CETTE NOUVELLE EDITION
Le succès qu'a obtenu mon Dictionnaire des Ouvrages anonymes et pseudonymes, ne m'a point aveuglé sur ses défauts. Beaucoup d'articles n'étaient pas annoncés avec l'exactitude dont je m'étais fait une loi, dans la vue de faciliter aux amateurs la recherche du nom d'un auteur, en comparant les titres des ouvrages anonymes qu'ils possèdent, avec ceux qui sont consignés dans mon Dictionnaire; plusieurs noms propres n'étaient pas écrits d'après l'usage le plus généralement suivi. L'on a paru désirer aussi que j'indiquasse avec flus de soin les premières éditions. Il a été enfin reconnu que je pouvais enrichir mou ouvrage d'une multitude de nouveaux articles. Toutes ces considérations m'ont tellement frappé, que depuis 1806, époque de la première publication de ce Dictionnaire, je n'ai peut-être pas passé un jour sans y faire des corrections ou des additions* Des amis et des amateurs m'ont coramu-
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velles recherches m'ont aussi donné lieu d'étendre ou de multiplier les notes, qu'on lit toujours avec intérêt dans ces sortes d'ouvrages, parce qu'en général elles offrent des détails aeuis et piquans. Il résulte de tout cela que c'est moins une nouvelle édition qu'un ouvrage nouveau qui est présenté au public. J'ai doue lieu d'espérer qu'il sera accueilli avec autant de faveur que mon premier travail.
ij AVERTISSEMENT.
Qu'il me soit permis d'insister particulièrement sur deux espèces d'améliorations introduites dans mon ouvrage. Ce sont d'abord les articles nouveaux qui m'ont été procurés par des notes manuscrites trouvées sur des exemplaires : rien de plus authentique que de tels articles; je ne manque aucune occasion de5m'en procurer, et elles se rencontrent très-souvent dans une ville comme Paris, où les ventes de livres sont si fréquentes. Ces ventes rejettent successivement dans la circulation une multitude de bons livres annotés par des possesseurs plus ou moins instruits : transcrire ces notes pour en faire jouir le public est un moyen nouveau d'enrichir et de compléter l'histoire littéraire. Il y a quarante ans que ce moyen est à ma disposition; mais c'est surtout depuis' treize ans que j'y ai eu recours avec autant de persévérance que de succès.
Le second genre d'amélioration vient de la communication qui m'a été donnée par M. Van Thol des recherches qu'il a faites pendant plus de dix ans sur les ouvrages anonymes et pseudonymes publiés en français. Voyez ci-après mon Discours préliminaire, page xxj.
M. Van Thol a été conservateur d'un de nos dépôts littéraires. Les employés de ce dépôt, ceux même des autres dépôts, lui ont remis beaucoup de notes manuscrites trouvées sur des exemplaires. Plusieurs gens de lettres lui en ont communiqué. Ces articles, réunis aux miens, formeront une masse de découvertes d'autant plus précieuses qu'elles ont échappé à une perte qui, sans nos soins, eût été inévitable.
Le peu de cas que je fais des livres qui ne sont que curieux m'a déterminé à composer un ouvrage véritablement utile : ai-je atteint ce but? Je serais porté à le croire en considérant l'usage que l'on peut faire des recherches consignées dans mon Dictionnaire. Il sera facile, par exemple, d'en tirer des bibliothèques spéciales d'art militaire, d'économie poli-
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tique, de jurisprudence, de médecine, de philosophie, de politique, et surtout de théologie. L auteur de Y Ami de la Religion et du Roi y a puisé largement pour composer son Essai historique sur la controverse touchant le prêt à intérêt , inséré dans le vingt et unième volume de son journal, année 1819. Le rédacteur de Y Esprit des Journaux (M. Mellinet aîné) y a trouvé le fond de YHistoke des Journaux, qu'il a publiée dans le volume de mai 181 7. Dès Tannée 1808, M. Peignot avait choisi dans les deux premiers volumes de mon ouvrage soixante-dix-neuf articles, sur les deux cent quatre-vingts dont se compose sa Bibliographie curieuse, ou Notice raisonnée des Hures imprimés à cent exemplaires au plus, etc. Je trouverai moi-même d'amples matériaux dans mon Dictionnaire, si jamais je fais réimprimer la Bibliothèque des Romans de Fabbé Lenglet du Fresnoy, d'après les deux exemplaires que j'en possède, chargés d'additions , d'éclaircissemenset de corrections, par l'auteur, par l'abbé Sepher, par l'abbé de Saint-Léger et par M. A dry.
Je ne puis terminer cet avertissement sans me féciliter de la situation où je me trouve depuis long-temps; en me livrant à ma passion pour les recherches littéraires, je remplis une partie essentielle des fonctions dont je suis chargé. Quelles obligations n'ai-je donc pas à son excellence M. le marquis de Lauriston, ministre de la maison du Roi , qui me fournit tous les jours les moyens d'accroître mes connaissances par les augmentations dont il enrichit le précieux dépôt confié à mes soins ?