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le P. Audiffredi me paraît avoir fait le premier cette distinction dans le catalogue de la bibliothèque Casanate rédigé par ordre alphabétique des auteurs et des ouvrages anonymes. Il a été imité par Jean-Ckristophe Adelung, qui a publié, en 1784 et en 1785, deux volumes de supplément au Dictionnaire universel des hommes célèbres , de Jocher.
Les Siècles littéraire? de la France par M. Desessarts, pourraient encourir les mêmes reproches que les Frqnces littéraires de Paris et de Hambourg; pn y trouve cependant beaucoup d articles trèsbien faits; la plupart ont été fournis par les auteurs eux-mêmes.
J'indiquerai ici quelques. -unes des fautes que Ton peut justement reprocher à plusieurs des auteurs dont je viens de parler, dans la seule crainte qu'elles n'induisent en erreur les étrangers.
M. Ersch cite comme deux ouvrages anonymes de Legouz de Gerland, la Relatio/ d'un voyage en Italie, et des Lettres sur les Anglais. Ces ouvrages n'ont pas vu le jour; on en a la preuve dans l'Éloge de M. Légouz par Maret, secrétaire perpétuel de i académie de Dijon, édition in-l\°. M. Desessarts a reproduit cette méprise. On trouve dans son ouvrage comme dans celui de M. Ersch, \Hittoire de Lais, par le même Legouz, métamorphosée en une Histoire des lois. .
1/babitude de confondre ainsi des manuscrits avec des imprimés n'est que trop commune.
S VIII. Personnes vivantes , ou mortes depuis peu, qui m'ont aidé dans la composition de ce dictionnaire.
Il est des connaissances que Ton trouve ailleurs que dans les h\ vres; c'est ce que Quintilien appelle une teintute d'érudition acquise dans le commerce des savans. Elle m'était indispensable dans une science semblable à celle des anonymes et des pseudonymes, qui at plus traditionnelle que positive, au moins pour le siècle ou Ton écrit. J'ai eu l'inestimable avantage de converser avec les hommçs
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de Paris les plus versés dans l'histoire littéraire; jamais je n'oublierai les momens que j'ai passés avec le célèbre bibliographe Mercier , si connu sous le nom d'abbé de St.-Léger; il était alors attaqué de la maladie de langueur qui l'enleva à la république des lettres, fe *4 floréal an 8 (mai 1800); elle ne l'empêchait pas de parler sur la bibliographie et l'histoire littéraire , comme s'il élit joui de la plus brillante santé. Avec quel plaisir je l'ai souvent entendu déployer toutes les richesses de sa prodigieuse mémoire! aucun de ses récits n'est sorti de la mienne; les ouvrages enrichis de ses optes, et la portion de ses manuscrits , que j'ai acquis à la vente des livres de sa bibliothèque, ne m'ont pas été moins utiles; on le verra par plusieurs articles de mon dictionnaire.
Je regarde aussi comme un bonheur d'avoir été admis dans la société d'un ancien bibliothécaire de l'Oratoire, M. Adry, aussi distingué'par l'étendue et la variété de ses connaissances que par l'aménité de son caractère. •
Ma liaison avec le savant Chardon de la Rochette, et M. Parison, son élève et son ami , ne m'a pas été moins avantageuse.
J'ai pu entretenir les personnes que je viens de citer, d'ouvrages relatifs à la religion, aux belles -lettres, à l'histoire, aux antiquités, etc., mais aucune d'elles n'avait été à même de puiser à la source les rénseignemens qui m'étaient nécessaires sur les ouvrages dits philosophiques , publiés en si grand nombre dans la dernière moitié du siècle qui vient de s'écouler. J'ai obtenu ces rénseignemens de l'homme de lettres distingue qui était le plus en état de me les fournir. Que M. Naigeon reçoive donc ici mes remercîmens pour la complaisance avec lamelle il m'a donné tous les détails que je pouvais désirer, concernant des productions qui feront époque dans Thistoire littéraire du genre humain. 1 Je le cite souvent dans
• M. Naigeon est mort le 28 février 1810; il a emporté dans la tombe la réputation de l'amateur de livres le plus délicat et le plus exercé de ces derniers ttmps. Les relations que j'ai eues avec lui m'ont fait faire la connaissance de
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mon dictionnaire ainsi que son ami le baron d'Holbach, très-connu par sa bienfaisance, ses lumières en minéralogie et son goût pour
son frère, dit le jeune, qui lui a survécu quelques années. Celui-ci m'a avoué qu'il avait copié presque tous les ouvrages philosophiques du baron d'Holbach, pour les envoyer à l'imprimeur d'Amsterdam , Marc-Michel Rcy. Dans une longue note écrite de sa main en téte de son exemplaire du Système de la Nature, il raconte de la manière suivante comment cette mission lui a été confiée. Je n'ai pas besoin de dire que je n'approuve ni le fond ni la forme de son récit.
« Quoique son écriture (du baron d'Holbnch) fut bonne, très- nette et trèslisible; qu'il fit peu de ratures, et que sesTenvois fussent très- exacts, ne voulant point la faire connaître, il s'est confié à un de ses plus intimes amis, celui de tous peut-être dont les opinions étaient les plus conformes aux siennes, celui de tous aussi qui avait le plus de caractère, le plus de courage, le plus de zèle et le plus de talent pour l'aider dans ses projets, lui corriger même le style, et le relever de ses fausses idées, parce que sa tête, quelque froide et quelque bien organisée qu'elle fut, était quelquefois si fatiguée, qu'il ne s'apercevait pas ou de ses contre-sens, ou de ses contradictions, ou même de certaines bévues parfois dignes d'un enfant.
« Il s'est confié, dis-je, à cet ami, et l'a prié de lui chercher un homme qui fut aussi sur qu'eux deux, qui ne fut pas un ignorant, qui fût même athée , qui eût une écriture nette , correcte et extrêmement lisible, et qui eût le temps de eopier ses manuscrits sans interruption et sans en faire copier une seule ligne à personne.
« Or cet ami est M. Naigeon , mon frère , dont le nom est fort connu dans la république des lettres , auteur des articles Richesse et Unitaires dans la première Encyclopédie, auteur presque en totalité, tant il y a fait de corrections, de la belle traduction de Lucrèce publiée par M. la Grange son ami , auteur aussi de presque toutes les remarques ; auteur de la préface qui est en tête de la traduction des Œuvres de Sénèque le philosophe, publiée aussi sous le nom de M. la Grange ; auteur de la Morale cPÉpictete, de Sénèque, publiée pour l'éducation de M. le Dauphin ; enfin auteur du Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne, faisant partie de l'Encyclopédie méthodique, dont il parait un demi-volume depnis trois mois (en 1791).
« Et cet homme tant désiré , demandé par l'auteur du Système de la Nature » mon frère, est mot-mkm* ; ce que cet auteur n'a jamais su. J'étais alors contrôleur des vivres à Sedan. Comme j'avais la permission d'aller tous les nus