MAL
MAL. ( Tomber dejîèvre en chaud)
Deux proverbes se rapportent à celui-ci : Sauter de la poêle sur la braise. — Fuyant le loup y il a rencontré la louve. La louve est plus cruelle encore que le loup, à cause de ses petits.
Toutes ces manières de s'exprimer viennent du proverbe latin :
Incidit in Scjllam cupiens "vitare Charjbdim.
Malheur.
Ce qui nuit a l'un cluit a l'autre (^con\\ent à l'autre).
Montaigne développe ce proverbe par des exemples qui ne sont pas tous également vrais. «Le marchand, dit-il, ne faict bien ses affaires qu'à la débauche de la jeunesse ; le laboureur à la cherté des bleds; Tarchitecte à la ruine des maisons ; les officiers de la justice aux procez et querelles des hommes. Nul médecin ne prend plaisir à la santé de ses amis mesmes , dit l'ancien comique grec; ni soldat à la paix de sa ville. Et qui pis est, que chacun se sonde au dedans, il trouvera que nos souhaits intérieurs, pour la pluspart, naissent et se nourrissent aux despens d'autruy. »
^ quelque chose malheur est bon.
La Fontaine a fait usage de ce proverbe dans les vers suivans :
Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose.
(Fable 7, Liv. vi.)
(c Le malheur est bon à deux choses, disait France klin : à éprouver les amis et à épurer la vertu. Il en est a de l'homme de bien comme des plantes aromatiques.