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enseignes fit naître en i8i3, à un imprimeur de Paris, l'idée de les faire graver toutes, pour former des têtes de factures. On est entré chez tel marchand à cause de la heauté de son enseigne , on y retourne pour en avoir la gravure.
Communément ce sont des pièces de théâtre qui fournissent aux marchands les sujets de leurs enseignes. Dès qu'une pièce a la vogue, c'est à qui, le premier, en fera peindre une scène ; et quelquefois l'enseigne est un contre-sens. Comment ne pas sourire, quand on volt ])our enseigne au magasin de deux associés , les Deux Gaspard y qui se filoutent à qui mieux mieux? Quel fond peut-on faire sur un établissement de commerce qui s'annonce sous les auspices des Danaïdes , ces stériles travailleuses qui s'épuisent à remplir un tonneau toujours vide ? Est-ce pour encourager les gens qui achètent à crédit que cet autre marchand a fait peindre M. Guillaume , laissant emporter ses dix aunes de drap marron par l'yh'ocat patelin ? Et la Fille mal gardée est-elle une chose assez nouvelle pour signaler un magasin de nouveautés?
Des enseignes parfaitement analogues à leur objet, sont : les Architectes canadiens, au-dessus de la boutique d'un marchand de chapeaux ; et le Débarquement des chèvres du Tldbet , au-dessus d'un magasin de schalls.
Outre les tableaux, il y a des enseignes parlantes; et comme chacun veut enchérir sur son voisin, vous voyez des gants dont chaque doigt est de la grosseur du bras, et des bottes qui contiendraient autant de liquide qu'un muld. Quand tous veulent se distinguer, personne ne se distingue. Il y a soixante-dix ans c'était encore pis. Un moraliste qui écrivait au milieu du dix-huitlènu:
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siècle, dit : « J'ai vu suspendus aux boutiques, des ^volans de six pieds de hauteur, àes perles grosses comme des tonneaux, des plumes qui allaient au troisième étage. » La police fit réduire ces enseignes à une grandeur raisonnable.
ENSEIGNES. {A telles)
Pour récompenser la valeur des nobles champions, les dames, lorsque les tournois existaient, donnaient, l'une un voile, l'autre une écharpe, l'autre un bracelet, que le chevalier favorisé suspendait à son heaume ou à sa lance.
Ces faveurs étant devenues des signes pour se reconnaître , prirent le nom di enseignes; et de là ces façons de parler : A telles enseignes , a bonnes enseignes.
Entendre.
N' entendre ni a dia ni a hurhaut.
Ne point entendre raison.
Les charretiers disent dia pour faire aller leurs chevaux à gauche, et hurhaut pour les faire aller à droite.
A bon entendeur salut.
Mots que l'on adresse à quel(|u'un que le discours concerne, et qui doit en faire sou profit.
EPAULES. {^Porter quelqu'un sur ses )
Se dit familièrement d'un homme qui est à charge par ses actions ou par ses discours.
Dans les funérailles, les anciens portaient physiquement le corps des morts sur leurs épaules. En France, la même chose a été pratiquée non seulement à l'égard des rois , mais même pour des citoyens honorés de l'estime publique, et à cet usage a succédé celui de tenir les quatre coins du poêle.
Il semblerait donc que l'expression , porter queU
ïio EPE
quiui sur les épaules, devrait être prise en bonne p.irt, d'autant mieux (ju'il est arrivé quelquefois de porter vivans sur les épaules, des hommes dont les services signalés et les actions héroïques excitaient l'enthousiasme de l'admiration et de la reconnaissance. L'expression proverbiale , Porter quelqu'un surles épaules, n'en est pas moins une injure.
ÉPAULÉE. [Bête)
La comparaison n'est pas galante; nos pères s'en servaient cependant quand ils parlaient d'une fille que l'on mariait , et qui n'avait pas bien conservé son honneiu'.
EPÉE. (// na que la cape et V )
Se dit d'un militaire sans fortune.
Le fabliau A' Aucassin et Ni Colette parle de soldats armés d'épées nues cachées sous leiu's capes.
Dans une note sur ce conte, Le Grand d'Aussy dit: « La chape ou cape était une tunique fort large, froncée par le haut, qui descendait jusqu'aux talons.»
ÉPÉE. {^Se faire blanc de son)
Au propre, et en termes d'escrime, se couvrir pour ainsi dire de son épée, éblouir par la rapidité de ses mouvemens; au figuré, se vanter de son crédit, de ses moyens de toute espèce. On a prétendu que cette expression était tirée des anciens jugemens par les armes, le vainqueur demeurant absous, blanchi dn crime imputé; mais celte explication ne peut pas convenir à tous les cas où l'expression proverbiale est employée; puis il eût fallu dire : Se blanchir ai^ec son èpèe , et non se faire blanc de son épée.
Él^EJWlElt. ( D'une buse on ne saurait faire un ,
Proverbe tiré de la fauconnerie. La buse est i\n
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oiseniî de proie qu'il est impossible de dresser, tandis que l'épervier peut, ainsi que le faucon, servir à arrêter le gibier.
Les anciens disaient : Asinum siib frœno ciurere doces.
Le cbeval est né pour la course, et non pas Tane.
ÉPINARDS. {Habit d')
Dans le temps oii le carême était observé rigoureusement, on appelait habit d' èpinards l'habit neuf qu'un cuisinier ou un maître d'hôtel se donnait au commencement du printemps, voulant dire que sur l'achat des alimens maigres, il avait fait un gain considérable.
Un assez joli mot se rapporte à notre proverbe : Un chef de maison s'apercevant de la friponnerie de son intendant, lui fit remarquer une erreur décompte assez forte. Que voulez-vous! dit l'intendant, les plus justes s'abusent. Tu te trompes, lui dit le maître, les plus buses s'ajustent.
EPINES. ( Trop acheté le miel , qui le Icche sur les .
Comparât is niniio mcl , qui spineta ligitrit.
Cette allégorie signifie qu'un plaisir est paye trop dier quand il en coûte des peines cuisantes pour se le procurer.
Dans le Roman de la Rose^ l'amant se plaint d'une vieille matrone ,
Qui le cuida, par ses doctrines, Faire lescliier miel sur espines.
Epingle.
Tirer son épingle du jeu.
Se tirer heureusement d'affaire, se délacer d'un danger, se retirer sans perte.
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Vous lirez sagement ^otre épingle du jeu.
MoLTÉRE , Dcpit amoureux.
ÉPINGLES. ( Tirée a quatre)
Se dit d'une femme qui a un soin extrême de sa parure.
Au reste, les épingles ne jouent pas le même rôle que jadis dans le costume des femmes. Par exemple, il n'est plus nécessaire qu'une épingle arrête sur le dos la pointe du fichu d'une grisette , et que par-devant une autre épingle tienne ce fichu croisé.
François de Billon , dans un ouvrage publié en i555, pour prouver V honneur et vertu des dames , appelle les épingles employées à attacher les fichus, les épines des roses chrétiennes.
ERMITE. ( Quand le diable devint vieux , ilsejit) « Imaginez- vous, dit Marivaux, de ces laides femmes qui ont bien senli qu'elles seraient négligées dans le monde; qu'elles auraient la mortification de voir plaire les autres, et de ne plaire jamais, et qui, pour éviter cet affront-là , disent en elles-mêmes , sans songer à Dieu ni à ses saints, distinguons-nous par des mœurs austères , prenons une figure inaccessible. »
Ce proverbe s'interprète aussi de la manière suivante : A la force ouverte employée dans la jeunesse, pour mal Aiire, succèdent les ruses dans un méchant qui n'est plus en état de nuire ouvertement.
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a. ( Grksset. )
C'est-à-dire, qu'il ne faut pas courir après l'esprit; les pointes et les calembourgs altèrent la gaîlé, et les phrases à prétention font disparaître le naturel.