LA FEMME ET LE MÂRL
Un gros benêt de paysan voulant un jour rentrer dans sa cabane, trouva la porte fermée : il regarde par le trou de la serrure , et cr^it voir un homme sur son lit. Outré de rage , il se retire , bien résolu d'en témoigner le soir son mécontentement à sa femme. « Qu'astu ? lui dit-elle en le voyant arriver de mauvaise humeur, r—' J'ai vu ce matin un homme sur mon lit. — • Voilà tes anciennes folies qui te reprenneïnt. — Folies ! je crois ce que j'ai vu. — Souvent il ne faut pas croire ce que l'on voit. » Puis , le prenant par la main , elle le conduit à un cuvier rempli d'eau. « Regarde , dit*elle ; que vois-tu ? — Parbleu , je vois une figure d^homme. Eh bien , répliqua la matoise, tu n'es pas dans cette eau , et cependant tu t'y vois. H n'est pas surprenant que tu te sois vu sur ton lit : apprends que les yeux mentent quelquefois. » Le pauvre idiot convint de son tort, et promit à sa femme de ne plus croire ce qu'il verrait.
Marie de France écrivait au commencement du treizième siècle.
Poisson.
Les gros poissons mangent les petits.
C'est-à-dire, les puissans oppriment les faibles. Les Grecs avaient le même proverbe. Dans Pôlybe, a)U^re en poisson^ signifie ne connaître de loi que celle du plus fort.
«Ne mange point de cerises avec un plus grand que toi ; car compte qu'il te tirera les noyaux aux yeux. »
{Pro9erbe allemand.)
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3asi POR
VOISSON. {On ne sait s'il est chair ou) Dans l'origine du protestantisme , cela voulait dire ? On ne sait s'il est catholique ou hérétique.
POIVRE. ( Cher comme)
Proverbe du temps où nous ne recevions pas encore le poivre des Indes par mer.
PORCS. [Conseiller du roi, languéyeur de) La chait* d'un porc ladre passe pour être malsaine. C'est à la latiguô de l'animal que la ladrerie est apparente; de là l'importance de visiter la langue, et la éféation de charges exprès pour cette visite.
PORTE. {On a bedc^é devant sa )
Nos pères disaient cela d'un joueur qui n'avait plus d'argent devant lui.
POIMV^. {Sortir par la belle)
C'est se tirer d'une affaire avec honneur. Cette façon de parler vient d'un usage du parlement de Paris : un prisonnier déclaré innocent était reconduit par la grande porte, dite belle porte y donnant sur le grand escalier de la cour du May.
Portier.
Dans les Bourgeoises h la mode, Angélique, au milieu de ses propositions extravagantes, dit: îl faudra, s'il vous plaît y que nous Ayons un portier ; et là-dessus le ihari s'écrie : Miséricorde! un portier chez Mo il chez un notaire un portier l Ah ! madame. Et l'autre réprend : Oui, monsieur, un portier. Il en résulte une longue disputé; enfin le notaire se dit en soupirant: Je rht ferai bien moquer de moi. Celte comédie n'est pourtant que de 1692. Dans l'espace d'environ un siècle
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nos mœurs sont bien changées. Aujourd'hui un notaire qui n'aurait pas de portier se ferait , sinon moquer^ du moins remarquer.
POT. ( Aller comme pois en)
Ne faire qu'aller et venir.
Avant la révolution de 1789, on disait des moines : Renfermés dans leurs couvens, ils sont comme pois en gousse; quand ils ont mis le pied dehors, Us vont comme pois en pot.
Pot -POUR/RI. *
La soupe du grand pot et des friands le pot'pourry.
Proverbe de nos aïeux.
Des viandes pourries de cuire devaient donner d'excellent bouillon; il y avait dans le même pot du bopuff du mouton , du veau , du lard , et beaucoup de légumes^ vrai restaurant et elixir de vie , dit un conte d*Euti^apel. 4
Du temps de François i^^ on mettait encore le pai sur la table; chacun y puisait du brouetj après qvi'oii en avait tiré et jeté pêle-mêle dans un grand plat la viande et les légumes.
POT. {^Sourd comme un)
Un pot n'a point d'preilles , et c'est en cela qu'il diffère d'une écuelle.
Beaumarchais prétendait qu'on avait gâté ce proverbe. « On ne parle point à un pot , disait-il , mais une urne qui renferme des restes chéris , reçoit bien des soupirs et des invocations auxquels elle ne répond pas. »
POUDRE 9 {Un 'a pas inventé la ) dit -on d'un homme dépourvu d'esprit. Ce proverbe donne une grande idée de l'inventeur de la poudre à
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canon ^ quoique sa découverte ait été , comme beaucoup d'autres, TefFet du. hasard.
Fouille.
Chanter pouille à quelqu'un , c'est lui dire des in« jures grossières.
Chez le peuple y se pouiller signifie s'injurier, s'appeler pouilleux.
Pauvreté n'est pas vice , mais personne n'aime à se l'entendre reprocher; or, on sait que les poux sont inséparables de la pauvreté.
s Poule.
Plumer la poule sans la faire crier.
Cest s'emparer sans bruit, sans éclat, de choses qui ne sont pas dues.
POULE BLANCHE. ( Honneurs delà)
Avant la révolution de 1789, dans Tarrondissement 4e R^miremont, en Lorraine, ces honneurs étaient dé/oernés , le jour de leur mariage , aux jeunes filles dont la réputation de sagesse n'avait jamais été ternie. .
Les jeunes gens des deux sexes, invités à la noce, se réunissaient^ quelques jours avant la célébration du mariage , et délibéraient. S'il était reconnu que la jeune mariée avait su se préserver des atteintes du vice , on cherchait , pour le jour de la noce , une poule parfaitement blanche. Cette poule était attachée à l'extrémité d'une perché, entre deux quenouilles garnies de lin. C'était un jeune garçon , ami de l'époux , qui portait la perche : il marchait en tête du cortège; et au moyen d'une ficelle attachée à une des ailes de la poule , il la Élisait crier chaque fois qu'on passait devant la maison de quelques unes des amies de la mariée. Ni la
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richesse , ni la beauté , ni même les marques du repentir ne pouvaient racheter un instant de faiblesse, et les honneurs de la poule blanche étaient impitoyablement refusés à la jeune fille qui n^avait pas su se cotiserver pure.
Poulet.
On donne ce nom à un billet de galanterie , parce qu'en le pliant on y fait des pointes qui ressemblent aux ailes d'un poulet.
La duchesse de Bar disait de La Yarennè , son ancien cuisinier, devenu favori de Henri iv, a Qu'il avait plus gagné à porter des poulets pour son frère, qu'à en piquer dans sa cuisine. »
POURCEAU DE SAINT ANTOINE. {Aller déporte en porte y comme le)
Cette façon de parler, qui s'applique aux 'parasites, vient de ce que les pourceaux de l'abbaye de Saint- Antoine de Viennois en Dauphiné avaient le privilège d'aller de maison en maison , avec une clochette au cou, qui les faisait reconnaître. Chacun, par respect pour le patron de l'abbaye, leur donnait à manger au lieu de les chasser.
POURPOINT. {La chemise est plus proche que le)
Pour dire que nos parens ont plus de droits à notre bienveillance que nos amis.
Le pourpoint, habillement du quatorzième siècle, était un vêtement court. En iSaS, les tailleurs, qui jusqu'alors avaient été appelés tailleurs de robes j, reçurent de nouveaux statuts sous le titre de maîtres tailleurs pourpointiers.
Les maîtres pourpointiers ne vêtissaient que le corps proprement dit ; il y avait d'autres ouvriers pour le haut
Sa6 Put
et le has de chausser. Ceux-ci furent érigés en corps de maîtrise en 1 346 , sous le titre de maîtres chausseiiers. Les boursiers cidottiers leur succédèrent»
* Enfin , ces différens métiers furent réunis en 1 588 , sous la dénomination de maîtres tailleurs d'habits ^ avec le pouvoir de faire tous vêtemens d'homme et de fanme, sans aucune exception.
Louis XIV ayant trouvé convenable d'ôter aux hommes la faculté de faire des habits de femmes, créa, en 1675 , un corps de maîtrise féminin sous le titre de maîtresses couturières , auxquelles il donna pouvoir de feire tous les vêtemens de leur sexe.
Pouvoir.
N*en pouvoir mais.
N'être pas la cause d'îine chose fâcheuse.
Faiseurs d*épigrammes , quel mmte y a-t-il à dire que rage a sillonné le front de Lydie, blanchi ses cheveux , démeublé sa bouche ? En peut-elle mais ? Songez que la plus belle femme en éprouvera tout autant si ielle parvient à un âge avancé. Songez aussi que les difformités qui excitent votre bile ne troublent en rien la société.
Si jeunesse savait y si vieillesse pouvait.
Juvenum lanceœ et senum consilia, dit le proverbe latin.
Suivant l'abbé Suger, on entendit souvent Louis vi , sur la fin de sa vie , se plaindre du malheur de la condition humaine-, qui réunit rarement le savoir et le vouvoir.
IfhÉ. {jilier sur le)
Dans le seixièote siècie , le rendez'-vous des duettistes
PRÉ îay
de I^is était Je Fré aux Clercs; de là, peut-être, cette Êiçon de parler, encore usitée : aller sur le pré.
Le Pré aux Clercs, qui aboutissait à la rivière, s^éten* dait à l'ouest de l'abbaye de SamtOermaîn , depuis la rue de Seine ^jusque vers l'esplanade des invalides.
Le nom de clercs s'appliquait alors non seulement aux ecclésiastiques , mais à tous les étudians de Tuai-' versité de Paris.
Saint-Louis fit, en Ta6o, une ordonnance contre les duellistes , et Philippe*le-£el la renouvela ; mais on s'aperçut que ceux que l'on privait de la faculté de combattre ^ arme^ égales cherchaient à se faire justice avec avantage, et qu'on n'avait fait que substituer Tassai- ' sinat à un combat régulier. L'édit de i3o3^ règle les cas où le combat peut être demandé , et les nombreuses formalités et cérémonies dont il doit être précédé.
Non seulement François i" assista , à Moulin^ , ai| duel de Gersay et de Yiguier, mais kn-niérae eut une af&ire d'honneur.
En 15479 nn duel eut liçu à Saint-Germain-«n4jaye , devant Henri 11 et toute la cour, entre Guy Chabot de ^ Jamac et François de Yivone de la Ghâtaigneray^. Ce dernier mourut des suites du coup qui lui avait été porte , et le roi fît vceu de ne plus permettre de duels.
Sonore d'Albert, seigui^ur de Luines, se battit au bois de Yincennes, devant Charles ix, contre ie capitaine Panier.
Sous Henri iv , aucun tribunal ne j»rononça contre , les duellistes la peiqf de mort dont ce monarque les avait menacés.
Le meurtre du baron de Liiz , tué 4ans laraeSaint- Honoré par le chevalier de Gu4se , qu'il força de mettre l'épée à la main, donna lieu à la déclaration de 161 3;
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mais Je même chevalier de Guise tua, quelque temps après, le fils du baron, et aucune poursuit)si ne fut faite contre lui.
Lç aa juin 1627, François de Boutteville-Sfontmorenci et Rosihadec, comte Deschapelles, son cousin , redoutables panni la noblesse, par le grand nombre d'hommes qu'ils avaient tués en duel , furent décapités en place de Grève. Mais il ne faut pas regarder cette exécution comme la peine d'un duel simple; ce fut bien plutôt un grand exemple reconnu nécessaire pour soutenir l'autorité du roi contre un sujet rebelle. L'épée du comte de Boutteville avait acquis unb célébrité funeste , et son duel avec Beuvron était au moins le quatrième dont le public s'entretenait. Condamné à mort par un arrêt rendu contre lui par défaut pour un autre duel., il avait fait abattre par ses valets , soutenus par quelques cavaliers ^ le poteau dressé pour y afficher sa condamnation ; et forcé de quitter la France , il avait fait accompagner son carrosse par deux cents hommes armés. Réfugié à Bruxelles , il avait résisté à la prière que le roi lui avait fait faire de ne pas se battre contre Beuvron , quoique cette prière lui eût été transmise par l'infante archiduchesse des Pays-Bas; enfin, quoique le roi lui eût refusé des lettres d'abolition , il avait eu l'audace de revenir à Paris , et s'était battu en plein .jour sur la Place Royale.
On donna à cette exécution le plus grand appareil , et elle fit sur les esprits plus d'impression que tous les édits rendus contre les duels. %
En 1 679 , Louis xiv établit des juges du point d'hon-neur dans tout le royaume ; il appela tous ceux qui auraient éprouvé quelque offense à recourir à leur médiation, à leur autorité, pour en obtenir le redressement
et la réparation. La satisfaction et les réparations étaient graduées, selon la qualité et la gravité des offenses, depuis les plus légères jusqu'aux plus grandes.
Les combats singuliers ne devinrent guère moins fréquens , et l'on en va voir le motif. Le comte de Toulouse s'exprimait ainsi dans uhe lettre du 27 mars lyîy • . €( Les lois sur le duel sont sages ; mais jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen de sauver l'honneur d'un homme, il faut en particulier compatir à ce qu'il est obligé de faire. J'ai vu le feu roi bien sévère sur les duels ; mais en même temps si dans son régiment, qu'il approfondissait plus que les autres , un officier avait une querelle , et ne s'en tirait pas suivant l'honneur mondain , il approuvait qu-on lui fit quitter le régiment.y^
Cependant les lois de Louis xiv produisirent un résultat heureux. L'usage des seconds tomba en désuétude, beaucoup d'affaires finirent par de simples blessures , au lieu que , sous le régime des seconds , il y avait toujours mort d'homme. '
Louis XV fit un édit contre les duels en lyaS , et le confirma en 1729. Cette loi, qui est la dernière que nos rois ayent rendue sur cette matière , n'eut pas plus d'influence que les précédentes.
• Louis XVI eut le bon esprit de ne pas accroître le nombre des lois contre le duel.
On se battait pour s'être regardé , pour s'être coudoyé, pour une contradiction quelconque. Un jeune homme n'entrait jamais dans. un corps sans être tdté par les breteurs du régiment. Dans cette disposition des esprits , une loi n'eut probablement fait que les aigrir ; la rage des combats singuliers deyait céder ,à des remèdes plus simples et plus appropriés à l'état actuel des lumières.
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Les écrivains les plus distingués répétèrent tant de fois qu'il était tout-à-fait inconvenable de marcher armés, même au sein de la paix , et dé traîner des instrumens de mort là oii on ne venait chercher que le plabir^ qu'enfin ils furent entendus. On quitta donc Tépée comme d'un commun accord , et dès lors on ne vit plus de ces duels ii;nprovisés par suite d'une injure lég^e, d'^n mot un peu vif. Les Parisiennes se distinguèrent dans cette lutte du présent contre le passé ; elles proscrivirent les uniformes, qui ne sont bonSsqne dans le& revues ou dans les camps; elles ne voulurent pas avoir l'air d'accorder à l'habit des préférences qu'on devait mériter par des moyens plus doux , et les militaires ne parurent plus dans les salons quen habù bourgeois;. c'était l'expression consacrée.
Quelques duels, il faut en convenir, finissaient gaîment. M. le comte de F. «—P. en a cité un exempte dans son Nouifeau Dictionnaire français y publié en 1819, chez Pélicier , galerie des Offices , au Palais-RoyaL c( M. de Langerie et M. de Montandre , officiers dans le corps des galères, Tun de plume et l'autre d'épée, se \ prirent un jour de querelle et se portèrent sur le pré :
ils étaient l'un et l'autre excessivement laids. Airivés au lieu du combat , et les épées tirées , M. de Langerie regarde en face son adversaire, et lui dit : Je fais une réflexion; je ne puis pas me battre ai^ec vous. Il remet son épée dans le fourreau. — Comment ^ mon'sieur! qu'est^e que celasigni/ie ? — Cela signifie que Je ne me battrai pas, — Quoi! vous mHnsullez et vous refusez de m'en rendre raison ! — Si je vous ai in^suite y je vous en fais toutes les excusïss possibles; mais j'ai une raison insurmontable pour ne pas me battre avec vous, — Mais, monsieur^ peut-on la sa--
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poir? ^— Elle vous fâcherait^ »^— Noriy monsieur. — Vous me V assurez ? — Oui^ je vous Vas sure. — Eh bien , monsieur, la voici : si nous nous boitons j je vous tuerai, selon toutes les apparences ^ et je resterai
le plus laid b du royaume. Son adversaire ne put
s'empêcher de rire ; ils revinrent à la ville bons amis ; et comme leurs preuves de iH'avoure étaient faites à l'un et à l'autre , tout le monde en rit aussi. »
La jalousie a quelquefois armé la mîiin des Parisiennes du dix-huitième siècle. Il y a environ quarante* cinq ans qu'une actrice, qui vit encore , en appela une autre au hois de Boulogne. Il s'agissait d'un infidèle , à qui un second amour avait fait oublier le premier» Elles furent l'une et l'autre exactes au rendez-vous , et l'amante délaissée dégaina la première ; mais à la vue du fer vengeur, l'usurpatrice perdit courage , se laissa docilement souffleter, et revint pleurant à Paria.
Les belles de nos jours ne sont pas moins irritables. M.Brillat de Savarin disait, en 1819, dans son ouvrage intitulé Essai sur le duel, d'après notre législation et nos mœurs : « Il n'y a que peu de semaines qu'on a vu dans un dossier, au Palais de Justice , un cartel envoyé par madame G^ de la Haute-Loire, à madame F.... sa voisine, qu'elle accusait de lui avoir fait manquer un mariage. La lettre était chaude, injurieuse, menaçante; et pour ne laisser aucun prétexte à la couardise, l'offensée laissait à Madame F.... le choix des armes, et huit jours pourHfaire ses dispositions.»
Parmi leAauses qui ont diminué le nombre des duels, il faut compter pour quelque chose l'usage où l'on est depuis une vingtaine d'années de se battre au pistolet. Le combat à l'épée est chevaleresque et noble ; le sort n'y entre powvrien; en recevant le coup, on peut le
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rendre. Mais est-ce se battre, se mesurer, que de tirer ^u sort lequel des deux champions aura l'affreux privilège de brûler la cervelle à l'autre?
Quelques publicistes voudraient que l'autorité fût implacable pour les ténK>ins. Si ces témoins, disent-ils , étaient des spectateurs, des passans conduits par le hasard , ils se feraient un devoir d'empêcher le combat par tous les moyens possibles, et de rendre à la raison et à l'humanité des hommes exaltés. — - Les témoins employent toutes les voies de conciliation ; et si quelquefois ils ont le malheur de ne pas réussir, ils veiltent au moins à ce que les choses se passent dans 'les règles y et qu'un duel ne devienne pas un assassinat.
Les anciens duels étaient presque toujours de Vraies parties carrées ; chaque adversaire amenait un second, qui se battait comme s'il eût été question de sa propre querelle. On a vu des duels entre six et même huit combattans.
Le duel est sans doute un mal , mais la crainte du duel produit quelques bons effets; elle rend plus important et plus général ce principe de l'éducation pre^ mière, qu'il ne faut offenser personne.
PRÉ, (^Épargne de bouche vaut rente de^ . Nos pères voulaient, par ce proverbe, donner l'idée d'une économie bien importante ; car il n'y a- pas de revenu plus sûr que celui d'un pré.
« V économie est fille de l'ordre et de l'assiduité» »
(De L^is.)
■' « \1 économie tient un milieu entre l'avarice et la prodigalité ; mais elle doit s'y tenir si ferme qu'elle ne penche pas du côté de l'avarice , dont elle est proche parente.
«La sordide avariée et la folle prodigalité , tempérées Tune par l'autre, produisent la sage économie, »
(La Bruyère. )
PRÉ. {Faucher le grand)
C'était l'expression dont on se servait autrefois pour désigner le genre de travail des criminels condanmés aux travaux publics, parce qu'ils passaient le temps de leur détention à ramer sur les galères du roi.
Quoiqu'il n'y ait plus de vaisseaux appelés galères , le mot galérien est encore employé quelquefois ; mais ordinairement on iSx. forçat y homme forcé à travailler.
Les forçats sont placés dans les ports. On les enferme dans de grands bâtimens construits à terre, et appelée bagnes (de bagno, nom donné autrefois par les Italiens à la grande prison des esclaves de Constantinople , où il y avait des bains).
Les forçats partent à certaines époques des prisons de l'intérieur, et on leur adjoint tous les condamnée à la même peine , détenus dans Içs prisons qui se trou-; vent sur leur route. La troupe de ces criminels fornle ce que l'on nomme une chaîne; car ce mot signifie et la peine des galères , et la troupe des criminels condamnés aux. galères.
Précieuses.
On donna ce nom, vers le milieu du dix-septième siècle, à une société de femmes dont le langage était alambiqué; et la comédie des Précieuses ridicules y jouée en 1659, n'eut pas d'autre but que de faire cesser ce jargon.
Bodeau de Somaize , qu'il ne faut pas confondre ayec l'érudit Saum^ise , ne tint compte de la critique , et publia , en 1 660, le grand Dictionnaire des Précieuses,, qui forine deux volumes.
Comme cet ouvragé est rare, en voici un extrait : Conter fleurettes.
Pousser le dernier doux.
Un chapelet.
Une chaîne spirituelle.
Avoir de belles lèvres. A9oir des lèvres bien ourlées.
Danser.
Tracer des chiffres d'amour.
Se marier.
Donner dans V amour permis.
Les peintres.
Les poètes muets.
Les îieux d^aisances.
La lucarne des antipodes.
Démêler des cheveux.
Délabyrinther des cheveux.
Pester contre une personne , et n'oser ouvrir la bouche pour se plaindre.
Jurer entre cuir et chair.
L'auteur cite ses autorités.
Prendre.
L'orthographe du proverbe suivant peut faire juger
de son ancienneté :
Trois choses sont tout d'ung accord , L'Église, la court et la mort, « L'Église prent du vif et mort., La court prent le droit et le tort , La mort prent le foyble et le fort.
Présent.
Qui prend s'engage.
Recevoir des présens, c'est contracter des obligations envers ceux qui les font.
Personne ne doit être plus en garde contré les dons