‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 63 sur 72 · SE · texte numérisé non relu

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SÉRAF1N (Pierre), peintre d'histoire 9 résidait vers i56o, dans Barcelone, où il était connu sous le nom du Grec. En 1 563, il prit l'engagement de peindre, de concert avec Pierre Pablo , peintre de la même ville , les portes de l'orgue de la cathédrale de Tarragonne. Ils représentèrent en dehors l'Annonciation , en dedans sur une feuille la Nativité , sur l'autre la Résurrection. Ils ornèrent de plus , d'un côté, le même buffet des figures de la Foi, de l'Espérance , et de la Charité ; de l'autre de celles de la Vierge , de Sainte-Thècle et de Sainte-Catherine. — Cet ouvrage, qui fit beaucoup d'honneur à leurs auteurs , fut entièrement approuvé du chapitre , et largement récompensé. — Serafîn a continué de travailler en grand jusqu'à sa mort dont on ignore l'époque. V*

SERRA ( Michel ) , peintre d'histoire et de genre, né en Catalogne, vers iG53, s'échappa de la maison paternelle à l'âge de 8 ans , par éloignement pour sa mère, qui venait de se marier en troisième noces. — Il arrive à Marseille, et, pressé par la seule inclination qu'il avait, se dédie à la peinture. 11 fait quelques progrès sous un peintre assez médiocre. Mais jaloux d'en faire de plus grands , il part pour Rome , n'ayant pas plus de 10 ans , met une application suivie dans l'étude des grands ouvrages , et cherche l'occasion de se rapprocher des bons professeurs de ce temps. Plusieurs années après il revient à Marseille, et peint à 17 ans le tableau de Saint Pierre Martyr que l'on voyait dans l'église des Dominicains. — Cet ouvrage lui donna tant de réputation , qu'il ne fallait rien moins que son extrême facilité pour pouvoir suffire à toutes les demandes qu'on lui faisait. — Il fit alors beaucoup de tableaux, tant pour des particuliers , et des temples de Marseille que pour ceux des environs. Mais il en fit un pour l'académie de Paris, qui le reçutparmi

ses membres. Celte production valut de plus à Segura , d'être nommé peintre du roi j conformément à la prérogative dont jouissaient les académiciens. — Ces honneurs et ses lalens lui procurèrent une grande fortune. Il l'employa totalement au secours des malheureux de Marseille , lors delà peste de îpi , pendant laquelle Serra sut développer un caractère d'humanité qui le classe à juste titre parmi les plus grands philanthrophes. — Le fléau disparut. Serra fut ruiné : mais, plein des souvenirs de ce qu'il avait vu, il employa toute la chaleur de son imagination à rendre les scènes horribles dans lesquelles son cœur lui avait fait jouer un si grand rôle. Il composa deux tableaux , et chargea son fils de les porter à Paris , pour les présenter au Régent. Le fils, oubliant cequil devait à son père , vendit les tableaux à la foire Saint-Germain : ce qui fit perdre à Serra une grande partie de son crédit, parmi les professeurs, qui iguoraient que cette vente était due à l'inconduite du jeune Serra. Notre Catalan se remit cependant à travailler , et fit encore nombre de compositions pleines de feu et d'invention. On peut citer particulièrement des tableaux qu il fit pour les religieuses de Sainte-Claire de Marseille , ceux pour la paroisse de la Madeleine de la même ville , et ceux pour les Carmélites d'x\ix en Provence. — Les œuvres de chevalet qu'il composa , figuraient dans les cabinets des amateurs , et conservèrent la réputation à leur auteur , malgré l'abus qu'il fit de sa grande facilité. Serra mourut à Marseille ] en 1728. École de France *.

SEVILLA ROMERO DESCALANTE (Jean de), peintre d'histoire et fresquiste , naquit à Grenade , en 1627.

* Voyez Nougaret et Gautier, Journal Abre'gé de ce qui s'est passe à Marseille lors de la peste de 1721.

SI 555 Dès son enfance il fit connaître son goût pour la peinture. D'abord il fut élève d'André Alphonse Arguello , peintre médiocre de cette ville ; mais ensuite il fut disciple du célèbre Pierre de Moya. Escalante, cherchant à imiter le goût et les teintes de Wandick, y réussit parfaitement : mais à peine le disciple commençait-il à faire de grands progrès, que le maître mourut. C'est alors que sans direction, mais guidé par des esquisses originales de Rubens , il se soutint dans les bonnes maximes de Moya. Car il se mit à copier tant de fois ces croquis du Flamand , qu'il parvint , comme disent les professeurs, à s identifier avec la palette de ce grand homme. On ne peut se figurer la réputation que ce genre de peindre fit acquérir à Escalante : car , malgré qu'il y eût de bons peintres à Grenade , il fut toujours préféré pour les ouvrages tant publics que particuliers. Il eut, il est vrai, quelquefois pour compétiteur, dans l'ornement des autels et des rues , et les processions de la Fête-Dieu , le présomptueux Atlianase Boca-îNegra ; mais toujours il le vainquit. Jean de Séville peignit quelques tableaux pour les Carmes et les Augustins Chaussés de Grenade , une Cène pour le réfectoire des Jésuites , et plusieurs autres pour le monastère de Saint-Jérôme. — Il mourut le 2 3 août 1695 , et Grenade perdit avec lui la bonne manière de peindre , parce que la sévérité de son caractère, et l'excessive jalousie dont il était poursuivi pour sa femme , l'empêchèrent toujours d'admettre des élèves. Les œuvres publiques de Jean de Séville Escalante, sont dans la plus grande partie des temples de Grenade, de Xeres de laFrontera , d'Alcala de Henares ,etde plusieurs autres monastèrH. J'ai de ce peintre une esquisse. Elle est assez terminée , pour indiquer sa couleur et sou genre. S.

SILVA BAZAN DE SARMIEjNTO (la duchesse

de Huescar et d'A rcos , Dona Marianne de ) , amateur. L'académie de Saint-Fernand reçut comme membre honoraire cette dame le 20 juillet 1766, la nomma directrice honoraire , ayant voix , et un siège prééminent dans toutes les séances auxquelles il lui plairait d'assister. Ces honneurs lui furent déférés en raison des talens quelle avait déployés dans plusieurs beaux dessins et tableaux quelle offrit à l'académie. — La duchesse mourut le 17 janvier 1784, et fut enterrée à Saint-Sauveur, près son dernier mari le duc d'Arcos. On leur érigea à tous deux un élégant sépulcre , où l'on posa les bustes des époux , exécutés par les Michels.

SIMO ou SIMONI ( Jean-Baptiste ) , peintre d'histoire et fresquiste , né à Valence , s'attacha en 1697 à don Antoine Palomino , lorsque ce dernier peignait les voûtes de Saint- Jean-du-Marché. Simoni resta près de ce maître tout le temps qu'il fut dans cette ville , vînt avec lui à Madrid, et continua de travailler sous ses ordres jusqu'en 17 17, qu'il mourut dans cette ville. — Comme Simoni avait concouru à l'exécution des grandes fresques de Palomino, il avait acquis en ce genre assez de facilité , pour que la communauté deSaint-Philippe-le-Royal le chargeât de quelque ouvrage dans les voûtes de son église. — Simoni représenta les Saints Alipitis, Prosper, Rupense et Posidius ; la Dispute d'Augustin avec Ambroise , et son Baptême, dans deux médaillons; dans un autre cartel du corps de l'église, il voulait mettre la Vierge , Saint Augustin , et Sainte Monique : mais sa mort , déjà relatée , l'empêcha de mettre à (in cette composition. Son fils Pierre Simo , l'acheva le 4 septembre 171^ Par ce travail , le jeune homme hérita de la réputation de son père : ce qui le mit à même de faire une assez jolie fortune. Cependant , par une singularité assez répétée en Espagne, Pierre Simo,

SO 337 dans son testament ordonna que Ton demandât l'aumône pour l'enterrer. V \

SOLIS ( don François de ) , peintre d'histoire , de conceptions, et fresquiste , naquit à Madrid en 1629. Son père Jean de Solis , qui avait été l'élève d'Alphonse Herrera dans Ségovie , par diversion , lui enseigna le dessin , car il Je destinait à l'état éclésiastique : aussi lui fit-il faire une excellente latinité , et une bonne philosophie. Mais la nature l'emporta sur tout , et les études ne firent que décider d'une manière plus véhémente son goût pour la peinture. Il y fit de si rapides progrès , qu'à dix-huit ans il créa , de pure invention , un tableau pour le couvent des Capucins de Villarubia. Cet essai fut exposé un jour de grande solennité dans l'église de la Patience de Madrid. Philippe IV , ayant vu le tableau, s'entretint avec intérêt de l'auteur, et ordonna que Solis signât , en mettant son âge , au bas de sa production. Cette nouveauté jointe au mérite réel de l'ouvrage , concilia la faveur publique à Solis , et lui procura beaucoup de travaux , tant publics que particuliers. Il fut chargé d'une partie de l'ornement de la petite place de l'hôtel de ville de Madrid , pour l'entrée solennelle de la reine Louise d'Orléans. Il fit aussi plusieurs tableaux pour le couvent des Capucins du Prado : mais une Conception avec le Dragon à ses pieds , augmenta tellement sa réputation , que les Conceptions dont il se chargea par suite furent les seules en faveur , et tout le monde lui en demandait. — Peu de professeurs contribuèrent autant que Solis à l'avancement de la peinture. Pendant de longues années il tint dans sa maison une académie dont il faisait les frais. Il y admettait tous les jeunes gens de Madrid , pourvu qu'ils y vinssent avec de l'application. — Solis avait écrit une vie des peintres 9 sculpteurs et ar-

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