‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 240 sur 335 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

s'amouracha de ce mot insensé; il fit fortune dans tous les cercles. »

Le surnom de roué est d'une date bien plus ancienne ; il fut appliqué au cardinal Dubois par le duc d'Orléans, régent ; et sans doute c'était une réminiscence du passage de Brantôme, où Louis xi est qualifié de bon rompu. Rabelais peut encore nous éclairer sur le sens du mot roué. Dans le Pantagruel, Liv. iv , on trouve : Fin Jf-eté régna rd, pour*renard rompu à toutes sortes de ruses.

En parlant des grands seigneurs du dix -huitième siècle, l'auteur du Petit Dictionnaire de la cour et de la ville y Sylvain Maréchal , disait : a Ils se sont appropriés le nom de roués y pour se distinguer de leurs laquais qui ne sont que des pendards. »

Rubrique.

Dans les anciens livres d'église , les règles pour bien célébrer l'office divin étaient écrites en lettres rouges; de là, rubrique.

On écrivait aussi les titres en rouge dans les livres de droit, afin qu'ils fussent trouvés plus facilement.

Au figuré, le mot rubrique se prend pour intelligence dans les affaires; il est même quelquefois synonyme de ruse. Connaître les rubriques, se servir d' une bonne rubrique.

« Il y a dans les affaires, disait Grosley, la connaissance des affaires, la science des affaires, et la malice des affaires,

RUE. ( // a pignon sur)

C'était autrefois la manière de désigner un homme qui possédait une maison de ville. A cette époque , les façades des maisons de ville étaient bâties sur des

!)yA SAB

cours, et c'était un des pignons qui figurait du côté de la rue.

Pour trouver l'origine de cet usage, il faut remonter à une époque fort reculée. Non seulement on faisait les ouvertures des habitations très étroites avant l'invention de la poudre , mais en bâtissant on suivait un système d'isolement.

Allonger les S S.

Cette expression proverbiale peint le manège de ces expéditionnaires qui, ])ayés à tant la page, faisaient de toutes les S S des lettres à queue, avant qu'une ordonnance eût réglé que chaque page contiendrait au moins

vmgt lignes.

Sabbat.

Par allusion aux bruyantes cérémonies des Juifs, le peuple nomme sabbat ce qu'il croit être des assemblées de sorciers.

Dans le seizième siècle on jouait sur le théâtre beaucoup de pièces où figuraient des diables. Le peuple qui ne pouvait y assister , s'en dédommageait en se rassemblant dans la campagne, dans les bois; on'appela ces assemblées sabbat; les séances commençaient à la nuit, et finissaient au chant du coq. L'été on se rendait dans un bois , l'hiver dans une ferme écartée. Les chambres destinées au sabbat étaient éclairées par une seule lampe, dont lu faible lueur ne dissipait qu'une partie des ténèbres ; elle était placée dans un coin de la cheminée. Ces sabbats avaient ordinairement lieu pendant les nuits qui précédaient les fotes, afin que les açsistans, ouvriers pour la plupart, et gens flu coin-

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