‹ Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, composés, traduits ou publiés en Français et en Latin, avec les noms des auteursChapitre 4 sur 231 · DISCOURS PRELIMINAIRE. XV · texte numérisé non relu

DISCOURS PRELIMINAIRE. XV

demandé des nouvelles à des personnes qui eussent pu en avoir la communication.

Il parut à Paris, en 1758, une France littéraire * rédigée en partie par l'abbé de la Porte, sur le plan qu'avait donné Duport- Dutertre, en 1751 , dans son Almanach des Beaux- Arts. On y inséra la liste alphabétique des ouvrages connus des auteurs : elle était suivie d'une autre liste indiquant les ouvrages anonymes. Cet ouvrage eut trots supplémens jusqu'en 1763 inclusivement.

Le succès qu'obtint ce livre, détermina le libraire à en annoncer une nouvelle édition, très-augmeotée, pour l'année 1767; elle ne parut qu'en 1769, mais c'était, pour ainsi dire , un ouvrage nouveau , et Ton est redevable à l'abbé dUebrait, plus qu'à l'abbé de la Porte, des augmentations qu'il contient. Sur 6000 ouvrages , eyviron, annoncés dans le Catalogne alphabétique du tome deuxième il s'en trouve au moins 3ooo tant anonymes que pseudonymes. Malheureusement aucun signe particulier ne distingue ceux-ci d'avec les autres, et d'ailleurs, la comparaison que j'ai faite des titres avec les frontispices mêmes des ouvrages, m'a fait voir qu'un grand nombre de ces titres sont tronqués : c'est ainsi que V Instruction théologique en Jbrme de catéchisme , par Osmont du Sellier , est indiquée sous le titre de Catéchisme; de même Y Amitié après la mort, contenant les Lettres des morts aux vivons, ouvrage traduit de l'anglais, de madame Rowe, figure sous le titre de Lettres des morts aux vivons. Beaucoup de titres ne sont suivis d'aucune date; ceux-là sont souvent imaginaires. Je considère comme tels les Lettres littéraires sur divers sujets , sans date , a voL ùi-i ï., et les Mémoires histariqi&s et curieux , aussi sans date , a voL in- 1 1 , indiqués sous le nom de l'abbé de la Boche, connu par l'édition qu'il a donnée des Maximes de la Rochefoucauld, avec des notes. L'auteur a peut-être voulu parler des Lettres curieuses sur divers wjeis\ Paris , 1 7 , a vol. in- 1 a, attribuées à ua nommé Du val 1 ,

' Tai découvert plusieurs ouvrages anonymes de cet auteur. Voyez son article tans mon Examen critique des Dictionnaires historiques. {N. N.)

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dans le catalogue de la bibliothèque du roi. fai indiqué dans mon Dictionnaire plusieurs autres fautes du même genre. L'on ne trouve pas dans ce* volume le catalogue des ouvrages anonymes annoncé dans l'avertissement qui précède le tome premier. Cette omission est à regretter, car les éditeurs des supplémens qui ont paru en 1 778 et 1784, eussent sans doute trouvé dans ce catalogue beaucoup d'ouvrages dont les auteurs étaient connus depuis 1769, et celui qu'ils nous ont transmis en serait plus satisfaisant. En général, ces deux supplémens sont très-inférieurs aux deux premiers volumes. J'ai remarqué dans le même avertissement une omission répréhensible, relativement aux savant qui ont communiqué des articles aux premiers éditeurs; ceux-ci avaient proclamé avec reconnaissance les noms de l'abbé Saas, connu par ses critiques du Catalogue de la bibliothèque du roi, du Dictionnaire de Ladvocatact des sept premiers volumes de l'Encyclopédie, etc.; de D. Gerou, bénédictin, qui a laissé une Bibliothèque des auteurs Orléanais; de l'abbé Sepher, bibliographe renommé; du P. Roset, dominicain, qui avait envoyé la notice de tous les écrivains de la Franche- Comté : puisque les nouveaux éditeurs ont profité des recherches et des renseignemens de ces hommes laborieux, ils devaient en perpétuer le souvenir par une mention expresse.

M. Ersch, bibliothécaire de l'université d'Iéna, a copié dans la France littéraire, imprimée à Hambourg depuis 1797 jusqu'en 1 806, et composée aujourd'hui de 5 volumes, toutes les fautes de celle de Paris, et il y en a ajouté de bien plus graves; telle est la confusion des auteurs les uns avec les autres : par exemple, il prend Ribaud de la Chapelle pour Besset de la Chapelle; le marquis de Guasco pour l'abbé de Guasco; M. André, bibliothécaire de d'Aguessau, pour l'abbé André, instituteur du comte Desfours à Prague, auteur d'une Histoire ae Bohême; Èlie Bertrand, né en Suisse, pour M. Bertrand né à Besançon; l'abbé Champion de Nilon pour l'abbe Champion de Pontalier; le ministre Galonné pour M. de Calonne , cultivateur des environs de Paris; l'avocat Dumont pour Dumont

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architecte; M. l'abbé Jacquemont, ancien chef de division au ministère de l'intérieur, pour l'abbé Jacquemont du Valdahon, etc., etc., etc. Ces fautes, qu'il était bien difficile à un étranger d'éviter, ne m'empêchent pas de rendre justice au zèle et aux connaissances de ce savant, qui est aujourd'hui professeur de l'université de Halle.

C'est d'ailleurs cet estimable bibliographe qui a ranimé mon goût pour les recherches relatives aux anonymes el pseudonymes , par l'invitation qu'il a faite aux littérateurs français,de lui communiquer des remarques sur son ouvrage; il trouvera dans mon dictionnaire les articles que j'avais d'abord eu dessein de lui envoyer.

Je déclare encore que l'ouvrage de M. Ersch a souvent facilité mes recherches et mes vérifications. Des titres qu'il n'a indiqués qu'imparfaitement m'ont quelquefois mis à même de découvrir de véritables anonymes; c'est ainsi que les mots : Histoire de la barbe deVhomme, 177.., dans l'article de D. Fangé, m'ont fait croire (jinl était question des Mémoires pour servira t histoire de la barbe deïhomme. Liège, Broncarl, 1774, &-8°.

On trouve dans le troisième volume du Dictionnaire bibliographique, connu sous le nom de Cailleau, quoiqu'il ait été composé par l'abbé Duclos, amateur de livres, mort vers 1790, un petit Dictionnaire de livres rares , dont les auteurs fie sont pas connus. Le seul énoncé du titre prouve que l'auteur s'est attaché aux livres rares; aussi, ne parle-t-il point des livres utiles. Quant aux raretés, il n'a pas connu les auteurs de la plus grande partie de celles dont il fait mention. Mon dictionnaire indique beaucoup de noms qu'il ignorait.

Quelque incomplet que soit le dictionnaire des anonymes de Yibbé Duclos , il a son utilité ; et M. Fournier, qui s'est donné la peine de réduire en un volume l'ouvrage entier, y compris le supplément de M. Brunet fils devait bien ne pas omettre la partie

1 Voyez le Dictionnaire portatif de Bibliographie , par F. I. Fouhhier,

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des anonymes, d'autant moins qu'il a reproduit toutes les fautes de ses modèles.

Tek sont )es principaux ouvrages qui ont été composés ex professo sur la matière que j'ai traitée.

§ IV. Nécessité d'un nouvel ouvrage pour faciliter la découverte

des anonymes et des pseudonymes,

I^a nécessité d'un nouvel ouvrage destiné à faciliter la recherche des écrivains anonymes et pseudonymes, est sentie depuis longtemps; la plupart des bibliothécaires de Paris se sont donné la peine d'écrire de leur main sur le frontispice des ouvrages anonymes contenus dans les bibliothèques confiées à leurs soins, les noms d'auteurs qu'ils ont pu découvrir; j'ai vu nombre d'ouvrages enrichis de notes de cette nature, dans les dépôts littéraires nationaux où ont été transportés, à l'époque de la révolutionnes bibliothèques des établissemens supprimés. Ites savans les plus distingués de nos derniers temps ont pris les mômes soins pour leurs bibliothèques particulières. Je m'en suis également convaincu, en jetant les yeux sur des ouvrages anonymes qui leur avaient appartenu; tels étaient les livres provenant des bibliothèques de MM. Sepher, Beaucousin, Mercier-St.-Léger, Godescard, Anquetil Duperron et Villoison ».

La dispersion des anciennes bibliothèques et la vente des cabinets particuliers ont fait évanouir ces recherches précieuses. Elles sont entièrement perdues pour nous. D'un autre côté, on ne remarque plus dans les catalogues de livres qui se publient aujourd'hui, la connaissance des auteurs anonymes et pseudonymes qui

Paris, chez Fournier frères , i8o5, in-8 ; — nouvelle édition, 1809, in-8. Cet ouvrage n'est remarquable que par une exécution typographique assez élégante.

1 Je puis joindre à ces noms plus ou moins célèbres celui de l'abbé Mor cil et, dont la nombreuse bibliotliéque a été vendue en 1819.

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distinguait les Martin, les Barrois, les Née de la Rochelle, etc. Cela vie*t en partie de ce que, depuis environ 3o ans, on a préféré les livres rares et curieux aux ouvrages véritablement utiles. D après tous ces détails, j'ai dû penser que le dictionnaire que je publie aujourd'hui, était devenu d'une indispensable nécessité.

Un ouvrage de cette nature peut seul empêcher de confondre les masques qu'un auteur a pris pour se déguiser, avec les personnes cachées sous ce déguisement, ou avec celles qui n'y ont jamais pensé.

Nous avons deux exemples assez récens de méprises de cçtte espèce. M. Thorillon, ancien procureur, ayant envie de publier des vues nouvelles sur les finances, crut devoir se déguiser, en 1787 , sous les noms de Tu. Min au de la Mistringue. T^a tournure singulière de ces noms pouvait donner lieu à quelques réflexions plaisantes : aussi les auteurs du Petit almanach de nos grands hommes ne manquèrent-ils pas de s'amuser aux dépens du nouveau financier. Ce qu'il y a de risible, c'est qu'ils ont pris un nom masqué pour un nom réel; il n'est point du tout étonnant que M. Ersch ait partagé leur erreur; mais notre compatriote Desessarts a su se garantir de ce piège.

Si en 1786, époque à laquelle Jean Senebier écrivait son Histoire littéraire de Genève, il eût existé un Dictionnaire des pseudonymes, le savant bibliothécaire n'eût pas placé, dans son article Bourdillon, l'ouvrage intitulé : Essai historique et critique sur les dissentions des églises de Pologne , publié par Voltaire, en 1 y6y9 sous le nom de ce pasteur.

Les bibliothécaires en général sont intéressés à la publication d'un dictionnaire tel que celui-ci; car je sais, par mon expérience, <ju'ils doivent quelquefois se trouver embarrassés lorsqu'on leur demande des ouvrages sous le nom d'un auteur qu'ils ne connaissent

pas. ;

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