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rite avec laquelle se rédigent et s'impriment les catalogues, m'a paru mériter de l'indulgence ; je me suis contenté d'indiquer des méprises qui ont été assez souvent répétées pour induire en erreur. L'on peut croire d'ailleurs qu'en général j'ai eu de bonnes raisons pour ne pas partager l'opinion de tel ou tel bibliographe.
Si mes vœux étaient remplis, mon ouvrage pourrait être regardé comme la table des Dictionnaires historiques, en ce qui coricernc les Anonymes. Souvent, en effet, on possède un de ces livres dont l'auteur a son article dans nos dictionnaires. Jé fournirai le moyen de consulter cet article, auquel on n'eut jamais pensé sans moi. Supposons, par exemple, qu'on ait sous les yeux Y Histoire universelle de Trogue Pompée, réduite en abrégé par Justin , traduction nouvelle avec des remarques par F abbé A ,de Port-RoyuL Paris ,
1698 et 1708, 2 vol. in-i*. On lit dans le privilège que l'auteur se nommait D. L. M. Ces lettres sont les initiales du Fief de la Martinière que possédait Louis Ferrier. Nous trouvons des détails curieux sur Cet auteur, dans les dictionnaires de Morery et de Chaudon.
C'est lui qui fit, en 1 70a , représenter la tragédie de Monté^ume, dont parle Voltaire dans son Discours sur la tragédie, en tête de Brutus. La scène ouvrait par un spectacle nouveau; c'était un palais d'un goût magnifique et barbare; Montézume disait à ses courtisans, prosternés le visagé contre terre:
Levez-vous , votre roi vous permet aujourd'hui Et de l'envisager et^ parler à lui.
Ce spectacle charma, dit Voltaire, mais voilà tout ce qu'il y eut de beau dans cette tragédie.
Pourrait-on, sans lin dictionnaire des ouvrages anonymes, trouver facilement le nom de l'auteur de cette traduction estimable de Justin, nom qui est demeuré inconnu à l'abbé Paul, son dernier traducteur? Je pourrais citer mille exemples de cette nature ; si je me fusse jeté dans tous les détails dont mes articles étaient
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*jsceptibles, j'auAis reproduit les dictionnaires historiques sous ime forme nouvelle. Je ne devais donc justifier l'attribution de certains ouvrages à tels ou tels auteurs, que dans les cas où je n'étais pas d'accord avec les dictionnaires; c'est ce que j'ai Fait assez généralement.
S VTL' Principaux "Ouvrages consultés pour la composition de ce
Je n'ai presque consulté les ouvrages de Placcius et de Mylius, que pour rectifier leurs erreurs; si je reproduis des articles qui se trouvent chez eux, c'est pour leur donner plus d'exactitude et fie concision ; quant à ceux de leurs articles qui sont sans intérêt aujourd'hui, parce qu'ils n'ont rapport qu'à des disputes particulières et plongées dans le plus profond oubli , je n'ai pas cm devoir leur donner une nouvelle existence. #
La France littéraire de 1 769 m'a été bien plus utile que les deux auteurs que je viens de nommer; mais j'ai eu besoin de voir les ouvrages qui y sont indiqués; pour m'assurer s'ils sont véritablement anonymes. Lorsque ces ouvrages m'ont manqué, je ne m'en suis rapporté qu'à des titres de livres consignés dansées catalogues dont les auteurs sont renommés pour leur exactitude. J'ai soumis i ces deux modes de vérification la plus grande partie des articles contenus dans le tome deuxième de l'ouvrage dont il est ici question. Sans cela, les pénibles et utiles recherches des abbés de la Porte et «THébrail bussent été perdues pour les bibliographes, comme elles le sont pour la plupart des gens du monde, qui ne voient dans cette longuè série d'articles qu'un catalogue ordioaire. .
J'ai dit plus haut ce que je pensais de la France littéraire de Hambourg. - ' . '
Au défaut d'autres ouvrages spécialement consacrés à la découle des anonymes et des pseudohytaies , j'ai consulté les catalogue*
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de livres les plus renommés. J'ai donc eu sans «esse sous les yeux les catalogues rédigés par MM. Martin, Barrois, de Bure, Musier, Née de la Rochelle , le Clerc, Nyon l'aîné et les frères Bleuet fils. Plusieurs de ces catalogues sont dans toutes les bibliothèques bien composées x.
Des hommes de lettres, des sa vans même , n'ont pas 3édaigné de présider à la rédaction de ces sortes d'ouvrages qui ont acquis parlà un nouveau degré d'utilité. Malgré les justes reproches adressés aux rédacteurs du catalogue de la bibliothèque du Roi , leur travail n'est pas moins recommandable par sa belle distribution et les renseignemens bibliographiques que Ton y trouve.
On peut louer sans réserve le Catalogue de la bibliothèque de M. le comte de Bunau ( Bibliotheca Biuiaviatia ) , rédigé par Franckius, celui de la Bibliothèque publique d 'Orléans, dont l'auteur est le P. Fabre, bénédictin ; le Catalogue systématique et raisonne , fait sur un plan nouveau , qui est le catalogue des livres de M. Van Goens a, dressé par lui-même, et enrichi d'une multitude de remarques bibliographiques; le Catalogue de la biblioûiéque Casanate, que je ne me lasse pas de citer par estime pour feu k P. Audiffredi, son principal auteur; enfin le Catalogue de la bibliothèque de M. de la Sema Santander 3.
1 Depuis l'impression de ce discours, M. Brunet, auteur de l'excellent ouvrage intitulé Manuel du libraire et de l'amateur de livres, a publié plusieurs catalogues aussi estimables que les précédens. Je dois les mêmes éloges a quelques catalogues rédigés par MM. de Bure frères, Renouard, ele (iV. N.)
1 Connu par la savante édition de l'ouvrage de Porphyre, De antro nympharum. Vltrajecti, 1765 , 1/1-4. Il parait que des revers politiques ont éloigm pour toujours M, Van Goens de sa patrie et de la culture des lettres. Voye* Saxii onomast'u on litlerarium.
3 Depuis la publication de mon ouvrage, j'ai lu avec soin le DictiorinaiH' universel européen de livres, par le libraire Georgï , en trois langues, latine, allemande et française, imprimé à Leipsick de 1742 à 1753, 5 vol. in-fol.
Ce dictionnaire contient plus de vingt mille articles français , rangés d'apro un ordie alphabétique très-défectueux. Les titres en général fourmillent de