REP
Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.
La ceinture, zona, servait autrefois de bourse ; de Ir» le proverbe.
Estienne Pasquicr , dans ses Recherches de la France j donne une autre interprétation. «La ceinture dorée, dit-il (Liv. vu, cliap. ii), estoit une remarque de preude-femme. Parquoy celiiy qui premièrement mit en avant ce proverbe, voulut tout autant dire, comme quand nous disons que l'habit ne Jait pas le moine y qui est un proverbe ancien dont usaautresfois Jeban de Mebun dans son Roman de la Roze , c'est-à-dire, que combien que celles qui vouloient faire les femmes de bien portassent les ceintures dorées, toutesfois la bonne renommée leur estoit beaucoup plus séante, et que peu estoit la ceinture dorée qui ne i'accompngnoit d'un bon bruit. »
La reine Blanclie, épouse de Louis viii , ayant rendu, à la messe, le baiser de paix à une femme publique magnifiquement vêtue, qui se trouvait à côté d'elle, obtint, pour empêcher pareille méprise, une ordonnance qui défendait aux courtisanes de porter robes à queue et ceintures dorées.
RENTE. i^Mieux vaut règle que) « Les richesses , dit Montaigne , viennent plus de l'ordre que de la recepte. »
Repas.
A main lavée Dieu mande la repue.
Ce proverbe est tiré de G. Meurier.
Chez nos ancêtres on donnait à laver avant le repas. Des trompettes annonçaient l'heure de se mettre à table; cela s'appelait corner Veau.
L'usage de se laver les mains avant le repas existait
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encore en France du temps de Régnier , car il dit dans sa dixième satire :
Sur ce point on se lave , et chacun en son rang Se met dans une chaise, ou s'assied sur un banc.
Un ami en amené un autre.
Un homme invité à un repas y mène quelquefois un ami, et fait, en le présentant, quelques excuses auxquelles on répond par le proverbe , un ami en amené un autre.
Chez les anciens on recevait aussi sans difficulté un ami , mais il fallait que ce fût un ami commun. Ce convive s'appelait ombre, parce qu'il suivait son introducteur comme l'ombre suit le corps.
REPAS. {Heure des)
Pendant long-temps l'usage de notre pays fut de dîner à neuf heures, comme font aujourd'hui les paveurs, les maçons et les tailleurs de pierre, ce qui donna lieu de dire en proverbe :
Lever à cinq, disner à neuf, Souper à cinq, coucher à neuf.
Fait vivre d'ans nouante et neuf.
Lorsqu'on eut reculé le dîner d'une heure, le proverbe fut ainsi changé :
Lever à six , disner à dix, Souper à six , coucher à dix , Fait vivre l'homme dix fois dix.
// n'est desjeuner que d'escholiers : dipner que d'advocats : reciner (i) que de vignerons: souper que de marchands.
C'est-à-dire, il n'est rien tel que le déjeuner des écoliers, etc.
(i) Le second repas des vignerons est appelé reciner, du latin recienare, fait de cœna, dîner une seconde fois.