‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 150 sur 176 · SEL · texte numérisé non relu

SEL

SpC. (^Employer le vert et fe)

Pour dire , employer tous les moyens possibles de réussir dans une affaire.

Les Latins , au lieu de tirer, comme nous , leur comparaison de l'agriculture, rempruntaient à l'art militaire ou à la navigation , et disaient : Cum hastd et » scutOy ou remis velUque.

Seigneur.

Qui voit la maison de son seigneur y il n^y a ni profit ni honneur.

Par voir^ il ne faut pas entendre \c\ fréquenter y mais se trouver à proximité. Si un voisin puissant ne vous opprime pas , il vous rappetisse.

Sel.

Pour bien connaître un homme ^ il faut avoir mangé un minot de sel avec lui*

C'est-à-dire, l'avoir pratiqué long-temps.

Lorsque la gabelle fut établie, on ne put acheter du se! qu'au grenier des fermiers royaux; le sel devint cher , et l'on en fat économe.

SEL. {Grenier a)

Nos pères appelaient ainsi un homme à bons mots.

Au mois de septeipbre 1729, un libraire de Paris choisit le titre de Grenier à sel pour puUier une espèce de journal ; ce fut une rapsodie. En tête de l'exemplaire que nous avons sous les yeux, et qui contient huk cahiers de a4 ps^g^s in-ia chacun, se trouve mar nuscrit ce couplet du chansonnier Gallet :

Dans toa grtiiier Est-il un grain de fél attique ?

Dans ton grenier Ta passes pour on fimx saunier.

376 SÉR

Quelque jour, faute de pratique, ., * ^ '

Tu pourras bien mourir étique Dans ton grenier.

Le mot grenier avait plusieurs acceptions qui sont tombées en désuétude , et que le bon goût nç revendique pas :

Grenier a puces ^ grenier a coups de poing.

SÉRÉES. {^Joyeuses)

Nos pères appelaient ainsi les veillées.

Comme maintenant, dans nos villages, les veillées se tenaient à la lueur d'une lapipe; les mères et les filles se rassemblaient pour filer , disserter sur la filasse et conter des histoires de sorciers et de loups-garoux; If s gartons , pour voir leurs maîtresses. La jeune bergère laissait tomber son fuseau pour connaître ses amans, ceux-ci s'enjpressaient de le ramasser; la veillée se terminait par un régal de noix , de châtaignes , de * pruneaux.

On trouve dans les Mémoires de V Académie des sciences^ inscriptions et belles4ettres de Trojes en Champagne (in-ia, Paris, 1756), uiie dissertation fort plaisante, que l'avocat Grosley est censé avoir lue dans cette prétendue A-CdÀénàe y le 1 5 novembre 1742. «.Comme on voit, dit-il, dans les écreignes (nom scientifique donné aux veillées), une villageoise, bonne ouvrière, après ^voir filé sa fusée, représenter son ouvrage pour être applaudi ou censuré ; de même on voit dans nos- séances un académicien laborieux , après avoir rassemblé ses idées et dirigé ses réflexions sur un point de gazette, ou sur une difficulté de logogriphe, soumettre le fruit de ses travaux aux lumières toujours supérieures de l'Académie. Il n'est presque point de jour où l'on ne se régale dans les écreignes, il n'e&l

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