RU
Séville de son cousin don Alphonse-Michel de Tobar. Pendant un voyage que ce dernier fit à Madrid j Soriano se mit à peindre d'après des estampes , sans être trèsferme dans les principes ; cette méthode l'empêcha d'avoir un dessin correct, et lui donna un coloris sec et dur. Malgré tous ses défauts il eut quelque crédit et l'occasion de peindre des ouvrages d'assez grande importance. — Tous les tableaux du cloître du couvent des Pères de Saint-François , ceux de celui de Saint-Augustin sont de la main de Soriano; mais ceux qu'il fit pour le couvent principal de Saint-François sont sans contredit ses meilleurs ouvrages. Il est vrai qu'il y fut stimulé par les bons professeurs qui travaillaient avec lui dans cette grande entreprise. Ruiz Soriano mourut à Séville le 17 août in63. S.
RUIZ DE LA IGLESIA ( François Ignace ) , peintre d'histoire et fresquiste , naquit à Madrid au milieu du 17e. siècle, et fut élève de François Camilo. Il se perfectionna ensuite dans la couleur , à l'école de Jean Carreno. Ruiz , dès ce moment , contracta une étroite amitié avec son condisciple Jean de Cabezalero , qu'il parvint à imiter dans ses heureux effets de coloris. Malheureusement, Ruiz fut chargé de peindre plusieurs ouvrages avec Donoso, tels que les ornemens et décors pour l'entrée dans Madrid de Marie-Louise d'Orléans , première femme de Charles II. Prenant alors le style maniéré de ce dernier, il devint dur et en même temps rempli d'affectation. — R.uiz eut cependant de la réputation , et , pour avoir trèsbien terminé une fresque dans le palais , fut nommé peintre du roi, le 3o septembre 1689, sous Philippe V, qui lui confirma ce titre en y ajoutant une place dans le palais. Notre artiste fit plusieurs portraits de ce souverain en manteau noir et avec la fraise, vêtement qu'il adopta dès
5i4 SA
son arrivée en Espagne. Charles II cependant avait employé déjà l'habit français , et la cravate , comme on peut le voir dans le beau tableau du Saint-Sacrement que Coèllo fit pour l'Escurial. — Ruiz peignit en détrempe , avec don Antoine Palomino , la place de l'hôtel de ville pour l'entrée de Marie-Anne de Neubourg , et de plus quelques décorations pour le théâtre du Retiro. Il dut accompagner } en 170 1 , le roi à Barcelonne , quand S. M. se rendit en Italie pour épouser Marie-Anne de Savoie ; mais il ne put faire le voyage ni par terre ni par mer, et resta dans Madrid où il mourut en 1704. — Ruiz fut enterré à Saint-Philippe-Néri. On y voit de lui un bel épisode de l'histoire de Saint Joseph. — Un grand nombre de temples de Madrid, ceux de Casarrubios de Tronchon et quelques autres possèdent les œuvres de Ruiz de la Iglesia. M.
S AL AMANC A ( Jérôme de ) , fresquiste , peintre assez en réputation à Séville pour être du nombre des professeurs que l'on choisit en i5g4 pour la réparation du monument de la cathédrale de cette ville. On ne connaît de lui que des fresques et des aquarelles fort belles. S.
SALCEDO ( Jacques ) , fresquiste , né à Séville , est dans la même catégorie que Salamanca , avec qui il fut employé , en i5g4 , à la restauration du monument de la cathédrale. On ne connaît non plus de lui aucun tableau qui mérite d'être cité ; mais il a couvert à lui seul plusieurs palais de fresques assez agréables. S.
SALCEDO ( Jean de ) , peintre d'histoire et fresquiste , frère du précédent , travaillait avec lui au même monument de Séville, en 1094. H peignit, vers
SA 3i5
le même temps , un Saint Herrnénégilde , pour lequel le chapitre lui fit compter 3 .000 maravédis d'or. En 1598, il fit, avec quelques autres professeurs de mérite . le grand catafalque que la cathédrale ordonna pour les obsèques de Philippe II , et se distingua d'une manière éminente dans la portion de ce travail qui lui fut assignée. S.
SALMERON (François), peintre d'histoire et de genre, frère de Christophe, naquit à Cuenca en 1608, et fut élève aussi d Orrente ; mais , ne pouvant soumettre son génie à l'action servile d'imiter, ce fut après avoir analysé les Bassans , les Tintoret, les Veronèse , les Titien, qu'il se créa une couleur tellement brillante , que sans doute il n'existe aucune palette aussi remarquable ; elle est en effet éblouissante. Il est fâcheux que ce jeune liomme , consumé par le feu du génie , par les veilles et par sa constante ténacité pour se faire un nom en se fravant une nouvelle route, ait été enlevé à la fleur de l'âge. Il n'avait pas encore 24 ans qu'il mourut. Il n'avait donc pas eu le temps d'être correct , et ne s'était occupé que de la couleur. Je puis faire voir de lui une Arboleda * , composée de cinq personnes et d'un guerrier tenant un cheval. Je laisse cette ébauche à juger aux connaisseurs pour le charme et l'attrait de la couleur. — Salmeron mourut dans sa patrie, où l'on trouve quelque grands tableaux de lui. Il se distinguait par des épisodes de chevalet. Dans les collections, sa teinte éclatante l'emporte sur tout ce qui l'entoure. V.
SALVADOR GOMEZ (Lucien), peintre d'histoire, d'après une tradition reçue dans Valence, est frère de Vincent Salvador Gomez , dont l'article suit. Il parait aussi
* Une arboleda est une réunion sous une touffe d'arbres, comme les nôtres aux Prés Saint-Gervaie , à Romainville, etc.
5i6 SA
que, comme son frère, il fut élève d'Hyacinthe Jérôme de Espinosa ; mais on a peu d'indications sur ses ouvrages. Le seigneur Nicolas Rodriguez Laso possède de lui une Vierge avec l'Enfant, signée de sa main ; et le marquis de Yalera possède un autre tableau signé pareillement de lui en 1662. Salvador Gomez est encore Fauteur de la Sainte Barbe que l'on voit dans la cathédrale de Valence , et du Saint Erasme au couvent de Saint-Dominique de la même ville. Ces ouvrages se distinguent par la couleur. V.
SALVADOR GOMEZ (Vincent), peintre d'histoire et de genre , naquit à Valence , où il apprit sa profession sous Hyacinthe Jérôme de Espinosa. Il eut tant de succès, qu'à l'âge de i4.ans il fit plusieurs tableaux sur la vie de Saint Ignace, pour un salon de la maison professe de cette ville. Cet' ouvrage si précoce mérita beaucoup d'éloges à son auteur, le mit en crédit, et lui procura d'autres travaux, tant publics que particuliers. Dans tous on remarque la couleur, les teintes , la liberté et la facilité du pinceau. Salvador se distinguait à peindre des oiseaux , des animaux, et encore mieux des perspectives et des paysages , qu'il ornait de jolies fabriques. Il fut directeur , en 1670, de l'académie que les artistes valenciens tenaient dans le couvent de Saint-Dominique de leur ville. Il paraît que Salvador mourut à la fin du 17e. siècle. Ses œuvres publics les plus connus sont dans toutes les églises de YTalence et de Madrid. V.
SAN ANTONIO ( le frère Barthélemi de ) , peintre et fresquiste, naquit à Cienpozuelos , le 24 août 1708. A i5 ans il prit l'habit èdes Trinitaires Déchaussés , et professa le 18 septembre 1724- Après avoir étudié avec succès la philosophie et la théologie , il fut à Rome , au couvent de Saint-Charles des Espagnols, dans l'intention d'y étudier la peinture , dont il avaitappris les élémens à Madrid.
SA 3x7 Il fut pendant six ans dans cette Capitale de l'Italie, sous renseignement d'Augustin Masuci , et revint , très-avancé , dans son monastère de Madrid , en 1740- Sans manquer àla règle du couvent , il consacra ses talens à Tordre , en lui dédiant une quantité immense de productions — L'académie de Saint-Fernand venait de s'établir ; San Antonio fît à cette occasion un tableau allégorique , qui représentait le roi Ferdinand VI près de la Religion catholique assise sur un trône au milieu des quatre parties du monde. Ce bel ouvrage , qu'on voit à l'académie , le fit recevoir membre de ce corps respectable. San Antonio mourut dans son couvent le 8 février 1782. Il fut l'oncle du célèbre architecte don Ventura Rodriguez. Parmi les œuvres qu'il laissa dans son couvent , on distingue Saint Jean de Mata recevant de la Vierge une bourse à l'effet de racheter des captifs ; des Vierges martyrisées par les Sarrasins 5 dans la librairie . deux fresques , dont l'une allusive aux Sciences et aux Arts, et l'autre représente les quatre Evangélistes et les quatre Docteurs. On admirait, au milieu, un superbe tableau de lui, à Y huile , représentant deux Patriarches de son ordre adorant la Sainte Trinité; la Vierge et Jésus couronnant avec des anges toute la composition. — San Antonio fît pour l'église des Trinitaires de Madrid onze tableaux, dont l'un pour le tabernacle du grand autel, représentant l'Incarnation ^ trois pour la nef principale , représentant , l'un la Vierge et l'Enfant ; l'autre , Jésus endormi et tenant une croix entre ses bras; et le troisième, Saint Firmin , évêque. Les sept autres se trouvaient répartis dans les chapelles; ils étaient tous relatifs à l'enfance de Jésus et à la vie de la Vierge. Il y avait aussi un Saint Bernard et un Christ mort, jugé assez beau pour êtré le seul exposé dans la semaine sainte. Il y avait de plus, disséminés dans le couvent , beaucoup de portraits de
3x8 SA
prieurs de Tordre et d'évêques qui en avaient été tires. Tous ces tableaux ont été portés à l'entrepôt du Rosaire , ainsi que le chef-d'oeuvre de San Antonio , qui est une Prière au jardin, du plus grand mérite. M. et/.
SAN JOSEPH (le frère Christophe ), peintre et religieux de l'ordre de Saint-Jérôme. Voyez Vera (le père Christophe).
SANCHEZ (Alphonse ) , fresquiste , l'un des trois professeurs qui firent les belles fresques de l'université d'Alcala de Henares , à la demande du cardinal Cisneros , son fondateur. — Sanchez fut aussi employé , avec cinq autres peintres , à l'embellissement du cloître de la cathédrale de Tolède, et en reçut le prix en 1498. En i5o8 il travailla de nouveau dans cette cathédrale , avec Jacques Lopez et Louis de Médina. Cet ouvrage, assez considérable, fut taxé, par Jean de Bourgogne, à la quantité de 71,750 maravédis d'or. M.
SANCHEZ (André) , peintre d'histoire, né à Portillo, juridiction de Tolède , apprit dans cette ville les élémens de l'art , sous Dominique Téotocopuli , surnommé le Grec. Le commissaire général des Missionnaires de Terre-Ferme , choisit Sanchez , d'après sa réputation d'homme de talent, pour qu'il fût peindre dans ces provinces les maîtres autels de leurs temples. Sanchez y fut en 1600 , et remplit cette commission à la satisfaction des religieux. M.
SANCHEZ (Clément), peintre d'histoire , bon coloriste, et surtout dessinateur correct, résidait en 1620 à Valladolid , où il fit, pour les Dominicains d'Aranda de Duero , plusieurs tableaux qui représentent les Fiançailles et la Visitation , la Vierge du Rosaire et Sainte Madeleine. Il fit aussi , pour la sacristie du même couvent 5 un petit
SA 5ig
Oratoire où il représenta Saint Jean-Baptiste et Saint Jacques avec Jésus , et Sainte Marie placée au-dessous. Il ajouta à cet Oratoire deux sujets de l'histohe sacrée pour les côtés. M.
SAXCHEZ (Louis) , peintre d'histoire , résidait à Madrid lorsqu'en 1 6 1 1 il inventa et dessina le frontispice du livre intitulé : de la Veneracion que se deve a las Reliquias de los santos , gravé par Pierre Perret. Voyez l'article de Perret, au Dictionnaire des Graveurs. — Sanchez a fait d'assez jolis tableaux pour des Oratoires portatifs , qui étaient alors fort à la mode. M.
SANCHEZ ( don Manuel ) , peintre d'histoire , presbytérien , établi dans Murcie au commencement du 18e. siècle, jouissait à cette époque d'un grand crédit, et fut maitre de dessin du sculpteur Zarcillo. Il fit en i-3i le portrait du vénérable Posadas, qui était dans le couvent de Saint-Dominique de cette ville ; de plus un tableau pour l'oratoire de Saint-Philippe - Néri , et plusieurs autres pour des particuliers de la même ville. V.
SAxSCHEZ (Pierre ) , peintre d'histoire , accrédité dans Séville, au milieu du i5e. siècle. Il conste par les archives de la cathédrale qu'il peignit plusieurs grands tableaux pour plusieurs autels de cette église, dans l'année 1462. S.
SAXCHEZ (Pierre) étudiait en 1669 à l'académie de Séville , et payait sa part des frais de ce grand et honorable établissement. S.
SANCHEZ DE CASTRO (Jean), peintre d'histoire , jouissait d'une certaine réputation à Séville , au milieu du i5e. siècle. Il peignit en i^\5f\ l'autel gothique de la chapelle de Saint- Joseph , connue dans la cathédrale sous le nom de Sainte-Luce , dont on voit le portrait dans l'un