‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 132 sur 176 · REN · texte numérisé non relu

REN

RENÉ. [Se chauffer a la cheminée du roi) Proverbe provençal. René, roi de Sicile-, comte d'Anjou et de Provence, mort .^j 1480, avait coutume de partager son temps entre l'Anjou et la Provence ; mais lorsque Louis xi, son oncle, se fut emparé de l'Anjou , la Provence devint le lieu habituel de sa résidence.

René se livra à son goût fpur la vie pastorale. Comme au temps de Saturne et de Rhée, il garda quelquefois ses troupeaux avec Jeanne de Laval son épouse. A Marseille , où il passait ordinairement Thiver , on le voyait sur le^port se pénétrer des rayons du soleil; et de là vint le proverbe , Se chauffer a la cheminée du roi René.

• Les Provençaux l'avaient surnommé le Bon; il fut en effet le bienfaiteur de tous les pays qu'il gouverna. Là France lui doit l'introduction des raisins muscats, des paons blancs, des perdrix rouges et des œillets dits de Provence. Ce qui est bien autrement recommandable, il fît naître dans l'Anjou et dans la Provence le goût des belles-lettres et des arts. La France possède quelques tableaux de sa main. Au moment où il apprit que Louis xi venait de s'emparer de l'Anjou par surprise , il peignait une perdrix dans son château de Beaugé; il continua de travailler, et ne témoigna d'autre regret que celui de quitter pour toujours un pays auquel il était tendrement attaché. Ce prince était gai , vif et fécond en saillies.

RENCONTRER. {Se) .

Les beaux esprits se rencontrent y dit-on à un homme qui a la même pensée qu'un autre.

Ce sont surtout les poésies qui offrent des v^s que l'on a lus dans d'autres poètes.

d$o . REP

Rbnommée.

Dans les tournois, tout avantage remarquable que remportait quelqu'un ^^des combattans, était célébré, non seulement par le son de^ instrumens , mais par la voix des hérauts. Mille cris perçans faisaient retentir à plusieurs reprises le nom du vainqueur, usage qui, dans notre langue , a formé le mot renommée,

RENTE. [Mieux vaut règle que) «Les richesses, dit Montaigne, viennent plus de Fordre que de la recepte. » '

REPiLS.

A main lavée Dieu mande la repue*

Ce proverbe est tiré de G. Meurier.

Chez .nos ancêtres on donnait à laver avant le repas. Des trompettes annonçaient Theure de se mettre à table; cela s'appelait corner l'eau.

L'usage de se laver les mains avant le repas existait encore en France du temps de Régnier , car il dit dans sa dixième satire :

'Sûr. ce point on ae late, et chacun en son rang Se met dans une chaise, ou s'assied sur un banc.

Repas.

Un ami en amène un autre.

Un homme invité à un repas y mène quelquefois un ami , et fait , en le présentant , quelques excuses auxquelles on répond par le proverbe, un ami en amène un autre.

Chez les anciens on recevait aussi sans difficulté, un ami , mais il fellait que ce fût un ami commun. Ce convive s'appelait o/w^re, parce qu'il Suivait son introducteur comme l'ombre suit le corps.

BEPAS. (ffeure des)

RIB 35i

Pendant long-temps Tusage de la nation fut de dineir à neuf heures , comme font aujourd'hui les paveurs , les maçons et les tailleurs de pierre, xe qui donna lieu de dire en proverbe :

Lever à cinq, diinér à neuf, ' ^

Souper à citiq^ coucher à neuf, ^

Fait yîyre d'ans nouante et neuf.

Lorsqu'on eut reculé le dîner d'une heure, le proverbe fut ainsi changé :

Lerer à six , disner à dix ,

Souper à six, coucher à dix, ^

Fait vivre l'homme dix fois dix.

B.£âSEMBLA]N^C£.

Ceux qui se ressemblent se rassemblent. • Ce proverbe , tiré du latin , pares cum paribus congregantur^ souffre bien des exceptions. Les gens vicieux, il est vrai , se recherchent , mais l'homme mélancolique fuit la société des personnes gaies, ou plutôt les personnes gaies l'évitent :

Oderunt hilarem tristes , tnstemque jocosi.

(Horace.)

Ressource.

Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise i Ce proverbe n'a pas besoin d'explication ; un passage du Roman de la Rose prouve son ancienneté.

Moult a souris povre recours ,

Et met en grand péril la druge {druge, fuite.)

Qui n'a qu'ung pertuys à refuge.'

REVERDIR. {^Planter là quelqu'un pour) C'est-à-dire, le laisser dans un endroit qu'on lui à désigné sans venir le reprendre.

On dit aussi, Laisser sur le vert.

RiBÂUDS.

Il y avait , sous Philippe ii ^ un^ espèea de soldats

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