‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 85 sur 335 · EXE · texte numérisé non relu

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ÉVÈQUE. i^Se débattre de la chape à T)

Tirer d'une chose ce que l'on pourra.

Dans la primitive Eglise, quand un évêque mourait, SCS diocésains , pénétrés de vénération pour ses vertus , tachaient d'avoir quelque lamhcau de ses vêtemens.

Le P. Longueval (^Histoire de l'Eglise Gallicane) rapporte à ce pieux usage l'ahus de piller les meuhles des évoques défunts. Un concile mit fin à cet ahus dans le neuvième siècle.

Véridique chez V évêque , circonspect devant le bedeau.

Proverbe du temps où l'on remarquait que de certaines rigueurs n'étaient guère prises à la lettre que par d'ignorans subalternes.

Excellent.

Si les vers ne sont excellens , ils sont mauvais. Il en est de même du vin et des melons.

C'est le sens du distique suivant :

Dlc mihi quee tria sint quels fas mediocribiis esse Non fuit, est, nec crit ? Carmina , xina , pepo.

lue cardinal de Retz disait un jour à Ménage : Apprenez-moi un peu à me connaître en vers, afin que je puisse du moins juger de ceux qu'on m'adresse. Monseigneur, lui dit Ménage, ce serait une chose trop longue à vous apprendre, vous n'avez pas le temps de cela; mais lorsqu'on vous en lira, dites toujours que cela ne vaut rien , vous ne vous tromperez guère.

Prêcher d'exemple.

11 faut à nos troupeaux montrer les bons sentiers; Mais il faut y marcher, et marcher des premiers.

(GoDEAU.)

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Leçon commence , exemple achève.

(La Motte.)

Ou bien, si l'exemple contredit la leçon, il la rend nulle.

Dans le premier chant de V Jrt de prêcher, par l'abbé de VûlierSj on voit un homme simple prendre au pied de la lettre un passage d'un sermon contre le luxe; il a deux habits, il charge sa femme d'en vendre un, pour en donner le produit aux pauvres. La femme veut savoir au juste comment le sermon doit être interprété 5 elle va donc trouver le prédicateur.

Vous demandez mon maître.

Dit le valet , bientôt vous le venez paraître. Attendez. — Quoi ! si tard, il est encore au lit ?

— Non, pour aller aux champs, monsieur cliange d'habit.

— Change d'habit! dit-elle; adieu, je me retire: Puisqu'il a deux habits je n'ai rien à lui dire.

C'est ainsi qu'en prêchant on fait si peu de fruit; Le sermon édifie, et l'exemple détruit.

Fagoï.

Avant rétablissement des cafés , deux amis qui pariaient de briller le fagot voulaient dire : Allons boire bouteille ensemble au cabaret y tandis qu'un fagot brûlera.

L'été , plusieurs bourgeois louaient un jardin et s'y rassemblaient le soir pour jouer à la boule et goûter.

En 1664, quelques négocians marseillais firent connaître le café ou fève d'Arabie en France. Thévenot en usa au retour de ses voyages , vers i638 ; mais il fallait une impulsion plus forte pour accréditer le café ; Soli-

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man Aga , ambassadeur ottoman , la donna en 1669; son séjour dans la capitale fut de dix mois. Plusieurs personnes de distinction, et des femmes surtout, ayant eu la curiosité de le visiter, il fit servir du café, et rendit l'appareil propre h. séduire. Le breuvage noir était versé dans de magnifiques vases de porcelaine , et des esclaves richement vêtus présentaient aux dames des serviettes à franges d'or. Les personnes qui en avaient goûté chez Soliman Aga voulurent continuer d'en prendre chez elles; d'autres, par faste, en firent servir à leur table ; mais la fève avec laquelle on faisait le breuvage appelé café, du nom de cette fève, était rare et chère; on ne la trouvait qu'à Marseille.

Cependant un Arménien établit en 1672, à Paris, une boutique oli il donnait à boire du café. Quatre ans plus tard , le nombre des marchands de café était si considérable , que le gouvernement fut obligé de les réunir en communauté : le nom de limonadiers vient de ce qu'ils obtinrent la vente exclusive de la limonade.

FAGOT. {Sentir le)

Passer pour hérétique.

Proverbe relatif à la persécution qui s'éleva contre les protestans sous François i".

Le premier qui fut brûlé vif, par arrêt du parlement de Paris, fut Jacques de Pavanes, le 29 mars iSaS.

Cette persécution dura Irente-sept années consécutives. Voici ce que dit Brantôme du chancelier de l'Hospital, qui fit éteindre ces bûchers. «C'était un Caton le censeur.... H en avoit toute l'apparence, avec sa grande barbe blanche , son visage pâle , sa façon grave , qu'on eût dit à le voir que c'étoit un vrai portrait de saint Jérôme ; aussi j)lusieurs le disoient à la cour. »

Les sectateurs de Luther furent wo\n\n(.'?> protestans ,

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parce que, en iSsg, '^à?, protestèrent contre un décret de l'empereur et de la diète de Spire, et déclarèrent qu'ils en appelaient au concile général.

Dans la suite, les calvinistes adoptèrent ce nom, et il s'étendit à tous ceux qui avaient embrassé la réforme.

En Allemagne , la reforme eut pour cause la rivalité des augustins contre les jacobins qui avaient été chargés par Léon x de prêcher des indulgences.

En Angleterre, ce fut l'ouvrage de l'amour, autrement l'excommunication de Henri viii , pour avoir épousé Anne de Boulen.

En France, ce fut l'attrait de la nouveauté, et peutêtre l'influence d'une chanson. Calvin, qui connaissait le goût des Français, composa un vaudeville, dont le refrain était : O moines! o moines! il faut 'vous marier! Cette chanson eut un succès prodigieux.

Fagot cherche bourrée.

Chacun se plaît avec son semblable.

FAGOTS. {Conter des)

C'est, dit-on, la plus ancienne de nos gazettes (i), celle du médecin Ptenaudot , qui a donné lieu à lexpression proverbiale : Conter des fagots , débiter des nouvelles apocryphes; car le but du médecin Renaudot, en se faisant nouvelliste, avait été d'égayer ses malades.

La gazette se vendait et se criait dans les rues. Un jour un marchand de fagots se trouva en concurrence avec le colportevu' de la gazette; et toutes les fois que

(i) Dans le temps où Venise était le centre du commerce de l'Europe, on y publiait , pour les marchands étrangers, des nouvelles relatives au négoce. Le prix de cette feuille était celai d'une monnaie appelée gazetta ; ce qui fit transporter le nom de la monnaie à la feuille même.

il^i FAR

celui-ci annonçait à haute voix \-x gazette , l'autre criait aussitôt /rtgo/'j-. Depuis, ces deux mots, gazette etjagots , réunis par le hasard, devinrent synonymes.

Cette explication est peu naturelle. Notre proverbe est une allusion à l'usage de compter les fagots que l'on vend au cent et au quarteron, en confondant à dessein conter avec compter; et il vient de ce que souvent le vendeur trompe l'acheteur en comptant.

Fanfreluches.

Ornemens de peu de valeur. Au propre , ce sont des flamèches qui s'élèvent en l'air quand on brûle de la paille, du papier, etc. Anciennement on disaity«(/elues , fafelues . Ce mot se trouve dans le Roman de la Rose ; il dérive de fanfaliica.

Fanfalucare ^ dire des fanfreluches ou sornettes.

Faquin.

Avant l'invention des armes à feu , lorsqu'on s'exerçait aux courses de bague et autres jeux analogues , \ç, faquin était un simulacre d'homme, un mannequin contre lequel on courait pour l'atteindre avec une lance. Cette figure était plantée sur un pivot mobile, et quand on n'en atteignait pas le milieu , elle tournait facilement , et frappait le cavalier d'un sabre de bois , ou d'un sac plein de terre, qui était attaché à sa main.

Fard.

Temps pommelé, femme fardée, Ne sont pas de longue durée.

Nos pères avaient fait entrer le fard dans ce proverbe , parce qu'ils le regardaient comme pernicieux ; mais, à tout prix, il fallait un visage vermeil, les servantes même se fardaient dans le seizième siècle.

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