèrent le nom d'imprimeur imaginaire, nous pouvons indiquer le Nouveau Testament, publié en 1667 sous le nom de Gaspard Migeot, édition fort belle et qui sort incontestablement des presses de Daniel Elzévier, et les Œuvres de Molière, Amsterdam, 1675, 5 vol. pet. in-12, formées de la réunion des vingt-sept comédies imprimées séparément par Daniel et auxquelles les amateurs joignont le volume des œuvres posthumes portant également la rubrique d'Amsterdam, Jacques le jeune, 1684 ou 1689.
Cette édition de Molière figure au premier rang parmi les productions elzéviriennes.
L'édition de Rabelais, très jolie mais trop peu correcte, porto la date de 1663 ; la sphère est sur le frontispice ; point de nom d'imprimour.
Parmi les typographes dont les productions s'adjoignent à la collection elzévirienne, un des plus actifs et des plus habiles, c'est François Foppens, de Bruxelles ; c'est à lui qu'on doit le Montaigne de 1659.
Le désir cxcusablo d'accroître leur collection a conduit de nombreux bibliophiles à admettre comme imprimés par les Elzévier des volumes d'une exécution fort médiocre auxquels ils sont restés complètement étrangers. Il en est résulté à certains égards un désordre qu'il importait de faire cesser.
Charles Nodier, le premier, dans ses Mélanges extraits d'une petite bibliothèque* Paris, 1828, a essayé de retracer la théorie complète des éditions elzéviriennes avec tous les renseignements nécessaires pour les discerner; il les divise en huit classes :
La première classe comprend tous les livres imprimés et signés par les ElzéViers.
La seconde classe comprend les livres imprimés sous le nom des Elzôviers, mais qui ne sont pas sortis de leurs presses, et ces livres sont en assez grand nombre.
La troisième classe est beaucoup plus difficile à distinguer : c'est celle des Elzéviers anonymes ou pseudonymes, mais conformes d'ailleurs par les fleurons et les caractères aux éditions signées.
SUPERCHERIES TYPOGRAPHIQUES
La quatrième classe est celle des livres conformes aux éditions signées, par les fleurons et les caractères, et qui toutefois n'ont pas été imprimés par les Elzéviers, mais bien par des imprimeurs munis des mômes caractères et des mômes fleurons.
La cinquième classe renferme les livres imprimés avec des caractères analogues à ceux des Elzévirs, mais non avec les mômes fleurons.
La sixième classe, des livres à bon droit ou abusivement compris dans la collection elzévirienne, renferme ceux qui sont imprimés avec des fleurons analogues 6 ceux des Elzévirs, mais non avec les mômes caractères.
La septième classe se compose, puisque les bibliographes nous obligent à le reconnaître, de prétendus Elzévirs qui n'offrent ni le nom, ni les caractères, ni les fleurons des Elzévirs et qui quelquefois en diffèrent môme par le format
La huitième classe qui comprend les livres imprimés avec les caractères et les fleurons des Elzéviers ou avec leurs caractères sans leurs fleurons, ou avec leurs fleurons sans leurs caractères, après la mort de Daniel, fait naître des questions assez curieuses de savoir en quelles mains passa l'outillage typographique el la réunion des livres et fonds des Elzévirs.
On peut ajouter qu'il existe un certain nombre de volumes d'une exécution très médiocre sinon tout à fait défectueuse, mis au jour la plupart à Rouen et auxquels d'avides libraires ne craignirent pas d'inscrire sur le frontispice le nom glorieux des Elzévirs. C'est une supercherie grossière qui n'a jamais pu faire beaucoup de dupes.
Les livres imprimés sans nom de typographes, sans indication de lieu ni de date, sont en très grand nombre ; nous no nous arrêterons pas à les mentionner. II en est d'autres qui, privés de noms d'imprimeurs et de lieux, portent seulement une date ; il en est enfin sur le frontispice duquel on constate une date de fantaisie. Nous pourrions citer en ce genre les Caquets de l'accouchée, imprimé au temps de ne plus *e fascher.
Chute de la médecine et chirurgie, ou le monde revenu dans son premier âge (facétie de P.-S. Caron). La présente année 000000000, 101 pp.
Une des éditions du Moyen de parvenir porte pour date l'année pantagruélique.
La date a été parfois l'objet d'une supercherie ; c'est ainsi qu'une réimpression faite en 1734 de l'édition des chansons de Gaultier Garguille publiéoon 163i a paru avec la reproduction de la première date. Il existe un volume fort rare intitulé : Œuvres de Guillaume Coquillard; il porte la date de 1597 sur le titro et celle de 1599 à la fin du livre, mais l'impression est du XVIII* siècle et elle parait avoir été exécutée dans une imprimerie particulière. Elle a été exécutée à dessein avec des caractères usés et dont môme nombre de lettres et surtout les accents ont élô refaits à la plume. Voir catalogue Soleine, n°70o.
L'exemplaire de cet amateur, le seul que l'auteur du Munuel dit avoir rencontré, a été acheté au prix de 390 francs par M. Dutuit, à Rouen.
Divers autres genres de supercheries mériteraient aussi une mention détaillée, mais nous devons nous borner à les signalor rapidement. Parlons d'abord des pastiches.
Celte sorte d'imitation du style d'un auteur connu, a des bornes étroites, et ainsi que le remarque Charles Nodier, des curiosités do ce genre ne dépassent guère les limites de quelques pages d'impression.
On peut citer lo Fragmentum Petronii ex bibliotheca Santi Galli antiquissimo, iris, excerptum nunc primum in lucem editum. Gallici vertit ac notis perpetuis illustra cit Lallemandus. S. Theologiœ doctor. (Absque loco sed Basileœ, Schoell) 1800, in-8.
Ce fragment n'est qu'un pastiche; l'auteur déguisé sous le nom de Lallemand était
SIPERCHERIES TYPOCR A PHIQC ES .
un Espagnol (J. Marchena), qui sut imiter avec une telle habileté l'esprit et la manière de Pétrone, que plusieurs savants et notamment le rédacteur de la « Gazette littéraire » d'Iéna, s'y laissèrent prendre.
Encouragé par ce succès, Marchena fit imprimer en 1806, à Paris, un prétendu fragment de Catulle, in-8; mais cette fois-ci personne ne s'y trompa.
C'est également dans la classe des pastiches qu'il faut placer le Fragment du Cantique des Cantiques, publié par M. Richelet et tiré à 15 exemplaires seulement. Paris, 1828. C'est une imita! ion bien réussie de la langue française au XIII* siècle. De son côté, un savant naturaliste de Montpellier, M. Moquin-Tandon, a composé en idiome roman, un petit, poème que M. Raynouard, l'éditeur des poésies des Troubadours, regarda comme authentique et jugea digne d'une mention dans le Journal des savants.
Nous avons à dire quelques mots de la contrefaçon, non de celle qui n'est qu'une piraterie justement frappée par la législation, mais de celle a laquelle peuvent s'appliquer les expressions de Nodier que nous aimons à citer. Il distingue deux genres de contrefaçons qui se font remarquer par quoique mérite.
« La première est celle qui es' calquée si exactement sur l'original qu'on ne parvient « qu'avec beaucoup de difficulté à la discerner, ce qui la rend presque équivalente « pour le lecteur et, par conséquent infiniment plus dangereuse que celle qui offense « ses yeux par des incorrections choquantes.
« La seconde est celle (pli enrichit l'original d'additions intéressantes ou qui relève • le mérite de son exécution typographique par des embellissements nouveaux. »
L'édition du Drcamernn de Boecace, imprimée à Florence en 1527, chez les héritiers de Philippe Ciiunta. a été l'objet d'une réimpression faite à Venise en 1729 et qu'on voulait faire passer comme étant la même que celle de 1527, mais cette supercherie est facile à reconnaître. Le Manuel du libraite indique les différences qui font facilement distinguer la copie de l'original. On pourrait citer d'autres exemples. Jusqu'au commencement du XVI e siècle, les classiques latins n'avaient été mis à la disposition des lecteurs que dans .'incommode format in-folio et avec les disgracieux caractères gothiques; Aide l'ancien fut le premier qui eut l'idée do faire paraître Virgile et Horace en employant un joli caractère italique et le format in-8. Des imprimeurs Lyonnais s'empressèrent de contrefaire ces nouveaux produits de la typographie vénitienne. Ces contrefaçons sont devenues fort rares; elles sont fort recherchées de quelques amateurs qui, en Angleterre surtout, les ont parfois payées fort cher.
On sait combien les imprimeurs hollandais se sont attachés à reproduire les livres français qui leur paraissaient susceptibles d'un débit assuré. Parmi eux so distinguent surtout Abraham Wolffgang dont les jolis volumes portent la marque chère à plus d'un bibliophile d'un renard cherchant du miel dans un tronc d'arbre avec la devise : Querendo. Ce serait se montrer trop rigoureux que d'appliquer le nom de contrefaçons à ces reproductions qu'on annexe souvent à la collection elzévirienne.
La supposition d'auteur est un genre de supercherie qui pourrait donner lieu à de longs développements. Contentons-nous d'en citer deux ou trois exemples :
Jean Bouchei, imprimeur à Poitiers dans la seconde moitié du XVI e siècle, fut un fécond et médiocre écrivain. Un éditeur parisien resté célèbre (Antoine Vérard), voulut publier une des productions du fécond Jean Bouchet qui s'était donné le nom du « Traverseur des voies périlleuses » et eut l'idée d'inscrire sur le frontispice le nom de Sébastien Brandt, écrivain qui, grâce a sa Xef des folz, jouissait d'une certaine vogue auprès du public.
On voit que ce genre de supercherie date de loin.
Bien longtemps après on eut recours à Paris à une mesure à peu près semblable à l'occasion du vicomte de Barjac, mémoire-roman du marquis de Luchet. On mit sur le frontispice par M. G. de L., initiales qui tendaient à désigner Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, qui venaient d'avoir un vaste retentissement.
Un des plus curieux exemples de supposition d'auteur se produisit à Dublin en 1797
SUPBHCHKRIKS TIPOCRAPHIQUES.
par la publication d'une traduction en vers (2 vol. in-8) d'un poème très connu do Voltaire : « The Maid of Orléans », portant ls nom de Lad y Charleville. L'ouvrage, tiré à petit nombre, n'était pns destiné au eonmi'.'ree; il rentrait duris la classe des privately printed. Lady Charlovillo à laquelle on attribu lit ainsi cette production peu édifiante, s'empressa de réclamer avec énergie ; c'était un de ses parents qui s'était permis celte très inconvenante attribution. Les 2 vol. furent détruits à l'exception do quelques-uns qui avaient été donnés en présents. L'auteur du Manuel du libraire, qui se trompait rarement, a fait erreur en disant que l'œuvro prescrite se recommande aux curieux par son excessive rareté et comme étant due à la plume d'une femme. Lowndes n'a pas connu ces détails car il se contente dans son « Bibliographcrs manual », pago 2792, d'enregistrer « The Maid Orléans », sans aucuno observation. Il est d'ailleurs question de cette supercherie dans I' «Edimburg Reviow », n° 246, april 1801, p. 318.
A l'égard de la supposition d'écrits, nous pouvons signaler une circonstance assez curieuse ei peu connue. On sait que la reine Jeanne de Naples céda Avignon au papo Clément VI et divers écrivains ont avancé qu'elle s'était dégradée au point do rédiger un règlement minutieux pour des maisons do débauche. Rien n'autorise à ajouter foi à une pareille allégation. Les archives locales, bien que riches en pièces de celte époque, sonl muettes à cet égard. En réalité, ces prétendus statuts sont le résultat d'une mystification faite à un médecin jadis célèbre, Astruc, médecin consultant du roi Louis XV. Ce docteur, ayant entendu parler du règlement attribué à la reine de Naplos, écrivit à M. César Teste, ancien secrétaire do la mairie d'Avignon, pour le prier do lui en procurer une copie. Celui-ci communiqua la demande d' Astruc à uno réunion d'amis; il les fit beaucoup rire et ils s'écrièrent: « Puisqu'il veut ce règlement, il faut le lui faire». On s'empressa de le rédiger en dialecle provençal du XIV' siècle, et ils furent adressés à Astruc qui témoigna toute sj reconnaissance et fit imprimer ce qu'il avait reçu dans un savant traité en 2 vol. in-S de morbis venrris. Se fiant à l'autorité du médecin du roi, de graves auteurs ont reproduit s ins hésitation ce fameux règlement dont ils ne révoquent pas en doute l'authenticité, l'apon le transcrit tout au long dans son Histoire de Provence, et ce qui est encore plus étrange, le savant jurisconsulte Merlin lui a donné place dans son répertoire do jurisprudence. L'erreur est encore plus impardonnable de la part du marquis Cambis Villeron, puisqu'il avait dans sa bibliothèque le prétendu original des statuts qu'on peut voir aujourd'hui au musée Calvet, sallo Requien, à Avignon. On trouvera sur tout ceci et sur la mystification dont Astruc fut la victime, des détails étendus d ins la « Revue archéologique », t. VI, page 138 à 16i. L'examen de ce document ne laisse subsister aucun doute sur sa non authenticité.
A l'égard du changement de titres qui constitue une supercherie assez rare, Nodier cite: Les Considérations sur les coups d'Etat, qui dans l'édition donnée par Louis du May sont intitulées : Sciences des princes.
Un des ouvrages d'un penseur téméraire pour son époque, B. Spinosa, vit le titre de la traduction française dovenir successivement : La Clef du sanctuair: et Traité des cérémonies superstitieuses des Juifs.
II pourrait aussi être question de la suppression de passages, do celle do rareté, de la suppression de manuscrits et d'autres genres encore de supercheries littéraires ; mais ce serait seulement dans un vaste travail spécial qu'on pourrait aborder ces diverses questions.
XII SUPERCHERIES TYPOGRAPHIQUES
On peut ranger dans la catégorie des supercheries littéraires et typographiques les publications qui, sans porter do noms d'éditeurs, sont indiquées comme produits d'une imprimerie fantastique. Les écrits de ce genre fort rares durant presque tout le XVIII* siècle, devinrent nombreux pendant les premières années de la Révolution ; depuis ils ont presque complètement disparu. Nous allons du moins en citer quelques-uns :
Imprimerie de l'Abbaye de Thélême. — Do 1'aulorilé de Rabelais dans la Révolution, présenté par Ginguené. 1791, in-S.
— de tabbé Maury. — Complainte de l'abbé Maury. 1790, in-8.
— de l'Ami des Hommes, des Rois et des Empires. — Hémoires secrets sur l'avis du ci-devant souverain des François, Riquetti (Mirabeau). 1791, in-8.
— d'un Ami du Roi. — Voyage d'un ami du roi dans les garnisons de France. 1790, in-8.
— de l'Ami des Sans-Culottes. — Grand complot découvert de mettre Paris à feu et à sang, par Lebois. 1793, in-8.
— de f Auteur. — Zoloé et ses deux acolythes (par de Sade). 1800, in-18.
— de la Basoche. — Le tripot de lu reine Chicarie. 1790, in-8.
— des bonnes Gens. — Les Jacobins assassins du peuple. 1794.
— du Cabinet de la Reine. — Confessions de Marie Antoinette au peuple français. 1792, in-8.
— Caiotin». — Chorégraphus, ou la Réjouissance infernale. 1732, in-12.
— d'un Capon du rivage. — Tu ne t'en foutras pas. 1790, in-8.
— du Caveau. — Le Petit Journal du Palais-Royal. 1789, in-8.
— d'un Citoyen qui a juré de vivre ou de mowir. — Les adieux de La Fayette et Antoinette. 1792, in-8.
— de la Cour des Miracles. — La grande joie du père Duchène. 1793, in-8.
— du Diable. — Agonie, mort et descente aux Enfers de treize Parlements. 1790,
— Du dieu des Amours. — Epigrammes de Martial. 1806, 3 vol. in-8.
— Divine. — Arrêt du Conseil d'Etat d'Appollon contre J.-J. Rousseau. 1753, in-8.
— des Femmes. — Les synonymes jacobites. 1794, in-8.
— du futur Congrès. — Manlovériana. 1762, in-8.
— de Gaudriole. — Examen fugitif des pièces fugitives de M. de Voltaire. 1761, in-8.
— de Sa Haut esse. — Le passe-partout galant. 1710, in-12.
— du roi Hèrode. — Histoire inédite de Claudia Procula, femme de Ponce-Pilale. 1714, in-8.
— des Hommes libres. La réunion du 10 août ; sans culolide dramatique en gallé. An 2, in-8.
— des honnêtes Gens. — Portefeuille d'un chouan. 1796, in-18.
— de ? Hôtel de Bourgogne. — L'original sur copie. 1711, in-8.
— Impartiale. — Tarif des députés. 1789, in-8.
— élevée sur les débris de la chicane. — La Bazocheide. 1790, in-8.
— imprimeur (chez fj de l'Archevêque. — Recueil de pièces intéressantes. 1759, in-8.
— imprimeur* (chez tous les) privilégiés. — Romerciment de la catholicité à Joseph II. 1786, in-8.
— infernale. — Le diable cosmopolite. 1761, in-8.
SUPERCHERIES TYPOGRAPHIQUES
un
— de l'Inquisition. — Malagrida, tragédie. 1763, in-8.
— des Israélites. — La passion de Notre Seignour. 1763, in-8.
— de Jean Bart. — La conspiration fanaliquo dévoilée, par Jean Bart. 1791, in-8.
— des Jésuites. — Chant de triomphe évangélique. 1631.
— de la Joie. — Dessert de petits soupers agréables. 1755, in-12.
— du Journal des Chiens. — Pétition de tous los chiens de Paris à la Convention nationale. S. d., in-8.
— de la Liberté. — Ménagerie nationale, avec l'inventaire et le nom des animaux. 1790, in-8.
— du Lion. — La grande colère du lion Billaud-Va rennes.
— de la Liberté de la presse. — Abjuration des petites filles jacobites des départements. 1794, in-8.
— de la Liberté, de la Vérité et surtout de l'Impartialité. — Vie de J. S. Bailly, maire de Paris. 1790, in-8.
— du Louvre. — Gris-gris ou l'Ami de Laure. 1781, in-8.
— de Madame Engueule. — La Gaieté des Porcherons. 1768, in-12.
— du Manège. — Louis XIV au Manège. 1790, in-8.
— des Mécontents. — Confession générale de feu Riquetti. 1791, in-8.
— du Mouphti. - Le Balai. 1761, in-8.
— Mystique et Quiétiste. — Réflexions théologiques sur l'amour et le plaisir. S. d., in-12.
— ordinaire des Académiciens. — Mémoires de l'Académie des Colporteurs. 1748. in-12.
— de F Olympe. — Zéphire et Flore. 1785, in-8.
— de l'Ordre. — Les agréables divertissements de la table. 1745, in-12.
— de l'Ordre des Ayulhopèdes. — Annulaire agathopédique et social. 1860, in-8.
Les agathopèdes étaient les membres d'une Société badine constituée dans la capitale de la Belgique ; on trouve de longs détails à cet égard dans les « Supercheries littéraires » de Quérard.
— du Pacha. — Chansons qui n'ont pu être imprimées. 1788, in- 18.
— des Patriotes. — Les Jacobins démasqués. 1795, in-8.
— du père Duchéne. — Calendrier du père Duchône. 1791, in-18.
— Philanthropique. — Bibliothèque choisie des Jacobins. In-8.
— Philosophique. — Traité des trois imposteurs. 1793, in-12.
— des Princes. — Almanach des Emigrés. 1792, in-18.
— du Printemps. — Le Livre à la mode. 1760, in-12.
— des quatre Saisons. — Le Livre des quatre couleurs. 4444, in-12.
— de la Résurrection. — Adresse aux Parisiens. 5590.
— de la petite Rosalie. — C'est f...tu le commerce ne va pas. 1790, in-8.
— du Saint-Sépulchre. — Résurrection de Louis XVI. 1790, in-8.
— des Sans-Culottes. — Les Aventures du petit Gouli. 1790, in-8.
— des Savoyards. — La nouvelle Lanterne magique. 1791.
— d'une Société d'Hommes ruinés par les Femmes. — Les Femmes de plaisir. 1760, in-12.
— du Tambour-major. — Passe-temps des mousquetaires. 1750, in-8.
XIV SUPRHCHRfllR» TVPOORAPHI01TR8.
— (/c tous 1rs Diables. ~ Les Détossemeiils comiques (Je l'abbé Maury. 1790.
— du I alit ait. — Lolliairc et Valiiidc. 1777, in-8.
— de la Vérité. — Bijoux aristocratiques. 1 790. in- 12.
— du Vicomte. — Le Vicomte de Barjobcau.
— de la voir publique qui crie vire le Roy. — Le dépurement de la pierre apaisée par la mort de Conrino Concitii. 1047, in- 12.
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