GAU
On trouve Gautier et Garguille dans le premier des contes imprimés sous le nom de Bonaventure Desperiers, dont Tapprobation date de l'an i557. «Pàez seulement, dit-il, et ne vous chaille si ce fut Gautier ou si ce fut Garguille. »
Un bon Gautier, dans Rabelais , veut dire un bon compagnon, (i)
Sous Louis XIII, un farceur nommé Hugues Guérin se donna le surnom de Gautier-Gai'guille. Voici une des chansons qu'il débitait :
Jean , ceste nuict , comme m'a dit ma mère , Doit ra'assaillir , mais je ne le crains guère ; Si
Ma mère n'en est pas morte ,
Je n'en mourray pas aussi.
Je ne suis pas de ces folles badines Qui font venir à l'aj de leurs voisines ; Si
Ma mère n'en est pas morte ,
Je n'en mourray pas aussi.
Fantaisie prit à Gautier-Garguille de faire imprimer ses chansons , et voici le prétexte qu'il imagina : « Le froid humide du dernier voyage de Compiègne m'ayant enroué la gargamelle comme une charrette mal aiguisée, je me suis consolé en mon affliction, ainsi que font ces vieux bourguemaistres d'Allemagne, qui, ne pouvant plus continuer la bonne chère accoustumée , à cause del'indicrestion de leur estomach , se contentent de faire trinquer et festiner leurs valets en leur présence, se servant, en ces repas, des yeux pour faire l'office de la bouche : de mesme, voyant qu'il ne m'estoit plus possible d'entonner l'air de mes agréables chansons , je
(i) Gautier vient de gaut^ for^t. Décomposez garguille, vous trouverez, gars (garçon), guille, rusé. ( Voyez Cnillt: )