NOE
Cependant , par Noël on entend communément un cantique fait en l'honneur de cette nativité.
Pasquier , dans ses Recherches de la France, dit que, de son temps, on chantait encore des noëls dans phisieurs églises; aujourd'hui on se contente d'en toucher les airs sur l'orgue.
Lorsque Marot eut traduit en vers français une partie des psaumes, et qu'ils furent chantés par les protestans sur des airs qui n'étaient pas des chants d'église , les catholiques leur opposèrent des cantiques, qu'ils chantèrent aussi sur des airs de ville; de 'à l'origine des Noël s.
La plupart de ces airs sont des gavottes et menuets d'un ballet qu'Eustache du Caurroy , un des meilleurs musiciens de son siècle , avait composés pour le divertissement de Charles ix.
Les premiers Noëls étaient relatifs à la nativité du Sauveur; mais par la suite on profita des airs gais qui avaient la vogue, pour composer des chansons dont le sujet était à demi profane.
De cette dernière espèce sont les Noëls de La Monnoje, publiés à Dijon, en patois de la Bourgogne, sous le nom de Barozai, sobriquet donné à un vigneron de ce temps, à cause de la couleur de ses bas.
La meilleure édition des Noëls de La Monnoye est celle de lyao. Ils furent composés en 1700, 1701, 1702 et 1703. Pour donner une idée de leur grâce naïve, nous allons citer quelques strophes de celui où Blaizote, fille de Dijon, prend la résolution de se donner à Dieu, et dit à son amant :
Duran tan d'année Que tu m'é gouvana'e , Duran tan d'année, Comhé fon fai lé fol
43o NOE
.4/1 calchenôte ,
Que de pin côte!
Que d'aimorôte!
Ha c'an a trô ,
J'on de quoi gémi note so.
Durant tant d'années
Que tu m'as gouvernée ,
Durant tant d'années
Combien nous avons fait les fous !
Que de baisers !
Que d'amourettes !
Ah ! c'en est trop ,
Nous avons de quoi gémir notre soûl.
y4u pie' de lai creicJie ,
Pleuron , lawon no teic/ie ,
.4u pié de lai creicke ,
Prions le saint enfan ,
Le cœur san foin te ,
Parce de pointe ,
Lé deu main jointe ,
Prion le tan ,
Que de noir ai no rande blan.
Au pied de la crèche ,
Pleurons , lavons nos péchés ;
Au pied de la crèche,
Prions le saint enfant,
Le cœur sans feinte,
Percé de pointes.
Les deux mains jointes,
Prions-le tant.
Que de noirs il nous rende blancs.
fai quoique retaille
Qu'ai f au que je l'y bâille,
J'ai quelque retaille
Prope ai l'ammaitlotai.
.l'ai po sai meire
Quelque jateire
Quelque hraisseire ,
Et pô Jvzai
Ton bonô qui m 'a demeurai.
J'ai quelques retailles Qu'il faut que je lui bâille.
T'ai quelques retailles
NOM 43 r
Propres à l'emmaillotter.
J'ai pour sa mère
Quelques jarretières,
Quelques brassières,
Et pour Joseph
Ton bonnet qui m'est resté.
Quand Blaizotc rompit avec son amant , elle lui rendit tout ce qu'elle avait à lui, excepté le bonnet qu'il avait coutume de mettre chez elle en ôlant sa perruque.
M. Renouard , dans le Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur (sa propre Bibliothèque), Paris ^ ^^^9» dit que MM. Gaillard, Maret, depuis duc de Bassano , Maret de Chablis, et plusieurs Bourguignons lettrés, avaient eu l'idée d'une édition des Noëls de La Monnoje y faite à Dijon avec appareil d'érudition et grand luxe typographique. Le décès des uns, les circonstances politiques où se sont trouvés les autres , ont empêché l'exécution de ce projet.
O/i chante tant Noël, quil vient; pour dire qu'une chose long-temps attendue arrive enfin.
Ce proverbe est fondé sur Tusage où l'on était autrefois de chanter dans les églises, pendant plusieurs semaines, des cantiques relatifs à la naissance de Jésus- Christ.
Nom.
On ne saurait lui dire pis que son nom.
Signifie : C'est un scélérat.
// vaut mieux que son nom :
Sa mauvaise réputation est mal fondée.
Comme on le voit, il ne s'agit point, dans ces proverbes, de la signification des noms propres, parce que depuis long-temps ils sont héréditaires; mais il n'en fut pas de même dans le principe, il fallut une cause pour que l'on donnât à un individu tel nom plutôt que tel autre.