BIE
présentations des cultivateurs d'un pays pauvre, on exempta de la taxe tous les troupeaux au-dessous de centbétes. Pour n'avoir rien à payer du tout, les Champenois ne passaient jamais le nombre quatre-vingt-Klixneuf. Mais César, instruit de la ruse, ordonna qu'à Favenir le berger de chaque troupeau serait compté pour un mouton , et payerait comme tel.
Plus probablement cette façon de parler vient de ce que CampêLnu^j qui veut dire Champenois, est l'homonyme de CampanuSy habitant de Tancienne Gampanie. Les Campaniens (voyez Alexand. ab Alex, y Lib. iv, cap. i3) passaient pour des sots.
BIBLOT, communément bimbelot. {lise trouve toujours sur ses pieds comme un)
Gela se dit d'un homme dont les affaires sont toujours en bon état , quelques traverses qu'on lui suscite.
L'espèce de jouet que l'on nomme bibelot ou bimbelotf est construit de telle façon que , de quelque manière qu'on le pose , il se replace de lui-même sur ses pieds. C'est un diminutif de la bible y engin de Fardllerie antique, lequel après avoir lancé les mangons et les carreaux dont il était chargé, se remettait mécaniquement en place , par le seul effet de sa construction.
Bien. ^
Bien perdu, bien cognu.
C'est la privation des choses qui nous en fait connaître la valeur.
BIEN. [A force de mal tout ira)
Parce que toutes choses ont leur période. Les affaires les plus désespérées sont souvent à la veille de prendre un bon tram.
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Bienfait.
Une bonté autre requiert. — Courtoisie qui ne "vient que d'un coté^ ne peut longuement durer.
Improbus est.homo qui heneficium scit sumere et nescit reddere.
( PuiiTTB. )
Tel repousse aujourd'hui la misère importune. Qui tombera demain dans la même infortune :
Il est beau de prévoir ces retours dangereux , Et d*étre bienfaisant alors qu*on est heureux.
« Une belle âme ne goûte pas de plus grand plaisir que celui de soulager les malheureux ; sa noble ambition la porte à se faire autant de sujets qu'il y a de gens persécutés de la fortune : c^est en cela qu'elle approche de plus près de Dieu , qui fait lever son soleil sur tous les hommes. » (L'abbé ARif aud. )
Billevesées.
Contes en l'air, folies.
Tous les propos qu'il tient sont des billeyeçées.
( MoLiÀ&E y Femmes savantes, )
BiHe^veséey boule pleine de vent.
La vese, plus connue sous le nom de musette', est un instrument où l'on fait entrer le vent comme dans une vessie , vesica, qu'on voudrait enfler.
BISQUE. {Prendre sa) Se mettre en mesure.
Prend sa bisque , s'élance. '
( Là FOITTAIRB. )
Allusion à la bisque y ou pique de Biscaye, que les colonels d'infanterie avaient encore sous Charles ix , lorsqu'ils marchaient à la tête de leur troupe.
BLANC. {Être réduit au bâton)
C'est-à-dire, n'avoir conservé aucune propriété.
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On "dit d'une garnison qui a évacué une place, sans armes et sans bagage , qu elle en est sortie avec le bâton blanc.
Le pauvre porte un bâton comme le riche : le luxe du bâton du pauvre consiste à être dépouillé de son
écorce.
BLANCHE. {Donner a quelqu'un carte) C'est lui donner le choix de quelque chose , c'est comme lui mettre en main un blanc seing.
BLANCHES. {Reines)
Jamais douleur ne s'exprima avec plus de force que celle d'Anne de Bretagne à la mort de Charles viii ; il est vrai que n'ayant point d'enfans , elle faisait une chute qui pouvait effrayer l'âme la plus ferme.
Elle prit le deuil en noir ; toutes les reines jusqu'alors l'avaient porté en blanc ; reine Blanche était même synonyme de reine veuve.
BLANCHISSEUSE. {IlpoHe le deuil de sa) Se dit d'un homme qui a du linge sale.
Sous Charles v et Charles vi, l'usage des chemises de toile était encore très peu répandu ; on ne se servait que de chemises de serge. Deux chemises de toile furent regardées conmme un objet de luxe très remarquable dans la garderobe d'Isabeau de Bavière.
BLE. {Etre pris comme dans un) C'est-à-dire, être surpris de manière à ne pouvoir se sauver.
BLOND. {^Délicat et) Se dit d'un homme qui manque d'énergie.
Blond comme un bassin , à cause de l'éclat qu'a une chevelure blonde.
Si les beautés blondes soat moins vives et moins animées que les brunes, elles passent pour être plus tendres.
Pour aimer y prenez la brunette,
a dit Marot.
Fontenelle s'est aussi déclaré pour les brunes, dans une pièce dont voici les premiers vers :
Brunette fut la gentille femelle Qui tant charma les yeux de Salomon....
Qui dit brunette, il dit spiritudle , n dit aussi vive comme un démon.
BOETE. ( Sortir d'une )
On dit proverbialement d'un homme propre, qu'iï semble sortir d^une boëte, c'est-à-dire, d'une boëte portative ou roulante, par opposition aux personnes qui ne peuvent éviter d'être crottées en allant à pied.
L'usage des chaises a porteurs fut introduit de Londres en France, sous Henri iv, par M. de Montbrun de Souscarrière, à la suite d'un voyage qu'il avait fait- en Angleterre.
Sous Henri iv , les carrosses étaient encore en si petit nombre , que ce prince n'en avait qu'un. « Je ne saurais vous aller voir , écri vait-41 à Sully, un jour qu'il avait pris médecine, parce que ma femme se sert de ma coche. »
• Nos premiers carrosses ont été appelés coches y et • l'on prétend qu'ils tiraient leur nom d'un village de Hongrie Kotsen^ aujourd'hui Kîtsen. Charles-Quint, pendant ses attaques de goutte, avait coutume de dormir dans une voiture hongroise.
Parmi les présens que Ladislas v, roi de Hongrie et de Bohême, offrit en it^S'j à la reine de France, se trouvait un char qui attira l'attention de tout Paris. Un
ancien auteur qui en parle, dit qu'il était branlant et moult riche; d'où Ton pourrait conclure que cette voiture était suspendue.
lies rues de Paris étant alors (sous Charles vu) trop étroites pour que Ton pût se servir de carrosses, les rois et les reines, dans les cérémonies les plus pompeuses, n'allaient qu'à chevaL
Par nécessité, plutôt que par esprit de &ste, les magistrats, les médecins et autres graves personnages montaient sur des mules pour parcourir la ville.
Les femmes , ainsi que les moines , avaient pour montures des ânesses. Rue du Foin, au n° 149 a Paris, est l'hôtel de la reine Blanche. On remarque , à gauche de la porte d'entrée ^ un montoir en pierre , composé de trois degrés.
Les premiers coches étaient ronds , et ne pouvaient contenir que deux personnes ; on leur donna ensuite plus de largeur et une forme presque canrée poui* quatre places.
Catherine de Médicis eut la première une voiture de ville; cette voiture était fermée avec des rideaux de cuir.
En 1644? l^ prince de Çondé eut un carrosse avec des glaces.
Les premières chaises de poste parurent en France en 1664 • l'inventeur se nommait de La Gruyère ; le privilège exclusif en fut accordé au marquis de Crenan : ce qui les fit appeler chaises de Crenan.
Dès l'année 1671, il y avait eii des cpchesou car-rosses publics pour aller d'une ville à une autre.
Environ l'an 1680, un nommé Sauvage imagina de tenir des carrosses et des chevaux prêts à louer. Cet établissement prospéra, et comme cet homme demeu-*
rait à l'enseigne de Saint-Fiacre , on appelei^acres les voitures de place et ceux qui les conduisaient.
Du temps de Louis xiv , on ne connaissait point les calèches. Les plus grands seigneurs, le roi même, pour se promener dans les parcs, se servaient de carrioles, poussées et tirées par des hommes.
La dormeuse fut inventée par le maréchal de Richelieu , pour rejoindre l'armée pendant la guerre de Hanovre. Il fut ainsi le premier à courir la poste entre deux draps. Dans l'intérieur d'une dormeuse bien conditionnée on trouve aujourd'hui, lit, secrétaire, toilette , cave , etc.
La berline est ainsi nommée, parce qu'elle nous est venue de Berlin. Son diminutif berlingot est plus connu sous le nom de coupé.
Il existe pour les voitures , comme pour beaucoup d'autres choses, une étiquette. La berline est la voiture de cérémonie; le coupé, la voiture de visites; et la calèche, la voiture de coquetterie : nonchalamment et mollement assise, une femme y est vue de la tête aux pieds. Le landau, qui tient de la calèche et de la berline, obvie aux inconvéniens d'une averse imprévue; mais l'aspect n'en est point agréable. Rien ne ressemble davantage à une voiture brisée, que cette impériale partagée en deux , et qui tombe devant et derrière en soufflet.
Le bockey, petite voiture de promenade tout-à-fait légère, dont le siège est entouré d'une balustrade, |)arut pour la première fois au printemps de 1 797.
Le carrick et surtout le tilbury^ autres voitures légères , ont l'inconvénient d'être trop élevées sur leurs ressorts.
On appelle /a/zûfem une espèce de voiture de chasse
à laquelle sont attelés deux chevaux, non de front, suivant l'usage, mais à la file l'un de l'autre, comme des chevaux de charrette.
Tout le monde sait que la demi-fortune est une voiture à quatre roues, traînée par un seul cheval; et la désobligeante une voiture coupée qui ne peut contenir qu'une personne sur la largeur, en tout, par conséquent.
Nous avons oublié \q phaéton, cabriolet très-léger, comme son nom le porte.
Un membre de l'Académie Française, M. de Villayer, ihort en 1691, inventa des chaises volantes. Dès qu'on ' s'y asseyait, elles montaient seules par le moyen d*un contre-poids, à l'étage qu'on désirait , et descendaient de même. Mais une dame étant restée à mi-chemin , on sentit l'inconvénient de cette machine, et personne ne voulut risquer de demeurer suspendu.
Il n'y avait ppint de cabriolets de place avant la révolution. Les gens qui trouvaient les fiacres trop chers, étaient obligés de prendre une brouette ou une chaise à porteurs.
La brouette était de deux sortes ; nous avons conservé la première, qu'un homme traîne à l'aide d'un brancard. La seconde sorte de chaise roulante , qui a cessé d'être ' en usage depuis environ trente ans,* n'avait qu'une roue; un homme la poussait devant lui comme une
brouette.
En 1778, Si. de Montfort, officier retiré, fit exécuter à Paris une voiture de carton, qui était à l'épreuve de l'humidité, et supportait indistinctement le fi'oid et le chaud. Pour en former les brancards il avait amalgamé le nerf de bœuf avec le carton.
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BOEUF. {Donner un œuf pour a^oir un) C'est faire un petit présent pour en recevoir un grand. Érasme cite ce proverbe latin : Pileum donat y ut pallium recipiat.
Bohème.
On dit maintenant Bohémien. Nos pères appelaient une maison de Bohème, celle où il n'y avait pas d'ordre ; et ils disaient de celui qui n'avait ni feu ni lieu : // vit en Bohème.
Les Bohémiens sont des bandes d'hommes , de femmes et d'enfans qui se retirenbdans les bois, quand les ordonnances l«s poursuivent sur les grands chemins. On n'en voit plus en France.
Le nom de Bohémiens qu'on leur donne , vient de ce que Sigismond, roi de Bohème, fit délivrer des passe-ports, en 1417? ^^^ premiers qui parurent en Europe; ils étaient venus d'Egypte, chassés par les mamelucks.
Dix ans après , ils se montrèrent en France. Dé Paris , la foule se portait au bourg de la Chapelle-Saint-Denis , où ils passèrent environ un mois. Estienne Pasqûier (^Recherches de la France) dit : «Que c'estoient les
plus polies créatures que on vît oncques En leur
compagnie avoient sorcières, qui regardoieht ez mains des gens, et disoient ce que advenu leur estoit, ou à advenir. »
Ces mendians ont rôcîé en France pendant plus d'un siècle. Dire la bonne ou mauvaise aventure est encore leur principale occupation dans les pays où on les tolère. Un auteur allemand leur attribue la subtilité connue soUs le nom de jeu de gobelets. Eux-mêmes font leurs instrumens de musique ; le$ femmes , en dansant , s'ex-
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citent par des cris et des chants : elles ont ordinairement de fort beaux yeux et des cheveux très noirs.
M. Greelman a donné une histoire des Bohémiens , qui a été traduite en français, et publiée à Paris en
BOIRE. {C'est la mer a)
Se dit d'un travail long et pénible, d'une chose dont l'exécution est difficile.
C'était la coutume des anciens de se proposer des questions embarrassantes, et ils mettaient beaucoup d'honneur à les résoudre.
Bois.
Il est du bois dont on les fait.
C'est-à-dire, il a les talens, les qualités requises pour obtenir telle ou telle dignité.
L'auteur des Matinées Sénonoises croit que cette expression vient du proverbe grec qu'Apulée attribue à Pythagore : Non e quoi^is lignojiat Mercurius. Un tronc de figuier suffisait pour en faire la statue d'un dieu aussi grossier que Priape ; mais il fallait un bois plus précieux pour Mercure , le dieu des beaux**arts.
BOIS. (Fricasser les écueUes de )
Ce proverbe, que l'on trouve dans Rabelais, fait allusion aux prodigues qui, après avoir étalé un grand Êiste, regardent comme précieux de chétif3 débris de leur ancienne fortune.
BOIS. ( Porter bien son )
Marcher bien droit. Par bois, on entendait autrefois la pique et la lance. Quand un gendarme portait sa lance de bonne grâce, on disait, il porte bien son bois ; ce
Sa BON
qui ensuite, petr métaphore, a signi6é se tenir bien droit en marchant.
BOIT. {Çuijaiû la faute la) On lit dans le Roman de la Rose :
S'il fait folie y si la boyye.
Chacun doit porter la peine de sa faute.
BOITEUX. ( // ne faut pas clocher devant les) Ce proverbe n'est pas une défense de contrefaire les gens qui ont un défaut corporel , mais un avis. Un boiteux voit mieux que personne si l'on cloche tout de bon, parce que la démarche est l'objet continuel de ses méditations. Le sens du proverbe est donc qu'il ne faut pas faire de friponnerie devant un fripon.
Boit.
Par cette épithète commencent plusieurs proverbes , qui n'ont besoin d'aucune explication.
Bonnes gen.s font les bons pays, Bon cœur fait le bon caractère , Bons comptes font les bons amis , Bon fermier fait la bonne terre , Bons liyres font les bonnes mœurs , Bons maîtres les bons serviteurs.
Les bons bras font les bonnes lames , Le bon goût fait les bons écrits ; Bons maris font les bonnes femmes, Bonnes femmes les bons maris.
BON. ( Peu et)
Proverbe g^istronomique. Si nos pères le pratiquaient , c'était à huis clos; dans les repas d'apparat, ils faisaient servir de grosses pièces.
BONNET. {Avoir la tête près du) C'est-à-dire, être prompt à se fâcher. Les mouvemens de colère supposent une tête chaude; or, rien