‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 119 sur 335 · H ABI LE · texte numérisé non relu

H ABI LE

Pour excuser les fautes d'un liabile homme, on cite ce mot d'Horace :

.... Quandbque bonus dormltat Homerus

( De Arte poct. v. 359- )

Comme si Horace avait voulu dire :

Le bon Homère s'endort quelquefois.

Mais quandoque est là pour quandocunque, toutes les fois que. Je suis fâché , ditlloiacc , toutes les fois que

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je m'aperçois qu'Homère, cet excellent porte, s'endort, se néglige, ne se soutient pas.

/iic/ignor quandbque bonus donnilat Homerus.

Il y a d'autres exemples de passages détournés de leur sens primitif en devenant proverbes.

Habit.

L'habit y c'est Vhomme.

Proverbe traduit du grec. Le caractère des hommes ne se montre jamais mieux que dans les choses qui paraissent indifférentes.

Haine.

Les causes de la haine sont d' autan l plus violentes qu^ elles sont injustes.

Odii causœ acriores quia iniquœ.

( Tacit. annal, i. )

Celui qui oj/ense ne pardonne jarnai s.

(Proverbe italien.) 9

Haine vatinienne.

Sorte de proverbe qui se trouve dans une lettre de Corbinelli (année 1688) : Corbinelli l'avait emprunté de Cicéron. Cet orateur, dans sa harangue contre Vatinius, exprime le profond mépris qu'il porte au tribun Vatinius par une série d'invectives, qui se pressent et se succèdent avec une étonnante rapidité. ( Voj'ez la trente-troisième Oraison de Cicéron.)

Haïr.

Qui de ses sujets est haï , N'est pas seigneur de so/i pajs.

Malus dominalionis custos mctus.

Qui vit haï de tous, ne saurait long-temps vivre.

(P. C0RNEII.LF, Cinna.)

3oo HAR

Harassé.

Accablé de lassitude.

La harasse était un bouclier très pesant, usité dans les duels entre vilains. « Qui d'abord allongea à son adversaire un grand coup de bâton qui fut sans effet, il est vrai, parce qu'il poita sur sa harasse.» 'Voyez le Sacristain y conte, page 4o6 du tome lu des Fa~ bliauXy ou Contes du douzième etdu treizième siècle , traduits par Le Grand d'Àussj.^

Les vilains n'avaient pour armure offensive que le bâton; c'étaient des cultivateurs tellement attachés à la terre d'un seigneur, qu'ils ne pouvaient changer ni de demeure ni de profession; ils étaient cependant moins malheureux que les serfs. Un vilain tirait quelque avantage de son travail , tandis que les fruits du travail d'un serf, ses effels après sa mort, ses enfans même devenaient la propriété du seigneur.

HAREN*G. (^La caque sent toujours le) Le mortier sent toujours les aulx.

Ces deux proverbes signifient qu'on se ressent toujours d'une mauvaise éducation.

Horace a dit :

Quo semel est imbuta recens , sen>abu odorcm Testa diu,

HARENGÈRES. {S'injurier comme des) Les Grecs disaient, comme des boulangères. Dans les Grenouilles d'Aristophane, Bacchus dit à Eschyle : « Convient-il que des poètes de mérite s'injurient comme des fejnmes de boulangers?» Les boulangers, ainsi que tous les artisans, chez les Grecs et chez les Romains, étaient des esclaves.

HAR 3ot

Harpie.

Se dit proverbialement d'une /emme criarde et avare.

Les harpies, monstres fabuleux, avaient des ailes, un visage de femme, et des griffes aux pieds et aux mains. Hésiode en nomme trois, Virgile une seule, Celœno.

En 1776, parut dans les journaux de Paris l'article suivant : « Des chasseurs espagnols, au Chili, ont découvert un animal amphibie qu'ils ont réussi à prendre avec des filets, et qu'ils conservent en vie; ils lui ont donné le nom de Harpie. La représentation de la figure de cet animal a été envoyée à la cour de Madrid , d'où on l'a fait passer en France , et elle commence à circuler dans le public. L'habitude de ce monstre ressemble, en quelque sorte, à celle du sphinx, en ce que le train de derrière est horizontal sur la terre , et le train de devant est debout. Sa hauteur, depuis le ventre jusqu'à l'extrémité de la tête, est de quinze pieds, et sa longueur, depuis deux espèces de pattes d'oie qui soutiennent le devant, jusqu'à l'extrémité des queues, est de vingt-deux pieds. La partie supérieure est couverte d'un poil rude , et la forme du corps ressemble à celle de l'homme. Du tronc s'élève une tête fort extraordinaire, couverte d'une crinière qui pend des deux côtés. La tête, au premier aspect, offre la ressemblance d'un lion; mais comme la face est entièrement aplatie, on y reconnaît bientôt celle d'un singe. Une gueule extrêmement ouverte et avancée lui donne un air de voracité qui est effrayant. Des deux côtés de la lete s'élèvent , à une certaine hauteur, deux grandes oreilles pointues et velues comme celles d'un âne. Au-dessus de ces oreilles sont deux cornes tortues comme celles du taureau; et au dos de cet animal, vers la hauteur ordi-

3oi HER

naire des épaules sont placées deux ailes très fortes, qui ont, au lieu de plumes, des membranes pareilles à celles des ailes de chauve-souris. Toute cette partie supérieure de l'animal est soutenue par les deux pattes d'oie placées un peu en avant du milieu du corps. La parti inférieure ressemble à celle du phoque , excepté qu'elle est couverte de grosses écailles. A deux pieds environ des pattes est placée une seule nageoire qui s'agite verticalement dans l'eau, et qui sur terre augmente la rapidité de la marche de l'animal , de concert avec les ailes , dont il fait usage lorsqu'il poursuit sa proie. La partie inférieure se termine en deux queues , dont l'une ayant des articulations jusqu'à l'extrémité , peut envelopper la proie de l'animal , et l'autre finit par \\n dard très pointu, avec lequel, dit-on, il la perce.»

Cette description donna bientôt naissance à une gravure qui représentait le monstre chimérique, et à plusieurs modes.

Il n'est pas bien prouvé que l'inventeur ait eu l'intention de faire une allégorie; mais la malignité en imagina mille.

On se plut surtout à voir dans cette figure le Celœno de Virgile, c'est-à-dire le ministre Calorie.

HAUBERGEON. {JSlaille a maille se fait le) La signification est la même que celle du proverbe suivant : Pas a pas on va bien loin.

Le haubergeon était un cotte de mailles, un assemblage de petits anneaux de fer.

HERBE. (// a bienfait , il aura de l') Moisant de Brieux cite cette phrase comme expression proverbiale.

L usage de donner de l'herbe au vainqueur remonte

HER 3o3

au temps de la vie pastorale. Ceux qui étaient vaincus à la course ou autrement cueillaient de l'herbe dans l'endroit même, et l'offraient au vainqueur comme un hommage rendu à sa supériorité.

Théophile a tiré de cet usage le sel d'une plaisanterie contre Malherbe :

Ce poète Malherbe , Qu'on tient si parfait, Il aura de l'herbe , Car il a bien fait.

Une couronne d'ache était le prix des jeux Isthmiques. Les couronnes graminées ou d'herbe étaient celles qu'une garnison assiégée donnait à son libérateur.

HERBE (ySur quelle^ avez-vous marché?

On avait jadis tant de foi à la vertu de certaines herbes, qu'on les croyait capables d'opérer par le seul contact.

Sur quelle herbe avez-vous marché ? se dit pour reprocher à quelqu'un sa mauvaise humeur ou sa folle gaîté.

jévalez, ce sont herbes.

Médicinales est sous-entendu. Nos pères, dans les provinces du Languedoc et du Dauphiné, adressaient ces paroles à un malade qui répugnait à prendre une potion trouble.

Héritier.

Faire soti âme son héritière.

Laisser son bien «i l'Eglise pour en obtenir des prières. Le législateur des Hébreux crut devoir mettre des bornes à la profusion des donations pieuses.

HÉRODE. [Vieux comme)

Peut-être, par corruption, pour Hérodote.^ et par

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allusion à Radote , pour Hérodote ; cet historien, trop

ami du merveilleux , ayant été fort décrié.

Rien n'empêche d'admettre vieux comme Hérode dans le sens naturel. On dit : connu comme Barrabas. traître comme Judas , reîivoyerde Caïphe a PUate, etc.

Heur.

Ancien synonyme de bonheur.

// n'y a qu'heur et malheur en ce inonde; pour dire qu'une chose qui fait la fortune des uns ruine les autres.

Heure.

A la bonne heure.

Les anciens divisaient le jour en heures bonnes et mauvaises. Telle était leur superstition, que pendant les mauvaises heures ils n'osaient rien entreprendre; et de là vient cette expression : h la bonne heure.

Les gens crédules disent encore, en écrasant une araignée, ou en respectant ses jours, selon l'heure à laquelle ils la rencontrent :

Ar.iignée du matin : — Chagrin !

Araignée du soir : — Bon espoir !

ChercJier midi ou il n'est qu'onze heures.

Ce proverbe s'appliquait , vers le milieu du dixhuitième siècle, à un quêteur de dîners.

Chercher midi à quatorze heures.

Chercher des difficultés où il n'y en a point ; chercher une chose où elle n'est pas , où elle ne doit pas se trouver.

Nos pères disaient dans le même sens : Chercher cinq pieds en un mouton.

Inscription pour un cadran solaire :

Vous qui vivez dans ces demeures, htes-vous bien ? tenez-vous-y;

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Et n'allez, pas chercher midi A quatorze heures.

( Voltaire. )

HIC. {Voilà le)

C'est-à-dire, voilà la principale difficulté.

Dansles temps voisins de l'invention de l'imprimerie, les lecteurs d'une pièce manuscrite ou imprimée mettaient souvent à côté des endroits remarquables le monosyllabe hïcy abrégé de Jilc advertendum ^ hic sistendum y ici il faut faire attention, ici il faut s'arrêter; et cet usage étant devenu familier , a amené la façon de parler proverbiale : voila le hic ; c'est-à-dire, voilà la difficulté principale, l'endroit qui mérite attention.

Peut-être aussi cette locution proverbiale fait-elle allusion à ces mots du sixième Livre de V Enéide , vers lin : Hoc opus ^ hic labor est.

Terme de mépris dont on se sert pour ravaler l'état de comédien.

Plutarque dit que les Romains ayant fait venir de la Toscane plusieurs danseurs , il s'en trouva un plus habile que les autres, appelé ///j'/é'A

HOBEREAU. ( Cest un )

Proverbe tiré de la fauconnerie; il s'appliquait, avant la révolution de 1789, à un gentiiiàtre qui avait l'habitude de piquer la table de ses voisins.

Le hobereau est un oiseau de proie , qui pendant un espace de temps ne bouge pas du lieu oii il s'est fixé.

HOC. ( Cela vous est)

C'est-à-dire , cela vous est assuré.

Cette façon de parler est fondée sur le fait bien connu de la distinction des deux parties de la France, l'une en-deçà , l'autre au-delà de la Loire, en langue d'oil et

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langue d'iioc : la» première où, pour exprimer le consentement, on disait oil ou oui ^ tandis que dans l'autre on disait hoc.

Homme.

Pour s'excuser, quand on est tombé dans quelque faute, on cite ce vers de Térence:

Homo sum , humani ni/til a me alienum puto. ( Heaitt. , act. i , se. i , v. 35. )

Comme si Térence avait voulu dire:

Je SUIS homme j Je ne suis point exempt des faiblesses de l'humanité.

Chrêmes, touché de l'affliction où il voit Menédème son voisin , vient lui demander quel peut être la cause de son chagrin et des peines qu'il se donne : Menédème lui dit brusquement qu'il faut qu'il ait bien du loisir pour venir se mêler des affaires d'autrui. «Je suis homme, «répond tranquillement Chrêmes; rien de ce qui re- « garde les autres hommes n'est étranger pour moi ; je « m'intéresse à tout ce qui regarde mon prochain. »

Face d'iiomme fait vertu.

C'est Topposé du proverbe : Les absens ont tort. Mais combien de gens en sont dupes , et .s'imaginent que pour réussir il suffit de se montrer!

HONNEUR. [Atout seigneur tout)

Les droits de l'ancienne féodalité se divisaient en droits utiles et droits honorifiques.

Foi et hommage, armoiries, girouette, litre ou ceinture funèbre autour d'une église , recommandation au prone, encens, eau bénite, première part du pain bénit; voilà les principaux droits honorifiques.

Ajoutons beaucoup de bizarreries; par exemple : les vassaux du seigneur de La Tour-Chabot, en Poitou,

HON 3o7 .

étaient tenus de lui présenter un roitelet lié avec un câble sur une charrette traînée par quatre bœufs.

Certains vassaux de Tabbesse de Remiremont devaient lui porter tous les ans un plat de neige ^ à la Saint-Jean d'été (24 j""^)? ^^ s'ils n'avaient pas eu le talent de conserver de la neige, ils devaient conduire à l'abbaye une paire de taureaux blancs.

Les vassaux du soigneur de Pincé devaient, tous les ans , présenter leur joue , pour recevoir, si bon lui semblait, ime cbiquenaude ou un soufflet.

Boissieu i^cle l'usage des JieJ's^ reporte qu'un vassal des environs de Paris était obligé, pour tout devoir féodal, de contrefaire l'ivrogne, de danser à la manière des paysans, et de chanter une chanson gaillarde devant la femme de son seigneur suzerain.

Au lac de Grandlieu, près Machecou, ceux à qui le seigneur louait son droit de pêche, étaient obligés de venir tous les ans, devant lui, danser une danse que l'on n'eût point encore vue, et chanter une chanson que Von n'eût point encore entendue^ sur un air qui ne Jût point encore connu.

A Rouen, les célestins avaient droit de passage avec une charrette chargée, pourvu qu'en passant ils jouassent du flageolet.

Lorsque l'abbé de Figeac faisait son entrée dans la ville de ce nom, le seigneur de Montbrun , habillé en arlequin, et ayant une jambe nue, était obligé de le conduire à la porte de son abbaye, en tenant son cheval par la bride.

Le baron de Ceissac , comme vassal de l'évoque de Cahors, était obligé, lorsque ce prélat faisait sa première entrée dans sa ville épiscopalc, ^c l'aller attendre à un lieu désigné par les titres , de le saluer la tête

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découverte, sans manteau, la jambe et la cuisse droite

nues, le pied droit chaussé d'une pantoufle de

prendre la mule de l'évêque par la bride , de le conduire ainsi à l'église cathédrale , de là au palais épiscopal, et de le servira table pendant le premier repas, quelque long qu'il fût; après cela la mule et la \aisselle de révêque lui appartenaient.

Le mardi gras, chaque boucher de la ville de Nantes devait un denier au seigneur de Rais, et il était obligé de le tenir à la main lorsque les officiers du baron se présentaient , sinon ils auraient piqué d'une aiguille telle pièce de viande qui leur aurait plu, et l'auraient emportée.

Le doyen des bouchers de Salnt-Maixent , en Poitou , un genou en terre et tête nue , baisait le marteau de la porte du seigneur; chaque boucher, en entrant, payait deuk deniers , et on lavait à tous les mains avec de l'eau de rose.

Voici ce qu'on appelait, dans la même province, le Saut de verriijes : tous les jeunes mariés étaient obligés de sauter im fossé plein d'eau ; ce droit devait être aboli la première fois que le fossé serait franchi ; mais sa largeur rendait le succès presque impossible , et chaque année voyait renouveler la disgrâce des jeunes époux.

Quelquefois c'était par-dessus un bois de cerf, ou pardessus des vessies de cochon qu'il fallait que le marié sautât; ou bien, vêtu de blanc, il devait se précipiter dans un fossé plein de boue.

Quelques gentilshommes forçaient leurs vassaux de passer la première nuit de leurs noces au haut d'un arbre , et d'y consommer le mariage.

D'autres exploitaient cette nuit à leur profit, et ce

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droit s'appelait cullaige, cullage y cuUiage; ou, en termes plus décens, droit àe prélibalion ; du Xskimprœlibare, goûter d'avance, goûter le premier.

Quand les attraits d'une nouvelle mariée n'avaient rien d'engageant pour le seigneur, ou lorsqu il se faisait scrupule de jouir du droit dans toute sa plénitude, il n'exerçait (jue le droit de jambage ou cuissage; pendant que l'épouse était couchée, il introduisait une jambe dans son lit, et se tenait sur l'autre jambe en s'appuyant sur une lance.

Les dames de Magni, près Pontoise, étaient obligées d'aller battre les fossés du château de Bantelu , toutes les fois que la châtelaine était en travail d'enfant, pour empêcher les grenouilles de coasser.

Le vassal d'un seigneur des environs de Bressuire, en Poitou, devait, le lendemain de la première couche de la dame de,..., se présenter à la porte de sa chambre, et dire à haute voix : Vive madame de.... et le nouveau-né\ Ce vassal était tenu à boire tout d'une haleine une bouteille de vin qu'on lui servait, avec un morceau de pain blanc pesant une livre, et une perdrix bien salée et bien poivrée.

Le seigneur de La Hoc, en Picardie, obligeait, au quatorzième siècle, les femmes de ses vassaux à tenir les pieds de la sienne pendant la première nuit de ses noces.

Lorsqu'une fdle devenait mère dans le comté de Dunois , le bailli du seigneur ou son fermier se transportait le lendemain de raccouchement au domicile de la délinquante, armé d'une poignée de verges, et se faisait donner un écu, ou administrait la correction des enfans. Ce droit s'appelait le droit des Jillelles.

Dans un dénombrement de 1617, un vassal de Ja

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comtesse d'Aulge confesse qu'il doit offrir tous les ans à cette dame un rasoir Un pour son usa^e ; et le titre nomme la partie du corps que cette dame rasait.

Par un acte fait au château de Grève-Cœur, en Aulge, le i3 juillet 1606, Jacques de Montmorency, baillif et gouverneur de Caen, seigneur châtelain de Crève-Cœur, baille en pure ^ vraie et perpétuelle Jîejfe , à honnête homme, Loys Varin, chirurgien, une portion de terre sise au bourg de Crève-Cœur, à la charge d'y bâtir une maison avant deux ans, de payer annuellement une rente ; à la charge encore défaire la barbe et les cheveux dudit seigneur et de ses gentilshommes deux fois Van ; a savoir^ aux vigiles de Noël et de Pâques , et en cas qu il y aurait fille de chambre ou autre servante pucelle demeurant audit château, icelui Varin y chirurgien , sera tenu , le jour ou cette fille de chambre ou servante sera mariée, de lui.... (de lui enlever avec le rasoir ce que les femmes de TOrient font tomber avec des pommades épilatoires).

Nous avons parlé du droit de girouette; celui-ci n'était bizarre qu'en apparence. Dans l'origine, on ne l'avait accordé qu'au chevalier qui avait monté à l'assaut de quelque ville, et planté sa bannière ou son pennon sur les remparts. Ces girouettes étaient peintes , armoriées, et représentaient les bannières et les pennons de la noblesse.

On armoriait aussi les litres.

Honte.

Elle a honte bue , elle a passé le pont de Gournay.

A une époque où la clôture n'était pas très bien observée dans les couvens de filles, les religieuses de Chelles, abbaye située de l'autre côté de la Marne , pas-

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saionl le pont, et allaient visiter les moines de Gournay. Le peuple se scandalisa de ces visites; et leur fréquence fît naître un proverbe qui fut appliqué en général aux femmes de mauvaise vie.

Honteux.

Il n'f a que les honteux qui perdent.

Proverbe dirigé contre ceux qu'une sotte timidité, une mauvaise bonté empccbent de faire valoir leurs droits.

Un honteux n'eut jamais belle amie.

On suppose qu'une belle femme doit être entourée d'adorateurs, et difficile dans le cboix d'un amant.

Ce proverbe peut aussi vouloir dire : Que les lionteux ne gagnent rien , et qu'il faut être entreprenant auprès des femmes.

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