‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 182 sur 335 · OIE · texte numérisé non relu

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La clef qui se trouve à la fin du volume ln-i8 intitulé: Jugemeiis et Observations sur la Vie et les Œuvres de M^ François Rabelais , ou le Véritable Rabelais réformé (Paris, d'Houry, 1G99), ne faisait qu'imparfaitement connaître les personnages du Gargantua et du Pantagruel; les curieux désormais peuvent saisir toutes les allusions de ces deux romans, en se procurant l'édition en 8 volumes in -8° des OEuvres de Rabelais j par MM. Eloi Johanneau et Esmangart , membres de la Société royale des Antiquaires de France, Paris, Dalibon, iSaS. Ces nouveaux éditeurs ont non seulement expliqué les romans de Rabelais par l'histoire des trois règnes sous lesquels il a vécu , mais ils ont souvent rétabli le texte qui avait été altéré faute d'être entendu, et l'ont accompagné de beaucoup de notes grammaticales, biographiques, bibliographiques, mythologiques et critiques ; ils ont en outre été les premiers à rattacher au texte du Gargantua et du Pantagruel les caricatures des songes drolatiques. Ajoutons que cette édition est ornée de cent trente-deux gravures, dont cent vingt caricatures des songes drolatiques , dix vignettes et deux portraits de Rabelais.

OGRE. ( Manger comme un )

C'est manger prodigieusement. L'ogre est un monstre imaginaire, une espèce d'homme sauvage qui, dans les contes de fées, mange les petits enfans.

OW.. {^Petite)

Au propre, ce sont les bouts d'ailes, le cou, le foie d'une volaille. Au figuré, les rubans, les gants et autres accessoires d'un habillement; enfin, en terme de galanterie, les légères faveurs de l'amour.

Au demeurant, je n'ai pas entrepris De raconter tout ce qu'il obtint d'elle;

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Menu détail , baisers donnés et pris , La petite oie ; enfin ce qu'on appelle En bon français, des préludes d'amour.

(La. Fojstaine. )

OIE. {^Béte comme une)

La démarche des oies et l'air qu'elles ont en portant au col le landon, ou bâton que les fermiers leur mettent, pour les empêcher de passer à travers des haies, ont sans doute donné lieu au proverbe. Car, loin d'être stupides, les oies font preuve d'une grande intelligence. Elles se laissent difficilement approcher; on ne les voit point manger ni dormir toutes à la fois; dans la troupe, il y en a toujours une qui , le cou tendu, la tête en l'air, examine et écoute.

Oie de la Saint-Martin.

Comme le gala de la Saint-Martin se lie, en beaucoup de lieux, aux opérations de la vendange, ou plutôt à la manipulation du vin , plusieurs auteurs l'ont regardé comme une fête bachique , et ont fait remonter son origine aux orgies païennes,

Anselmo Costado , religieux camaldule , lui donne une origine qui nous paraît plus vraisemblable. L'Eglise grecque avait d'abord quatre carêmes; l'Eglise latine en eut trois, et ils furent réduits à deux, dont l'un, appelé le grand carême, précédait la Pàque; et l'autre, nommé \e petit carême , précédait Noël : celui-ci reçut aussi le nom de carême de la Saint-Martin, parce qu'il commençait le \i novembre, qui était le lendemain de la fête du saint. La veille, qui était le jour de la fête même, était consacrée, comme la veille des Cendres, :i des plaisirs et à dos festins. L'usage du premier carême a cessé au commencement du treizième siècle; mais on

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ne doit point être étonné que le jour de la réjouissance ait subsisté.

Quant à l'oie qui fait la base du gala , rien de plus naturel : l'oie était un des oiseaux domestiques les plus communs dans les Gaules : c'était le plus gros qu'on connût dans le moyen âge, et la mi-novembre est le temps oii les oies commencent à être grasses. Un autre oiseau, à la vérité, est venu dans le seizième siècle prendre la place de l'oie sur nos tables; mais l'usurpation n'a pas été si entière que, dans beaucoup de parties de la Fi'ance, on ne dise encore Voie de la Saint-Martin.

Des jetons qui ne paraissent pas être anciens, représentent une oie d'un côté , et offrent de l'autre le mot Martinalia.

Naguère la Saint-Martin était l'époque de l'ouverture des classes ; c'est encore celle de la rentrée des tribunaux, de l'échéance des fermages et du renouvellement des baux.

OIE. ( Contes de ma mère V)

Cette expression est prise d'un ancien fabliau dans lequel on représente une mère oie faisant à des oisons des contes qui les rendent attentifs.

En 1722, parut, sans indication de lieu, un volume in-8° de 228 pages, intitulé : Essai du nouveau conte de ma mère l'oie , ou les Enluminures du Jeu de la constitution. A l'instar ànjeu de l'oie ^ on venait de faire le jeu de la constitution Unigenitus. Au lieu du jardin de l'oie, c'était au concile (voyez Visage d'appelant^ qu'il fallait arriver pour gagner. On \ allait par la tradition des apôtres, qui étaient en nombre égal à celui des oies. La prison, c'était la Dastille. La mort où le jeu recommence , c'était celle de Clément XI , etc., etc. Ces rapports présageaient qu'un jour

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l'histoire de la constitution ne serait plus qu'un conte de ma mère Voie.

Oignon.

Jlf a de r oignon.

Ce refrain d'une chanson populaire très moderne , est un de nos anciens proverbes. Antoine Oudin ( Curiosités françaises , pour suppUmeiit aux DictionnaireSy 1640) l'explique par : Il j a quelque chose de caché, quelque chose qui ne va pas bien ; et dans la trente-troisième des cent Nouvelles nouvelles, ouvrage publié en i455, un chevalier dit, en parlant d'une préférence accordée à son rival : Par nostre dame, on m'a bien baillé de Voignon. L'oignon contient un acide volatil qui, lorsqu'on le pèle, excite le larmoiement.

Rouges comme oignons de Corbueil (de Corbeil). ( Fabliau dufoîgeron de Creil. )

Bonnefonds, auteur du Jardinier français (année i65i ), vante beaucoup l'industrie des Picards pour la culture des herbes potagères. Précédemment aux Picards , les Tourangeaux avaient passé pour exceller dans la culture des jardins.

Tous les ans, il y avait à Paris, pendant le mois de septembre, une foire aux oignons; elle a cessé d'avoir lieu vers le milieu du dix-huitième siècle.

OIGNON. ( Se mettre en rang d' )

Prendre place parmi les gens d'une plus grande condition que soi.

Il est assez naturel de penser qu'une torche Joignons rangés les uns à côté des autres , a donné lieu à cette façon de parler ; cependant on a coutume de la rapporter au baron à' Oignon, maître des cérémonies, qui assignait les places aux états de Blois, en iSyô.

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