FES
Il n'y a point d'époque dans les fastes de notre monarchie où les femmes aient eu autant d'empire et aient été aussi méprisées que sous Charles ix. Les femmes se mêlaient de tout, et s'étaient attiré ce proverbe : Que les femmes fassent les femmes , et non les capitaines. Il n'y avait pas une dame qui n'avouât publiquement son cavalier , qui ne traversât la ville en croupe avec lui, ou à coté de son cheval. Les dames envoyaient leurs serviteurs à l'armée, et les engageaient dans la faction qui leur plaisait ; ils paraissaient à la tête des troupes avec des écharpes et des faveurs.
Dans un petit poëme intitulé le Mérite des Femmes (in-12; Paris, 1801 ), Legouvé a non seulement, par de beaux vers, vengé les fenunes des satires lancées contre elles; mais il a rassemblé dans des notes beaucoup d'anecdotes à leur avantage.
// n'est attention que de vieille femme.
Les jeunes sont trop occupées d'elles-mêmes, La meilleure de toutes les garde-malades est une vieille femme ; elle ne craint pas que l'insomnie la rende pâle et qu'on lui trouve le lendemain les yeux battus.
FERREES. {^Avaleur de charrettes^
Se dit d'un hâbleur, d'un fanfaron, d'un faux brave.
Fesse-Matthieu.
Nom injurieux qu'on donne aux usuriers.
Avant sa conversion, saint Matthieu était banquier, sedebat in telonio. La malignité attribue aux banquiers des prêts usuraires; de là saint Matthieu regardé comme patron des usuriers. Fêter saint Matthieu, est donc synonyme de prêter à usure.
Mais au lieu Ae fêter, on a d'abord écrit /ester ; or, entre les lettres ft et ff liées ensemble , la différence
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est peu sensible; plus d'un lecteur, par conséquent, a ^\\ ^ fesse-Matthieu ^onr /este-Matthieu ^ et de cette méprise est résulté un sobriquet.
Nous n'ignorons pas que la plupart des étymologistes trouvent à'Aw^ fesse-Matthieu ^face de Matthieu, mine d'usurier,
FEU. [ren mettrais la main au)
Manière de s'exprimer quand on affirme quelque chose dont on est sûr.
Cette façon de parler vient de l'ancienne coutume de constater la vérité d'un fait en plongeant la main dans un gantelet de fer qui sortait de la fournaise.
FEU. (^Dites-lui cela, et allez vous chauffer a son) C'est-à-dire, tenez-lui ce propos, et soyez assez simple pour croire qu'il n'en sera pas offensé.
YtS-E.. {Roi de la)
On appelle ainsi un chef sans autorité. Au propre, c'est la personne à qui est échue la fève du gâteau qu'on partage dans les familles la veille ou le jour de la fête des Rois.
L'usage Aq faire les Rois nous est venu des Saturnales que les Romains célébraient aux calendes de janvier. Pendant ces fêtes, les écoles étaient fermées, le sénat vaquait, et toutes les affaires publiques et particulières étaient comme suspendues. En certains endroits on partageait un gâteau ; un enfant placé sous la table représentait Apollon , et on le consultait en criant : Phœbe domine (seigneur Xt^oWow) , pour qui ? afin que les portions du gâteau fussent distribuées par le sort. Cet usage s'est conservé dans plusieurs parties de la France; un enfant distribue les parts du gâteau, et les personnes même qui ne savent pas le latin crient,