NOM
qui ne sont qu'une simple allusion faite à ces titres, comme le Prince, le Duc^ le Comte, VÉvêque, etc.
Connne les lieux ont donné leur nom aux personnes, il est souvent arrivé aussi que les persoimes ont donné leur nom aux lieux, soit pour avoir bâti, soit pour avoir défriché.
On a tiré des noms de la ressemblance vraie ou fausse avec certains animaux, de l'attachement ou de l'effroi que ces animaux inspiraient, du goût pour tel arbre, tel fruit, telle fleur, etc.
Quelques circonstances particulières ont fait donner des surnoms , comme éveille-chien , appelle-voisin (par corruption, Pelvoisin; ainsi se nommait l'architecte à qui l'on doit la cathédrale de Bourges).
Molière, dans VEcole des Jenimes j a ridiculisé ces bourgeois qui, possesseurs d'un petit quartier de terre, quittent leur nom de famille pour prendre celui de la Saussaye, du Coudray, etc.
Je sais un paysan qu'on appelait Gros-Pierre,
Qui n'ayant pour tout bien qu'un seul quartier de terre ,
Y fît tout à l'entour faire un fossé bourbeux ,
Et de monsieur de L'Isle en prit le nom pompeux.
Vers le dixième siècle , les noms commencèrent à devenir héréditaires. Les filles, n'ayant ordinairement point de seigneurie, furent les premières qui prirent le nom de leur père ; les cadets firent de même : ainsi se sont établis les trois noms que portent aujourd'hui beaucoup de personnes, celui de baptême, celui de famille et celui de la seigneurie.
Sous Henri 11, les gens qui n'avaient pas de seigneu-i rie, et qui voulaient se distinguer, eurent recours à un moyen fort simple. «Les frequens rapports avec lltalie, dit M. de Mayer {^Galerie philosophique du seizième
434 ^om
siècle), nous en avaient fait adopter beaucoup d'usages ; et, à la manière de l'Italie , nos hôtelleries avaient des enseignes de saints et de saintes. Les petites gens prirent des noms de saints et de saintes dont ils se firent des noms de famille ; c'est pour cela que nous avons tant de Sainte-Croix ^ de Saint-Paul ^ de Sainte- Maure, de Sainte-Marthe, etc.»
Quant à La Croix, M. Brès ( Lettres sur l'harmonie du langage) pense que ce nom a été donné aux personnes qui signaient d'iwie f, ne sachant pas écrire.
La faveur ou la disgrâce ont souvent été les conséquences immédiates de la manière dont le nom d'un solliciteur affectait l'homme puissant. De là la répugnance à porter certains noms.
OUvier le Diable, barj)ier de Louis xi , ayant demandé à changer la partie offensante de son nom , obtint du roi la permission de s'appeler Olivier le Malin; mais cette altération n'ayant pas répondu à ses vues, une ordonnance royale commanda de l'appeler le Daim, changement qu'il avait sollicité parce qu'il était grand coureur à pied.
Le médecin de François i^"^ s'appelait Sans Malice; trouvant ce nom ridicule, il le traduisit en grec, et se fit appeler Akakia; le père Canard, jésuite, traduisit le sien en latin, et de Anas fit Annal; le père Comere , autre jésuite, changea le premier e de son nom en i; ce qui fit Comir'e, et empêcha que l'on joignît le mot de comere à celui de père.
Lorsque Barbier fut choisi pour être le précepteur des fils du ministre Colbert, il trouva son nom si peu assorti à sa nouvelle profession , qu'il y ajouta le surnom de d'Aucour, qui est devenu inséparable de Barbier.
Madame de Gomez ne voulut jamais renoncer à son