Q2 RI
étant au service de Ferdinand et d'Isabelle, qu'il accompagnait toujours dans leurs voyages, et qui passèrent dans cette ville une partie de cette même année. M.
RINCOjN ( Ferdinand d'el ) , peintre d'histoire et fresquiste , fils et élève du maître Antoine, dont il est fait mention ci-dessus. Il résidait à Tolède au commencement du 16e. siècle, et travaillait avec Jean de Bourgogne, en i5o3 , à l'ornement du grand maître autel de la cathédrale de Tolède. Rincon fit seul plusieurs autres ouvrages en ce genre, ainsi qu'il conste par les archives de différens couvens. Il reste de lui quelques vestiges d'assez belles fresques. M.
RIO BERNUIS ( Barthélemi ) , peintre d'histoire , élève de Gaspard Becerra , qui , en i568 , le cita dans son testament comme peintre de Tolède. En effet, quoique jeune à cette époque , il avait déjà (IqlAft réputation : elle prit un accroissement considérable, lorsque le chapitre de cette cathédrale le nomma son peintre en 1607 , emploi qu'il sut conserver avec distinction jusqu'en 1627 5 ^ u mourut à Tolède. Ses oeuvres tiennent tout-à-fait de son maître. M,
RISUENO ( Joseph ) , peintre d'histoire , sculpteur , est le dernier qu'offrit aux arts l'école d'Alphonse Cano. Il naquit à Grenade au milieu du 17e. siècle, et fut un des meilleurs élèves de ce grand homme dans les deux professions. Cano mort en 1667, Risueno pour maître prit la nature. Il modelait en argile tout ce qu'il devait peindre et sculpter, soit en bois soit en pierre. Cette, méthode lui fit obtenir de grands progrès. Antoine Palomino fait un cas particulier de son mérite et de sa personne. Lorsqu'en 17 11 il fut à Grenade , il pria Risueno de 1 aider à peindre dans la Chartreuse , ce qu'il fit si bien , que Palomino le surnomma le grand dessinateur de l'Anda-
lousie. Cette assertion était au surplus à cetteépoque une trèsgrande vérité. — Risueno passant le temps entre la peinture et la sculpture, se distinguait dans les deux branches par d'excellens ouvrages, tant publics que particuliers. Ses tableaux ont la couleur de Cano, et son ciseau en a la hardiesse. Risueno mourut en 1721 à Grenade, où il prend place parmi les bons professeurs. Plusieurs temples de cette ville possèdent de ses ouvrages. S.
RIZI (François ), peintre d'histoire , de genre , et grand fresquiste , avait une invention des plus fécondes. 11 naquit en 1608 à Madrid, où, ne pouvant apprendre de son père Antoine Rizi , Vincent Carducho fut celui qu'il choisit pour maître. Rizi fut du petit nombre de ces êtres privilégiés qui naissent avec les dispositions les plus transcendantes pour ce qu'ils veulententreprendre : il naquit donc peintre. Aucune difficulté ne l'arrêtait , et tout, pour ainsi dire, se trouvait aussitôt terminé que commencé. Il est vrai que dans les arts cette facilité cause les mêmes inconvéniens , que la trop grande mémoire dans l'étude primitive des sciences : les jeunes gens, trop confians dans ces moyens , ne réfléchissent pas , et n'étudient que superficiellement : c'est ce qui arriva à notre artiste. Dans le moment il faisait tout ce qu'il voulait , mais toujours sans correction. Comme il vivait dans un siècle et une cour 011 le grand mérite était de savoir improviser , on célébrait avec enthousiasme les personnes douées de talens en ce genre , ce qui liuirt faire promptement une fortune brillante.Ce n'est qu'en i656 cependantqu'il devint peintre de Philippe IV. Charles II lui continua son titre, en y ajoutant une place au palais. — Après qu'il eut terminé dans l'ancienne habitation des rois la Fable de Pandore , que Carreno tombé malade n'avait pu continuer^ Rizi fit aussi dans les angles du salon quatre jolis sujets qu'il peignit sur
294 Ri
des fonds d'or. Avant qu'il eût terminé cet ouvrage, le chapitre de Tolède l'avait, en i653, déjà choisi pour son peintre, à la place d'Antoine Ruhio. En i665 il peignit à fresque , avec Carreno , encore une des chapelles de la cathédrale de cette ville , et tous deux terminèrent l'ouvrage en 1670, pour le prix de 6,5oo ducats d'or. Ils continuèrent le sanctuaire de Notre-Dame dans cette même cathédrale , pour le prix de 4^5oo ducats. En 1666 , Rizi fit le portrait du cardinal Moscoso 5 en 1671, celui de l'archevêque don Rodrigue , pour la béatification de Saint Ferdinand , roi d'Espagne. — On le vit avec Carreno , Escalante et Mantuano , préparer le monument de la Semaine-Sainte, qu'il orna lui seul de sujets historiques et d'allégories qui prouvaient son érudition. Il donna de Nouvelles preuves de son savoir dans la galerie des Dames , où il fut aidé des mêmes Carreno et Mantuano. Il se distingua particulièrement dans la fresque qu'il fît sans aucun aide à Saint-Antoine des Portugais. Mais Rizi fît surtout connaître la fécondité de son génie dans les décorations pour le théâtre du Retiro , dont on lui confia la direction. Il est vrai que ses compositions pleines de caprices, ses ornemens ridicules firent à l'architecture un tort incalculable. Cette salle de spectacle , placée dans le centre de la cour, était un exemple trop autorisé , pour que la mode , l'adulation , l'ignorance , ne s'empressassent pas de l'imiter : aussi le mauvais goût et la corruption dans l'architecture se répandirent par toute l'Espagne. La peinture ne souffrit pas moins des opinions dangereuses de Rizi, qui préférait la facilité à la correction , et ne considérait l'art que comme un grand moyen pour vivre. — C'est d'après ce système qu'il fit beaucoup de tableaux , tant pour les particuliers que pour les temples et entre autres , une 1 rinité , une Conception , un Baptême du Christ , un Saint
François , un Saint Dominique pour la paroisse de Sainte- Croix de Madrid , qui périrent dans l'incendie qui dévora cette église au commencement du 1 8e. siècle. — Charles II, jaloux d'élever un monument digne de recevoir le Saint Sacrement dans le monastère de l'Escurial , en chargea Rizi. A peine l'a vait-il terminé, qu'il mourut le i août i685 , pendant qu'il était occupé à tracer le tableau destiné à voiler le tabernacle. C'est ce tableau qui rendit à juste titre si célèbre l'élève de Rizi, Claude Coëllo, que l'on chargea de le peindre , et qui fît un chef-d'œuvre classique , comme j'ai eu occasion de le dire à son article. — Les dessins de Rizi sont nombreux à l'infini. Tous pèchent parla justesse, mais tous brillent par la facilité. Ses peintures , qui ont les mêmes défauts et les mêmes avantages , se font de plus remarquer par des teintes agréables , par une touche hardie , par des attitudes pleines d'énergie et une grande fécondité dans l'invention ainsi que dans la composition. — Tous les temples de Madrid , de Tolède , le Retiro , le Pardo , Burguillos , Ballecas fUcles , Alcala de Henares, Ségovie , Placencia, et bien d'autres villes possèdent un grand nombre des productions de cet habile homme. M.
RIZI ( le frère Jean ) , peintre d'histoire , frère de François , naquit à Madrid en i5g5 , et apprit à peindre sous lefrère Jean-Baptiste Mayno , religieux dominicain et maître de dessin de Philippe IV, lorsque ce monarque était infant. — L'application et le talent naturel de Rizi lui firent faire des progrès rapides. Bientôt il peignit, pour la sacristie de Notre-Dame de Secours et pour le couvent de la Merci de Madrid six grands tableaux, dont trois représentent divers Mystères de la Passion de Notre Seigneur , et les trois autres , divers Martyres des Saints de cet ordre. — Suivant sa vocation , il se fit ordonner pour entrer au monastère de Mont-Serrate en 1626 ; mais il fallait certaine
2q6 RI
somme que Rizi n'avait pas , il fut donc refusé. Notre artiste demanda deux jours , et dans ce court espace fit un Christ pour lequel il reçut beaucoup plus que ce dont il avait besoin. — Il vint ensuite à Madrid , où il fut abbé du monastère de Medina-del-Campo , et passa ensuite en i653 à celui de Saint -Millan de la Cogolîa. C'est là qu'il fit pour le grand maître autel trente tableaux. Ses talens et ses qualités le faisaient rechercher de tous les couvens de son ordre, pour qu'il voulut bien venir y habiter. Il fut quelque temps à celui de Saint-Jean-Baptiste deBurgos,et par reconnaissance y laissa les nombreux et grands ouvrages qui ornent l'église. Le chapitre delà cathédrale se servit dans ce même temps de Rizi pour quelques tableaux qui font partie des beautés de ce temple. — De retour an monastère de Saint - Martin de la capitale , il composa tous ceux du cloître principal. Cet ouvrage, où il sut représenter tous les individus du couvent, de quelque classe qu'ils fussent, lui concilia l'estime de plusieurs personnes du haut parage , particulièrement de la duchesse de Bejar , dont il devint le maître de dessin , et à qui il dédia son Traité sur la Peinture. — Jaloux de voir les chefs-d'œuvre del'antiquité,Rizi fut à Rome, y obtint d'entrer dans la congrégation des pères duMont-Cassin; il y composa quelques tableaux qui furent estimés des professeurs et des amateurs. Le pape même témoigna le désir de le connaître. Epris des vertus de notre artiste , sa sainteté le nomma à un évêché dont il ne put prendre possession , la mort l'ayant enlevé dans ce temps au Mont-Cassin , c'est-àdire, en i6^5, à l'âge de 80 ans. — Son genre est un style peu terminé : ses ouvrages paraissent peints au premier coup : ils brillent par la force du clair-obscur , par les poses les plus heureuses ainsi que les plus naturelles , par la composition et par un dessin dont la pureté relève toutes ces qualités. Le
père Rizi est mort en 1675. Ses productions sont répandues à Madrid , à Saint- Millan de Yuso , à Salamanque, à Burgos, à la Seca et dans plusieurs monastères. M.
RODRIGUEZ BLANEZ (Benoît) , peintre -d'histoire, né à Grenade, et imitateur du stvle d'Alphonse Cano. L'archevêque de ce diocèse } en récompense de ses vertus et de ses talens , lui conféra plusieurs emplois dans l'état ecclésiastique. Sans manquer à ses devoirs , il trouva le moyen de peindre pour les particuliers différens ouvrages , qui sont estimés des amateurs. On n'accorde pas moins d'intérêt à ce qu'il fit pour les temples. Le palais de l'archevêque possédait une belle Vierge : la paroisse de la Madeleine en avait une autre : le couvent des Douleurs , les religieux Augustins et les Carmelites-Déchaussées possèdent plusieurs tableaux de mérite de Blanez , qui mourut à Grenade le 22 mai 1737. S.
RODRIGUEZ DE ESPINOSA (Jérôme), peintre d'histoire , naquit à Valladolid le 17 avril i56s -, et, après avoir appris dans cette ville les élémens , fut se fixer à Cocentayna , ( royaume de Valence ) , où il se maria le 3o mai 1596, avec Aldonze Lleo , dont il eut le célèbre peintre Hyacinthe-Jérôme deEspinosa. Rodriguez s'établit ensuite avec sa famille à Valence, un peu avant 1623 , et y exerça son art de manière à acquérir de la réputation. — En 1604 et 1606, de concert avec Jayme Ferol, il avait peint les tableaux du maître autel de Saint- Jean- Baptiste de la ville de Muro , comme il conste par les archives datées du 9 novembre et 1 5 juillet des mêmes années — Don André Cister, notaire de Cocentayna , conserve une partie de ce maître autel que possédait la paroisse
de celte ville , peint et doré par Espinosa. Ce sont deux tables de sept palmes de haut et trois de large chacune. — La première représente Saint Laurent et Saint Hippolyte ; la seconde , Saint Sébastien et Saint Roch. Ces ouvrages prouvent d'une manière manifeste le mérite de leur auteur, sa générosité et sa dévotion. Jl mourut à Valence vers i63o. V.
RODRIGUEZ DE MIRANDA ( François et Nicolas), peintres d'histoire et paysagistes, naquirent a Madrid. Don François fut peintre en titre des écuyers du roi , et fit en 174^ les douze grands tableaux de la vie de Saint Pierre d'Alcantara , qui étaient dans le couvent de Saint- Gil de Madrid. Il mourut dans cette ville en ijSi , à l'âge de 5o ans. — Don Nicolas , qui se distingua par ses paysages , mourut peu de temps avant son frère. M.
RODRIGUEZ DE MIRANDA (Pierre ), peintre d'histoire et paysagiste , né à Madrid fut élève et neveu de don Jean Garcia de Miranda , dont il quitta l'atelier, déjà si avancé , qu'il parvint promptement à obtenir de la réputation en cour. Le père Aller , confesseur de l'infant don Philippe , le protégeait , et le chargea de peindre une Conception pour son altesse , à qui elle fît tant de plaisir, que le peintre fut prié d'y mettre son nom. Miranda fit aussi le portrait du révérend père Aller , et deux tableaux relatifs à la vie du bien-heureux Caracciolo , qui tous trois étaient placés dans le cloître du Saint-Esprit, à Madrid. Il en termina quatre autres relatifs à l'histoire du prophète Elie , que l'on voyait aux Carmes Déchaussés de la capitale, et qui ont été transportés au Rosaire. Mais le genre où réussit vraiment Rodri-
guez est celui des paysages et des bambochades. Il y mettait un goût et une vérité rares. — L'infant don Louis en possédait un grand nombre dans les palais de Boadilîa et de Villaviciosa. La duchesse d'Albe , don Jean Pacheco , le baron Casa Davalillo , don Joseph Ximenes Breton,, et tous les amateurs distingués, comptent avec intérêt dans leur collection des tableaux de cet artiste. Il s'occupait aussi à peindre des sujets fabuleux, et savait, pour les voitures de la cour , faire des ornemens qui étaient alors très en vogue. Les voitures n'existant plus , ces panneaux se sont toujours conservés avec une sorte d'enthousiasme par les connaisseurs. Ptodriguez de Miranda mourut à Madrid le 8 mars 1766 , à soixante-dix ans , après avoir obtenu la survivance de peintre du roi , dont son oncle possédait le titre. M.
RODRIGUEZ DE RIBERA (Isidore) , peintre du roi au commencement du 18e. siècle , fut un des sept choisis par le conseil de Castille, en 1725, pour taxer les peintures. M.
ROELAS (le licencié , Jean de Las), grand peintre d'histoire, plus connu parmi les artistes espagnols sous le titre du Clerc Roëlas , naquit à Séville en i56o, d'une famille distinguée, dans laquelle on cite Pierre de Las Roëlas , chef d'escadre , qui mourut en i566 , et que l'on présume être son père. — Son style ne laisse aucun doute sur son voyage en Italie , où il étudia les meilleurs élèves du Titien. — Roëlas peignit, vers i6o3 , pour le sieur Tentor , trésorier de la collégiale d'Olivarès , quatre tableaux de la vie de la Sainte Vierge , que le trésorier, en mourant , légua a sa collégiale. — Roëlas resta quelque temps à la cour , et revint à Séville , d'où il fut ensuite , comme chanoine , à Olivarès en 1624. Il y fit . pour l'or-
3oo RO
neraent de la collégiale , deux grands tableaux , dont l'un représente le Miracle de Notre-Dame des Neiges , et l'autre une Nativité. Roëlas mourut à Olivarès en 1625. Cet artiste fut un de ceux de l'Andalousie qui entendirent le mieux les règles de la composition et du dessin. Il donnait à ses personnnges une douceur et une suavité exquises. — Il imitait la nature avec majesté , et donnait le vrai grandiose à ses formes ainsi qu'à ses caractères. Jloëlas est enfin Fun des peintres espagnols qui possédèrent le mieux les teintes et le coloris de la haute école vénitienne. -— Pour Lien connaître son mérite, il faut voir dans Séville ses ouvrages dont les temples sont ornés. Sans orgueil pour l'Espagne , les tableaux de ce grand maître rivalisent avec le Tintoret , les Palmes , et ramènent sur les bords du Bétis l'école des Carraclies *. Le Saint Jacques de la cathédrale de Séville , qu'il finit en 1609, est plein de feu , de majesté et de décorum. La confusion des Sarrasins , le contraste des groupes , le naturel des attitudes , la belle exécution dans les raccourcis, tout y est admirable. — - Le Martyre de Saint André , qui orne la chapelle des Flamands de Saint Thomas , est un ouvrage célèbre. Lebrun le regardait, malgré toutes les assertions , comme un chef-d'œuvre du Tintoret 5 et cet illustre connaisseur s'appuyait sur la couleur , sur la manière de grouper, sur les caractères, et particulièrement sur les extrémités que Roëlas finit comme l'habile Vénitien. — La beauté , la dignité de l'Ange tirant Saint Pierre de
*I1 est certain que , si dans Séville on avait eu l'habitude de graver|les beaux ouvrages, ainsi que je de'sirais la mettre en pratique, Roëlas, ainsi qu'un grand nombre d'artistes , seraient connus , de la manière la plus avantageuse , et l'art ne pourrait qu'y gagner intimaient.
RO 3oi
la prison , dans le grand tableau que Ton voit à l'église de ce nom 5 la simplicité de la composition , la grande force du clair-obscur , surprennent toujours le plus intelligent. ■ — La Mort de Saint Herménégilde qui remplit le maître autel de l'Hôpital du Cardinal , est une production des plus rccommandables pour l'expression, la noblesse , la couleur qui y régnent , et particulièrement pour le mérite transcendant de la gloire qui couronne le tableau. — Dans son cadre de Sainte Lucie , la férocité des bourreaux qui la martyrisent fait frémir, en même temps que la beauté et le calme répandus sur la figure de la Sainte font éprouver des sensations difficiles à rendre. — Mais le chef-d'œuvre de Roëlas est le tableau qu'il créa pour la paroisse de Saint-Isidore , et qui représente la Mort du Saint. Il occupe tout l'autel, et se divise en deux parties. — La première , formant le haut de l'ouvrage, représente le Christ et la Vierge sur un trône de nuages, avec des couronnes à la main et un entourage immense d'anges , de chérubins qui chantent , touchent divers instrumens , et répandent à profusion des fleurs sur la scène qui fait le sujet du second plan. — Dans cette seconde partie , on voit un temple sur le parvis duquel est le Saint Archevêque en action de prier au moment où il est prêt d'expirer. Sa tête , un peu inclinée , offre un des plus savans effets de Fart. Les Archidiacres le soutiennent avec le respect le plus tendre , et à l'entour de lui un clergé nombreux se fait distinguer par sa tristesse et sa piété. On doit remarquer dans cette vaste conception les caractères des personnages qui le composent , la gravité de leur tenue , les différens sentimens qui les agitent , rendus avec une connaissance profonde de l'esprit humain. Il faut s'arrêter surtout devant le grandiose qui do-
3o2 RO
mine dans toute la composition : la couleur contribue encore par son harmonie à donner à l'ensemble un accord des plus parfaits. Tout enfin , dans ce brillant morceau , prouve que Roélas n'a rien négligé pour lui donner de la simplicité unie à la majesté , et une vérité entraînante, qui le classe parmi les premiers peintres de son pays , et de beaucoup d'autres. François deVarela et François Zurbaran se distinguent parmi les élèves de Roëlas. Le premier a conservé le style de son maître -, Zurbaran a suivi la route tracée par Michel-Ange de Caravage, comme on peut le voir à l'article de ce grand homme. Roëîas était infatigable , et travaillait constamment. Les temples d'Olivarès , de Séville , au nombre de près de vingt , Madrid , l'académie de Saint-Fernand, Aranjuez , Cordoue, sont remplis de ses productions , qui seront toujours recherchées des amateurs et des vrais connaisseurs. S.
ROLAN FANGUERBE , peintre d'histoire , établi ' à Séville , peignit en i653 un tableau qui représentait Notre-Dame du Jubilé, et un Saint François pour le galion de ce nom : c'est tout ce que l'on connaît de cet artiste. S.
ROMAN (Bartholomé), peintre d'histoire et grand coloriste. Il est peu d'artistes de l'école de Madrid qui , aussi bien que Roman, ait su diriger en maître les pinceaux , et qui ait eu un meilleur ton de couleur. — Il naquit en cette cour, en 1696, et fut l'élève le plus distingué de Vincent Carducho ; il vint ensuite à l'école de Jacques Velasquez , où il sut encore améliorer sa couleur , adoucir ses teintes , et arriver à une manière de draper que trèspeu d'anciens ont obtenue. Cependant ce peintre si brillant fut toujours sans fortune. Il attendait que l'occupation le vînt chercher , et ne faisait aucune démarche pour s'en
RO 5o5
procurer; c'est la seule raison qui rende les ouvrages de Roman extraordinairement rares. Le peu qui en existe se vovait à l'Incarnation de Madrid, dans plusieurs autres églises , à Alcala de Henares, et chez quelques particuliers. Cette petite collection portée au Rosaire prouve dans toutes les parties le grand mérite de cet habile homme , beaucoup trop timide pour l'intérêt des arts. M.
ROMEO ( don Joseph ) , peintre d'histoire et restaurateur j naquit à Cervera ( rovaume d'Aragon ) , l'an 1701, et, après y avoir pris quelques principes, fut à Rome dans 1 atelier de Masucci. A son retour , qu il fit par Barcelone, il peignit ditîerens ouvrages et entre autres 1 Apparition de la ^ ierge à Saint Pierre !Xolasco , pour le couvent des Mercenaires Chaussés de cette ville. Il s établit ensuite à [Madrid , où il fut chargé de restaurer uue partie des tableaux du Retiro: branche qu'il entendait assez bien pour qu'en récompense Philippe \ le nommât son peintre. Romeo mourut le 1 5 janvier 1772a ?>Iadrid, où sont ses ouvrages. V.
R.OMERO ( Simon ). peintre de portraits et de genre, établi cà Séville , s'associa avec Murillo et plusieurs autres professeurs, qui, en 1664, érigèrent à leurs frais et dépens, l'académie dans le beau bâtiment de la Bourse de cette ville. Il ne fit que des portraits et quelques petites vues. S.
ROMULO (Jacques), peintre d'histoire, fils ainé de Romulo - Cincinnato , naquit à Madrid , où se trouvant orphelin et sans directeur , il mit encore plus de soins à 1 étude de sa profession. En peu de temps il parvint à être un élève si éminemment distingué , qu'il était lui-même déjà maitre. au point de composer plusieurs
5o4 RO
beaux ouvrages que Ton voit à Madrid. Don Ferdinand Henriquez de Ribera , troisième duc d'Alcala, nommé ambassadeur à Rome, emmena Romulo avec lui. Ce grand personnage consacrait tous ses loisirs à l'étude des beaux-arts , et voulait toujours à ses côtés un de leurs coryphées. C'est à ce titre qu'il se fit accompagner de Romulo, et dans l'intention de l'aider à se perfectionner par l'élude des grands modèles. — Paeheco dit, avec le plus grand détail, qu'arrivé à Rome, l'ambassadeur, voulant avoir le portrait du pape nrbain VIII , il en chargea Romulo, qui de suite eut trois séances de sa sainteté. — Paeheco ajoute que l'artiste ayant terminé le portrait à la satisfaction des ducs de Pastrana , d'Alcala et des professeurs, le pape , voulant lui prouver sa satisfaction, lui fit remettre une chaîne d'un très-grand prix avec son portrait. Sa sainteté lui conféra de plus l'ordre du Christ, en chargeant le cardinal Trexo dePaniagua, Espagnol, de l'armer chevalier : ce que son éminence fit en présence du duc d'Alcala , de toutes sa famille , et de ses amis particuliers , en donnant à Romulo une seconde chaîne d'or , aussi d'un très-grand prix. Notre artiste fut ensuite reconduit comme en triomphe à sa maison , le i4 décembre i6s5} mais il ne jouit pas long-temps de tant de satisfaction, car peu de jours après il mourut, et fut enterré dans l'église de Saint-Laurent à Rome , avec toute la pompe due à l'ordre dont il venait d'être décoré, et que ses îalens seuls lui avaient mérité. M.
ROMULO (François), peintre d'histoire, second fils de Romulo Cincinnato, naquit à Madrid, et apprit dans cette ville, avec succès, l'art de peindre , après avoir perdu son père. A la mort de son frère, à Rome, le pape UrbainVIIIledécoradel'ordre du Christ, que Jacques avait
RO 5o5
reçu de S. S. par considération du peu de jours dont son frère en avait joui. ,Le pape voulut bien ajouter que c'était également en récompense du mérite personnel et des talens de François. Pour être armé chevalier, il se rendit à Rome , et y mourut en i635, après avoir laissé plusieurs beaux tableaux j que Romulo apprit à faire en Espagne. François Romulo avait aussi laissé à Madrid plusieurs ouvrages également très-recommandables. M.
ROSSELL (don Joseph) , peintre d'histoire , membre de l'académie de Sainte-Barbe à Valence , où Ton conserve de lui un beau tableau représentant Saint Luc, que Rossell offrit le 3o mai 1754. Il donnait tous ses soins à l'académie. V.
ROVIRA DE BROCANDEL ( Hippolyte ) , peintre d'histoire, graveur et fresquiste, naquit à Valence en i6g3. On ignore quel fut son maître. 11 est certain cependant qu'il suivait l'atelier d'Évariste Munoz , où son application, aidée de son génie, sans autre secours que l'étude et l'observation , le conduisirent à graver avec netteté et correction, comme on pourra le voir au Dictionnaire de Gravure. — Hippolyte faisait chaque jour dans Valence de nouveaux progrès. Mais , dans l'espoir ainsi que dans la volonté d'arriver à la perfection , il partit pour Rome à 3o ans. Ayant obtenu de pouvoir entrera toute heure dans les palais , temples et galeries , il se livra avec une telle ardeur à l'étude de l'antique , qu'il passait des jours entiers sans autre aliment que du pain et de l'eau. Jamais il ne se déshabillait. Il portait à un tel point l'enthousiasme pour les grands ouvrages, qu'il n'avait d'autre amour-propre que celui de dire qu'il avait copié tout ce qui lui avait fait plaisir. Ce fut alôrs qu'il fit de clairobscur^ toute la galerie du palais Farnèse. Il s'occupait de ce grand œuvre à des heures inusitées , et avec la plus
5o6 RO
grande incommodité. Il y mit cependant une telle exactitude, que son travail lui mérita l'éloge et l'admiration des professeurs de la capitale. Sébastien Conca prétendit publiquement qu'Annibal Carrache lui-même ne pourrait mieux se copier. Les veilles, le faute d'alimens , les incommodités sans nombre , et l'enthousiasme soutenu avec lequel il travaillait , affaiblirent son physique et son moral à tel point , que chaque jour vit diminuer ses talens ; de manière que, lorsqu'il revint de Rome , il faisait moins bien que lors de son départ. — Rovira , dans son bon sens , avait fait à Rome le portrait du général des Dominicains. Il parut à Madrid lorsque ce révérend se trouvait à la cour. La reine Elisabeth Farnèse désirant un portrait exact de Louis Ier. , le révérend célébra beaucoup le talent de Rovira. Pour justifier son assertion , il présenta le sien et celui du cardinal Cienfuegos , que notre artiste avait aussi faits à Rome avant de perdre la tête. — Hippolyte se rendit exactement à l'heure qui lui fut indiquée , prépara de sangfroid sa palette , avec infiniment de grâce , posa son moaèle,en traça de même les contours, l'esquisse, le tout avec une facilité qui remplit de satisfaction la reine et toutes les personnes présentes 5 mais, après cet heureux préliminaire, Rovira, tout-à-fait en désordre, mit sur tout ce qu'il avait fait de larges lignes de couleur, de manière que tout fut couvert , et qu'il était impossible de reconnaître la moindre trace de son ouvrage. Revenu à son bon sens , il sortit du palais et en même temps de Madrid. — Peu de jours après , on le vit arriver à Valence , brisé et poursuivi par des besoins de tous les genres. Le marquis de Dos Aguas le reçut chez lui , où il eut la table et le logement. Cet infortuné voulut entreprendre de nouveaux ouvrages ; mais de tous il arriva comme du portrait de Louis Ier. Malgré ces accidens répétés , il fut encore
RO 3o7
chargé de peindre à fresque la voûte d'un sanctuaire de Saint Louis, Bertrand plusieurs autres parties de la même église , et, par une singularité remarquable , il termina ces ouvrages sans qu'on y remarquât trop le dérangement de sa tête. — Corrado arrive à Madrid en qualité de peintre de Ferdinand VI ; Brocandel , qui était lié d'une étroite amitié avec lui quand il était à Rome , à l'instant qu'il sait que son ami est dans la capitale, sort de sa maison comme s'il allait chez son voisin , se rend à pied à la cour , sans avoir fait aucune disposition pour un voyage aussi long , embrasse son ami , et , sans lui faire ses adieux , retourne de suite à Valence. — Quelque temps après, Brocandel entreprit un nouveau voyage à Madrid-, mais, n'ayant pu aller plus loin que Fuente de la Higuera , il revint par Saint-Philippe , où un de ses amis , le rencontrant dans un état de faiblesse inouï , le conduisit jusques à Valence. — Le marquis son protecteur, voyant que Rovira ne pouvait être dans sa maison avec les secours convenables, le fît porter dans celle de la Miséricorde, en donnant tout ce qui était nécessaire s mais le mal empira, et le malheureux mourut le 6 novembre 1765. — Les ouvrages de Rovira , en peinture , sont à Valence , dans les églises de Saint-Dominique , de Saint-Barthélemi , de l'ermitage de Saint-Valérien , et dans plusieurs autres. On ne doit pas omettre un beau tableau que ce peintre fît dans un de ses momens lucides. Il représente la Médaille de Saint Jean-François de Reggis , que Rusconi exécuta en marbre à Rome. Rovira fit le tableau pour Saint- Etienne de Séville. On y admire une correction qu'il n'avait pas ordinairement. V.
ROXAS DE VELASCO (don Sauveur), chevalier amateur , contribua avez zèle à l'académie de dessin , que les amateurs établirent à Séville ? en la sou-
5o3 RU
tenant à leurs propres frais depuis 1670 jusques en i673. S.
RUBIALES ( Pierre de ) , grand peintre d'histoire , né en Estrarnadure , étudiait à Rome dans le temps le plus brillant pour les arts , et fut élève du célèbre François Salviati , qu'il aida à terminer plusieurs ouvrages dans Rome. — 11 est positif que la belle Conversion de Saint Paul , que Ton admire dans cette capitale , comme de Salviati, est vraiment de notre Espagnol. Pour donner une notion plus certaine , ce tableau de Rubiales sert de pendant à la Visitation de Notre-Dame , que Salviati termina dans le même temps. Les liaisons de Rubiales avec les plus grands professeurs induisent à croire qu'il les égalait en savoir et en exécution. Il fut grand ami de Gaspard Becerra , qui se trouvait aussi à Rome en i555 ; et tous deux aidèrent dans plusieurs ouvrages V asari , ainsi que ce dernier le dit lui-même. Si les Italiens modernes ne reconnaissent pas le mérite de Rubiales , les anciens ses contemporains ont su lui rendre justice dans Rome même, où il jouissait d'une grande célébrité *. — On ignore le temps et le lieu de la mort de Rubiales , qui laissa une grande réputation et sur les rives du Tibre et sur les bords du Manzauares. S. et I.
RUBIO ( Antoine ) , peintre d'histoire, élève d'Antoine Pizarro. Le chapitre de la cathédrale de Tolède } qui a
* Le docteur Jean Valverde , qui s'était rendu à Rome à l'effet d'y faire graver les planches de son ouvrage sur l'anatomie , dit à l'explication de la troisième, qui représente une figure anatomique , combien le peintre en a besoin pour l'ëtude de son art , et il ajoute : « La vérité de ce que j'avance nous est prouvée de nos jours par Michel-Ange le Florentin, et par Pierre Rubiales d'Estramadure, qui tous deux, pour s'être adonnés à 1 étude de l'anatomie de la peinture, sont parvenus à être les plus fameux peintres qui depuis long-temps aient paru.
RU 309 toujours eu pour maître de fabrique les meilleurs professeurs du royaume , choisit pour son peintre , le 2 3 décembre i645, Rubio à la place de Jean de Tolède. Il en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, qui arriva le 1 juin i653. François Rizi fut le successeur de Rubio ; cela suffit pour signaler le mérite de l'un et de l'autre. M.
RUBIRA ( don André de) , peintre d'histoire et de genre , naquit à Escacena del Campo, et apprit à peindre, d'abord pour la foire de Séville. Ensuite il se perfectionna sous Dominique Martinez , artiste en crédit dans cette ville. — Son application et son activité furent très-utiles à son maître pour dilférens ouvrages dont ce dernier fut chargé. — Rubira esquissa la plus grande partie des tableaux qui sont dans la chapelle antique de la cathédrale , et Martinez les termina. — Lorsque don François Vieira , peintre du roi de Portugal , revint de Rome par Séville , il apprécia tellement le genre et les dispositions de Rubira, qu'il le força de venir à Lisbonne , où l'élève fit de grands progrès sous un aussi bon maître. Rubira , de retour à Séville , prouva tant de savoir , qu'aussitôt il fut chargé d'ouvrages d'importance, tels que les tableaux de la chapelle du Saint- Sacrement , dans la collégiale de Saint- Sauveur , une grande partie de ceux du collège de Saint-Albert , et la plupart de ceux qui décorent le cloître des Carmes Déchaussés. — Rubira mourut dans cette ville le 29 février 1760. Il faisait aussi de jolis intérieurs, et des bambochades. On connaît de lui surtout un aveugle de haute stature , pinçant de la guitare et chantant ; il est si naturel , qu'il paraît absolument du premier temps de Velasquez. S.
RUBIRA ( don Joseph de ) , peintre d'histoire , fils de don André, naquit à Séville, en 1747 } et, lorsqu'il com-
3io RU
mençait à peindre , eut le malheur de perdre son père. Quoiqu'il n'eût que i3 ans , il ne put se soumettre à aucun maître ; sûr de ses moyens , il se mit à copier Murillo , genre dans lequel il réussit en effet d'une manière supérieure. — Le cardinal de Solis , archevêque de cette ville , voulut le conduire à Rome, lorsqu'il dut s'y rendre pour l'élection du pape Ganganelli ; mais Rubira ne voulut pas , et perdit sans nul doute l'occasion de devenir l'un des meilleurs peintres de son temps. — La peinture à l'huile et en miniature ne suffisant pas à ses besoins , Rubira voulut s'adonner à la sculpture; il y. fît si peu de progrès qu'il est inutile d'en parler. Rubira, toujours souffrant, chercha quelque allégement à ses peines et crut le trouver dans les voyages 5 il sortit donc du royaume de Grenade , et fut mourir à Cadix , le 12 novembre 1787. Ce fut vraiment un grand malheur pour les arts , car il aurait sans doute tenu les promesses que donnait sa jeunesse : sans contredit, il fut celui qui brilla le plus à l'académie , tant par ses dessins d'après nature , que par ses excellentes copies de tableaux de Murillo. S. Exc. don François de Bruna possédait de lui une copie du magnifique tableau qui appartenait au marquis d'el Pedroso, dans lequel Murillo représenta la Sainte Famille et cette copie a trompé plus d'un amateur exercé. S.
RUEDA (Gabriel de), peintre d'histoire , résidait, au commencement du 17e. siècle, à Grenade, où Ton conserve de lui divers ouvrages dont on fait le plus grand cas. — II traitait en effet si bien les sujets de l'Histoire Sainte, que le chapitre de la Sainte-Église de Tolède le nomma son peintre le 6 septembre i633. Rueda mourut la veille de Noël l'an 1641. S.
RUESTA ( Sébastien de ) fut un dessinateur très-
nU on
intelligent, un amateur très-distingué des beaux-arts. Il fit en 1662 le plan du superbe ouvrage que sculpta François de Ribas pour la chapelle du Sanctuaire dans la cathédrale de Sé ville , où il mourut le 10 décembre 1669. 5.
RUFO ( don i Joseph - Martin ) , peintre d'histoire et de portraits , né à l'Escurial, et disciple de l'assemblée qui prépara les voies pour rétablissement de l'académie de Saint -Fernand. Il en obtint assez régulièrement les grands prix tout le temps de ses études ; les tableaux qui les lui méritèrent se conservent dans l'académie . Rufo fit plusieurs ouvrages publics à la cour. On peut citer ceux qui représentent la ï ie de Saint Jean de la Croix, et que I on voyait aux Carmes Déchaussés. Le monastère du Paular possédait de Rufo un très-beau portrait de Ferdinand VI , qui figure dans la collection des rois d'Espagne. M.
RU1Z (Antoine ) , peintre d'histoire, condisciple d'Antoine d'Arfian , peignit avec lui deux portions du maître autel du sanctuaire antique de la cathédrale de Séville en 1 554- Leur ouvrage fut taxé par Ferdinand Sturmio et André Morin. S.
RUIZ ( Jean-Sauveur ) , élève de l'académie de Séville, paya sa part des frais de l'établissement, en 1671. S-
RUIZ CESAR ( Barthélemi ) , concourut avec Ruiz ci-dessus à soutenir , aussi à ses frais , l'académie de Séville, depuis 1667 jusqu'en 16-2. S.
RUIZ GIXON (Jean-Charles ), peintre d'histoire, vivait à Séville vers l'an 1677. Il paraît avoir été élève de François Herrera le jeune : car c'est le style que l'on retrouve entièrement dans ses ouvrages -, on le remarque essensiellement dans une Conception entourée de beaucoup d'anges , que possède la cathédrale : le grand goût ,
5i2 RU
la couleur et la hardiesse du pinceau d'Herrera paraissent avoir créé ce bel ouvrage , que Ruiz a signé comme il signait toutes ses productions. S.
RUIZ GONZALES ( Pierre ) , peintre d'histoire et de genre , naquit à Madrid en i633, et, à 3o ans passés étudia les principes de Fart de peindre , sous Jean-Antoine Escalante. Son maître étant mort , il passa dans l'atelier de Jean Carreno, sous qui on lui fit faire de tels progrès, qu'en peu de temps il eut assez de crédit pour avoir beaucoup de commandes des premiers personnages. Il fit pour l'église de Saint-Millau trois tableaux qui périrent dans l'incendie de 1720. Ruiz se distinguait par de petites esquisses , qu'il peignait avec tant de grâces et des teintes si heureuses , qu'elles passaient pour être des grands maîtres de l'école vénitienne. Il avait la même facilité pour laver les dessins qu'il faisait au crayon, et que toujours il signait. Comme un de ses amis lui demandait un jour pourquoi il apposait toujours sa signature sur ses productions , il répondit : « C'est pour qu'on n'attribue pas à un autre mes défauts » . — Ruiz Gonzales , après s'êtr e conduit avec honneur , et s'être fait estimer par ses lalens malgré qu'il eût commencé fort tard , mourut fort riche à Madrid, en 1709.— Ses ouvrages publics sont dans plusieurs églises de Madrid. M.
RUIZ DE SARABI A ( André ) , peintre d'histoire , père et maître de Joseph de Sarabia , vivait à Séville au commencement du 17e. siècle, avec la réputation d'un bon professeur. Après avoir laissé quelques grands tableaux dans sa patrie, il s'embarqua en 1616 pour Lima, où il mourut peu de temps après. S.
RUIZ SORIANO ( Jean), peintre d'histoire, naquit h Higuera de Aracena, le a3 juin 1701, et fut élève à