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BOURREAU. ( Se faire payer en )
C'est-à-dire, d'avance.
Le jour où un bourreau devait exercer ses fonctions, il faisait autrefois percevoir le matin, par ses valets, un droit sur les herbages et les fruits qu'on portait à la halle. La suppression de ce droit n'est pas si ancienne, qu'il ne se trouve encore des personnes qui l'aient vu exercer. A mesure que l'impôt se percevait, les valets marquaient le dos du payeur avec de la craie.
On rapporte à l'an 1260 l'origine du nom de bourreau, donné aux exécuteurs de la haute justice. Bourreau est synonyme de borreau; et ce dernier mot ne diffère de Borel que par la terminaison. Or, en 1260, un nommé Richard Borel possédait le fief de Bellemcombre , à la charge de pendre les voleurs du canton.
BOURSE. ( Faire danser la )
Ancien usage qui consistait à faire circuler la bourse parmi les danseurs; celui qui la recevait payait une petite contribution que l'on employait tout de suite à acheter une bouteille de vin.
^GUl.^Parlebon)
Métaphore empruntée du dévidage. On appelle dans un écheveau le bon bout , le seul par lequel on puisse commencer, si l'on veut dévider sans perte.
Br AGIT A RU s.
On nommait ainsi , dans le seizième siècle , les hommes qui se distinguaient par la magnificence de leurs bragues y ou brajes ^ ou brayettes.
La brague se nommait aussi haut-de-chausses. A la brague tenait la brayette , qui, en les couvrant , faisait distinguer les formes secrètes de la virilité. Cette espèce
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d'étui admettait divers ornemens , et se fermait avec une aiguillette.
Il n'y a point de folie qui , dans un temps ou dans l'autre , ne trouve son analogue. Consultez Martial , Liv. VII, Epigramme 8i.
Branle.
Donner le branle.
Allusion à la danse par où commençaient autrefois les bals.
Donner l'exemple , mettre tout le monde en train.
Thoinot Arbeau (Tabourot), dans son Orchésographie (1689, ''^'4**)î ^ donné les noms, les mesures et la tablature d'un grand nombre de branles : branles du Haut-Barrois , du Poitou , de la Bretagne , etc. ; branles des torches , des lavandières , des sabots. Dans les branles des torches , les danseurs tiennent un flambeau allumé; dans les branles des lavandières, ils se frappent dans les mains , et ils dansent en sabots le branle des sabots.
BRAS. i^Jeter la pierre et cacher le )
Pour dire faire du mal à quelqu'un d'une manière si cachée, qu'il ne nous en soupçonne pas.
Nos pères disaient aussi , et le proverbe était plus caractéristique : Fait de 'Vilain , jeter la pierre et cacher la main.
BRETIGNY. (F^f/a^e)
Cest du vin de Brcligny, qui fait danser les che^ vres, dit-on d'un vin faible.
Six villages portent le nom de Bretigny. Comme celui qui est situé près de Montlehéri est le plus connu, c'est là que l'on suppose avoir existé un vigneron
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nommé Chèvre , que le vin du cru mettait en gaîté , ainsi que toute sa famille.
Mais, au lieu de vin proprement dit, ne s'agit-il point de baies de prunelier ? Cet arbrisseau croît dans les haies; pour en atteindre les branches, non seulement les chèvres sont obligées de grimper, mais de bondir.
A défaut de raisin , les gens pauvres emploient les prunelles pour composer une boisson , qui s'appelle vin de prunelles.
Bride.
Brides a veaux.
Raisonnemens qui ne peuvent en imposer qu'à des gens bornés.
Cette comparaison nous est venue des romans de chevalerie. Faire des brides a veaux y était un des talens dont un ménétrier se vantait par plaisanterie ; il savait aussi faire des coiffes a chèvres , des gants a chiens , des hauberts a lièvres; il cerclait des œufs , couvTuit des maisons en omelettes, etc. etc.
Brider.
La bécasse est bridée.
Signifie qu'on a dupé quelqu'un, qu'il est tombé dans le piège qu'on lui avait tendu. Cela surtout s'applique à une mijaurée, après les fiançailles.
Cette expression est tirée de la chasse. On tend aux bécasses des lacets dans lesquels elles viennent se brider d'elles-mêmes.
Bridoie, Bridoison.
Ces expressions proverbiales sont tirées de Rabelais. Dans son Gargantua y il s'agit, entre frère Jean et
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Panurge , de mener une truie en laisse, ou de prendre pour monture un oison bridé.
Briller.
Tel brille au second rang , qui s'éclipse au premier.
( Voltaire , Henriade. )
Ce sont surtout les hommes de lettres des petites villes qui devraient s'appliquer ce proverbe ; leur esprit est admiré, on répète leurs bons mots, on vante leurs écrits; pourquoi voudraient-ils hasarder leur réputation à Paris ? Qu'ils se souviennent du mot de César : J'aimerais mieux être le premier dans un village que le second dans Rome.
BRODEUR. [Autant pour le)
C'est-à-dire, autant de mensonges.
Les mensonges facétieux s'appellent bourdes, parce qu'on disait autrefois bourdeur^ouv horàexiw De bordeur, nom de l'ouvrier qui ornait le bord des étoffes, on a fait brodeur ^ par une transposition de lettres; et comme le talent de cet ouvrier ne consiste qu'à mettre du superflu, l'idée est venue de dire à un conteur, à mesure qu'il exagère, autant pour le brodeur.
BRONZE. {^Courtisans du cheval de)
On appelait ainsi , sous Louis xiii , les fdous qui avaient coutume de rôder la nuit sur le Pont-Neuf.
En 1667 , le gouvernement pourvut à la sûreté publique, là Paris, par l'établissement des lanternes, par le redoublement du guet, et par un règlement sur le port d'armes et contre les gens sans aveu.
Lors([ue, vers le milieu du dix-huitième siècle, on plaça des réflecteurs derrière les mèches, les lanternes furent appelées lanternes ù réverbères, et par abrévia-
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lion, réverbères. Dans la présente année (1822) les réverbères sont , h Paris, au nombre de 4,553. Brûler.
// j- a hràlê ses vaisseaux.
Il ne peut plus revenir sur sa résolution; il n'y a plus de ressource pour la fuite ; allusion au courage avec lequel Guillaume-le-Conquérant , lorsqu'il débarqua en Angleterre, fit mettre le feu à sa flotte pour ôter à ses soldats l'idée d'une retraite.
BRULE. {^Cherdier vadie tioire eji bois) Comparaison que nos pères employaient pour dire :
Chercher une chose difficile a trouver.
C'est le même sens que celui du proverbe : Chercher
une aiguille dans une charretée de foin.
Bru NETTE.
Sorte d'étoffe fine, tirant sur le noir, dont s'habillaient autrefois les gens riches.
.... Aussi bien sont amourettes Soubs bureaulx, que soubs brunettes.
( Roman de la Rose. )
C'est-à-dire, l'amour se fait sentir au pauvre comme au riche.
Buisson.
// n'f a si petit buisson qui ne porte son ombre. C'est-à-dire , si petite rivalité qui ne porte préjudice. Ce proverbe se trouve parmi ceux de Salomon. // a trouve buisson creux.
Proverbe emprunté de la chasse, et qui signifie qu'on n'a pas trouvé ce qu'on s'attendait à rencontrer,
BURIDAN. (v^/2eâ?e)
Tous les jours on compare à L'âne de Buridan une