BOS
n est plus propre à échauffer la tête que de la tenir enfoncée dans un bonnet.
La pièce d'étoffe nommée coqueluchon , ou chaperoriy qui , dans le moyen âge, couvrait la tête des hommes et celle des femmes, avait un appendice. Quelques hommes ayant roulé cette queue de chaperon autour de leur tête, iljiit troui^é bon, dit Estienne Pasquier, de retrancher tous ces grands appentis, et voilà le bonnet. Par conséquent les premiers bonnets furent d'étoffe.
En 1627, on fit des bonnets de tricot; et il s'établit une communauté de bonnetiers distincte de celle de^ drapiers.
BONNET. {Opiner du)
C'est , dans une délibération, être de l'avis du préopinant , ne rien dire pour motiver cet avis. Selon Ducange, cette façon de parler vient de ce que, dans plusieurs couvens , les anciens opinaient de la voix , tandis que les jeunes ne faisaient que porter la main à leur couvre-chef.
BORGNES. {Contes)
Récits qui excitent la méfi^ince par des détails qui sembleraient devoir l'écarter.
Les menteurs sont ennemis des contes ronds. Vous ne les entendez pas dire qu'ils ont tué dix hommes dans une action, vingt perdreaux à une chasse, ou qu'ils ont perdu ou gagné vingt, trente pistoles au jeu, mais neuf^iommes, dix-neuf perdreaux , vingt-neuf pistoles, ou même vingt-neuf et demi. Ce sont ces nombres impairs dans un récit qui auront fait appeler contes bor* gnes des détails controuvés.
BOSSUS. {Veau mal cuit et poulets crus font les cimetières)
Ce vieux proverbe est de bon conseil. Mal cuites, les viandes les plus saines sont indigestes.
Mais on rit aujourd'hui de ces autres proverbes du même temps : Après la poire le vin ou le prestre^ — Qui vin ne boit après salade j est en danger d'être nialade. — Fin sur laict est souhait, laict sur vin est venin. — Jamais un homme ne mange foye que le sien n'en aitjojre,
BOTTES. {^11 a mis du foin dans ses)
Ce proverbe s'applique à celui qui s'est enrichi par des moyens peu honnêtes. C'est comme si l'on disait , voilà un homme qui n'avait pas la jambe faite pour les bottes dont il se pare.
BOUCHON. ( ji bon vin il ne faut pa^ de ) Pour dire que les bonnes choses n'ont pas besoin d'être affichées.
Les Latins disaient : Vino vendibili suspensâ hederâ nihil opus est. Le lierre dont se servaient leurs marchands de vin, pour former une enseigne, était bien choisi , puisque cette plante est consacrée à Bacchus. Les nôtres, qui ne cherchent que des rameaux d'un vert durable , emploient indistinctement le lierre , le pin, le cyprès, le houx , etc.
BOUCLIER. {Lei^éede)
Métaphore emprunté des anciennes joutes , où l'on ne levait le boucher pour s'en servir, quq lorsqu'on se croyait sur le point d'être attaqué.
BOUCLIERS, (faire une levée de) C'est-à-dire, faire une levée de gens portant le bouclier.
Cette façon d« parler ^'applique aux grandes eiîitreprises qu'on n'exécute pas , ou qui réussissent mal.
BOULE VUE. (Faire une chose a)
Métaphore empruntée de la témérité qu'il y a à juger par la vue de la distance où peuvent être du but les boules de plusieurs joueurs.
BOULIEUX. {Normands)
Textor , en l'une de ses élégies , faisant une longue énumération des choses impossibles , dit entre autres , qu'on ôtera plutôt aux Flamands, le beurre; aux Auvergnats , les raves ; et aux Normands , la boulie , qu'on ne lui ôtera le souvenir de son ami.
Bouquet.
Donner le bouquet à quelqu'un, c'estTengager à donner un bal à une société dont il est membre.
L'usage d'offrir , <laûs les bals , un bouquet à la per-» sonne qui doit donner le bal suivant , est un reste de cérémonies chevaleresques.
BOURGEOIS. {Cda est)
Manière de parler des personnes de qualité, qui traitent avec dédain tout ce qui n'est pas de leur rang.