‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 131 sur 176 · REB · texte numérisé non relu

REB

siastique , un délassement qu'on prétend défendu par une loi semblable, et nous aurons Ramponeau con* damné par sa propre bouche. »

Ramponeaur triompha, et maître Élie de Beaumont fut vertement chapitré par son ordre.

RAPPORT , ( Belle montre et peu de) dit-on d'une chose qui n'est avantageuse qu'en apparence.

Le proverbe des Latins était : Adoculos magis quant ad vesicam pertinet.

Vesicay vessie, signifiait bourse à serrer l'argent.

RASOIR, {lln^a senti que Ut fraîcheur du ) Se dit d'un homme à qui il est arrivé inopinément une disgrâce. .

RAT. {A bon chat bon)

C'est-à-dire , bien attaqué , bien esquivé.

RATS. (^^OiVûfe^)

C'est-à-dire, des caprices, des inégalités d'humeur.

Quelques étymologistes prétendent que c'est une allusion à la rate, d'où, selon eux, ces bizarreries proviennent; d'autres font dériver rat du latin ratum^ résolution*

De petits rats 9 Iris y TOUS rendent plus jolie ;

De petits rats Donnent du lustre à yos appas :

Pour moi, je suis pour la folie»

Et préfère à la prud'hommie ^

De petits rats.

REBEC. ( Visage de)

Figure grotesque.

La partie supérieure du rebec , ancien violon à trois

flEC 347

cordes, représentait une tête humaine grossièrement sculptée.

Un mot populaire paraît dériver de ce proverbe ; le peuple appelle Rebeca une femme revêche.

RÉBUS. {Parler)

C'est-à-dire, parler énigmatiquement, parler par équivoque.

Ménage tire l'origine des rébus de l'usage où étaient anciennement les clercs de Picardie de composer, toutes les années au carnaval, des pièces satiriques sur les événemens du temps {de rébus quœ geruntur). Ces pièces étaient remplies d'allusions et d'équivoques.

Par rébus on entend aujourd'hui un assemblage de lettres ou de syllabes et d'objets figurés , qui compose un mot ou une phrase.

Un historien rapporte comme une chose tout-à-fait galante et des plus merveilleuses, qu'un de nos rois (Charlesvi), n'étant encore que dauphin, fit faire une enseigne où l'on avait peint un K, un cygne et une L, parce qu'il aimait vne jeune fille appelée Cassignelle.

On trouve des rébus dans les armoiries, par exemple^ dans celles de la n^kon de Raconis , qui porte des choux cabus et ces deuxVots, Tout n^est; ce qui équivaut à la légende, Tout n^ est qu^ abus.

En rebiu de Picardie,

Une faulx, une étrille , un veau»

Cela fait étrille Fauçeau.

(Marot.)

Il fut un temps où les écrans étaient chargés de rébus ; on en a mis , il y a quelques années , sur les sacs à ouvrage de nos dames.

RECOirnuiRE.

Il nous manque un proverbe sur le mot reconduire.

348 RteN

Les Russes disent : On reçoit l'homme suivant soa habit, et on le reconduit suivant son esprit.

Refus.

Qui refuse y muse.

C'est-à-dire , qui refuse est un niais , parce que souvent l'occasion d'avoir ce qui nous a été offert ne se présente plus.

Molière avait peut-être ce proverbe en vue , quand il a fait dire à Gros-Réné :

Refuser ce qu'on donne est bon à faire imix foos.

Qui refuse, muse, s'applique particulièrement aux filles qui demeurent à marier, après avoir refusé de bons partis.

Son miroir lui disait , prenez yite un mari ;

Je ne sais quel désir le lui disait aussi :

Le désir peut loger chez une précieuse.

Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru ^

Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse

De rencontrer un malotru.

( La FoHTAiirB. )

.RELEVÉE. {De)

Pour dire rap]:ès-midi. Cette façon de parler tient à l'usage de dormir, après avoir pris le repas du milieu du jour. j|P^

RENARD. {Se confesser au^ ' Pour dire faire confidence d'une affaire à un homme qui a intérêt de l'empêcher.

RENARD. {Prendre martre pour) Prendre une chose pour une autre, étant trompé par la ressemblance.

RENARD. {Enfumé comme un) On çtouffe avec de la fumée les vieux renards qui ne veulent pas sortir de leur terrier.

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