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MESA ( Jean de) , peintre d'histoire , résidait à Madrid au commencement du 17e. siècle. C'est lui qui fit les quinze tableaux qui étaient au collège des Jésuites d'Alcala de Henares. Le premier portait cette inscription : « Vie de Saint Ignace de Loyola , fondateur de la Compagnie de Jésus , d'après ce qu'en a écrit le révérend père Ribadeneyra de la même société , que l'on fit ensuite peindre à Jean de Mesa dans Madrid , et graver en Flandre. M.
MEXIA ( André de) , presbytérien de la ville de Séville. Il dora en i522 l'une des grilles latérales de la grande chapelle de la cathédrale. J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'à cette époque les peintres les plus fameux doraient et ornaient les fonds des maitres autels. S.
MICIER (Paul), peintre et juge de l'audience de Sarragosse. Malgré les soins de sa charge , il n'en consacra pas moins beaucoup de temps à la peinture qu'il exerçait avec intelligence. — Il fît surtout , pour l'Oratoire du comte de Saint-Clément , un tableau qui fut admiré de tous les professeurs de son temps. Il mourut à Sarragosse en i65g. V.
MICIER (Pierre), peintre d'histoire et fresquiste , né dans Sena, vint à Sarragosse au 16e. siècle, et peignit à fresque avec assez de connaissance, de goût et d'adresse. Il fit de plus un superbe ouvrage dans les huit tableaux qui ornaient le grand autel de Saint-François de cette ville, et qui , du dessin le plus correct, avaient chacun trente palmes de hauteur. — Micier acquit un capital immense en Aragon , le répartit à la fin de ses jours en œuvres de charité , et particulièrement dans les églises où il avait gagné cette fortune. V.
MILLAN (Sébastien), peintre de portraits et de genre, né à Séville, où il apprit sous Alphonse Escobar. Sa facilité
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et le goût qu'il possédait, en firent un assez bon peintre de portraits. Ses ouvrages sont répandus dans les couvens et dans les maisons particulières de la province , où il laissa plusieurs tableaux de genre. Il mourut fort vieux dans Séville en ij'Si. S.
MINGOT ( Théodose) , peintre d'histoire et fresquiste, naquit en Catalogne en i55i, y reçut les élémens, et déjà bon artiste partit pour l'Italie , • dont il suivit l'école. Palomino affirme que Becerra le fit revenir en Espagne pour peindre à l'Alcazar de Madrid. Ce qu'il y a de sûr , c'est qu'il fit avec Jérôme de Cabrera les fresques de Fappartement de la reine au Pardo, et de l'une des tours de ce palais. L'illustre amateur, M. Iriarte, possède un Christ à la Colonne , très-correct , d'une belle pâte , et d'une anatomie parfaite , signé Teodosio. Mmgot mourut en 1590. V.
MINANA (le père Joseph), peintre d'histoire et religieux de l'ordre de la Sainte -Trinité , naquit à Valence le i5 octobre 167 1, avec de grandes dispositions pour les sciences et les arts. Il fit des progrès inouïs à Naples , et orna son couvent de Morviedo de productions du plus grand mérite. Il continua l'histoire d'Espagne en latin du père Mariana , fit différentes dissertations sur les antiquités du royaume de Valence, et un poëme intitulé , de BelloRustico Volentino. Minana mourut à Valence le 27 juin i?3o. V.
MIRANDA. On compte en Espagne cinq professeurs célèbres de ce nom au commencement du 18e. siècle. Voyez Garcia de Miranda ( don Jean) , Garcia de Miranda ( don Nicolas ) , Rodriguez de Miranda ( don Pierre ) , Rodriguez de Miranda (don François), Rodriguez de Miranda (don Nicolas).
MOHEDANO ( Antoine ) , peintre d'histoire et grand fresquiste , l'un des meilleurs peintres de l'Andalousie , naquit à Antequera en i56i. Dès que son père sut l'arrivée à Cordoue de Paul de Cespedes, qui venait de Rome, précédé d'une réputation immense comme peintre , sculpteur et architecte , il lui adressa son fils. Il avait découvert dans ce jeune homme une inclination prononcée pour l'art de peindre , et pria Cespedes de le recevoir comme élève. Aussitôt que ce grand homme eut pris possession de sa prébende, en 1^77, il établit son école, et Mohedano fut le premier reçu. En peu de temps l'élève fit de très-grands progrès dans le dessin, et sut donner à ses profils une exactitude extraordinaire. — Pour acquérir de la facilité et de la couleur , il se mit à peindre des serges, système adopté dans ce temps du savoir en Andalousie , et à l'aide duquel on perdait la timidité du pinceau. Les beaux ouvrages de Jules et d'Alexandre , à Ubeda et à Grenade ; ceux des Perolas , au Viso 5 ceux d'Arbasia , dans Cordoue , firent préférer à Mohedano la fresque à la peinture à l'huile , et lui donnèrent , dans ce genre , la prééminence sur tous les artistes de son temps. Avant de commencer , Mohedano méditait , il étudiait beaucoup , traçait et dessinait d'après le naturel, sur des modèles et des mannequins qu'il faisait lui-même, maxime qu'il avait prise de son maître. Il parvint aussi à être très-heureux dans ses compositions , à devenir très-savant dans l'art des contrastes et des groupes , à donner un beau caractère à ses personnages , du grandiose à ses formes. Il possédait en même temps la partie philosophique de l'art , et prit un goût particulier pour peindre les fruits et les ornemens; il sut imiter très-bien les grotesques des loges de Jean d'Udine , et laissa partout des preuves de son grand mérite , particulièrement dans ses quatre tableaux pour
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Saint - François de Séville , et dans les fresques qu'il fit pour le même couvent , aidé d'Alphonse Vasquez. 11 peignit aussi avec les Perolas , dans la cathédrale de Cordoue. — Il se retira vers ses derniers jours à Lucena, et termina des tableaux pour le grand maître autel de la cathédrale de cette ville , où il mourut en 1625. — François Pacheco , qui le connut intimement , le respecte comme l'un des plus grands professeurs de l'Andalousie. Il paraît que Mohédano fut aussi chargé pour l'archevêché de Séville des tableaux que l'on a long-temps attribués à l'un des élèves de Louis de Vargas. Il ne peignit pas si bien à l'huile qu'à la fresque , fut très-instruit dans les humanités , et eut un goût particulier pour la poésie castillane. — Pierre Espinosa , son compatriote et son ami j fit connaître le talent de Mohedano , comme poëte , dans la Collection de Poésies espagnoles , qu'il publia dans Valladolid en i6o5 , sous le titre : Flores de poetas ilustres de Espatia, 11 y mit plusieurs beaux sonnets composés par Mohedano , à qui il en adressa lui-même un qui , dans le temps , eut de la vogue. S.
MOLINA ( le frère Manuel de ) , peintre d'histoire et de portraits, naquit à Jaën en 161 4- Jaloux de faire des progrès dans la peinture , dont il avait appris les principes dans cette ville , il fut à Rome , d'où il revint en Espagne après avoir acquis assez de talent dans la capitale des arts. Au fort d'une: tempête qu'il éprouva en chemin, il promit de se faire religieux, et remplit son vœu en se faisant Franciscain dans le monastère de l'ordre , à Jaën , où il mourut en 1677. Les tableaux de ce couvent sont presque tous de Molina , qui peignait avec intelligence , sans arriver cependant au talent de Sébastien Martinez , qu'il s'était proposé de rivaliser. Il est vrai que ce dernier entendait moins la perspective que Molina , qui au sur-
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plus peignait encore le portrait en grand avec infiniment de savoir. S-
MOLINA ( Manuel de ) , peintre d'histoire et de portraits, naquit à Madrid en 1628 , apprit à dessiner sous Eugène Caxes , qui , venant à mourir , laissa Molina sans maître à l'âge de i/[ ans \ mais pressé par le désir de bien faire , prenant des uns , prenant des autres , copiant toujours d'après les meilleurs artistes, Molina parvint à devenir un assez bon peintre pour complaire à beaucoup de particuliers de Madrid , où il s'était concilié l'estime générale. 11 travaillait vers l'année i658. On ignore l'époque de sa mort. M.
MONRÉAL ( Antoine de ) , peintre en crédit à Madrid au commencement du 17e. siècle, fit pour la Trinité de cette ville un Saint Jean de Mata soignant des malades , et pour d'autres couvens plusieurs autres tableaux. M.
MONTERO (Laurent), fresquiste, naquit en i656 à Sé ville , où il acquit infiniment de facilité dans l'art de peindre en détrempe les ornemens d'architecture , les fruits , les fleurs et les paysages. — Il vint à Madrid en 1684 5 eut beaucoup d'occupation pour les décorations du Retiro , tant il faisait bien ce genre. Les décors sont perdus ; mais la chapelle Sainte-Marthe , dans l'église de Saint- Jérôme de Madrid , laisse sur sa voûte et sur ses murailles des traces irrévocables du savoir de Montero. Il ne fut pas aussi heureux à l'huile , car la seule chose qu'il ai.t bien faite en ce genre est le portrait de Philippe V pour le monastère du Paular. Elle est datée de 1 70 1 . — Montero mourut à Madrid en 17 10. /£,
MONTERO DE ROXAS (Jean ) , peintre d'histoire, naquit à Madrid en 161 3 , fut élève de Pierre de las Cuevas , devint très - habile , se rendit à Rome, et s'y mit à copier de préférence le Caravage. Bientôt il
revint en Espagne , et fit des ouvrages très-estimés. On range parmi ce nombre son Assomption pour le collège de Saint -Thomas , le Songe de Joseph pour les religieuses de don Juan de Alarcon , et le Passage de la mer Rouge pour la sacristie de la Merci. Montero mourut dans sa patrie en 1688. M.
MONTIEL (Joseph), peintre de portrait, l'un des artistes qui existaient en si grand nombre à Madrid , vers la fin du 17 e. siècle. Il fit entre autres pour la paroisse de Saint-Martin, une Nativité qu'il signa. Montiel faisait très-bien le portrait, auquel il se consacra particulièrement. M.
MONTOYA ( le frère Pierre de ) , peintre d'histoire, religieux de l'ordre de Saint-Augustin , eut une grande célébrité : il travaillait en i5go dans sou couvent de Séville , qu'il orna de ses productions. S.
MORA ( Jérôme ), peintre d'histoire , élève d'Alphonse Sanchez Coëllo. Ses talens le firent choisir au commencement du 17e. siècle, pour peindre la voûte de l'escalier qui conduit à l'appartement de la reine , dans le palais du Pardo. — L'illustre Vincent Joanes prépare une Cène pour le réfectoire du couvent de Saint-Dominique de Valence ; mais il meurt vingt-ans après l'avoir tracée , sans l'avoir peinte. La communauté arrête qu'on priera Mora de venir finir ce tableau. Il y fut en effet , et remplit cette tâche à la satisfaction de tout le monde. — Avoir été jugé capable de terminer un tableau esquissé par Vincent Joanes , est l'éloge le plus flatteur que puisse ambitionner un artiste *. M.
MORALES ( le frère François ) , peintre d'histoire ,
* Voyez à cet égard comme Pierre Horplielin de Poultiers parie de Mora.
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et fresquiste , Chartreux du Paular j naquit dans l'une des îles Tercères en 1660, et fut élève de Palomino. Il mourut en 1720 dans ce monastère , en y laissant plusieurs ouvrages ; savoir , une Notre-Dame , un Saint- Sacrement entouré d'anges , de raisins et d'épis. On voit de lui quelques parties de murailles peintes à fresque. Morales laissa de même au monastère de Grenade plusieurs productions , dans lesquelles on retrouve assez de goût et de couleur. M.
MORALES ( Jacques de ) , peintre de portrait , fit en i645 , et signa celui en pied d'un Saint Evêque , pour la paroisse de Chueca, située à trois lieues de Tolède. — On a de lui plusieurs autres portraits , dans lesquels on distingue assez de couleur. M.
MORALES ( Louis de ) surnommé el Dwino *, naquit à Badajos au commencement du 16e. siècle, vers 1509. Il paraît qu'il apprit les élémens, soit à Valladolid , soit à Tolède , où il y avait à celte époque de grands professeurs ; mais ce ne put être ( ainsi que le dit Palomino) sous Pierre de Campana, puisque cet illustre maître ne parut en Espagne que vers 1 548 , et que l'on trouve des tableaux de mérite signés Morales, 1 546. — Il commença dans Valladolid , ainsi qu'on le peut conjecturer par des figures jusques à mi-corps pour des oratoires , tels que la cathédrale de Séville en possède un. Il fut quelque temps à Tolède , et revint ensuite en Estramadure. — Philippe 1 1 , par anticipation , voulait qu'on préparât les ornemens destinés au temple et au
* Morales fut ainsi surnomme, soit parce qu'il ne peignit que des sujets sacrés, soit pour le mérite de son pinceau ; mais cette épithète arbitraire que chacun des deux motifs peut justifier , pour ce grand artiste , convient à beaucoup d'autres peintres espagnols.
monastère qu'il faisait construire à l'Escurial. Morales qu'il connaissait depuis long-temps fut invité à se rendre près de S. M. , qui désirait le charger de la composition de quelques tableaux. L'artiste qui aimait la représentation, et qui, dans ses talens, trouvait les moyens de la soutenir, se présente à la cour avec un faste extraordinaire. On empoisonne , auprès du souverain , ce goût de Morales pour la dépense; àTinstant on lui fait compter ses frais de route présumés , et en même-temps il reçoit Tordre de retourner dans sa patrie. C'est alors cependant qu'il fît son superbe tableau de la Voie de Douleurs, que Philippe II fit mettre chez les Hiéronymites de Madrid. — De retour à Badajos , avec un profond ressentiment , Morales vit la fortune l'abandonner \ il finit par avoir si peu d'occupations , qu'il tomba dans la misère la plus absolue. Sa vue s'affaiblit , et de plus il perdit la fermeté , si nécessaire au genre de peindre qu'il avait adopté. — C'est en cet état que, passant par Badajos l'an 1 58 1 , Philippe II, à son retour de Portugal dont il venait de prendre possession, le vit, et lui dit : Tues bien vieux, Morales, oui, sire, et très-pauvre. A cette réponse S. M. lui assigna une pension de 3oo ducats qu'il toucha pendant cinq ans, car il mourut à Badajos en i586. — Le mérite de ce professeur , dont on peut voir un des tableaux les plus capitaux dans la riche collection de M. le baron de Masias , consiste dans l'exactitude du plus austère dessin , dans la connaissance profonde des nus , la dégradation des teintes , et dans l'art surtout de peindre les passions de l'àme. Il apportait une prolixité rare dans les barbes et les cheveux , qui à la loupe , sont d'un détail surprenant , et de loin n'en sont pas moins d'un effet admirable.' — Les ouvrages de cet artiste célèbre sont justement considérés; et l'on doit espérer qu'une fois Péeole espagnole mise au
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rang qu'elle doit tenir à tous égards, les grands hommes qui la composent verront leurs productions sortir de l'état d'abnégation dans lequel elles restent en France, en Flandre et en Italie. — Morales , que l'on doit à juste titre surnommer le Bellin espagnol, et qui sans doute a plus d'énergie que le peintre vénitien , mettait à ses travaux un temps infini. Cependant, malgré cette lenteur apparente, il n'en a pas moins laissé des tableaux dans toutes les églises de Tolède , de Madrid , de Séville , de Valladolid , d'Avila , de Burgos , de Miraflores , de Grenade , de la H iguera de f regenal , d Arroyo del Puerco , de la Puebîa , delà Calzada, d'Alcantara, de Badajos, dans plusieurs chartreuses, au palais du Pardo, et chez beaucoup d'amateurs. — Rarement il a peint des épisodes compliqués, si ce n'est la Voie de Douleurs , dont j 'ai parlé , et le tableau que l'on a vu quelque temps au Musée; il se bornait à des sujets simples tels que des Christs , des Vierges de Douleurs , etc. , toujours sur bois, jamais sur toile. — Peu de peintres ont été plus copiés , plus imités que Morales. Il est nombre d'amateurs irréfléchis qui , dès le moment qu'ils voient des Ecce homo bien obtus , des Mères de -Douleurs bien décharnées , donnent ces misérables productions au divin Morales , qui est le peintre du sentiment, de l'expression et du fini le plus parfait. — Notre artiste eut un fils et plusieurs élèves, qui cherchant à l'imiter n'ont jamais fait que les caricatures horribles doiu je viens de parler. M.
MORAN (Barthélemi ) , l'un des concurrens et soutiens de l'académie de Séville en 1664. S.
MORAN (Jacques), peintre d'histoire, de genre et de paysages, travaillait à Madrid vers 1640. Le baron de Casa-Davalillo, amateur distingué, sous tous les rapports, a dans sa belle collection un Saint-Jérôme de la main de
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ce professeur. On y admire le dessin, la science anatomique , une couleur brillante de toutes parts. Moran a introduit dans ce tableau un paysage enchanteur. Un autre amateur aussi célèbre, M. de Lameyra , possède de Moran une tête de Saint Jérôme que M. Lebrun crut un moment êtte de l'Albane. Un professeur très-savant a gravé un troisième Saint Jérôme à genoux et tout nu , d'après un tableau de notre artiste ; mais comme il trouva que ce nom était trop inconnu dans les arts , il a mis à sa gravure le nom duGuerchin. — Moran inventa et dessina les Muses qui sont dans le bel ouvrage de Quevedo , édition de 1670. Il se distingua par les paysages qu'il composait des sites les plus pittoresques. M.
MORENO (Joseph), peintre de Vierges, naquit en 1642 à Burgos , et y apprit les principes. Il vint ensuite a Madrid , continua sous François de Solis, qu'il égala comme coloriste, mais qu'il surpassa comme dessinateur; sa timidité , jointe au peu de temps qu'il resta à la cour, l'empêcha de donner quelques ouvrages publics. De retour dans sa patrie il y mourut en 1664 5 à 1 âge de 32 ans , ne laissant que des regrets : car il faisait concevoir de grandes espérances , ainsi qu'on en peut juger par ses belles Vierges, Conceptions, etc. M,
MOREY, fresquiste , peintre Majorquin , résidait à Palma, où il mourut au milieu du 18e. siècle. Son plus bel ouvrage est un tableau de cinquante-quatre palmes de largeur et de plus de hauteur, qu'il fit pour servira l'église de Sainte-Eulalie , la Semaine-Sainte, et qu'on appelle V elum Templi. Il représente le Christ au Sépulchre , entouré d'Anges, et tous les signes de la passion. Morey fît encore plusieurs tableaux mystiques pour la paroisse de Saint-Michel de Palma. V.
MOTEZUMA (don Pierre de , comte de Tula) , peintre
de genre, l'un des amateurs les plus versés qu'il y ait eu dans l'art de peindre à Madrid, et qui il avait d'autre désir que de se livrer à ce penchant. Il cultivait la peinture avec tant d'intelligence . que tous les professeurs de son temps le regardaient comme leur maître. Ses tableaux de genre sont on ne peut plus estimés. Il mourut vers 16-0. Bf* MO Y A ( Pierre de), peintre d'histoire , de genre et grand coloriste , naquit à Grenade en 1610 , fut élève à Séville de Jean del Castillo , et condisciple d'Alphonse Cano ainsi que d'Esteban Murillo. Son extraordinaire vivacité , et son goût pour les voyages , le portèrent à s'engager dans une compagnie qui allait en Flandre : mais les chefs-d'œuvre qu'il vit dans les Pavs-Bas , ranimèrent, au milieu de ses exercices , le goût que la nature lui avait départi. Il consacra dès-lors tous ses loisirs à copier tout ce qu'il voyait de mieux dans les temples. Les exceilens principes qu'il avait eus , lui firent faire des progrès rapides. — A la vue de quelques tableaux de Wandvck. il resta tellement surpris de la couleur , qu'il ne voulut plus copier que ce maître. — Moya prit tant de goût pour ce genre , qu'au moment même où il sut que Wandyck était à Londres , il laissa la compagnie , et fut à la recherche de l'illustre Flamand. — Wandyck reçut notre Espagnol avec plaisir , et l'admit à l'instant comme élève. Mais Moya ne profita pas long-temps des bonnes dispositions de son maître pour lui , car il eut le malheur de le perdre au bout de six mois en 1641 • — Poursuivi par les chagrins les plus vifs , Moya ne resta pas une minute à Londres , et s'embarqua pour Séville la même année. — Tous les professeurs , qui le connaissaient déjà , restèrent surpris à l'examen de son faire , qui paraissait et était en même temps tout nouveau } puisque personne ne connaissait la manière de Wandvck, Mais celui
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qui fut le plus étonné , ce fut Murillo : à l'instant même qu'il vit la facture de son condisciple , il conçut un violent désir de voyager en Italie, et dans les Pays-Bas. On sait , comme je l'ai dit à son article , que le défaut de moyens l'empêcha d'outre-passer Madrid , d'où il revint le meilleur naturaliste qu'ait jamais eu l'Espagne , tant il avait été stimulé à l'aspect des ouvrages de Moya. — De Séville , Moya retourna dans sa patrie, où il resta jusqu'en 1666, année de sa mort. — Les temples de Grenade, plusieurs particuliers d'Espagne et d'Angleterre possèdent les œuvres de cet illustre artiste , qui s'amusait à faire aussi de jolis tableaux de genre. *S.
MUDO ( Pierre ) , peintre de portraits. Don Silvestre Collar de Castro , secrétaire du conseil des Indes , conserve un portrait de grandeur naturelle du bienheureux Simon de Roxas , à genoux : ce tableau fort bien peint, largement drapé , offre un joli paysage , et porte au fond 3a signature suivante : Pedro el mudo faciebat œtatis 35. Il y avait aussi de ce maître, chez les Trinitaires de Madrid , quelques portraits qui n'étaient pas sans mérite , et qui ont été transportés au Rosaire. M.
MUNOZ (N. ), peintre d'histoire , fit à la fin du 17e. siècle , avec un nommé Camacho , les tableaux de la vie de Saint-Pierre de Nolasco , qui ornent le couvent de la Merci à Lorca : ils sont mieux peints que dessinés. Munos peignit encore, mais seul , une grande partie des tableaux de la vie de Saint-François , pour le couvent de l'Ordre à Carthagène. — Il fit entre autres un Baptême du même Saint, et l'Impression des stigmates, qu'il signa comme suit. Muhoz en Lorca , 1696. V*
MUNOZ ( Évaiïste ), peintre d'histoire, naquit à Valence en 1671, étudia sous Conchillos ; et quoiqu'il ait très-jeune montré un penchant déterminé pour la
peinture, ainsi qu'une invention très-féconde, il ne parvint jamais à être correct ni à donner à ses têtes de la noblesse. — Mais le feu de son imagination et sa facilité lui donnèrent une grande réputation dans sa patrie, où il se faisait en même temps distinguer par son goût pour la danse , l'escrime et l'art de la comédie. — Il fut à Mayorque en 1709 pour peindre la chapelle de la Communion au couvent de Saint-François de Palma, et laissa dans cette île plusieurs autres ouvrages qui sont estimés. — Il épousa une dame dont le premier mari passait pour être mort prisonnier dans Argel \ mais le captif, qui n'était nullement décédé , annonça qu'il revenait prendre possession de sa femme. Munoz la laissa , et se retirant par Ibiza , eut l'occasion de se trouver avec ce véritable mari , dont il ne se fit pas connaître*. — Munoz se piquait cependant d'être spadassin. A son retour de Mayorque , et avant son second mariage, il Se complaisait dans l'état militaire, parce que ses chefs le laissaient exercer et cultiver ses penchans pour la peinture ; mais à sa troisième liaison, qu'aucun mari légitime ne vint troubler, il resta dans Valence ; et y enseigna publiquement le dessin dans sa maison jusqu'à sa mort qui eut lieu en 1737. Munoz a laissé de ses ouvrages dans la plus grande partie des églises de Valence. V,
MUNOZ ( don Jérôme ) , peintre de portraits. Pacheco etPalomino célèbrent les talens en peinture de ce chevalier de Saint- Jacques , qui travaillait avec intelligence
* U paraît qu'il eut un second événement de cette nature : car, s'etant marié en secondes noces avec une femme qui se disait veuve d'un soldat, nommé Callot, supposé mort à Messine , le mort, peu de temps après le mariage de Munoz , reparut sain et sauf. On ne sait comment il sortit de cette seconde affaire.
et succès à Madrid, vers i63o. On a de lui un grand nombre de portraits. M.
MUNOZ (Sébastien), peintre d'histoire et fresquiste , naquit en i654 à Naval Carnero , et fut F un des élèves les plus avancés de Claude Coëllo. Il se distinguait particulièrement dans la détrempe, dont il avait acquis un grand usage par suite de tout ce qui se fit dans les rues de Madrid à l'occasion du mariage de Louise d'Orléans avec Charles II. — Le produit de ces ouvrages le mit à même d'entreprendre le voyage de Rome, où il eut le bonheur d'être admis à l'école de Charles Maratte. Dans ses loisirs il étudiait l'antique , les grands professeurs, et ne perdait jamais un jour d'académie. Malheureusement, à cette époque , le bon goût n'existait déjà plus à Rome. Les progrès de Munos furent donc proportionnés aux maximes du temps. Chacun sait que l'on préférait la fraîcheur du coloris et le fracas de la composition , à l'exactitude du dessin , au grandiose et à la noblesse des caractères. — Munos revint en Espagne en 1684, par Sarragosse , où il retrouva son maître Coëllo , qui faisait les fresques du collège de la Manteria. L'élève aida le maître, et finit, à la satisfaction de Coëllo, la chapelle de Saint-Thomas de Villeneuve. Ils revinrent ensemble à Madrid , et furent reçus , pour ainsi dire , en triomphe par leurs amis et tous les professeurs. La nouveauté procura de suite à Munoz un nombre d'ouvrages qui le mirent en crédit. Il peignit au Palais le cabinet de la reine , et y représenta l'épisode d'Angélique et Médor , avec des orneinens d'architecture. Il suivit le style d'alors , qui contribua si éminemment à la décadence du vrai bon goût. Il fut ensuite occupé dans la galerie des Cerfs , et tombant gravement malade , reçut , dans le cours de sa maladie , nombre de faveurs de la famille royale. A peine conva-
lescent , il fît le portrait de la reine et de plusieurs grands personnages , à la satisfaction de chacun , tant il possédait ce genre ; et , pour récompense , fut nommé peintre du roi en 1688. H fit alors son beau tableau de Psyché etCupidon , ainsi que les huit épisodes de la Vie de Saint Eloi , qui donnèrent tant de lustre à la paroisse du Sauveur de Madrid , et qui furent placés avec une pompe magnifique ordonnée par tous les orfèvres de la ville. Mais le tableau qui lui fit le plus d'honneur est son Martyre de Saint Sébastien , que I on mit dans la sacristie des Carmes-Déchaussés , d'où je l'ai fait porter au Rosaire *, — Munoz , chargé par les Carmes-Chaussés de représenter dans un tableau les Funérailles de la reine, qui venait de mourir en 1689, fit une superbe composition; mais les religieux ne voulurent pas la recevoir, sous le prétexte que la reine n'était pas ressemblante. Il était assez difficile en effet que la ressemblance fût exacte, puisqu'elle est vue en raccourci. Munos, ne voulant pas avoir perdu son temps, forma dans les airs un groupe d'Anges qui , portant le portrait frappant de la reine vivante, mit les religieux dans la nécessité de prendre , par politique , le tableau et de le payer. — Muhoz continua , pour Marie-Anne de Neubourg , seconde femme du roi , les fresques tracées par Coëllo. Il n'avait encore que 36 ans , et était parvenu à obtenir l'estime particulière du souverain ( ce qui entraîne ordinairement celle de la cour et la considération de tous les professeurs) , quand il perdit la vie par un événement des plus fâcheux. Chargé de retoucher , dans l'église. d'Atocha , la belle voûte peinte par Herrera le jeune , il tomba du haut de l'échafaudage , le lundi saint
* C'est le même tableau que les éve'nemens transportèrent au Musée dans nos momens de trouble.
de Farinée 1690, et mourut sur la place, universellement regretté. — Ses funérailles furent magnifiques • le roi fît donner à sa veuve 1 5 doublons d'or pour son deuil \ et lui accorda une forte pension. — Son condisciple , François Ignace Ruiz de la Iglesia , finit le tableau du Martyre de Saint André , que Munoz avait laissé tracé pour l'église de Casarubios. Tarragone , Madrid et des particuliers possèdent les oeuvres de Munoz. M.
MURES ( Alphonse ) , peintre d'histoire , communément appelé le Vieux , pour le distinguer de ses fils, qui peignirent aussi , naquit à la fin du 17e. siècle , et mourut vers 1761 à Badajoz. On ignore son maître, mais on sait que ses ouvrages , et la protection de l'évêque de cette ville , qui les lui procura , le mirent en nom. — Il est de plus certain qu'il était doué d'une imagination féconde , qu'il était bon dessinateur , donnait à ses têtes un charme infini qu'il composait avec feu , et possédait l'entente du clair-obscur. Toutes ces qualités se trouvent dans les beaux tableaux des cloîtres de Saint-Augustin et de Saint-François , ainsi que dans tout le couvent des Carmélites de Badajoz. Il fit aussi , pour les Observans de cette ville , un Saint-François-de-Paule très-célèbre dans les arts espagnols, s.
NARDUR (le frère Jean). Voyez MiserU (le frère Jean de la ).
NAVA ( Louis de ) , amateur. L'académie de Saint- Fernand eut dès son principe des sujets distingués qui , en lui faisant hommage de leurs productions, manifestèrent leur goût pour les arts. — Don Louis , chevalier de Saint -Jacques et lieutenant des gardes, se présenta au. premier concours qui eut lieu en 1753 pour la dis-