‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 25 sur 176 · BAU · texte numérisé non relu

BAU

de SuLly^ et en 1610, année de sa mort, quinze mîi» lions huit cent dix siille livres.

^ BÂTÉ» {Vdne du commun est toujours le plus mal) Pour dire, quon soigne toujours moins leii intérêts publics qur les siens propses.

BATON ( Faire^ sauter le) à quelqu'un.

C'est lui faire £ÛFe quelque chose m^vi hii.

Cette métaphore &it allusion à un amusement qui consiste à faire arrêter tout à coup un troupeau de moutons, pour sauter pardessus un bâton, qu'on tient élevé à trois ou quatre pieds de hauteur.

BATON. {Tour du)

Tour du métier , profits secrets et illicites.

La Monnoye tire cette expression du petit bâton avec lequel les joueurs de gobelets font leurs tours de passe-passe. De Brieux pensé qu'il s'agit du bâton des maîtres d'hôtel; et, suivant Borel, baston a la même signification que km bas ; on ne dit qu'à l'oreille de celui qu'on veut mettre dans ses intérêts : Vous aurez tant , si vous me secondez dans cette af&ire. Peut-être aussi est-ce un proverbe féodal. Lorsqu'un seigneur se faisait représenter pour juger , il donnait sa baguette à celui qui le représentait. En payant l'amende , plus d'un condamné aura cru que les profits du juge étaient ajoutés aux amendes de la loi.

BATONS. (Fêtes à)

Nos pères appelaient ainsi les fêtes solennelles , parce que ces jours-là non seulement le grand chantre mais les chefs des confréries marchaient à la procession , tenant en main une espèce de bourdon.

BAUDRIER. (Mon) '

Kos pères appelaient ainsi un compagnon insépa-

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rable , un ami sur lequel ils comptaient comme sur le baudrier ou ceinture qui leur servait de bourse.

Bavardage.

Trop gratter cuit, trop parler nuit.

Le proverbe espagnol est^lus expressif que le nôtre : Le peu parler est or y et le trop est boue.

Un de nos poètes a dit de la langue :

Ne la réglons pas , rien n*est pire ; Gouyemons-la, rien n'est si bon.

BAVETTES. {Tailler des)

Quand des femmes s'assemblent pour caqueter, on dit proverbialement qu'elles taillent des bavettes.

Le mot baiser, d'où dérive bavette, est tombé en désuétude , mais on dit encore bavard.

Bavolet.

Loin de la cour je me contente D'aimer un petit hwoUt,

( BoiS&OBBRT. )

Le nom d'une coifïure est devenu proverbial pour, désigner une paysanne. Mais quelle est l'étymologie de bavolet ?

Volet se disait autrefois pour voilet, et voilet est un diminutif de voile.

BEAUCOUP. {Cent ans ce n'est guere^ mais jamais c'est)

Cela se dit à une personne qui assure , dans un moment de colère, que jamais elle ne retournera telle part , dût-elle vivre cent ans.

Beau-cousin.

Anciennement on disait beau cousin, comme on dit beau-pere et beau-fils.

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BEAUNE. {Anes dé)

Dans le treizième siècle il y avait à Beaune des commerçans distingués , du nom de L'âne. Lorsqu'on voulait parler d'un commerce bien établi, on citait les jines de Beaune. Depuis, ce nom est resté aux habitans, et c'est sur une misérable équivoque que roulent toutes les plaisanteries qui ont été faites sur leur compte.

BEC. ( // attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le)

Allusion à la manne qui tombait du ciel.

BEC. (^Passer la plume par le)

Cette façon de parler fait allusion à une espièglerie de clercs ou d'écoliers, qui, pour déniaiser un nouveau-venu, épient le moment où il a la plume à la bouche, et le barbouillent, en tirant cette plume par le bout d'en haut.

Il y a encore un jeu qui consiste à faire passer une plume sur les lèvres des jeunes beautés. Celle qui sort sans rire de l'épreuve, est, dit-on, sage et imprenable ; mais cet essai a ses périls, et peu osent en courir la chance.

BÉGUIN. ( // <2 encore son premier)

C'est-à-dire , il est sans expérience.

A quatre ans, au plus tard, les enfans quittent aujourd'hui le béguin ; il n'en était pas de même vers le milieu du règne de Louis xv , garçons et filles portaient généralement cette coiffure à six ou sept ans ; et dans les familles amies dé la retraite, les garçons de huit à neuf ans, et les demoiselles de onze à douze, avaient encore un béguin.

Lorsque J, J. Rousseau (année 176a) proscrivit le

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maillot, la bride, petite baiide de tôite qui fait partie d'un béguin, et qui sert à le fixer sur la tête , fit comprendre cette coiffure dans son projet de réforme.

Lé docteur Des Essartz ( Traité de l'éducation cor" porelle des enfans en bas âge y Paris, 1760) avait ^ëj^ dit que cette bride, comprimant les glandes maxillaires et même les parotides <, y occasionnait un engorgement et un gonflement.

Le docteur Alphonse Le Roi {Recherches sur les habillemens des femmes et des enfans , Paris , 1772) ajouta: «Souvent on serre trop le cordon, à dessein d'affermir la coiffure de l'enfant; alors cette compression arrête le sang dans les veines, le refoule vers le cerveau , ce qui produit ou aggrave une multitude de maladies auxquelles les enfans succombent le plus ordinairement. »

Dans X Encyclopédie méthodique (Paris, 1785), M. Rolland de La Piatière lança aussi son manifeste contre les béguins. «Nous nous abstiendrons, dit-il, de tous détails de layette, têtière, béguins, fichus, chaussettes, bavoirs, mouchoirs, etc., fatras de liens incommodes, de pièces ridicules, dont la sottise et le préjugé embarrassaient l'enfance , gênaient ses mouvemens, arrêtaient sa croissance, et dont le bon sens commence à l'affranchir. »

Mais le coup le plus terrible fut un article du Afercure de France, signé M. «Qu'est*ce qui a fait, dit l'abbé Galiani dansune lettré à madame d'Épifnay^ c«ftte plaisanterie diarmante des oreilles à ressorts ? Elle est digne de Swift, et de tout ce qu'il -y a de plus délicat dans ce getxre. Si Grânm n'en est pas l'auteur, je ne le connais point. »

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