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un grand seigneur de périr sous le bâton , pour avoir parlé de lui avec trop de hardiesse , alla S'en plaindre à François i", qui lui dit de ne rien craindre ; que si quelqu'un était assez hardi pour le tuer, il le ferait pendre un quart d'heure après. j4h! Sire , dit Triboulet, s* il plaisait a votre majesté de le faire pendre un quart d^ heure aidant?
Il passait avec un seigneur sur un pont où il n'y avait point de parapet; le seigneur en colère demanda pourquoi on avait construit ce pont sans y mettre des gardefous. Cest y lui répondit Triboulet, qu'on ne sai^ait pas que nous y passerions.
Rabelais a mis Triboulet fort agréablement en jeu , quand il l'a fait consulter par Panurge sur son mariage.
Troc.
Faire un troc de gentilhomme.
Pour dire , troquer sans retirer de Targent.
TROP. {Rien de)
Rien de trop est un point
Dont on parle sans cesse ^ et qu*on n'observe point.
Les hommes la plupart sont étrangement faits : ' -.
Dans la juste nature on ne les roit jamais ; En chaque caractère ils passent ses limites , Et la plus noble chose ils la gâtent souvent Pour la vouloir outrer «t pousser trop avant.
(MouàRE, Tarifée.)
Tout vouloir est d*un fou , l'excès est son partage : La modération est le trésor du sage ; U sait régler ses goûts , ses travaux , ses plaisirs , Mettre un but à sa course, un terme à ses désirs.
(Voltaire, Discours 4«.)
Trop de repos nous engourdit , Trop de fracas nous étourdit , Trop de froideur ei^t indolence , Trop d'activité turbulence, Trop d'amour trouble la raison ,
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Trop de remède est nn poison , Trop de finesse est artifice.
Trop de rigueur est cruauté.
Trop d'audace est témérité.
Trop d'économie avarice :
Trop de bien devient un fardeau , Trop d'honneur est un esclayage , Trop de plaisir mène au tombeau , Trop d'esprit nous porte dommage :
Trop de confiance nous perd , Trop de franchise nous dessert , Trop de bonté devient faiblesse , Trop de fierté devient hauteur, Trop de complaisance bassesse , Trop de politesse fadeur.
(PAjriTAaD, Maximes et Sentences.)
TROPHONIUS. {Paraître sortir de V antre de)
C'est-à-dire 9 avoir Tair triste, abattu.
L'entre dé Trophonius, situé dans un bois, n'avait qu^une petite ouverture de forme ronde ; de cette espèce de four on était entraîné dans une seconde caverne, avec beaucoup de force et de vitesse. L'avenir ne se déclarait pas à tous de la même manière ; les uns voyaient , les autres entendaient ; mais tous avaient été effrayés; et Pausanias dit que quiconque avait consulté Toracle de Trophonius, conservait un air triste pendant toute sa vie.
TROTTOIR. {Fille qui est sur le)
C'est-à-dire , qu'on cherche à marier , que l'on met en évidence. Métaphore prise des chevaux, qu'on fait trotter et aller toutes sortes de pas en place publique , lorsqu^on veut s'en défaire.
TROUSSES. {Ai^oir a ses) C'est-à-dire, être poursuivi.
La trousse, espèce de jupon troussé et serré entre les cuisses, est l'origine de notre culotte; on le voit
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sur les portraits de François i", de Henri ii , de François II , de Charles ix , de Henri m et de Henri iv. Il n'y a plus aujourd'hui à le porter que. les sauteurs, quand ils se livrent à leurs exercices.
TRUAND. {Quijit Normand, il fit)
Ce vieux proverbe vient, selon Pasquier, de ce que les Normands étaient chargés d'impôts. Tni signifiait tribut, et truand n'était pas pris en mauvaise part.
Comme l'aumône est une sorte de tribut, truand est aussi synonyme de mendiant :
Quand je yoy tout nuds ces truans Trembler, sur ces fumiers puans, De froit, de faîn, crier et braire, Conte ne fais de leur affaire.
( (Roman de la Hose,)
TU AUTEM. (Entendre le)
C'est être prompt à saisir une affaire.
«( J'y étais , dit Gargantua , et bientôt en saurez le tu autem. »
Avant la révolution de 1789, on faisait une lecture pendant le repas dans toutes les communautés reli* gieuses. Le supérieur , pour faire cesser la lecture , donnait un petit coup sur la table , en prononçant les mots tu autem, qui étaient suivis de Domine , miserere nobisj et chacun se levait.
Le burlesque prédicateur Menot a dit qu'après notre mort j poterimus cognoscere omne tu autem.
TURC. [Fort comme un)
Ce proverbe date des Croisades. La forte constitution des Turcs frappa nos aïeux , qui cependant étaient plus forts que nous , comme on peut s'en convaincre en examinant dans les arsenaux des masses d'armes et
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des épées que nous aurions de In peine à lever, et dont, à plus forte raison, nous serions incapables de nous servir. La découverte de la poudre à canon , en rendant souvent la force du corps inutile , nous a sue* cessivement énervés.
Vers le milieu du dix-septième siècle, on eut Tespoir de corriger la débilité des constitutions par une découverte nommée transfusion du sang. Les premières expériences furent faites en 1666. Les docteurs Richard Lower et Edmund King prirent des chiens , des brebis , des veaux, des chevaux, etc. , et firent passer dans un corps affaibli le sang d'un animal vigoureux.
De l'Angleterre , ce système se répandit en France et en Italie. Des animaux usés, décrépits, sourds, recouvrèrent, ceux-ci Fouie, ceux-là l'agilité par la transfusion dans leurs veines du sang d'animaux jeunes et robustes.
Comme il se faisait des cures étonnantes, Jean Denis, docteur en médecine à Paris, assisté d'un chirurgien nommé Emerez , essaya , dans cette capitale , lopération 9ur un homme , et publia la relation de sa cure. C'était le sang d'un agneau qu'il avait- employé. Il y joignit J'histoire d'une autre guérison opérée par la transfusion du sang d'un veau. Mais , dans cette même ville , la transfusion ayant été fatale au baron Bond, fils du premier ministre d'état en Suède , le roi de France défendit que l'on donnât suite à ces expériences.