MOR
Mors cequopede puisât pauperum tabemas^ regumque turres,
^ L9 mort ^gale tout, et les âmes des morts Perdent cette grandeur des âmes et des corps. Le cercueil d*un grand roi borne sa destinée ; Avecque ses beaii^ jours sa force est termina , Et la Parque n'est pas plus loin de son château Que d'un pauTre pécheur qui meurt dans son bateau.
(TUI^OPHILB.)
Les lois de la mort sont fatales y Aussi bien aux maisons royales Qu'aux taudis couverts de roseaux ; Tous ndli jours sont sujets aux Parques ; Ceux des bergers et des monarques Sont coupés des mêmes ciseaux.
( Ragah y Ode à M, Menard. )
Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre ,
Est sujet à ses lois , Et la garde qui veille aux barrières du Louvre * N'en défend pas nos rois.
(Malherbe, Stances à Duperrier.)
Mort.
Quand un homme est guéri d'une grande maladie , on dit qu'i/ a fait un pet a la mort.
Le proverbe italien : Dérober une chandelle au prê* trej est plus décent.
Mort.
Se faire moine après sa mort,
"C'était la dévotion des quatorzième, quinzième et seizième siècles. Albert Pie de Savoie, comte de Carpi, général des armées de François i*% voulut être mis en terre en hsj)it de cordelier, dans l'église des cordeliers de Paris.
En i5o2 et i5o3, Gilles Dauphin, général des Cordeliers, en reconnaissance des bienfaits que son ordre avait reçus du parlement de Paris,- accorda, tant aux
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présidens et conseillers qu'aux autres officiers de la cour, la permission de se faire enterrer en habit de cordelier. [Voyez Sauvai, Antiquités de Paris ^ t. .ii, pag. 647.)
On avait la simplicité de croire que les diables se méprendraient, et que, déguisé sous un saint habit, on leur échapperait.
Admiaons la bizarrerie du sort, ou plutôt observons l'esprit des siècles : quand Jean de Meun, au commencement du quatorzième siècle , critiqua , dans son Ro^ man de la Rose , cette momerie , on ne songea point à l'en reprendre, parce qu'il s'était plaint d'un ton dévot; et lorsqu'au commencement du seizième siècle Erasme hasarda sur -le même sujet quelqijes plaisanteries, on Je traita d'hérétique,
MOT. {Et de Caron pas un )
Proverbe tiré d'un diak)gue de Lucien, Ce dialogue a pour titre Caron ou le Contemplateur; c'est une des plus heujreuses allégories qui aient été écrites sur la vie humaine. Caron s'étonne de ce qu'aucun mortel n'entre dans sa barque san^s verser des larmes. Il la quitte pendant quelques heures, et vient sur la terre pour découvrir ce qui peut causer aux hommes de si vifs regrets; il rencontre Mercure qui s'offre à lui servir de guide. Ce dieu entasse plusieurs montagnes les unes sur les autres; il aide le vieux Caron à les gravir, et parvenu ^u sommet, il lui montre l'univers. Caron voit les hommes qui s'agitent de toutes parts; les uns amassent des richesses, les autres poursuivent des honneurs, d'autres ne respirent que les combats; le plus grand nombre ne cherche qu'à passer le temps au milieu des plaisirs et des voluptés, et Caron, fatigué de
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ce spectacle, fiilîl par s'émer : «Dieux ! qu'est-ce que des pauvres moitels! Rois, lingots, sacrifices, t^ombats, et de Carûn pas un mot 1
Mouchard,
Espion. Mézeray dit que ce nom vient d*uh inquisiteur de la foi , né au village de Mouchf en Picardie , et dont les agens étaient appelés mouchards.
Selon Ménage, mouchard vient de mouche y parce que les mouches changent de place en un clin d'œil.
Dans le Martyrologe protestant y Liv. vu , feuillet 53o tourné, de l'édition de i6i9,lesMespiôhS de Tinquisition d'Espagne sont appelés mouches y « en tant que non contens de se glisser dans les cachots parmi les prisonnier^, pour trahir ceux de ces pauvres gens qui sont assez simples pour ne point se défier à^ eux, plusieurs de ces mouches volent bien si loin et si haut, que y passant la mer y ils iront en étranges et lointains pajrs épier ceux quiy se bannissant eux-mêmes d^Es^ vagncy se seront h sûreté retirés quelque pqrt. »
MOUtHE. {^'Courageux 'comme un homme qui a a^^alé une)
a Je suis par la vertu dieu plus couraigeux ,' que si j'eusse aultant de mouches avallé, qu'il en est niis eh paste dedans Paris, depuis la feste Saint-Jean jusques à la Toussaincts. » (^Pantagruel y Liv. iv, chap. 67.)
La mouche est le symbole de la témérité ; elle affronte le danger.
MOÙCHER:|(*Se)
. // ne se mouche pas du pied.
Un homme qui ne pourrait se moucher que du pied n'aurait pas le nez propre, et, par cela même, son odorat ne serait pas subtil.