‹ Dictionnaire des peintres espagnolsChapitre 65 sur 72 · TE · texte numérisé non relu

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Chaussés, un Saint Raimon Nonnalo et un Saint Pierre Nolasco pour la Merci. — Ces trois tableaux prouvent combien Suarez entendait la composition, les belles draperies et la nature. Suarez fît seul un assez grand nombre d'ouvrages qui lui conservèrent sa réputation. V.

SUAREZ DE OROZCO (Martin) payait sa quote part des frais de l'académie de Séville depuis 1666 jusqu'ea 1672 , et ne manquait jamais à ses concours. S.

TAPIA (don Isidor de), peintre d'histoire, naquit à Valence en 1720, et fut élève d'Evariste Munoz 5 il fit, dans cette ville , plusieurs ouvrages publics , qu'un coloris gracieux distinguait , comme le prouve un Maître Autel qu'il y avait sur la place Saint-Barthelemy, et un Oratoire du couvent des Carmes, où il a représenté Sainte Thérèse et les quatre Docteurs. — Tapia vint à Madrid en 1743? et se nt remarquer comme bon professeur; il fut ensuite en Portugal, en revint , et mourut à Madrid , étant membre , depuis 1755, de l'académie de Saint-Fernand , où l'on conserve un Sacrifice d'Abraham de sa main. V.

TAPIA ( Pierre -Jean de ) , peintre de genre , habitant de Valence , fut en i586 avec le sculpteur Jérôme Esteban , dans la ville d'Andilla , examiner et taxer le grand Maitre Autel de cette paroisse , que venait de continuer François d'Ayala à la mort de Joseph Gonzales , qui l'avait commencé. Voyez les articles de ces professeurs. Tapia ne faisait que de petits sujets de chevalet, mais avait de profondes connaissances de l'art. V.

TER AN (Jean- Antoine) participait aux frais de l'a-

cadémie de Séville pendant les années 1670 et 1674* H en fut aussi un bon élève. Z7".

TEROL (Jayme), peintre d'histoire, Valencien , élève dit père Nicolas Borras de Cocentayna. Il peignit en 1607 , avec Jérôme Rodriguez Espinosa , le grand Maître autel de la paroisse de Muro , dans le royaume de Valence. Voyez l'article de Rodriguez Espinosa.

TEXADA (don Jérôme de), amateur et bon dessinateur de Séville , concourut avec exactitude à l'académie établie en cette ville par les professeurs pendant 1660 , et donna sa quote part des frais en 166/1. S.

TOBAR ( Alphonse-Michel de ) , peintre de portraits et d'histoire , naquit dans la ville de la Higuera , près Aracena , en 1678. Conduit dès son jeune âge à Séville, il lut élève de Jean-Antoine Faxardo , professeur assez médiocre. Son application suppléa au talent du maître ; et ne rencontrant personue qui lui sût donner de meilleurs principes , il se mit à copier les tableaux de chevalet de Murillo , qui abondaient alors dans les principales maisons de Séville. H parvint à imiter ce grand maître avec tant d'exactitude , que plusieurs amateurs et nombre de personnes y furent trompés. Ce talent lui donna beaucoup de crédit. Son caractère entraînant lui concilia de plus l'estime de tous les seigneurs nommés pour suivre à Séville Philippe V, qui, en remplacement de Théodore Ardernans, nomma Tobar son peintre le 14 avril 1729. S. M. l'emmena à Madrid , où notre artiste s'occupa toujours de la peinture avec le même zèle que dans sa jeunesse , sans sortir et sans avoir d'autre diversion que sa palette. Il fit alors le portrait de beaucoup de personnages , entre autres celui du cardinal Molina. Il est malheureux que Tobar se soit consacré à copier Murillo : car une seule fois il voulut être peintre , et il créa un tableau su-

périeur. 11 représenta la Vierge connue sous le titre de la Consolation : elle est assise sur un trône , tenant dans ses bras l'Enfant Jésus , accompagné de Saint François et de Saint Antoine. Un Religieux , sur le premier plan , est dans Faction de prier. Tous ces personnages sont de grandeur naturelle. Le tableau , signé Tobar , est dans un autel de la cathédrale de Séville 5 et , sans contredit, c'est le plus bel ouvrage qui se soit fait dans le temps. — Parmi le grand nombre de copies que Tobar fit de Murillo, la plus célèbre est la Vierge, Saint Joseph, Jésus et Saint Jean , qu'onlui demanda pour Sainte-Marie-la- Blanche de Séville, et que l'on prend toujours pour un original, lorsqu'on ignore que le véritable est dans le palais de Madrid. Cependant cette imitation de Tobar se trouvait parmi des chefs-d'œuvre immenses de Murillo , tels que les deux du Songe de Patrice , que l'on a pu voir au Musée , et qui ornaient à Séville cette même église de Sainte- Marie-la-Blanche. S.

TOLEDE (Jean de ) peintre d'histoire, l'un des artistes les plus famés de son temps en Espagne : c'est à ce titre qu'en i49^ il fut choisi pour peindre, avec Jean de Bourgogne son maître , le cloître de la sainte église de Tolède. On conserve avec respect, de ces travaux, les fragmens que le temps n'a pu détruire. M.

TOLEDE (Jean de ), élève de Tristan. Le chapitre de la cathédrale de Tolède le nomma son peintre en i64* , et il le fut jusqu'au 1 8 novembre 164 5 qu'il mourut. Les capucins de Tolède possédaient de lui une petite Vierge avec Jésus et Saint Jean , qui était d'un goût exquis. il/.

TOLÈDE (îe capitaine Jean de ) , peintre d'histoire, de genre et de batailles, naquit à Lorca en 161 1. Son père , Michel de Tolède , lui enseigna les élémens ; mais . aussitôt qu'il eut fait, quelques progrès, Tolède fut en Italie

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comme soldat. Sa valeur le fit bientôt nommer capitaine de cavalerie ; mais dès-lors il abandonna la carrière militaire , où il aurait joué un rôle brillant , pour se livrer à la peinture , qu'il aimait passionnément. — Il forma de suite une étroite liaison avec Michel-Ange Cerquozzi , pour la seule raison qu'il peignait des batailles que Tolède rendait aussi fort bien. — Pour conserver un ami aussi précieux , Cerquozzi offrit au capitaine de lui donner des leçons ; la proposition fut acceptée , le capitaine de Tolède resta doue près de son maître jusqu'à ce qu'ayant acquis son style et ses couleurs, il revînt en Espagne. — Alors il s'établit à Grenade , où il fit pour les particuliers un nombre infini de petit tableaux représentais des Marches de Soldats, des Marines et surtout desBatailles, qui lui donnèrent une réputation des plus distinguées. Ces petits ouvrages lui en procurèrent de sérieux pour les temples de Grenade , et particulièrement pour celui de Saint-François. Il fut ensuite à Murcie. Il fit entre autres l'Ascension de la Vierge pour une confrérie de chevaliers. Il inventa et dessina dans le même temps la Bataille de Lepante que dut peindre son ami Mathieu Gilarte pour le couvent de Saint-Dominique. Le capitaine jaloux , de se présenter à la cour , vint à Madrid, où , malgré le nombre de grands professeurs qu'il y avait , il ne manqua pas d'être chargé d'ouvrages de considération. Il les peignit avec le même talent qu'il les inventait , et les composait. Il brillait surtout par la couleur ainsi que par la parfaite entente du clair-obscur. La belle et immense Conception qu'il fit pour les religieuses d'Alarcon est un tableau véritablement classique. Alcala de Henares , Talavera de laReyna, possèdent des tableaux de notre capitaine , qui mourut à Madrid en i685. V-

THOMAS (Moïse Pierre), peintre de Valence, à la fin du 17e. siècle.

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TOMÉ ( Narcisse ) , destructeur des arts au commencement du 18e. siècle, peintre, sculpteur et architecte, ainsi qu'il eut le courage de le graver lui-même dans l'un des bas-reliefs qui sont dans le transparent alors si renommé de la cathédrale de Tolède. — L'inscription est comme suit :

Narcissus A. Tome hujus Ecclesiœ Prim. architec. major totum opus per se ipsum marmore, iaspide , aere , fabrefac. delineavit, sculp. simulque depinx.

Cet ouvrage , dans son temps , donna une grande réputation à son auteur. Aujourd'hui l'intelligence , le goût et les progrès dans les arts en Espagne , font reconnaître au premier coup d'œil l'ignorance de ce professeur , qui fut l'un des plus aveugles partisans des écarts des Burrumino, des Ribera , et des Churriguera , comme j'aurai occasion de l'expliquer à l'article Sculpture de Tomé. Ce maître, né à Médina de Rioseco , mit un zèle infatigable à l'avilissement des arts. On ignore sa mort : mais il aurait dû ne pas naître. M.

TORRE (Nicolas-André), peintre d'histoire, famé dans Madrid , où il mourut le 6 janvier 1678. Ses travaux se trouvent confondus avec ceux des maîtres de son temps. Trois ou quatre grands tableaux dans le cloître des Carmes Chaussés , signés par lui , indiquent sa manière , qui était assez large , et annonçait de la facilité. M.

TORRES (Clément de ), peintre d'histoire, naquit à Cadix vers i665 , et fut élève à Séville , de Jean-Valdes Léal. Ses talens naturels , secondés par son application , le firent bientôt l'un des meilleurs peintres à l'huile de son temps, et encore plus à la fresque. C'est dans ce dernier genre qu'il peignit le Saint Ferdinand qu'on voit sur la porte principale du couvent de Saint-Paul de Séville, et

les trois premiers Apôtres plus grands que le naturel j avec un groupe d'Anges au-dessus de chacun d'eux , que Ton trouve dans divers endroits du même couvent. — Torres peignit encore à l'huile, pour les Mercenaires Chaussés de Séville , les deux Saint Jean et la Vierge de Belen. Cet artiste vint ensuite à Madrid , où il se lia étroitement avec Antoine Palomino. 11 se rendit de nouveau à Cadix, et y resta jusqu'en 17^0, qu'il mourut. — La fresque représentant le Père Eternel , que l'on voit sur l'arceau de la grande chapelle de Saint-Philippe-de-jN Féri à Cadix, est de lui : les amateurs d'Andalousie conservent plusieurs de ses tableaux. — Torres dessinait si agréablement, que beaucoup de ses dessins, particulièrement ceux au crayon et lavés , semblent être de Murillo. S.

TORRES (le comte de las) , amateur très-intelligent et rempli de goût , travaillait à Madrid vers l'année 1700, TORRES (Matthias de), peintre de genre et fresquiste , naquit à Espinosa de los Monteros en i63i. Il était assez âgé , lorsque son oncle Thomas Torres , peintre fort médiocre , le fit venir à Madrid , et lui enseigna le peu qu'il savait. Mais son exactitude aux cours de l'académie particulière qu'il y avait alors dans la capitale , et quelques leçons qu'il reçut d'Herrera le jeune , lui donnèrent de la facilité et assez de couleur. Ses fils , grands peintres d'illumination , l'aidèrent à s'enrichir; mais les fils moururent , et le père tomba dans un tel état de misère, qu'il eu mourut à l'hôpital Tan 17 11. — Torres s'occupait à peindre en détrempre les arcs de triomphe et les ornemens que l'on prodiguait pour les entrées des reines , les grandes funérailles , et dans les jours de grandes fêtes. — Torres , voulant donner dans les grands effets du clair-obscur, lorsqu'il peignait à l'huile, traitait ses sujets d'une manière si sombre , qu'ignorant l'art de les

éclairer , on ne reconnaît rien dans la plupart de ses compositions. C'est ainsi qu'il fit, pour l'église de la Victoire à Madrid , un Saint Jacques , * où l'on ne pouvait rien découvrir que le bras d'un Pauvre, qui était sur le premier plan. — Torres , cependant , fît assez bien les Paysages et les Batailles : il traitait ce genre avec grâce et assez de liberté. H y a beaucoup de petits tableaux de lui chez les amateurs. — Ses œuvres publiques sont dans quelques églises de Madrid. M.

TORTOLERO ( don Pierre ) , peintre d'histoire , naquit à Séville au commencement du 17e. siècle, et fut élève de Dominique Martinez, qui lui fit faire quelques progrès , bien éloignés , cependant , de ceux que .promettaient son esprit et son inclination. Le Saint Grégoire qu'il y avait à Saint-Isidore , deux tableaux dans Saint- Nicolas , et quelques autres chez les Carmes de Séville , sont les moins mauvais ouvrages de Tortolero. — Il voulut essayer de graver au burin , mais il ne put y réussir , quoique Ton voie de lui l'Entrée de Philippe V à Séville , le 3 février 1729 \ une Translation du corps de Saint Ferdinand-, un Saint Dominique de Guzman , et plusieurs autres essais de notre artiste sont du même mérite. — Tortolero dirigeait et peignait, en 1766, un ornement de très-mauvais goût, dans la paroisse de Sainte- Catherine à Séville , lorsqu'il eut une attaque d'apoplexie dont il mourut. S.

TRAMULLES (don Manuel), peintre d'histoire et fresquiste, naquit à Barcelone le 20 décembre 17 1 5. Il était frère aîné de François Tramulles , peintre français ,

* Un amateur examinait un jour avec Solis ce tableau , et ne pouvant rien y trouver, demanda ce qu'il représentait. Solis lui répondit: C'est Saint Bras.

né à Perpiguan au commencement du 17e. siècle. Manuel fut l'élève le plus avancé d'Antoine de Viladomat, dont il suivit tellement la manière , qu'on peut s'y méprendre. Mais Tramulles, dans son dernier temps, déchut, pour avoir voulu se créer un style particulier . et pour avoir surtout abandonné la couleur de son maître. Malgré tout j il fut un professeur très-studieux. Tous les soirs il tenait dans sa maison une académie , où l'on travaillait d'après le modèle , et il enseignait avec une patience admirable les nombreux élèves qui s'y réunissaient. — Le marquis de la Mina , capitaine général de la province , fît un cas particulier^ de Tramulles , l'employa toujours , et particulièrement dans le décor du grand opéra de Barcelone. — Tramulles se distingua dans ses perspectives pour l'Eglise de Sainte-Marie del Mar , et dans le monument de la Semaine Sainte de Saint-Pierre de las Puellas à Barcelone. Il mourut dans cette ville le 3 juillet 1791 , à 76 ans. Ses productions publiques sont dans presque tous les temples de Barcelone, et, malgré leurs incorrections , sont assez généralement estimées. V.

TRISTAN ( Louis), grand peintre d histoire , et maître de Velasquez, naquit près de Tolède en i5.86. 11 apprit en cette ville les élémens , sous le grec Dominique Théotocopulos , mit , avec intelligence , à profit tout ce que son maître savait bien , et sut éviter tout ce qu'il avait de mauvais. Cette étude réfléchie, dans l'atelier même du Grec , rendit , sans en sortir , Tristan un si bon peintre, que le maître, le préférant à tout les autres élèves, lui donnait beaucoup d'ouvrages qu'il ne voulait pas faire lui-même. — Tristan, entre autres compositions, fit , pour les Hiéronymites de la Sisla , une Cène que lui avait laissé composer le Grec. La communauté fut satisfaite , mais le prix demandé de 200 ducats lui paraissant

excessif, elle fit des représentations au maitre , en s'appuyant surtout de la jeunesse de l'artiste. — Aussitôt que Théotocopulos vit le tableau , il fut vers Tristan, et levant sur lui le bâton qu'il tenait à la main , l'accabla de propos piquans , en le nommant le déshonneur de la peinture.— Les pères, s'empressant de retenir le maître, l'engageaient à se calmer , en lui disant que l'enfant ne savait ce qu'il avait demandé , et qu'ils se conformeraient à sa décision. — En effet, répondit le Grec , cet enfant ne sait ce qu'il a demandé : car , si vous ne lui donnez 5oo ducats , l'on peut porter le tableau chez moi , et je compterai celte somme à Tristan. — Les moines restèrent confondus, et après de violens débats , se virent dans la nécessité de remettre à l'artiste la somme offerte par le Grec. — A 3o ans, Tristan fit les célèbres tableaux du grand autel d'Yepes-, en 16191e portrait du cardinal de Sandoval, archevêque de Tolède, et d'excellens ouvrages, tant publics que particuliers. — On peut regarder comme digne de tout éloge les deux tableaux que possèdent à Madrid MM. Nicolas de Vargas et Pierre de Roea. Le premier représente Moïse frappant le rocher , le second l'Enfant Jésus disputant avec les docteurs. — 11 fit aussi, en 1626, une belle Sainte Trinité, avec des figures toutes de grandeur naturelle. — Son dessein correct et pur , ses teintes gracieuses, la vivacité et la clarté de ses conceptions, la majeure partie de tous les accessoires qui constituentla peinture, et qu'il rendait si bien , lui méritèrent que Velasquez le préférât, pour maître, à tous les autres peintres d'Espagne et d'Italie. Ce fait suffit pour donner k Tristan le rang le plus distingué. — Il mourut à Tolède en 1640, à 54 ans , comme assure Lazare Dias del \ alle, et non à 49) comme dit Palomino : ce qui est plus vraisemblable , car , de cette manière , il a peint les beaux ta-

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