‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 10 sur 176 · AGNÈS · texte numérisé non relu

AGNÈS

Pour innocente, comme tenant de l'agneau.

AIGUILLE. {Disputer sur la pointe d*une^

C'est contester pour une bagatelle.

Les Grecs disaient : Disputer sur l'ombre d'un âne. Ce proverbe était fondé sur une historiette que IJ^émosthène conta, dit-on, aux Athéniens, pour les rendre plus attentifs à ce qu'il leur disait. Un jeune homme avait loué un âne pour aller d'Athènes à Mégare. C'était dans l'été; vers midi le soleil était brûlant, et il ne se trouvait pas un buisson où l'on pût se mettre à Fabri. Que fait notre voyageur? il descend de sa mon- * ture, s'assied près d'elle , et se rafraîchit à son ombre, L'ânier qui était du voyage prétend que cette place lui appartient , et le prouve en disant qu'il avait bien loué l'âne, mais non pas son ombre. La dispute s'échauffe; des paroles on en vient aux coups; et ces deux moyens de persuasion n'ayant rien décidé, l'affaire fut portée en justice.

AIGUILLETTE. {Courir T)

Se disait autrefois des femmes de mauvaise vie, femmes toujours prêtes à dénouer l'aiguillette (voyez Braguards) ; peut-être aussi ce proverbe était-il fondé sur une ordonnance de Saint-Louis , qui enjoignait aux femmes débauchées de porter une aiguillette sur l'épaule.

Ëstienne Pasquier ( Recherches de la France^ Liv. VII, chap. 33) fait mention de cette ordonnance, et lui attribue le proverbe. « On voulut , dit-il , que telles

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bonnes dames eussent quelque signal sur elles pour les distinguer et recognoistre d'avec le reste des preudefemmesyqui fut Ae porter une esguUleUe sur Vespaule: coutume que j'ay veu encore se pratiquer dedans Tholoze par celles qui avoient confiné leurs \ies au Ghas<tel-Verd, qui est le bordeau de la ville, qui me fait penser qu'anciennement en la France , lorsque les choses . furent mieux réglées, cette mesme ordonnance s'ob* serva : dont depuis est dérivé entre nous ce proverbe, par lequel nous disons qu'une femme court resguil" leitty lorsqu'elle prostitue son corps à l'abandon de chacun. »

AIGUILLETTE. (iVbwer/')

Cette manière de caractériser les maléfices des préitendus sorciers sur un jeune marié qui se trouve dans un état d'impuissance , vient de ce que dans le seizième siècle, qui était celui des exorcismes, l'espèce d'étui que l'on nommait braguette y se serrait avec un cordon terminé par des aiguillettes*

Dans nos campagnes il y a encore de prétendus noueurs d'aiguillette. Un jeune marié se trouve -t- il dans un état de débilité qui conti^arie les plus chers désirs de sa jeune épouse : c'est un sort, à n'en pas douter.

Voici ce que dit M. Fremont (du Calvados), dans une -brochure intitulée Note sur Vorobariche de Dioscoride (in-8® de Sa pages, Paris ^ Capelle et Renaud , ïSog) : «Assis sur le bord de la Tardouére, au miHeu d'un buisson touffu, je confrontais diverses plantes que j'avais cueillies, avec les savantes descriptions qu'en a données M. de iussieu , lorsque mon travail fut interrompu par la soudaine apparition d'une jeune et charr

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mante personne d'environ vingt ans, qui paraissait prOffondément affligée. Elle passa sans m'apercevoir, et fut à quelques pas de là s'adresser à un vieillard dont la figure hâve , la longue barbe et les vêtemens déguenillés annonçaient un devin. Après une humble révérence elle lui conta piteusement ce qui la tenait en émoi , et lui promit une brebis noire et dix francs s'il parvenait à désensorceler son mari. Le vieillard , ayant préalablement fait quelques grimaces et beaucoup de difficultés , accepta le marché avec un écu d'à-compte ; il ramassa quelques pieds d'orobanche, et, tourné vers rOccident, grommela dessus quelques paroles barbares; il les remit dans les belles mains de la jeune femme , lui dit de les hacher dans une salade , et de la présenter à son époux. Cette aventure, qui se rapportait si bien aux propriétés de la plante que je venais d'examiner, piqua ma curiosité ; je voulus en connaître la suite , et pour cet effet , je me rendis le lendemain de bonne heure au même endroit. Je vis d'abord conduire la brebis noire à la cabane du sorcier ; je fréquentai les mêmes lieux pendant quelques jours , affectant de cueillir de l'orobanche ; enfin , je fus remarqué , j'entrai sans peine en conversation, et j'appris ce que je voulais savoir. Le mari mangea la salade sans se douter de rien, et la jeune épouse n'eut à regretter ni ses dix francs ni la brebis noire. »

AIGUILLETTE. {Je n'en donnerais pas unjerd' ) Se dit d'une chose dont on fait peu de cas. Les aiguillettes ayant cessé d'être en usage , on a dit dans le même sens : Je n'en donnerais pas une épingle,

AIGUILLETTES. ( // ne fait pas bon sentir un maître qui serre ses vieilles)

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