DOS
DONNER. {J donner)
Pour dire que quand on donne, il ne faut point faire acheter; de même que quand on vend, il n'est point question d'user de libéralité.
Dorer.
DORÉ. (^ vieille mulejrein)
Se dit d'une vieille femme qui se pare encore pour faire la jeune.
« Quand on n'achète pas un visage neuf, les atours ne font pas un bel effet. » (M""' de Sévigné.)
DORER. {Fin à)
Proverbe métaphorique tiré de l'orfèvrerie. C'est l'or le plus fin qu'emploient les doreurs.
DORT. (// ne faut pas réveiller le chat qui)
Pour dire qu'il faut laisser en repos un ennemi dangereux.
Nos ancêtres disaient : // ne Jaut pas courroucer lafèe.
Régnier a fait usage de ce proverbe. Témoin d'une dispute élevée à table , il dit :
Esmiant, quant à moi, du pain entre mes doigts, A tout ce qu'on disoit, doucet je m'accordois, De peur , comme l'on dict, de courroucer la fée.
Les romanciers ont divisé les fées, en fées bienfaisantes et en fées malfaisantes.
DOS. {Mal est caché a qui Ton voit le) En termes moins décens nos pères disaient : Mal se musse a qui le cul pert {perce). Ils avaient tiré cette comparaison de la perdrix, qui se croit bien en sûreté lorsqu'elle a caché sa tête.
Ce proverbe s'applique aux poltrons : ayant tourné le dos, les voilà connus pour des lâches, et par cette raison exposés a de nouvelles attaques.
DUR 2i3
DOUBLURE. {Fin contre fia nest bon à faire) 'Leslta.Viensdhent: Durcontre dur nefiaitpas bon mur. « Avec les gens qui ip?iv finesse écoutent tout et parlent peu , parlez encore moins. » (La Bruyère.)
Douceur.
Plus fait douceur que violence.
C'est La Fontaine qui s'est exprimé ainsi, fab. 3, Liv. VI. Le vulgaire dit :
On prend plus de mouches avec du miel qu avec du vinaigre.
On prend plus de mouches avec un rajo?i de miel qu'avec un tonneau de vinaigre.
(Proverbe turc. *)
DRAP. (^Au bout de VauneJ'aut le)
Quelque longue que soit une pièce de drap , elle ne l'est jamais assez pour qu'on n'en puisse trouver la fin, quand on se met à l'auner. C'est le quicquid extremum brève des Latins.
Ce proverbe veut dire que rien de ce qui est créé n'est infini.
DRAP. {^Défiez-vous des gens qui ne voient le jour que par une fenêtre de)
C'est-à-dire, des gens à capuchon, des moines.
Le Duchat dit que ce proverbe fut employé dès l'an 1 5o8 par Jean Salhuse , évêque de Misnie.
Rabelais finit le 34* chapitre de son ii* Livre, en disant de ne jamais se fier à gens qui regardent par ung pertuj.
Durer.
Il faut faire vie qui dure.
C'est-à-dire, il faut vivre d'économie, et ne pas dépenser en un jour ce qui peut suffire pour plusieurs.
ji4 EAU
Pylhagore a renfermé le môme précepte dans ce symbole : JYe mettez pas au feu le fagot entier, integrum fasciculum in ignem ne mittito.
Eau.
Porter de l'eau a la mer ou à la rivière.
Pour dire porter des marchandises dans les lieux où elles abondent.
Les Latins disaient : In sjham ligna f erre. kxx figuré, ce proverbe signifie donner des conseils à ceux qui seraient dans le cas de nous éclairer.
Pêcher en eau trouble.
Quand l'eau est trouble , la pêche est abondante , parce que le poisson n'aperçoit pas les filets. De même, les troubles sont des circonstances heureuses pour ceux qui manient les deniers d'autrui.
Na^er entre deux eaux.
C'est , dans les momens de troubles , ménager les deux partis. Notre proverbe répond à celui des Latins , duabus sedere sellis. Le poète Labérius ayant été fait sénateur par César, Cicéron refusa de lui faire place, en disant : « Je vous recevrais volontiers , si nous n'étions pas trop serrés. » C'était reprocher à César de trop multiplier le nombre des sénateurs. Labérius repoussa le trait par un autre plus piquant : Atqui solebas duabus sedere sellis j vous aviez pourtant coutume d'être assis sur deux sièges; reprochant, par ces mots, à cet orateur, sa conduite équivoque dans les divisions civdes.
Les eaux sont basses.
On dit à quelqu'un à qui il reste peu d'argent, que
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les eaux sont basses chez lui. Métaphore tirée des biez de moulin : les meuniers ne peuvent pas moudre quand les eaux sont basses.
La pêche a peut-être aussi donné lieu à cette façon de parler proverbiale ; on trouve peu de poisson dans une eau basse.
Tout s'en est allé en eau de boudin;
Se dit d'une affaire qui n'a pas réussi.
Ce proverbe, tiré du conte du Bucheî'on , est un de ceux que le peuple a corrompus; il faudrait dire, en aune de boudin.
Tant 'va la cruche a Veau qua la fin elle se bî-ise.
A force de s'exposer au danger, on y succombe.
Proverbe ainsi retourné et converti en propos grivois par Beaumarchais : Tant va la cruche a l'eau qu'à la Jîn elle s'emplit.
Ce proverbe était en usage dès le treizième siècle; on le trouve dans un fabliau de Gaultier de Coinsi. Un moine allait voir, tous les soirs, avant matines, une dolente. Comme il fallait qu'il traversât une rivière, les diables le guettèrent si bien , qu'une nuit ils le firent noyer.
Tant i ala et tant i vint , Que laidement l'en désavint; Tant va li pos au puits qu'il brise.
L'Écriture dit sans allégorie , qui amat periculum in illo peribit.
ÉBAHL {^Jouer a l')
Façon de parler proverbiale de la({uelle Rabelais fait ini des jeux de Gargantua, du temps qu'il eut des sophiste's pour précepteurs.
ÉCHFXLE. ( Archer de l')
Il s'agit ici de l'échelle patibulaire ; on appelait autre-
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fois archers, les soldats que nous nommons gendarmes.
Éclabousser, Faire de la poussière.
Expressions proverbiales bien opposées, et qui cependant attaquent le même genre de luxe, celui des Aoitures.
Parmi les présens que Ladislas v, roi de Hongrie et de Bohême, offrit en 14^7, à la reine de France, se trouvait un char qui attira Tattention de tout Paris. Un ancien auteur qui en parle , dit qu'il était branlant et mouJt riche , d'où Ton pourrait conclure que cette voiture était suspendue.
Les rues de Paris étant alors (sous Charles vu) trop étroites pour que l'on pût se servir de carrosses, les rois et les reines, dans les cérémonies les plus pompeuses, n'allaient qu'à cheval.
Par nécessité, plutôt que par esprit de faste, les magistrats, les médecins et autres graves personnages montaient sur des mules pour parcourir la ville.
Les femmes, ainsi que les moines, avaient pour montures des ânesses. Hue du Foin, au n° i4, à Paris, est THotel de la reine Blanche. On remarque, à gauche de la porte d'entrée, un montoir en pierre, composé de trois degrés.
La voiture des malades était une litière^ espèce de chaise, appuyée sur deux brancards, que deux mulets, placés l'un devant, l'autre derrière, portaient sur le dos. On l'appelait litière j parce que souvent on y introduisait des coussins et un matelas.
On prétend que nos premiers carrosses, appefés coches ^ tiraient leur nom de Kotsen, village de Hongrie, aujourd'hui Kitsen. Charles-Quint, pendant ses attaques
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de goutte, avait coutume de voyager dans une voiture hongroise.
Catherine de Médicis eut la première une voiture de ville; cette voilure était fermée avec des rideaux de cuir.
En 1644, le prince de Condé eut un carrosse avec des glaces.
Les premières chaises de poste parurent en France en 1664 : l'inventeur se nommait de La Gruyère; le privilège exclusif en fut accordé au marquis de Crenan : ce qui les fit appeler chaises de Crenan.
Dès l'année iSyi , il y avait eu des coches ou carrosses publics pour aller d'une ville à une autre.
Environ l'an 1680, un nommé Sauvage imagina de tenir des carrosses et des chevaux prêts à louer. Cet étabhssement prospéra, et comme cet homme demeurait à l'enseigne de Saint-Fiacre, on ii^^eXdiJïacres les voitures de place et ceux qui les conduisaient.
Du temps de Louis xiv, on ne connaissait point les calèches. Les plus grands seigneurs, le roi même, pour se promener dans les parcs, se servaient de carrioles y poussées et tirées par des hommes.
La dormeuse fut inventée par le maréchal de Richelieu, pour rejoindre l'armée pendant la guerre de Hanovre. Il fut ainsi le premier à courir la poste entre deux draps. Dans l'intérieur d'une dormeuse bien conditionnée on trouve aujourd'hui, lit, secrétaire, toilette, cave, etc.
La berline est ainsi nommée , parce qu'elle nous est venue de Berlin. Son diminutif /'^/•///z^o/ est plus connu sous le nom de coupé.
Il existe pour les voitures , comme pour beaucoup d'autres choses , une étiquette. La berline est la voiture de cérémonie; le coupé, la voiture de visites; et la ca-
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lèche, la voilure de coquetterie : nonchalamment et mollement assise , une femme y est vue de la tête aux pieds. Le landaw, qui tient de la calèche et de la herline , obvie aux inconvéniens d'une averse imprévue ; mais l'aspect n'en est point agréable. Rien ne ressemble davantage à une voiture brisée, que cette impériale partagée en deux , et qui tombe devan t et derrière en soufflet.
Le hockey , petite voiture de promenade tout-à-fait légère , dont le siège est entouré d'une balustrade , parut pour la première fois au printemps de 1797.
Le carrick et surtout le tilburj, autres voitures légères, ont l'inconvénient d'être trop élevées sur leurs ressorts.
On appelle tandem une espèce de voiture de chasse •à laquelle sont attelés deux chevaux, non de front ^ suivant l'usage , mais à la file l'un de l'autre , comme des chevaux de charrette.
Tout le monde sait que la demi-fortune est une voiture à quatre roues , traînée par un seul cheval ; le 'vis-a-vis y une voiture à deux places, l'une par devant, l'autre par derrière , et la désobligeante , une voiture coupée qui ne peut contenir qu'une personne sur la largeur, en tout, par conséquent.
N'oublions pas le phaéton , cabriolet très léger , comme son nom l'annonce, et le char a bancs , par corruption , charaban.
Un membre de l'Académie Française, M. de Villayer, mort en 1691 , inventa des chaises volantes. Dès qu'on s'y asseyait, elles montaient seules par le moyen d'un contre-poids, à l'étage qu'on désirait, et descendaient de même. Mais une dame étant restée à mi-chemin , on sentit l'inconvénient de cette machine, et personne ne voulut risquer de demeurer suspendu.
Eco ai9
En 1778, M. de Montfort, officier retiré, fit exécuter à Paris une voiture de carton , qui était à l'épreuve de l'humidité , et supportait indistinctement le froid et le chaud. Pour en former les brancards il avait amalgamé le nerf de bœuf avec le carton.
Il n'y avait point de cabriolets de place avant la révolution de 1789. Les gens qui trouvaient les fiacres trop chers, étaient obligés de prendre une brouette ou une chaise à porteurs.
Par le compte d'administration de la Préfecture de police, on voit qu'en 18 19 , il y avait à Paris neuf cents fiacres, sept cent cinquante cabriolets de l'intérieur, et quatre cent cinquante cabriolets des environs.
Depuis le mois de décembre 1821 , il y a de plus, sur les places de Paris , cent calèches ; leurs numéros commencent à 901, parce qu'elles ont été enregistrées immédiatement après les fiacres.
Le cabriolet-ballon que l'on rencontre dans Paris depuis environ trois ans, et qui souvent est arrêté à la porte du Ministère de la marine, rue Royale, près la place Louis xv, est de l'invention de M. le vice-amiral Willaumez, et lui appartient. Il peut contenir de cinq à six personnes ; la banquette est circulaire; le devant, au-dessus de la tête du conducteur, se lève comme une espèce d abri, absolument à la manière d'un sabord dans un vaisseau ; on le ferme comme une écouîille. Le centre de gravité de ce cabriolet étant entre les roues et les brancards, il n'est pas sujet h verser,
ÉCOLE. ( Révéler les secrets de /')
C'est apprendre à des étrangers ce dont les membres d'une société seuls doivent être instruits. M. Dacier rapporte l'origine de ce proverbe à la loi fondamentale de l'école des Pythagoriciens, qui leur prescrivait de ne