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à Valence , et s'y fit respecter des professeurs , par un Saint Sébastien qu'il peignit en 1616 pour la cathédrale, et qui est en effet une magnifique production. — Orrente fut à Valence maître de Paul Pontons et d'Esteve March, dit des Batailles ; il le fut de Christophe Garcia Salmeron , à Cuenca, où il résida quelque temps , et d'où le disciple Je suivit jusqu'à Madrid quand il y fut. — Les tableaux qu'Orrente fit pour le palais du Retiro le mirent tout-àfait en vogue à la cour. — Aimant à voyager , il fut à Séville , y laissa beaucoup de grands ouvrages, et se lia avec Pacheco, qui faisait le plus grand cas de son talent, Orrente revint en Castille et mourut à Tolède en i644 • Sa manière offre beaucoup de nouveauté , et une invention remplie de caprices. Comme il cherchait et visait à l'effet, il terminait peu; mais jamais il ne s'écarta des règles du dessin. — Il entendait, employait toutes les ressources du clair-obscur , avait adopté la palette vénitienne, et peignait avec une grande vérité tous les genres d'animaux : aussi tous ses tableaux sont des fermes et des traits de l'histoire des patriarches de l'ancienne loi. — Il faut, pour compléter une collection espagnole, quelques tableaux d' Orrente. Je puis en faire voir plusieurs qui indiquent son faire. Tolède, Murcie , Murta, Portacœli , Valdecristo , Valence , Cuenca , Villarejo de Salvanes , Madrid, Badajoz , la Guardia , Cordoue , ont un grand nombre des productions de cet artiste , qui fait honneur à l'école espagnole. V,
ORTEGA (François de), fresquiste , natif d'Andujar, établi dans Madrid en 17 25. Le conseil de Castille le choisit pour l'un des huit taxateurs de peintures antiques déjà cités. En i^3i , Ortega peignit à fresque la voûte du chœur et une grande partie de l'église de la Merci de Madrid. On a de lui à l'huile une Naissance de Saint Pierre
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de Nolasco , qui lui fît honneur ; mais il sut mieux peindre à fresque , quoique les autres parties de la Merci , peintes 2^ar Colona , fissent infiniment de tort à celles peintes par Grtega. M.
ORTEGA ( Pierre de ) , fresquiste , établi à Séviîle , travaillait en i5g^- à la réparation du grand monument de cette ville. S.
OVAS , peintre. Ployez Hovasse ( Michel- Ange ).
PABLO ( Pierre ), peintre d'histoire, vivait en Catalogne au milieu du 16e. siècle , et jouissait d'un certain crédit. Il peignit avec Pierre Séraphin les portes de l'orgue de la' cathédrale de Tarragohe en1 1 563. L'intérieur représente la Nativité, la Résurrection. A l'extérieur on voit l'Annonciation. Tout l'ouvrage est composé de figures plus grandes que le naturel. Il peignit et dora seul , en i566, la portion qu'avait ajoutée Perris Hostri au grand niaître autel de cette même cathédrale, ainsi que les travaux que le même Hostri , de concert avec Jérôme Sancho , avaient terminés dans l'orgue du même temple. PabTô possédait une belle couléur et un dessin assez correct. V.
PACHECO ( Christophe ), peintre d'histoire, de portraits , et fresquiste. On doit penser que ce peintre avait beaucoup de mérite, puisque le duc d'Alfae l'employa, vers 1 56a , à l'embellissement de ses palais , et que les seigneurs de ce temps voulaient absolument se faire peindre par Ilii. Ses tableaux pour les résidences des ducs d'Albe ont tous été consumés dans les incendies qui ont dévoré les châteaux de ce grand seigneur. Il ne reste de Pacheco que plusieurs portraits , qu'il faisait fort bien , mais qu'il accompagnait de tous les détails minutieux des vêtemens d'alors , en broderies, dentelles, etc. M.
PACHECO ( François ) , peintre d'histoire , dé portraits , et grand fresquiste. Si la prérogative d'avoir été beau-père et maître de don Jacques Yelasquéz de Silva le rend reeommandable dans l'histoire des artistes espagnols , la qualité de peintre correct , de savant écrivain , et dé grand poëte , rélèvent au plus haut degré d'honneur. — Il parait que malgré l'assertion de Palomino , qui le fait naître en i58o, Pacheco naquit à Séville en 107 i. Il était neveu du licencié François Pacheco, chanoine d'un grand mérite et d'une érudition profonde. Cet oncle était de plus un excellent poëte latin. Le chapitre l'avait chargé de disposer tous les sujets des bas-reliefs, statues et autres ornemens pour le grand saint sacrement d'argent que Jean d'Arfé devait faire pour la cathédrale. Il y aurait beaucoup à dire sur le savant oncle ; mais il ne fait pas partie de ce travail. — Notre artiste François apprit l'art à Séville , sous Louis Fernandez , peintre de serges , autre artiste que celui du même nom qui résidait à Madrid au commencement du 17e. siècle. — Pacheco, sans sortir de Séville , suivit donc ses études avec application et succès; et dès son enfance, comme il le dit lui-même au folio 17 4 de son ouvrage , il se livra sans relâche à la recherche des savans qui ont traité de l'histoire et de la fable , en raison de l'analogie que ces deux sciences ont avec la peinture. — Il peignit à l'huile en 1594, sur du damas cramoisi , des étendards pour les flottes destinées à la nouvelle Espagne et à la Terre-ferme. Ces drapeaux avaient ou trente ou cinquante barres , soit vingt-deux ou trente-cinq aunes de dimension , et représentaient ordinairement un Saint Jacques à cheval, avec les armes du roi et d'autres ornemens. Il fit à la détrempe , en 1598, l'un des quatre côtés du catafalque immense que l'on éleva dans la cathédrale de Séville pour les funérailles de Philippe II. — Pacheco
fut le premier qui dans cette ville sut dorer et bien orner les statues ainsi que le fond de leurs niches. Il travailla particulièrement à celles qu'avait sculptées son ami Martinez Mon tariez et fut encore le premier à surmonter de <^ileurs les bas-reliefs , et à leur ajouter des perspectives. Pacheco était déjà accrédité dans sa patrie en 1600 , car il fut désigné pour peindre six grands tableaux de la Vie de Saint Raimond , pour le cloître du couvent de la Merci , et les fit en concours avec Alphonse Vazquez , peintre d'un mérite supérieur. En i6o3 , il orna en détrempe Je cabinet de son grand ami le troisième duc d'Alcala , où il sut rendre plusieurs passages de Dédale et d'Icare avec un talent merveilleux. Sans les guinder , il avait donné à ses figures des attitudes difficiles , et on en voyait beaucoup en raccourci dans le vide. L'illustre Cespedes se trouvait à Séville à cette époque ; il fut voir cet ouvrage , lui reconnut beaucoup de mérite , et déclara que le genre de détrempe usité par Pacheco était celui des anciens , et conforme à celui que lui-même Cespedes avait appris à Rome , sous le titre d'aquarelle. Pacheco s'était engagé à finir cet ouvrage pour 1000 ducats. L'ayant terminé, il fit au duc un très-beau sonnet. Jaloux de voir et d'étudier les ouvrages des grands peintres, il fut en 161 1 à Madrid , à l'Escurial et à Tolède , où travaillait le Greco , se lia d'étroite amitié avec Vincent Carducho , et composa des vers très-élégans pour le portrait de son frère Barthélemi , mort en 1608. Il forma aussi des liaisons avec divers peintres célèbres de la cour, qui tous faisaient un cas particulier de son mérite. — De retour à Séville , Pacheco se livra plus sérieusement et plus philosophiquement à l'étude de son art. C'est alors qu'il s'occupa de suivre les principes et le système 'qu'il avait observés dans les œuvres des plus grands artistes. Il établit dans sa pro-
pre maison une école de méthode où concouraient beaucoup d'élèves distingués, tels qu'Alphonse Coëllo, Jacques Velasquez; etc. — C'est d'après ces principes solides qu'il peignit en i6t8 un Saint Ignace de Loyola pour le collège de Sainte-Herménégilde , et que l'année suivante il finit son grand tableau du Jugement Universel . pour le couvent des religieuses de Sainte-Isabelle. Il donna de cet ouvrage une description fort raisonnée et savamment théologique, dans son Traité de la Peinture. C'est sur ce cadre célèbre que François de Medina mit l'inscription suivante :
Futurum ad fînera saeculorum judicium Franciscus Paciecus Romulensis depingebat saeculi à judicis natali XVII anno XI.
Depuis, le père Gaspard de Zamora , jésuite, fit une brillante apologie de cet ouvrage contre ceux qui se permirent de le critiquer. En 1618, l'Inquisition chargea Pacheco de veiller au décorum des peintures exposées chez les marchands. En 1620 il peignit sur un marbre de Grenade , pour le collège de Sainte-Herménégilde , le Baptême de Notre Seigneur, et les Secours que lui apportèrent les Anges au désert. En 162 3 il termina un Saint Jean- Baptiste de la grandeur du naturel , pour la chartreuse de Sainte-Marie de las Cuevas , que j'ai transporté de ce monastère à l'Alcazar de Séville. — Pacheco revint cette année à Madrid , accompagnant Velasquez de Silva , qui venait d'être appelé à la cour par le comte duc d'Olivarez. Il fut témoin et participa aux honneurs que son gendre reçut du roi , qui le nomma son peintre. — Pacheco resta deux ans à la cour , examinant et étudiant , avec encore plus d'attention que la première fois, tous les chefs-d'œuvre des palais et des maisons de plaisance des rois. Il fut chargé de plusieurs ouvrages pour des par-
liculiers, et fit entre autres un tableau avec deux figures de grandeur naturelle, des fruits, des fleurs et beaucoup d'autres accessoires , que posséda long-temps son ami François de Rioja. Jean Gomez de Mora , grand architecte, chargea notre artiste d étoffer une Notre-Dame pour la comtesse d'Olivarez. Eugène Caxes estima ce travail 5oo ducats. — Au milieu de tant d'avantages et de considération , Pacheco n'aspirait qu'à la retraite. Il l'obtint enfin , au grand regret de Yelasquez , qui désirait toujours être près de lui. On le reçut en pompe à Séville. Sa maison devint le sanctuaire des savans et des artistes les plus distingués. Ses liaisons intimes avec les Jésuites le servirent beaucoup pour son Traité de la peinture particulièrement dans les sujets mystiques. Ainsi Pacheco en i654 finit ses jours au sein de sa patrie et du bonheur. Il laissa une immense réputation, et pour les professeurs de l'art un grand chagrin. L'illustration que ses préceptes avaient donnée à la peinture, et l'énergie avec laquelle il avait surtout défendu les prérogatives des artistes , le firent encore universellement regretter. — Les peintures de Pacheco sont bien dessinées , offrent de la simplicité dans les attitudes ; on y remarque surtout combien il observait les règles de la composition , du décorum , de la lumière et de l'interposition. S'il eût été plus franc d'exécution, et d'un coloris plus suave, il aurait surpassé les meilleurs peintres d'Andalousie , qui s'occupaient plus de la beauté delà couleur que de l'exactitude du dessin. Personne ne fut plus studieux ni plus constant au travail que Pacheco. Pendant plus de quarante ans il suivit l'usage de préparer ses œuvres par deux ou trois dessins du sujet qu'il voulait peindre -, il copiait à part et à l'huile les têtes d'après le naturel, et dessinait sur des cartons toutes les autres parties de ses compositions. C'est ainsi qu'il prépara les six
tableaux du cloître de la Merci , le Jugement Universel pour Sainte-Élisabeth , le célèbre Saint Michel du collège de Saint- Albert > et plusieurs autres ouvrages trèsrecommandables. — Paclieco fit plus de cent cinquante portraits à l'huile de diverses grandeurs , la plus grande partie cependant en petit, suivant l'usage d'alors. Le plus distingué de tous fut celui de sa femme. Il en fit ensuite plus de deux cents au crayon noir et rouge , de personnages distingués dans tous les genres , particulièrement celui de Michel Cervantes , que chanta François Quevedo de Villegas dans de très-jolis vers. — Il peignit aussi en miniature, ainsi que le disent Antoine Mohedano et Alphonse Vasquez. Son Traité sur l'art de la peinture est un ouvrage élémentaire dans lequel il répandit toutes ses connaissances et son érudition ; les professeurs d' Andalousie le considèrent comme indispensable pour l'instruction et l'avancement, et toute l'Espagne regarde toujours ce traité comme le meilleur en castillan. Au surplus , il est très-rare. — Pacheco ne s'arrêtait pas seulement au talent de peintre. Quand il s'agit de faire Sainte Thérèse , patronne d'Espagne , il écrivit un factum très-savant contre le mémoire de François Quevedo de Villegas , qui voulait à toute force que Saint Jacques fût le patron unique de son pays. Dans cette discussion mystique, Pacheco fit voir combien son instruction l'em-t portait sur celle des autres artistes de son temps. — Il fît aussi de très-jolis vers contre la mauvaise imitation de la nature dans l'art de peindre. Pacheco recueillit les poésies de son ami Ferdinand de Herrera , fit son portrait et le mit à la tête de l'ouvrage qu'il imprima en 161g. — Piodrigue Paro , dans son ouvrage intitulé , Claros Varones en letras naturelles de la ciudad de Sevilla ( Hommes illustres dans les lettres nés à Séville ) , cite avec éloge
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notre Pacheco ; enfin Lope de Vega Carpio chante de la manière la plus poétique le savoir de cet artiste, qui laissa des preuves incontestables de ses talens dans tous les temples de Séville , de Brenes , d' Alcala , de Guadayra , de Carmona , de las Cuevas , et chez un nombre infini de particuliers. S.
PALACIOS ( François) , peintre de portraits, naquit à Madrid en 1640. Ses parens obtinrent que Velasquez de Silva le reçût en qualité d'élève. Il développa de suite un grand talent pour les portraits, qu'il faisait très-ressemblans, avec beaucoup de franchise et de goût. Mais, ayant perdu son maître à l'âge de 20 ans, et lorsqu'il commençait à se livrer à l'histoire, Palacios resta entièrement abandonné, et mourut en 1676. On ne connaît d'ouvrage public de lui que le Saint Onofre qu'il fit pour le couvent des Femmes en Retraite, quoiqu'il ait aussi composé quelques tableaux pour des particuliers. M.
PALENCIA (Gaspard de) , peintre d'histoire , résidait à Valladolid en i5o9 , d'où il fut à Astorga , avec Gaspard de Hoyos, peindre et dorer le maître autel de la cathédrale de cette ville. Il fut aussi chargé de taxer, avec Jean de Cerecedo , les œuvres qu'avait peintes dans l'église de l'Espinar, Alphonse Sanchez Coello, ce qui annonce toujours une connaissance de l'art. — Les tableaux de ce maître sont très-rares 5 il en est cependant quelques-uns signés de lui. M.
PALENCIA ( Pierre-Honoré ) , fresquiste , peintre en réputation à Séville au milieu du 17e. siècle. Le chapitre de la cathédrale le chargea en 1649 de renouveler les colonnes , bases et chapitaux du beau monument de la Semaine Sainte. Il reçut pour ce travail 14700 réaux, soit 35oo livres , plus ou moins. — Palencia fut l'un des fondateurs de l'académie de Séville, et son premier
consul en 1660, grade qui ne se donnait qu'à un peintre exercé dans le dessin. Il paraît qu'il mourut à Séville en 1661. On ne connait que très-peu de ses ouvrages. S.
PALLOTA (Philippe), peintre de genre, et graveur, résidait à Madrid,, vers i;o3, en qualité d'ingénieur de Philippe V et de fourrier cavalcadour de la reine. Il était grand dessinateur, mais il se distinguait essentiellement dans la gravure , comme son article au Dictionnaire des Graveurs le prouvera, M.
PALOMINO DE VELASCO ( don Aciscle Antoine J, peintre d'histoire , de portraits et grand fresquiste , naquit en i653, à Bujalance, charmant paysage près d'Aldea del Rio, sur la belle route de Cordoue , où ses païens le conduisirent très-jeune pour son éducation. Il étudia la philosophie , la théologie et la jurisprudence ; mais , porté d'inclination à la peinture , il passait une partie de son temps à copier des estampes, — En 1672 , le peintre Jean Valdes Leal, retournant de Séville à Cordoue , vit ce que faisait Palomino , et lui donna quelques règles fondamentales , d'après lesquelles il sut se fixer et se livrer à la peinture , reconnaissant Valdes pour son unique maître. Dès ce moment il se consacra à l'étude avec plus de zèle et d'application , faisant chaque jour des progrès rapides , mais sans abandonner l'étude des lettres , qui lui méritèrent de l'évêque Alarcon de Cobarrubias , la faveur d'être ordonné. — En 1675, Jean Alfaro , né à Cordoue , y revenant de Madrid , donna pareillement de l'encouragement à Palomino. Il lui conseilla de se rendre dans la capitale où il trouverait moyen de faire des progrès encore plus solides, en fréquentant les grands maîtres qui ornaient alors la cour , et pour lesquels Alfaro lui offrit des lettres de recommandation. Mais Palomino continua ses études à Cordoue
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jusqu en 1678 , qu'Alfaro , de retour encore dans cette dernière ville , put enfin le déterminer à se rendre à Madrid. Il lui donna l'autorisation de continuer des tableaux qu'il avait laissés sans les terminer , et que Palomino acheva en 1680, Alfaro l'ayant exigé par son testament. — Palomino se lia étroitement à Madrid avec Jean Carreno et avec Coéllo , qui , demeurant à FEscurial , où il peignait son célèbre tableau de la Santa-Forma , venait d'arriver pour tracer l'ouvrage qu'on devait exécuter dans la galerie des Cerfs du Pardo. Ce grand artiste proposa au roi, qui l'accepta de suite, Palomino , comme très-capable d'exécuter cette composition. Les deux coryphées commencèrent à peindre quelques passages de la fable de Psyché et Cupidon : après quelques jours d'occupation , Coello retournant à i'Escurial , notre Palomino termina seul toute la galerie à la satisfaction du roi , de la cour et des connaisseurs. — Cette production lui mérita le titre de peintre du roi ad honores ; mais l'ouvrage considérable et magnifique qu'il fit sur la place de FHôtelde- Ville, pour l'entrée solennelle de Marianne de Neubourg, lorsqu'en 1690 elle vint épouser Charles II , lui valut la confirmation de la place , et des honoraires. — Témoin de l'arrivée de J uc Jordan à la cour il en ressentit plus vivement la perte de son ami Coëllo : mais il s'en consola lorsqu'il se vit chargé par le roi d'expliquer à Jordan les passages théologiques que l'Italien comprenait plus difficilement qu'il n'exécutait. Plein de délicatesse , Palomino donnait tant de clarté à ses notes, que Jordan les baisait, et disait : « Le texte ainsi rendu , tout est déjà peint.» — En 1693, Palomino prépara des grisailles, qu'un de ses élèves termina pour l'hôpital du Bon-Succès, et qui représentaient quelques gestes de Charles V , avec les portraits de Charles II et de la reine. — En 1696 ,
PA 243 il fit les portières de deux voitures que l'on voit au Musée des Armes. — En 1697 -> ^ ^ut * Valence, et peignit à fresque le presbytère de Saint- Jeau-du-Marché , revint à Madrid en 1698 , et y resta pendant 1699 et 1700. De retour à Valence , il peignit les voûtes de l'église du même Saint-Jean-du-Marché , ouvrage qui, par sa majesté, par l'érudition qu'il développa dans les faits , et par la franchise dont il les exécuta , lui donna une réputation aussi vaste que méritée. Il peignit Tannée suivante la voûte de la chapelle de Notre-Dame-des-Délaissées , et traça dans l'église de SaiutOucolas l'ouvrage que termina son disciple Denis \ idal. Il fit alors aussi son beau tableau de la Confession de Saint-Pierre, et les fresques de la cathédrale. — Pendant ce long séjour à Valence, Palomino s'unit avec les professe ùts , particulièrement avec les chanoines Victoria et Conchillos , qui l'accompagnèrent dans les diverses tournées qu'il fit. — De Madrid il fut à Salamanque en 1705, pour y peindre à fresque la voûte du cœur du couvent de Saint-Etienne. Au milieu de beaucoup d' allégories , il représenta l'église triomphante et militante. De retour chez lui, sans abandonner les pinceaux , il s'occupa du premier volume de son Musée de peinture, qu'il publia en 171 5. — En 17 12 il avait peint la coupole du sanctuaire de la Chartreuse de Grenade , où dans une gloire formée de beaucoup d'anges et de bienheureux , Saint Bruno soutient le monde. — Palomino fut très -accueilli par le célèbre sculpteur du roi don Joseph de Mora, qui s'était retiré à Grenade l'an 1 7 1 3. — Il resta à Cordoue , et n'y peignit que les cinq tableaux du grand autel de la cathédrale ; car il termina dans Madrid, oû on le pressait de revenir tous ceux dont il s'était chargé dans cette première ville. — Il y composa aussi le catafalque élevé
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pour les honneurs funèbres à rendre à la reine Marie- Louise de Savoie, morte le i4 février 17 14- — Le premier volume de son Musée parut , comme nous l'avons dit '9 en 17 15 , et fut reçu avec plaisir de tous les professeurs et amateurs. Le temps qu'il lui fallut employer pour les peintres et statuaires espagnols eu il voulait ajouter à son ouvrage , conduisit la publication du deuxième tome jusqu'en 1724. Pendant le temps qu'on en gravait les planches , il fut à la Chartreuse du Paular, pour y faire les fresques et arcs-boutans du sanctuaire. — Sa santé commençait à décliner dans ce monastère , car il se vit forcé de se faire aider par son fils , pour terminer l'ouvrage qu'il avait entrepris. Sa femme étuitmortele 3 d'avril 1725. Il se fit ordonner prêtre: ce dont il ne jouit pas long-temps , car il fut enterré le i3 avril 1726. On célébra ses funérailles avec une pompe correspondante à ses talens , son mérite , sa réputation , et à la volonté du souverain. — Ses tableaux , qui marchent sur la ligne de ce qu'il y avait de mieux en Espagne , peut-être en Europe , à cette époque , ont un dessin pur ; et quoique les caractères des figures soient un peu communs , l'ensemble n'offre pas moins un certain décorum : sa couleur est belle et harmonieuse : ses compositions J pleines d'érudition , démontrent son entente en perspective , en anatomie ! et l'utilité qu'il avait tirée de ses études en mathématiques. — Ses larges fresques de Grenade , Valence, Salamanque, et du Paular, lui donnèrent un grand renom. Mais ce qui lui en donna plus encore , ce fut la publication de son Musée et de son Echelle d'optique , où il sut décrire tous les élémens de l'art de peindre , avec la méthode la plus claire , et donner en même temps les règles les plus simples pour la pratique , s'appuyant avec esprit de toutes les autorités des grands artistes
PA 245 — Les écrits de Paîomino , imprimés la plupart en anglais et en français, respirent l'amour des lettres, et prouvent un zèle infatigable pour l'inspirer. — Ses ouvrages publics sont dans tous les temples de Madrid , de Taiavera , de Séville , de Cuenca , de Salamancrue , de Cordoue , de Siguenza , de Valence , dans Jes chartreuses du Paular , de Sainte-Marie de las Cuevas , de Grenade , et dans plusieurs palais , comme j'ai déjà eu occasion de le dire. S. et M.
PALOMINO DE \ ELASCO ( dona Francisca ) , peintre de portraits , vivaità Cordcue à la fin du 17e. siècle , avec une grande réputation d'habileté et d'intelligence. Elle était sœur d'Antoine Palomino, et mourut à Cordoue, 011 elle a laissé plusieurs ouvrages dans des cabinets d'amateurs, Elfe faisait très-bien le portrait. S.
PANCORBG (François), peintre d'histoire , résidait au commencement (lu 18e. siècle à Jaën, où il apprit sa profession sous "alois <| n avait été disciple de Sébastien Martinez. Pancorbo ^herck toujours à imiter ce dernier, comme le prouvent k divers tableaux qu'il laissa dans les temples de ceUo ville , Baeza ot d'Ubeda , où ils font assez d'honneur à Jçur nuteur. S, et P \
PANTOJA DE LA CRL" , peintre de portraits et d'histoire, naquit à Madii! ev i55i , et très -jeune annonça de grandes disposition; pour la peinture. Entré dans l'école d'Alphonse Sanchez Coello , il y fit de si rapides progrès et d'une telle nature , que Philippe II le nomma son peintre , en lui conférant de plus le titre de valet de chambre. Palomino possédait les dessins originaux des beaux sépulcres de Charles V et de Philippe II , que l'on vit ensuite à PEscurial : on les attribue à Pantoja. En effet , celui-ci reçut l'ordre de les copier à 1 huile, ainsi que les deux écussons d'armes de la mai-
son d'Autriche en grisaille , pour les faire servir aux funérailles du grand empereur *. — Peu de portraits de la famille royale, sous Philippe II, se firent par d'autres artistes que par Pantoja : aussi en existait -il un grand nombre à l'Escurial , auRetiro, à la tour de la Parada, sans compter ceux qui périrent dans l'incendie du Pardo. — Je ne dois pas passer sous silence l'un des beaux ouvrages qui ornaient le monastère de Sainte-Marie-de-Naxera , pour le portrait du célèbre conseiller Ruis Perez de Ribera, qu'il représente , pour la délicatesse extraordinaire du pinceau , et pour l'inscription savante qu'il est inutile de rapporter ici , quoiqu'elle soit composée et signée par Pantoja. — A la mort de Philippe II , notre artiste continua à jouir de la même considération et des mêmes honneurs sous Philippe III , qui l'employait particulièrement aux portraits. S. M. lui ordonna de la peindre à cheval. Ce fut ce beau tableau que l'on envoya à Florence, pour que , d'après lui , le célèbre sculpteur Boulogne , composât et jettàt en bronze la statue équestre des jardins de Ja maison del Campo. Après avoir passé une vie des plus laborieuses, Pantoja mourut à Madrid en 1610 , à 59 ans, laissant beaucoup de bons ouvrages. — La plupart des peintres espagnols conservaient encore de son femps une timidité de pinceau diamétralement opposée au
* L'Espagne a eu son Zeuxis dans la personne de Pantoja. « Le savant Volez de Arciniega, dans son Traité des animaux utiles à la me'decine , raconte que Christophe Custodio , ayant chasse' près le Pardo un superbe aigle barbu , il l'apporta en vie à la cour. Il ajoute que le roi donna l'ordre à Pantoja de le peindre 5 que celui-ci le fît avec tant d'art et de vérité , que l'aigle lui-même, trompé , sauta contre son portrait pour se battre avec lui, selon la coutume de ces animaux. L'aigle mit tant d'impé'uosité à son attaque, que sans qu'on pût s'opposer à ses efforts, il mit en pièces le tableau. »
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caractère national : ils la remplacèrent par une hardiesse des plus préjudiciables à l'art. — Pantoja, qui avait imité son maître dans la correction du dessin , surpassa tous les artistes de son pays , par sa manière de terminer et d'arrêter. Il rendait les objets les plus minutieux avec une clarté rare dans le coloris , et une vérité des plus exactes sans lourdeur , défaut dans lequel tombent les peintres qui suivent la même route. Il donnait de la noblesse à ses figures en même temps que des attitudes simples , et son œil était des plus perspicaces. Toutes ces qualités ont rendu ses tableaux d'un mérite transcendant et d'un prix très-élevé : il en est un surtout qui joint à un grand mérite l'intérêt historique de représenter la famille de Philippe II. C'est une Adoration des Pasteurs , tableau vraiment capital : ni Lucas Kranach ni le Bronzino, dont Pantoja , dans ses figures et ses vêtemens , suit le style respectif, n'ont jamais su mieux faire. — Antoine Mora d'Utrecht rappelle encore absolument la manière de Pantoja , dont les ouvrages sont répandus dans Tolède , TEscurial , Madrid , Valladolid , Medina del Campo, Naxera, Ségovie, Séville, Madrigal, dans beaucoup d'autres endroits , et chez nombre d'amateurs. — On doit aussi distiguer les deux magnifiques portraits qu'il fit de Philippe III et de sa femme. Il les a datés de 1606. On les conserve dans le palais des ducsd'Uceda à Montalvan. M.
PAR.EDES ( Jean de ) , peintre , l'un des soutiens et concurrens à l'académie de Séville depuis 1667 jusqu'en 1672. S.
PAREDES ( Jean de ) , peintre d'histoire , né dans Valence, et disciple de Michel Menendez à Madrid, où il apprit à devenir assez bon dessinateur , bon coloriste et très-fort surtout dans la perspective. — Il revint alors à Valence , et continua ses études sous Evariste
Munoz. — Paredes mourut dans cette ville le 9.3 avril 1738. Les deux tableaux de la chapelle de Notre-Dame chez les Trinitaires hors les murs de Valence , et un autre au collège des Augustins de cette ville, sont signés de lui. M. et V.
PAREJA (Jean de), esclave de Velasquez, peintre de portraits etde genre, naquitàSévilleen i6o6deparens esclaves, dont il y avait alors un grand nombre clans cette ville. On ignore si Velasquez l'acheta, ou en hérita \ mais il est sûr que Pareja le servait en cette qualité quand ce grand artiste fut appelé à Madrid en 1628. — Pareja préparait ses couleurs , ses toiles et entretenait on ne peut mieux ses pinceaux et sa palette. Comme il avait infiniment d'intelligence et qu'il avait été élevé parmi les peintres , il était tellement amateur, qu'en secret, à î'insu de tout le monde, et aux heures où il n'était utile en rien à son maître, il dessinait et copiait tout ce que faisait Velasquez. Cette manière produisit d'excellens effets pour lui ; mais la crainte et le peu de confiance ne lui permettaient de montrer à qui que ce soit son travail. Pareja fut avec son maître en Italie dans les deux voyages que Velasquez eut ordre de faire de Philippe IV. Il eut alors plus de temps pour observer et étudier les grands maîtres. Velasquez, avant de commencer à peindre le pape Innocent X , voulut , à titre d'étude , faire la tête de son serviteur , et l'ayant terminée il chargea Pareja de la porter lui-même à ses amis. Ceux-ci furent tellement surpris de la ressemblance et du mérite du tableau , qu'ils le placèrent dans la rotonde le jour de Saint-Joseph ,avec divers ouvrages de professeurs qui n'étaient pas sans mérite. Mais le portrait de Pareja était tellement vivant, qu'il fit recevoir de suite son auteur à l'académie de Piome. — Velasquez, toujours accompagné de Pareja , fut
de retour à Madrid en 1 65 1 . Ce dernier eut alors l'idée de découvrir son savoir en peinture. Il s'y prépara d'une manière qui prouva et son talent et son esprit : il fit un petit tableau avec plus de soin qu'à son ordinaire, et le mit dans l'atelier de son maître, la peinture cou tre la muraille, prévoyant tout ce qui devait arriver. — Le roi , selon sa coutume , allant voir travailler Velasquez , demanda qu'on retournât le tableau ainsi qu'il le demandait toujours. Pareja obéit. Le roi veut connaître l'auteur : il le voit à ses pieds, implorant sa royale protection , et confessant que , dirigé par son amour pour la peinture, il s'était livré à cette étude , mais en secret par crainte de déplaire à son maître. — Philippe IV, pénétré de son humilité , de son application , et du mérite de l'ouvrage , que S. M. était fort en état de juger , puisqu'elle peignait fort bien elle-même , adressa la parole à Velasquez, et lui dit . « Vous n'avez rien à dire, celui qui a tant de mérite ne peut être esclave. » Pareja, qui était resté à genoux, baisa la main du roi ; et Velasquez , toujours grand , lui donna la liberté , le déclarant pour son élève , et le priant de le suivre comme tel en son atelier. Sensible à une telle faveur , Pareja non-seulement servit son maître constamment, mais, après l'avoir perdu, se mit aux ordres de dona Velasquez, qu'avait épousée le grand paysagiste Martinez del Mazo. Il resta près d'elle jusqu'en 1670, que la mort l'enleva lui-même. Pareja conserva la réputation d'un bon peintre. En effet , il imitait d'une manière admirable les teintes de son maître , et souvent on s'est arrêté sur quelques-uns de ses portraits, les croyant de Velasquez. — Cet artiste a fait peu d'ouvrages publics ; le petit nombre connu est la Vocation de Saint-Mathieu , qui est au palais d'Aranjucz , quelques-
uns à Tolède et d'autres aux Ptecollets de Madrid 5 mais il a fait une certaine quantité de tableaux de genre. S. et M.
PARET D ALCAZAR ( Louis ) , peintre de genre , naquit à Madrid en 1747 ? et eut pour maître don Antoine Gonzales Yelasquez , sans laisser pour cela de suivre les cours de l'académie de Saint-Fernand , dont il eut le premier prix en 1766. Paret fut ensuite à l'atelier de Charles-François Traverse , peintre de beaucoup d'esprit , qui était venu en Espagne en qualité de gentilhomme du marquis d'Ossun , ambassadeur de France. Traverse ne permit jamais à Paret de travailler d'après aucune estampe, mais toujours sur les modèles de l'antique et d'après le naturel. — On lui tourmentait l'imagination pour qu'il créât à l'improviste sur la toile des passages historiques. D'après ce système, Paret fit tant de progrès dans le dessin , que ceux qu'il mit au jour dans ce temps paraissent d'un professeur consommé , et grand maître dans l'invention. Le gentilhomme Traverse ne voulut pas non plus permettre que son élève copiât les ouvrages qu'il faisait lui - même , mais au contraire le forçait à imiter les beaux originaux de l'école lombarde et flamande. Ce bon maître , observant que Paret aimait à peindre les figures en petit, le laissa suivre ses goûts. Mais il lui donna pour cette manière des règles tellement fixes , que dans très -peu de temps les ouvrages de Louis Paret furent en réputation à la <:our, et méritèrent à leur auteur, encore très-jeune, que Charles III et les Infants lui donnassent des ordres successifs et très-répétés. — Paret fut en Italie , et fit d'autres voyages , à l'effet d'observer et de rectifier les idées qu'il avait de sa profession , étudiant et copiant tout ce qu'il y avait de mieux. Comme il avait fait de bonnes études , il apprit avec facilité les langues orientales et
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autres. Elles le conduisirent à se perfectionner dans l'histoire et dans les autres sciences qui ont rapport à la peinture. De retour à Madrid , l'académie de Saint-Fernand le reçut en 1780 comme membre honoraire. Il fut désigné par le souverain pour peindre les Ports d'Espagne, et en fit un très-grand nombre dont plusieurs approchent exactement du faire de Verne t. On ne saurait contester à Paul le talent particulier qu'il avait pour arrêter ses points de vue. — Il fut ensuite nommé vice-secrétaire de la même académie , et secrétaire de l'académie d'architecture établie pour l'examen des plans d'ouvrages publics. Paret , travaillant toujours, promettait de devenir un grand peintre , lorsque la mort l'enleva très-jeune, le 14 février I799* — ^ est Peu ^e Pemtres espagnols de son temps qui aient eu le goût aussi fin, autant d'instruction et de connaissances que lui. Les dessins qu'il fit pour les gravures le rendent supérieur à beaucoup d'étrangers pour la fertilité de l'invention , et surtout pour la grâce qu'il mettait à exprimer le caractère national , ainsi que les ornemens qu'il savait disposer avec le tact le plus délicat. — Il serait vraiment difficile de remplacer Paret dans les objets qui ressortaient de son génie, ainsi qu'il est aisé de s'en convaincre dans les dessins qu'il fit de quelques passages des Nouvelles de Cervantes. Les Muses qu'il fit pour le Parnasse de Quevedo seront constamment estimées de tous les hommes de goût. On fera toujours un cas particulier de ses points de vue , de ses bambochades et de ses dessins. Il a fait à l'eau-forte une gravure trèsestimée représentant un Turc avec des femmes en parure. — Il a fait entre autres deux tableaux justement célèbres. L'un représente le Serment du prince des Asturies dans l'église de Saint-Jérôme , ouvrage d'un détail inouï, que l'on voit au palais de Madrid, et dont
l'architecture est du beau faire de Panini 5 l'autre, un Tournoi rendu avec une grâce inimitable , dans lequel tous les couples formés sont des personnages de la famille royale. Ce tableau, d'une couleur éclatante , fait partie de la riche collection du palais d'Aranjuez. — L'académie de Saint-Fernand , l'Escurial , la Navarre, la Biscaye , et un nombre infini de particuliers , possèdent des ouvrages tous bien aimables de ce charmant artiste. M.
PARREU ( Joseph ), peintre d'histoire, naquit à Rusafa, royaume de Valence, en 1694? ^ ^ut élève de Denis Vidal. Il mourut a Valence en 1766 , après y avoir laissé plusieurs ouvrages de quelque mérite en couleur. On observe particulièrement le tableau de Saint Vincent, martyr , et de Saint Valère qu'il lit pour la paroisse de sa patrie. V-
PARRILLA ( Michel ), fresquiste, peintre et doreur, né à Malaga , fut élève , à Lucena , de Barnabé de Illescas. Il revint assez instruit dans sa patrie, où il fut chargé de quelques ouvrages qui le mirent en crédit ; mais il se distinguait particulièrement dans la dorure et l'art d'orner les statues, les fonds de leurs niches et les sculptures des maîtres autels qu'il faisait ressortir avec un talent particulier, — Il fut à Séville, où, de préférence à tous les bons artistes qui se présentaient au concours , Parrilla fut choisi en 1676 pour orner et dorer le sanctuaire de la Chartreuse, ouvrage qui coûta 200,000 réaux. En i683 , il renouvela et dora aussi le monument de cette même Chartreuse , pour la Semaine Sainte , et , tous ses frais payés, reçut une gratification de 100 doublons d'or.
PASQUAL ( le père don Louis ). Voyez. Gaudin (le père don Louis ).
PAZ (don Joseph), peintre d'histoire accrédité de
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Madrid. Le conseil le nomma en 172$ appréciateur des peintures antiques, ce qui décèle son mérite. Le couvent de la Merci de Madrid possédait un Saint Julien signé de lui: je l'ai transporté au Rosaire. M.
PEDRIEL ( Toussaint ) , fresquiste . élève d' Alphonse Sancbez Coello, qu'il aida dans sa peinture, sa dorure et tout l'ornement de l'église de TEspinar. Il mourut en 1 578. M.
PELEGRET (Thomas), peintre d'histoire, de grisailles, et fresquiste, né à Tolède, où il apprit les élémens,fut ensuite disciple en Italie de Balthazar de Sienne et de Polvdore de Caravage, dont^l imita le clair-obcur. Pelegret revint en Espagne très-avancé du temps de Charles V , et s'établit à Sarragosse où il obtint de suite beaucoup de réputation. Il fut chargé de peindre à fresque . selon l'usage d'alors , beaucoup de façades de temples et de palais. Ces ouvrages n'existent déjà plus : mais il fut très-fécond dans l'art de la perspective, dans l'invention, et surtout grand dessinateur , ce qui rendit amateurs de ses dessins (qu'on trouvait encore assez facilement au 17e. siècle), les peintres, les sculpteurs, les décorateurs,, les artistes, les orfèvres, les brodeurs, qui tous les recherchaient avec une égale ardeur. Pelegret mourut à 84 ans , et l'on peut dire qu'avec lui mourut en Espagne la manière de peindre en grisaille. Il eut beaucoup d'élèves entre autres Cuevas, dont j'ai déjà parlé , et qui peignit avec lui la sacristie de la cathédrale d Huesca , ainsi que le monument de la Semaine Sainte. Il parait positif que les beaux tableaux dans la manière de Caravage qui sont au monastère de Sainte-Engracia de Sarragosse sont de Pelegret. M.
PE>~A ( Jacques et François), frères, demeuraient à Séville , concouraient à son académie , et contribuèrent à ses frais depuis 1667 jusqu'en 1672.5.
PËNA ( Jean-Baptiste ), peintre de genre, élève 4
Madrid de Hovasse, eut l'avantage dépasser à Rome avec une pension du roi. A son retour, Philippe V le nomma son peintre , et directeur de la junte qui jetait les fondemens de l'académie en 1744* Lorsque cette académie de Saint-Fernand s'établit en 1762, Penaen fut nommé vicedirecteur. Un charmant tableau de Vénus et Adonis , qu'il présenta à Charles III, lui valut îa place de directeur honoraire en 1768. Il mourut en 1773, laissant quelques ouvrages publics, dont le défaut est d'être trop maniérés. Son tableau d'Adonis et Vénus fait partie de la collection de l'académie de Saint-Fern^nd. Il y a plusieurs œuvres de lui à Madrid au Pardo et à Cordoue. M,
PENALOSA ( Jean de ), peintre d'histoire, naquit en i58i à Baeza. Ce fut un des meilleurs élèves de Paul de Cespedes à Cordoue. — Penalosa ne s'occupait que d'imiter son maître : il y parvint dans la couleur et dans le dessin , comme le prouve un magnifique tableau de la cathédrale de Cordoue, représentant Sainte Barbe. Il a fait un Saint Jacques pour le couvent d'Arizafa, plusieurs tableaux pour les Minimes, et beaucoup d'autres pour des particuliers de Cordoue. Il mourut dans cette ville en i636. S.
PEREDA ( Antoine de ) , grand peintre d'histoire , naquit à Valladolid en 1^99. Son père étant mort, il resta en bas âge au pouvoir d'un oncle qui, voyant son inclination déterminée pour la peinture , l'envoya à Madrid en 1606, à la suite de la cour qui retournait de Valladolid dans la capitale. — Pereda se présenta chez Pierre de las Cuevas , et fut admis. Bientôt il donna des preuves de son talent naturel ainsi que de ses dispositions. Un jour que Pereda prenait un soin particulier d'un dessin, don François de Texada , conseiller de Castille, le vit, remmena, le fit habiller, et lui fit donner
tout le nécessaire - sans vouloir qu'il s'occupât d'autres soins que de ses études , clans lesquelles il faisait des progrès inouïs, — Don Jean-Baptiste Crescenzi , marquis de la Torre , élève du Pomerancio , pria M. de Texada de lui confier Pereda. Le conseiller, jugeant que l'élève ferait de grands progrès sous un tel maître , permit volontiers que Pereda sortît de chez lui. Comme le marquis était professeur et pouvait tout sous Philippe III, il mit Pereda à même de copier les meilleurs tableaux des collections royales , ce qui le perfectionna dans la couleur vénitienne qu'il adopta. Pereda n'avait pas plus de 18 ans, quand il présenta au publia une Conception sur un trône de nuages et d'anges que personne non-seulement ne put croire de lui , mais bien de l'un des meilleurs peintres de la cour. La surprise l'admiration et l'envie furent égales. — Le marquis fît partir le tableau pour Rome , en l'adressant à son frère le cardinal Crescenzi , qui en fît un grand cas, ainsi que les professeurs italiens. Cette composition fit beaucoup d'honneur à Pereda dans Madrid ; et quand le comte-duc d'Olivarès s'occupa d'orner les palais du Retiro avec des tableaux des meilleurs peintres espagnols, S. E. mit sur les premiers rangs Pereda. Quoique très-jeune , il peignit à cette occasion le Secours de Gênes par le marquis de Sanla-Cruz , avec figures de grandeur naturelle , et ne fit paraître dans son tableau que des personnages connus , dont les portraits étaient frappans. Le mérite de cet ouvrage mit Pereda sur la ligne des grands professeurs , et le duc lui fit compter 5oo ducats d'or. — Ses talens, ses manières lui valurent l'estime , l'amitié des grands seigneurs, des maîtres de l'art et des amateurs. L'amiral de Castille le distingua particulièrement , et posa lui-même dans sa galerie , destinée aux meilleurs ouvrages espagnols, ses Dépouilles de la Mort, composition d'un
caprice singulier , d'une moralité frappante , et d'un effet des plus vigoureux. — Le marquis de Lapilla , secrétaire de cabinet du roi , procura au fiis de Pereda une place d'huissier du palais, en récompense d'un Saint Dominique de Soria que son père avait peint pour la chapelle du marquis , dans l'église de Saint - Thomas de Madrid. L'artiste en outre reçut 2000 ducats d'épingles. — Pereda laissa un très - grand nombre d'ouvrages recommandables. Il peignait tous les genres , l'histoire , les natures mortes , les vases 5 les tapis * , les instrumens,etc. La fraîcheur, la couleur vénitienne, le plus bel empâtement , l'exactitude , le dessin , caractérisent le faire de ce maître j qui est mort à Madrid en 1669. Il «tait d'un caractère très-aimable , et en même temps trèsgai, Pereda épousa une demoiselle qui voulait, à l'instar des grandes dames , avoir une duègne dans son antichambre. Il fit un tableau magnifique qui représentait une Femme comme elles s'habillaient alors , occupée à travailler avec des lunettes , et la plaça si bien , que tout le monde s'y trompait. Ce tableau s'est vendu très-cher à 3a mort de l'auteur. — Pereda laissa une collection immense d'estampes, de dessins, d'esquisses, de modèles, de statues des plus célèbres artistes , tant étrangers qu'espagnols, et une bibliothèque des mieux choisies, dont l'usage continuel le rendit bon littérateur. Ses ouvrages sont dans tous les palais et les temples de Madrid, de Tolède, d' Alcala , Cuenca , Valladolid , et chez un grand nombre de particuliers.— Parmi ses productions on remarque un Père Eternel ayant à ses pieds beaucoup de Saintes et de Saints
* M. Lebrun acheta, dans une vente à Madrid , un très-beau tapis de ce maître , que j'ai eu l'occasion d acque'rir.
en action de lui offrir leurs cœurs , ouvrage d'un rare mérite, signé Pereda iQ^o. On rie peut avoir une collection espagnole sans un tableau de ce maître. M.
PEREDA DE DUARTE (don Thomas de), peintre presbytérien , et académien honoraire de Saint-Fernand en 1757, mourut vers 1770. M.
PEREYRA (Vasco). Voyez Va se o Pereyra.
PEREZ (André) , peintre d'histoire et de fleurs naquit à Séville en 1660, quand les professeurs y établirent leur académie. Son père, François de Pineda, l'un des concurrens à cette académie , fut le maître qui lui enseigna les élémens , et , comme disciple de Murillo sut inculquer à son fds la couleur de ce grand maître. Dans le sanctuaire de Sainte-Lucie à Séville , il existe trois tableaux sur l'Écriture , relatifs au Saint- Sacrement • ils sont signés André Perez ,1707. On en voit un autre signé 17 18 , dans la sacristie des Capucins de la même ville : il représente le jugement dernier, pris en partie d'après celui de Michel Ange. — On reconnaît dans les ouvrages d'André , combien les artistes s'éloignaient déjà des règles et bonnes maximes que Murillo avait laissées dans son école en mourant. — Perez réussit particulièrement à peindre les fleurs et broderies, d'après le naturel; ses tableaux en ce genre son très-courus. Il mourut dans sa patrie en 1727. S.
PEREZ ( Antoine ) , peintre d'histoire. Le chapitre de la cathédrale de Séville faisant un cas particulier du talent de cet artiste , le chargea en i548 des peintures du maître autel du vieux sanctuaire , ainsi que de trois autres tableaux , pour le maître autel de Notre-Dame , qui représentaient la Nativité, l'Épiphanie , et Saint- Christophe. — Perez peignit en i553 le maître autel de Saint-Ibo;en i555 renouvela l'ancien de Saint-François,
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et en 1 564 dora les parties latérales du grand maître autel de la cathédrale. — Perez eut un fils d'un grand talent : tous deux rajeunirent , en 1 548 , la peinture de Notre-Dame de Los Remedios , qui se trouve à présent derrière le cœur de cette église. S.
PEREZ ( Antoine et Nicolas) , frères établis à Séville, concouraient avec ardeur à l'académie en 1666 , 1667 et 1668. Ils contribuèrent à tous les frais que cette société devait faire pour les nombreux élèves qu'elle enseignait. S.
PEREZ ( Bartliélemi ) , grand peintre de fleurs et fresquiste, naquit à Madrid en i634,futle gendre et l'élève de Jean d'Arellano , qu'il imita dans les fleurs. 11 les peignit avec facilité , goût , délicatesse , et surpassa son beau-père comme dessinateur : aussi , lui faisait-il des cartels dans ses guirlandes. — Perez avait un talent des plus rares pour peindre le décor ; ce qui le fit employer au théâtre du Retiro , et lui mérita le titre de peintre du roi. Il peignit la voûte de l'escalier , chez le duc de Montéléon , à Madrid , quand il tomba de l'échafiàudage , et mourut à l'instant en 1693. — On voyait beaucoup de fleurs de sa main au Retiro. Ces tableaux ont été transportés au Rosaire ; tous les amateurs veulent au moins un bouquet de Perez. — Le sieur Bernard Iriarte possède de lui une Sainte Rose de Lima devant la Vierge et Jésus , qu'un Ange couronne, pendant qu'un autre tient un vase de fleurs. Ce tableau prouve que, s'il ne fut pas disciple de Carreno , Perez voulut imiter ce grand maître. Dans tous les cas , il fut un dvs meilleurs peintres de la fin du 17e. siècle , époque à laquelle se rattache la décadence de fart. M.
PEREZ ( Joachim ) , peintre d'histoire, natif d'Alcoy, obtint le premier prix au concours de l'académie de Saint-
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Charles de Valence en 1773 , et la même année reçut le titre démembre honoraire. Il mourut en 1779, avec la qualité de vice-directeur 5 mais vers les dernières années de sa vie , voulant changer de style , il ne fit rien qui méritât la moindre attention, Perez voulut imiter le style des Ribalta. V.
PEREZ CABALLERO ( dona Angela ) , peintre d'histoire , née à Caparroso en Navarre. L'académie de Saint- Fernand lui donna le titre d'académicienne surnuméraire en 1753 , pour un grand nombre d'ouvrages en grand de sa main, qu'elle lui présenta. Dona Angela fut l'une des premières qui reçut de l'académie cet honneur. Mi
PEREZ FLORIAN (Jean) , peintre de genre, amateur, chevalier du Christ , et valet de chambre de Philippe II vers i566 , se faisait distinguer à la cour par son goût fin, délicat , par ses connaissances dans les arts , et surtout par les jolis tableaux qu'il composait dans ses momens de loisir. M.
PEREZ DE HERRERA (Alphonse) , peintre de portraits , établi à Séville , fut l'un des fondateurs de cette académie en 1660. Il y concourait avec exactitude, et contribua pour ses frais jusqu'en 1672. — On connaît peu de ses ouvrages -, mais on possède un grand nombre de ses portraits. S.
PEREZ DE PINEDA (François), peintre d'histoire , né à Séville, fut élève de Murillo , qu'il voulut imiter de toute manière. Il concourut et soutint l'académie de cette ville depuis 1664 jusqu'en 1673.—- Il donna le jour à François Perez de Pineda et à André Perez -, leurs ouvrages se trouvent confondus avec tous ceux qui suivirent le faire et le style de Murillo. S.
PEREZ DE PINEDA (François), fils et élève du pré-
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cèdent. À la mort de son père il fut à l'école de Lucas de Valdes, et mourut à Séville en i^32. Il voulut aussi faire des vers, qui ne furent pas meilleurs que ses tableaux. S.
PEREZ POLANCO (André), peintre d'histoire. Le Rosaire de Madrid possède dans sa nombreuse collection un tableau signé de ce maître, sans date. Il représente Sainte Claire, de grandeur naturelle, tenant un tabernacle. Le style et la couleur appartiennent à l'école de Ricci , vers le 17 e. siècle. M.
PEREZ DE VILLOLDO (Alvar), peintre d'histoire , élève de Jean de Bourgogne , à Tolède ; ils peignirent en 1 499 une partie du cloître de la cathédrade, et un passage historique dans l'escalier. M.
PERNICHARO (Paul), peintre d'histoire, naquit'à Sarragosse , alors patrie des bons artistes. Il y apprit les principes de sa profession, vint ensuite à Madrid, et y fut élève de M. Hovasse. Il eut alors l'avantage d aller à Rome, où Philippe V le pensionnait. Ses progrès dans cette capitale furent tels , qu'ils le firent entrer à l'académie de Saint-Luc. Après avoir étudié l'antique et copié tous les ouvrages dePtaphaël, il revint à Madrid, où le roi le nomma son peintre. — L'académie de Saint-Fernand , loi s de son établissement, en 175*2, nomma Pernicharo son vice-directeur, et son directeur en 17 53; charges qu'il remplit avec zèle et une douceur entraînante pour ses élèves jusqu'en 1760, année de sa mort à Madrid. — Il fît pendant tout ce temps , pour les jeunes disciples , beaucoup de dessins , l'académie conserve dans la salle de ses assemblées générales, une Mort d'Abel qui n'est pas sans mérite. Pernicharo a fait un tableau pour l'hôpital de Monserrate -, plusieurs Saints à mi - corps , pour l'église de Saint-Isidore-lc-Royal de Madrid ; un
Elie avec Elisée, pour le couvent de Sainte-Thérèse \ une très-belle copie de Y Assemblée des Dieux de l'Olympe, d'après Raphaël, qui fut mise au palais de Saint-Ildefonse , et une Agar avec Ismaël, pour le nouveau palais de Madrid. — Toutes ces compositions ne sont pas sans dessin , et prouvent une grande intelligence de l'art : mais on y observe un ton maniéré qui dégénère en lourdeur, et ôte à l'ouvrage toute la grâce qu'il pourrait avoir. M.
PEROLA ( Jean , François et Etienne ) , peintres d'histoire, sculpteurs, architectes et fresquistes. On sait que les deux premiers étaient frères , qu'ils naquirent dans Almagro, et que le troisième était au moins leur parent. — On pense qu'ils furent élèves de Becerra, ou de quelque autre des bons maîtres qui furent en Italie. Les Perola étaient nécessairement de grands peintres , puisqu'en 1086 ils travaillaient avec César Arbasia dans le palais que le ministre de Santa-Cruz élevait au Yiso, près la Sierra Morena. — Entrer dans le détail de tout ce qu'ils firent pour l'embellissement de ce palais , serait trop minutieux. Je me contenterai de dire que tous les genres de peintures y furent employés; quil n'est aucune pièce, aucun passage, aucune voûte qui n'ait mis à contribution nos artistes; et que dans les paysages, les marines, les portraits, les batailles l'architecture, on observait une facilité inconcevable , une brillante couleur, un dessin large , des caractères nobles, des attitudes pleines de majesté, et une connaissance positive de toutes les parties de l'art. — Plusieurs connaisseurs attribuent aux Perola les bustes qui sont au palais, et le sépulchre d'Alphonse Bazan, fils du marquis de Santa-Cruz, qui est dans l'église des Franciscains du Yiso, ainsi que les tableaux du maitre autel de la même église. — Selon la coutume d'alors , les artistes