SERMON EN PROVERBES, OU PROVERBES EN GUISE DE SERMON
Mes très chers frères.
Tant va la cruche à Veau qu enfin elle se brise. Ces paroles sont tirées de Thomas Corneille, Molière et compagnie. ÇSgaiiareile à don Juan, acte v, scène m, v. \[\.)
Cette vérité devrait faire trembler tous les pécheurs ; car enfin , . Dieu est bon , mais aussi qui aime bien châtie bien. Il ne s'agit pas de dire je me convertirai. Ce sont des écoute s il pleut; autant en emporte le vent; un bon tiens vaut mieux que deux tu auras. Il faut ajuster ses flûtes y et ne pas s'endormir sur le rôti. On sait bien oit Von est , mais on ne sait pas où Von va ; quelquefois Von tombe de fièvre en chaud mal, et Von troque son cheval borgne pour un aveugle.
Au surplus, mes en fans, honni soit qui mal y pense! un bon averti en vaut deux; il n est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre; à décrasser un Maure , on perd son temps et son savon , et Von ne peut pas faire boire un âne s'il n'a soif IMais suffît, ye parle comme saint Paul y la bouche ouverte; c'est pour tout le monde, et qui se sent morveux se mouche.
Ce que je vous en dis , ?i'est pas que je vous en
lo OBSERVATIONS
parle ; comme un fou avise bien un sage y je vous dis votre fait , et je ne vais pas chercher midi à quatorze
heures Oui, mes frères, vous vous amusez à la
moutarde^ imusjaitcs des châteaux en Espagne; mais prenez garde, le démon vous guette comme le chat fait la souris; il fait d' abord patte de velours; mais quand une fois il vous tiendra dans ses griffes, il vous traitera de Turc à Maure j, et alors vous aurez beau vous chatouiller pour vous faire rire, Qi faire les bons apôtres y vous en aurez tout du long et tout du large.
Si quelqu'un revenait de l'autre monde , et qu'il rapportât des nouvelles de l'école , alors onj regarderait à deux fois , chat échaudé craint Veau froide; quand Von sait ce qu'en vaut V aune y on y met le prix; mais là-dessus^ les plus savans n'y voient goutte ; la nuit , tous chats sont gris , et quand on est mort y c'est pour long-temps .
Prenez garde, disait saint Chrysostôme^ n'éveillez pas le chat qui dort , V occasion fait le larron , vous taillez en plein drap ; mais les battus paieront Vamende. Fin contre fin ne vaut rien pour doublure ; ce qui est doux à la bouche est amer au cœur; et à la Chandeleur les grandes douleurs. Vous êtes comme des rats en paille j vous avez le dos au feu , le ventre à la table; les biens vous viennent en dormant; on vous prêche, vous n'écoutez pas, ventre affamé n'a pas d'oreille; mais aussi , rira bien qui rira le dernier. Tout passe, tout casse, tout tasse; ce qui vient de lafiùte retourne au tambour, et Von se trouve à terre le r/d entre deux selles ; alors il n'est plus temps.
PRÉLIMINAIRES. ii
c'est de la moutarde après dîner; il est trop tard de fermer Vécurie quajid les chevaux sont pris.
Souvenez-vous donc bien de cette leçon , mes chers i'rhres, faites vie qui dure; il ne s'agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts ; qui trop embrasse mal étreint ; et à courir deux lièvres ^ on n'en prend aucun. Il ne faut pas non plus jeter le inanche après la cogjiee. Dieu a dit : Aide-toi ^ je t'aiderai : n'est pas marchand qui toujours gagne; quand on a peur desjeuilleSy il nejaut pas aller au bois ; mais il faut faire contre fortune bon cœur y et battre le fer tandis qu'il est chaud.
Un homme sur la terre est comme un oiseau sur la branche , il doit toujours être sur le qui vive; on ne sait ni qui vit ni qui meurt ; l'homme propose ^ Dieu dispose ; tel qui rit vendredi ^ dimanche pleurera ; il n'est si bon cheval qu'il ne bronche, et qua?îd on parle du loup , on en voit la queue — Oui , mes chers frères, aux yeux de Dieu tout est égal, riche ou pauvre, il n'importe, tant vaut l'homme , tant vaut la terre; bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Les riches paient les pauvres; ils se servent de la patte du chat pour tirer les marrons du feu; mais saint Ambroise a dit : Chacun son métier, les vaches sont bien gardées : il ne faut pas que Gros-Jean remontre à son curé ; chacun doit se mesurer à son aune, et comme on fait son lit on se couche. Tous les chemins vont à Rome, direz-vous; oui, mais encore faut-il les savoir, et ne pas choisir eeux où il y a des pierres.
Pensez donc bien , mes chers frères, que Dieu est partout, et qu'il voit tout; il ne faut ]pasjînasser avec lui, c'est vouloir prendre la lune avec les dents. Il faut aller droit en besogne, et ne pas mettre la charrue devant les bœufs; quand la poire est mûre, il faut la cueillir.
Quand on veut faire son salut, voyez-vous , il faut aller de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix. Si le démon veut vous dérober, laissez-le hurler après vous; chien qui aboie ne mord pas. Soyez bojis chevaux de trompette, ne vous effarouchez pas du bruit. Les méchans vous riront au nez; mais c'est un ris qui ne passe pas le nœud de la gorge ; c'est la pelle qui se moque du jourgon. Au demeurant, chacun son tour, et à chaque oiseau son nid paraît beau. Au surplus , pour être heureux , il faut souffrir ; les pois ne peuvent pas tomber tout cuits da?is la bouche ; après la pluie vient le beau temps , et après la peine le plaisir. Laissez dire : Trop gratter cuit, trop parler nuit; moquezvous du qu'en dira-t-on, et ne croyez pas que, qui se fait brebis , le loup le mange. Non , non , mes chers frères; Dieu a dit : Plus vous vous serez humiliés sur la terre , plua vous serez élevés dans le ciel.
Ecoutez et retenez bien ceci, je vous parle d'abondance de cœur; il n'est pas besoin de mettre les points sur les \'f a bon entendeur salut ; il n'est quun mot qui serve ; il ne faut pas tant de beurre pour faire u?i quarteron; quiconque fera bien, trou-
PRÉLIMINAIRES. i3
vera bien; les écrits sont des mâles , dit-on, et les paroles des femelles y on prend les bœufs par les cornes , les hommes par les paroles , et quand les paroles sont dites , l'eau bénite est faite.
Faites donc de solides réflexions sur tout ce que je vous ai dit : il faut choisir d'être à Dieu ou au diable; il n'y a pas de milieu, et comme on dit , // faut passer par la porte ou par la fenêtre. Vous n'êtes pas ici pour enfiler des perles , c'est pour faire votre salut. Ce n'est pas sur l'anse d'un paiiier que vous rendrez vos comptes; le démon a beau vous dorer la pilule y quand le vin sera tiré , il faudra le boire y et c'est atifond du pot qu'oji trouve le marc.
Au surplus, à l'impossible nul n'est tenu; je ne veux pas vous sauver malgré vous, moi. Si ce que je vous dis vous entre par une oreille et vous ressort par l'autre , c'est comme û je prêchais à des sourds; mais c'est égal , quand il iaMi fondre la cloche, saus>e qui peut y malheureux qui est pris.... Pour moi, je m'en bats l'œil ; je suis comme saint Jean-Bouched'or, je dis tout ce que je sais; et comme charité bien ordonnée commence par soi-même ^ je vais tâcher défaire mes orges et de retirer mon épingle du jeu. Alors, quand je serai sauvé , ah ! ma foi, arriw qui plante j je vous dirai tire-t'en Pierre! et si vous allez à tous les diables, je m'en lave les mains.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen. Ainsi soit-il.
Passons à la Bibliographie des proverbes.
Jean de la Véprie, prieur de Clairvaux, en i^^^.
i4 OBSERVATIONS
recueillit plusieurs proverbes français qui furent mis en vers latins par Jean-Gilles Des Noyers , et que Josse Badius imprima, à Paris, en iSig. Voici un des proverbes de Jean de la Véprie :
Quand argent faut , tout faut.
La traduction par Des Noyers renferme un jeu de mots :
Déficiente pecu , — déficit omne , — nid.
Pierre Gringore, poète lorrain, donna, en 1627, Notables Enseignemens , Adages et Proverbes par quatrains , in-8°, Paris.
Pierre Grognet, poète bourguignon, publia, en i53o et i533, les Mots dorés du grand et sage Caton y en latin et en français y avec aucuns bons et très utiles Adages j Auctorités et Dicts moraux des sages , profitables à chacun ^ ifi-S", Paris.
Charles de Bovelles, chanoine de Noyon, écrivit des Proverbes et Dicts sententieux , avec l'interprétation d'iceux. Ce recueil ne fut imprimé qu'en i SSy .
Gilles Corrozet , libraire à Paris , publia , en i54o, un ouvrage en vers intitulé : Hécatonigraphicy descriptions de cent figures et histoires contenant plusieurs apophthegnies y proverbes, etc. , des anciens et modernes ; in-S° , Paris. Ces descriptions sont renfermées dans des quatrains au nombre de <:ent; en voici un :
Dessoulz beaulté gist déception.
Bien souvent soubz quelque beaullé Im soub?. bonne fl doulce apparence .
PRELIMINAIRES. i5
Gist fallace et desloyauté, Dont on ne fait la différence.
Jean-Antoine de Baïf, né en i53i, a fait des sixains tout composés de proverbes ; nous en avons déjà parlé; et ce n'est point au hasard, mais comme faisant exception , que nous citons le suivant :
Ti'op de miel mangé s'amei'tume.
Qui trop à jouir s'accoutume, Gaste du plaisir le plaisir.
Ce que l'on cherche , on ne rencontre ; Qu'on n'y pense plus , il se montre.
Haslif se repent à loisir.
Jean Le Bon , médecin du duc de Guise, a écrit des Adages ou Proverbes français , qui ont été imprimés iii-S" , à Paris, dans le seizième siècle.
Henri Estienne , deuxième du nom , a consacré aux proverbes, particulièrement à ceux qui sont traduits du grec et du latin , trente-neuf pages de son ouvrage sur la Précelleiice du langage français ; in- 1 2 , Paris , i oSg .
Le même a donné, en 1 594, inS° , les Prémices , ou le premier livre des Proverbes e'pigrammatisés , ou des Epigrammes proverbialisées .
On trouve l'explication de quelques proverbes français , à la fin du Dictionnaire français-latin de Nicot, imprimé en 1606, in-folio ^ sous le titre de Trésor de la langue française , tant ancienne que moderne ; et quelques additions à cet abrégé de proverbes dans l'édition du même dictionnaire , donnée en 1608, à Lyon, par Jean Baudoin.
i6 OBSERVATIONS
Gabriel Meurier a écrit en français , quoiqu'il fut né en Flandre, un volume de 332 pages sur les proverbes; en voici le titre : Trésor des Sentences dorées et argentées; Proverbes et Dictons communs réduits selon l'ordre alphabétique ; in-i2, Cologne, 1617.
Voici le commencement de la lettre B.
Bien heureuse est la maison Où prudence règne et raison.
Bien lieureux qui a femme sage, Car c'est l'ornement du mesnage.
En 1640, Antoine Oudin, interprète des langues étrangères, donna à Paris, m-S", les Curiosités jrançaises pour supplément aux diciiomiaires y ou Recueil de plusieurs belles propriétés, avec une infinité de proverbes et de quolibets , pour l'explication de toutes sortes de livres.
Il y a dans cet ouvrage beaucoup plus de quolibets que de proverbes; et l'on y donne comme proverbes des façons de parler à peine connues. L'auteur a puisé dans \ Astrée , dans Polexandre , dans Ariane , dans Poljxène , et autres romans.
A son tour, il a été copié par P. J. Le Roux, auteur d'un Dictionnaire comique , satirique , critique, etc., dont nous parlerons plus bas.
En i653, un Hollandais, grand admirateur de la Comédie des Proverbes , donna un essai d'un ouvrage assez considérable, qui parut trois ans plus tard, à La Haye, sous le titre (ÏJùjmologie , ou Explication des Proverbes français , divisée en trois /ivres par chapitres en forme de dialogue, par
PRÉLIMINAIRES. i^
Fleur j de Bellingen ; un volume in-io. de 5 80 pages.
Les illustres Proverbes nouK>eaux et historiques ^ expliqués par diverses questions curieuses et morales, eu forme de dialogue; Paris, i655, en un volume j et 1 665, en deux volumes, sont, en grande partie, extraits de l'ouvrage de Bellingen.
A l'exemplaire que nous avons sous les yeux est jointe une gravure qui probablement a donné l'idée de la nombreuse suite de planches , format iii-jolio , qui ont été gravées à l'eau forte, et publiées par Jacques Lagniet , sous le titre de Recueil des plus illustres Proverbes , divisés en trois livres : proverbes moraux , proverbes jojeux et plaisans y vie des gueux en proverbes.
En i665 parut le Divertissement des sages , par le P. Jean-Marie de Vernon , pénitent du couvent de Nazareth à Paris ; iji-8° , Paris; commentaire pieux de deux cent vingt-six proverbes ou expressions proverbiales. L'auteur conçut l'idée de cet ouvrage en composant laVie de Saint-Louis. Après son dîner et son souper, ce prince donnait quelque temps à des conférences familières où il aimait à voir figurer des proverbes.
Les axiomes du droit coutumier ont une tournure proverbiale dans l'ouvrage suivant : Institut es coustumièreSy ou Manuel de plusieurs et diverses règles y sentences et proverbes ^ tant anciennes que modernes , du droict ordinaire de la France ^ par M. yJnthoine Loisel, advocat en parlement ; i/i-12, Paris, lôSy.
Sept ans plus tard on offrit aux amateurs de pro-
j« OBSERVATIONS
\erhes: Proverbes en rimes, ou Rimes en proverbes, Lires en substance tant de la lecture des bons livres que de la façon ordinaire de parler , et accommodés en distiques ou manières de sentences , qui peuvent passer pour maximes dans la vie ; par M. Le Duc; in-12 , Paris, i664; deux parties , Tune de 564 pages, l'autre de 562. La plupart de ces distiques sont itisignifîans , comme celui-ci :
Si en lièvre couroit le pain , Beaucoup de gens mourroient de faim.
Passe pour le suivant :
Femme qui gaigne et poule qui pond , Font grand bruit dans la maison.
En 1668, le sieur Juliani, maître de langue italienne et de langue espagnole, consacra aux proverbes la seconde partie de son ouvrage , intitulé : Les Heures de récréation. Cette seconde partie contient 116 pages in- 18, a deux colonnes. Sur la première sont les proverbes français, et sur la seconde, ces mêmes proverbes en italien : il n'entrait pas dans le plan de l'auteur de les expliquer.
On trouve des proverbes dans le septième Livre des Recherches de la France;, d'Estienne Pasquier; m-4°, Paris, 161 7.
Jacques Moisant de Brieux, né à Caen vers 1614, et conseiller au parlement de Metz, fit imprimer à Caen, en i6j 2, les Origines de quelques coutumes anciennes , et de plusieurs façons de parler triviales ; m- 12 de 200 pages. I^a lecture de ce petit volume
est très agréable ; l'auteur écrivait mieux que les érudits qui l'avaient précédé.
P. J. Le Roux, Français réfugié à Amsterdam, publia, en 17 18, un Dictionnaire comique , satirique, critique y burlesque , libre et proverbial; un volume ifi-8°. Cet ouvrage a été plusieurs fois réimprimé. Dans la dernière édition, qui est de 1787 , et qui forme deux volumes , les continuateurs de Le Roux ont fait entrer plusieurs façons de parler proverbiales, tirées des manuscrits de Barbasan.
Dès 1 7 1 o avait paru à Bruxelles le Dictionnaire des Proverbes français y par G. D. B. (Georges de Backer); m-8°.
En 1728, il en parut un autre à Amsterdam, sous le nom de Dubois.
En 1748, M. Savoy e, libraire à Paris, mit au jour le Dictionnaire des Proverbes français ^ et des façons de parler comiques , burlesques et familières ; avec V explication des étjmologies les plus avérées ., par P. J. P. D. L. N. D. L. E. F. (Joseph Panclvoucke, docteur, libraire, natif de Lille en Flandre.) L'auteur de ce dernier Dictionnaire convient que ceux de Bruxelles et d'Amsterdam ont servi do fondement au sien.
Le même ouvrage refondu, mais non augmenté, parut à Paris, chez Savoye, en 1758.
Depuis la page 449 jusqu'à la page 545, se \.vo\xycnt dia.ns\ii Ducatiana (//î-8°, Amsterdam, 1738) des remarques qui se rapportent au Dictionnaire des Proverbes français . par Georges de Backer.
En 1765, M. Eidous fit imprimer des proverbes chinois, à la fui de l'ouvrage qu'il publia sous le titre de ffaii kio Choaan, ou Histoire chinoise , traduite du chinois. Ces proverbes sont comparés avec les proverbes des autres peuples, mais plus souvent avec les proverbes des Italiens , des Espagnols et des Anglais , qu'avec les proverbes des Français.
Dans l'an v de la république (1797), M. Dugour, libraire à Paris , forma de ces proverbes un volume m-18 de i3o pages. Cet ouvrage est devenu rare ; nous en devons la communication au savant et obligeant M. Beuchot.
11 y a environ trente ans que l'on trouvait à Paris ^ chez les marchands de nouveautés, le Bouquet proverbial, ou Réunion complète de tous les Proverbes français j mis en chanson par L. A. Boutroux de Montargis j Paris, sans date, in-d»" de 9 pages.
Cette chanson contient cinquante couplets ; en voici deux. Air : Or, écoutez , petits et grands , ou Un ancien proverbe nous dit, ou Mon père était bon savetier :
C'est en forgeant , dit saint Simon ,
Que l'on devient bon forgeron.
L'oisiveté , dit saint Sulpice ,
Est l'origine de tout vice.
Il vaut bien mieux , n'en doutez pas .
User des souliers que des draps.
On a souvent, dit saint Éloi, Besoin d'un plus petit que soi.
Comme nous dit sainte Monique, C'est le ton qui fait la musique.
11 est toujours mal entendu De péter plus haut que le Q.
Saint Simon, saint Sulpice, saint Eloi et sainte Monique sont ici pour la rime. M. Boutroux a usé de la même licence dans presque tous les couplets, et beaucoup de proverbes ont ainsi une accoladebizarre.
En 1789, M. Tuet, chanoine de l'église cathédi'ale, et professeur de rhétorique à Sens, fît imprimer dans cette ville un volume m-8'' de 544 pages, intitulé : Matinées sénonoises y ou Proverbes français suivis de leur origine , de leur rapport avec ceux des langues anciennes et modernes ^ etc.
Le même ouvrage reparut sous le titre de Proverbes français y à Paris , en l'an m de la république , sans autre changement qu'un nouveau frontispice.
Nous n'avions rien eu encore d'aussi satisfaisant sur les proverbes.
En l'an ix (1801), M. Dh , qui dirigeait à
Paris un journal intitulé : Correspondance des villes et des campagnes, publia, à Paris, un Recueil de Proverbes français , latins , espagnols , italiens , allemands j hollandais , juifs , américains , russes , turcs y etc. , à l'usage des écoles publiques et des maisons d'éducation y in-S° de 72 pages.
L'auteur invitait les étrangers à concourir à son travail , et espérait former une concordance des proverbes des différens peuples. Son projet n'a pas eu de suite. Au reste, il citait les proverbes sans donner une seule ligne d'explication; et l'on ne trouvait des proverbes étrangers que de loin en loin.
En iSoD parut, à Paris, une Histoire des Pro~ <i>erbes , rédigée par le traducteur de la Galerie anglaise (Théodore -Pierre Bertin); in-\i de 247 pages. C'est un abrégé incomplet de l'ouvrage de M. l'abbé Tuet.
En 1 8 1 1 fut publié, à Paris, par l'Huillier, libraire, rue des Mathurins-Saint- Jacques , un volume in-ii de i33 pages, intitulé : Proverbes et expressions proverbiales des meilleurs auteurs latins ^ avec une traduction et les proverbes français correspondans , en regard du texte ; par M. Francis Levasseur.
C'est un essai. L'auteur dit qu'il aurait rendu ce volume plus considérable , s'il eût été sûr que MM. les professeurs de l'université l'eussent jugé utile à l'instruction.
Nous croyons qu'il faut rapporter à peu près à la même date, le Proverbiana , ou Recueil des Proverbes les plus usités et les plus saillans , avec leur signification précise, petit in-iS, Lille, l'an qui refuse muse.
'Enfin , au commencement de mars 1823 , M. Noél, éditeur de gravures, rue Saint- Jacques, n° 16, à Paris , a mis au jour les douze premiers numéros d'une suite de planches qui doit être portée à cent vingt, et qui a pour titre : Proverbes et Bons Mots mis en action j, d'après les mœurs populaires ; composés et lithographies par MM. Pi gai , Pajou et Joseph Ârago^ avec un texte explicatif , rédigé par Joseph Arago.
Ce texte, placé en regard de chaque planche, se
PRÉLIMINAIRES. i?>
compose d'une douzaine de lignes : le format est petit in-folio.
Voici l'explication de la planche qui représente un commissionnaire déjeunant à la porte d'un marchand de vin , et un ramoneur afïamé :
u Celui qui s'attend à Vécuelle d' autrui y a sou- « vent mal dîné.
(( Quelques personnes prétendent que ce proverbe (( a pris naissance à Toulouse; d'autres assurent que « c'est à Bordeaux. — Avez-vous dîné? vous dit sou- « vent un Gascon qui rentre chez lui. — Oui , je sors f< de table. — Ah ! tant pis; car je vous aurais re-
« tenu — Le plaisir d'être avec vous me donnera
(f encore de l'appétit; entrons. — Oui, je vous au- « rais retenu pour me condviire jusqu'à la porte du f( sous-préfet, chez lequel je suis invité. — Je n'ai pas
(f faim , adieu — Il est bien heureux de ne pas
fc avoir faim .
f( Si j'avais conseillé le dessinateur, j'aurais fait < mettre des habits et des broderies au lieu de vestes « et de haillons ; le proverbe aurait été mieux juste tifîé. »
M. l'abbé Tuet, dans le Postscriptum de ses Matinées sénonoises , disait : « Les proverbes qui restent dans mon portefeuille me paraissent aussi intéressans que ceux qui en sortent aujourd'hui. Les matières ont été distribuées de manière que le lecteur, s'il désire la suite de cet ouvrage, ne puisse dire qu'on lui a fait mander son pain blanc le premier : mais avant de risquer une nouvelle fournée (qu'on