BAH
a Si on a donné le nom de badaud, dit Voltaire , au peuple de Paris, plus volontiers qu'à ui\ autre, c'est uniquement parce qu'il y a plus de monde à Paris qu'ailleurs, et par conséquent plus de gens inutiles qui s'attroupent pour voir le premier objet auquel ils ne sont pas accoutumés , pour contempler un charlatan, ou un charretier dont la charrette sera renversée et qu'ils ne relèveront pas. Il y a des badauds partout, mais on a donné la préférence à ceux de Paris. »
Lorsque Ménage fit imprimer ses Origines de la Langue française y Journel, son imprimeur, refusa de mettre $ous la presse ce qui regardait la badauderie de Paris. A Dieu ne plaise, disait-il, que j'imprime rien contre ma patrie. Cette naïveté inspira ces quatre vers à Ménage :
De peur d'offenser sa patrie, Jonmel , mon imprimeur , digne enfant de Paris , , Ne yeut rien imprimer sur la badauderie;
Journel est bien de son pays.
Baguenauder.
C'est s'amuser à des riens. On a tiré cette façon de parler de l'usage où sont les écoliers de crever les gousses qui renferment les semences du baguenaudier , pour produire une espèce d'explosion.
BAGUETTE. {Commander a la) Dans ce proverbe , on fait allusion à la baguette des huissiers ou à celle des écuyers.
Bahutier.
Quand un homme fait plus de bruit que de besogne , on dit qu'il fait comme les bahutiers. Les bahutiers , après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles avant que d'en cogner un autre.
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Baise-mains.
L'usage des baise-mains a toujours été regardé comme un formulaire muet établi pour assurer les réconciliations, pour demander des grâces, remercier de celles qu'on a reçues, et marquer sa vénération à ses supé* rieurs. Chez nous cette pratique tombe en désuétude ; on la regarde comme une bassesse ou comme une trop grande familiarilé ; et il serait à craindre que cet usage ne se perdît entièrement, si nos amans ne prenaient soin de Iç conserver.
BAISEMAINS. (^ belles)
Avec marque de grande soumission. Baisemains n'est féminin que dans cette espèce d'adverbe. Le baisemain était un hommage que le vassal rendait à son seigneur. On dit encore, y^e vous baise les^mainSj pour, je vous salue. Si les enfans baisent leur propre main en recevant un bonbon , c'est que le respect les empêche d'appliquer la bouche sur la main du bienfaiteur.
BALAL (iRoh>/^)
Ce proverbe est populaire ; il signifiait autrefois brûler un fagot en compagnie, entrer en goguette au point de rôtir le balai faute d'autre I^ois.
Payer pinte et fagot ^ sont encore des termes familiers au peuple.
Rôtir le balai ^ quand on parle des femmes , est un terme injurieux qui veut dire , tenir une conduite déréglée.
Bamboche.
Ce sobriquet donné à un peintre hollandais fort contrefait, et qui excellait à peindre des figures grotesques, parut d'une application si heureuse, que tous les
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tableaux du genre auquel il s'était adonné prirent le nom de bamboches.
Des folies en peinture, ce mot a été transporté aux folies en morale ; eX faire ses bamboches ^ c'est se permettre de grossières facéties, de mauvaises pointes; c'est aussi mener une conduite peu régulière.
BAJTC. {Four a)
Quand un homme a une bouche trop fendue, on dit qu'elle est grande comme un Jour à banc.
Avant l'abolition de la féodalité , dans quelques communes tous les habitans étaient contraints de porter leur pâte BMjourà banc.
* Le droit de banalité comprenait aussi les moulins et les pressoirs.
BANNIÈRE. {Aller au-devant de quelqu'un opec la croix et la )
Ce proverbe est féodal. C'était ainsi qu'on recevait les seigneurs dans leurs fiefs.,
BANNIÈRE. {Aller chercher quelqu* un avec la croix et la)
Ce proverbe s'applique aux personnes qui se font attendre long-temps^
Dans quelques chapitres, notamment à Bayeux et au Puy-en-Velay, si un chanoine ne se rendait pas à matines le jour d'une fête solennelle, quelques-uns de ses confrères se détachaient du chœur avec 'deux clercs , et allaient processionuellement à son logis.
Banquet.
Toutes les fois que nos pères donnaient un grand festin , ils faisaient asseoir les convives sur des bancs ; et de là s'est formé notre mot banquet.
3a BAR
Chez les princes et les grands seigneurs , les sièges n'étaient que des bancs, mais on les recouvrait de tapis pour les rendre moin^ durs.
Barbe.
A barbe rousse et noirs ches^euXj ne te fie si ta ne "veux.
Les Espagnols disent : Faux de nature y les chei^eux noirs y la barbe rousse.
Les Romains n'avaient pas non plus une bonne idée d'un homine à cheveux noirs et à barbe rousse.
BARBE. ( Faire la)
Faire la barbe a guelqu*un, c'est lui donner des marques de mépris , le braver.
On sait combien les Orientaux tiennent à leur barbe ; chez nous, il en fut de même jadis. Le serment ordinaire de Charlemagne était : Je jure par saint Denis et par cette barbe qui me pend au menton.
Depuis Clovis jusque vers la fin du douzième siècle , on laissa croître la barbe. Pendant environ quatre siècles, ce furent les cheveux qu'on porta longs.
François ^i" introduisit une mode contraire, lorsqu'un coup reçu à la tête, en jouant, l'eut obligé de faire accourcir ses cheveux.
Henri ni , qui portait une toque de femme , fit couper sa barbe; mais on voit dans d'Aubigné quelle impression produisit ce changement.
^ Henri fut mieux instruit à juger des atours
Des p de sa cour et plus propre aux amours :
Avoir le menton mz ,
Le geste efféminé , l'œil d'un sardanapale ;
Si bien qu'un jour des Rois, ce douteux animal.
Sans ceryelle, sans front, parut tel en un bal.
Sous Henri iv, la barbe fut un des principaux articles