X OBSERVATIONS
Passe pour le suivant :
Femme qui gaigne et poule qui pond , Font grand bruit dans la maison.
En 1668^ le sieur Julîani^ maître de langues îta* Uenne et espagnole, consacra aux proverbes la seconde partie de son ouvrage, intitulé : Les Heures de récréation. Cette seconde partie contient 116 pages //M 8, à deux colonnes. Sur la première sont les proverbes français; et sur la seconde, ces mêmes proverbes en italien : il n'entrait pas dans le plan de Fauteur de les expliquer.
On trouve des proverbes dans le septième Livre des Recherches de la France d'Estienne Pasquier ; in'[\^ f Paris, 1617.
Jacques Moisant de Brieux, néàCaen vers 161 4, et conseiller au parlement de Metz, fit imprimer à Caen , en 1672 , les Origines de quelques coutumes anciennes y et de plusieurs façons de parler trii^ialesj* in-m de 200 pages. La lecture de ce petit voljume est très agréable ; l'auteur écrivait mieux que les érudits qui l'avaient précédé.
P. J. Le Roux, Français réfugié à Amsterdam, publia, en 17 18, un Dictionnaire comique ^ sati-^ rique, critique, burlesque, libre et proverbial ; 2 vol. itbS^. Cet ouvrage a été plusieurs fois réimprimé. Dans la dernière édition, qui est de 1787, les continuateurs de Le Roux ont fait entrer plusieurs façons de parler proverbiales, tirées des manuscrits de Barbasan.
Dès 1 7 1 o avait paru à Bruxelles le Dictionnaire
PRÉLIMINAIRES. xj
des Pros^erbes français ^ par G. D. B. (Georges de Backer); 1/1-8®.
En 17289 il en parut un autre à Amsterdam ^ sous le nom de Dubois.
En 1748,. M. Savoye, libraire à Paris, mit au jour le Dictionnaire des Proverbes français ^ et des façons de parler comiques^ burlesques et familières ; avec Vexplication des étjmologies les plus avérées ^ par P. J. P. D. L. N. D. L. E. F. (Jean Panckoucle.) L'auteur de ce dernier Dictionnaire convient que ceux de Bruxelles et d'Amsterdam ont servi de fondement au sien.
Depuis la page 449 jusqu'à la page 545, se trouvent dans leDucatiana (inrS^ ^ Amsterdam, 1738) des remarques qui se rapportent au Dictionnaire des Proverbes français ^ par Georges de Backer.
En 1765, M. Eidous fit imprimer des proverbes chinois, à la fin de l'ouvrage qu'il publia sous le titre de ffan kio Choaan, ou Histoire chinoise ^ traifluite du chinois. Ces proverbes sont comparés avec les proverbes des autres peuples, mais plus souvent avec les proverbes des Italiens, des Espagnols et des Anglais, qu'avec les proverbes des Français.
Dans l'an V de la république (1797), M. Dugour, libraire à Paris, forma de ces proverbes un volume in-iS de i3o pages. Cet ouvrage est devenu rare; nous en devons la communication au savant et obligeant M. Beuchot.
Il y a environ trente ans que l'on trouvait à Paris , chez les marchands de nouveautés, .fe Bouquet pro^
xij OBSERVATIONS
s>erbialy ou Réunion complète de tous les Proverbes français y mis en chanson par L. A. Boutroux de Montures; Paris, sans date, inr%'* de 9 pages.
Cette chanson contient cinquante couplets; en voici deux. Air : Or écoutez y petits et grands y ou Un ancien proverbe nous dit y ou Mon père était bon savetier :
C'est en forgeant , dit saint Simon , Que Ton devient bon forgeron.
L^oisiveté , dit sain^ Sulpice y Est l'origine de tout vice.
Il vaut bien mieux , n'en doutez pas, User des souliers que des draps.
On a souvent , dit saint Éloî , Besoin d'un plus petit que soi.
Comme nous dit sainte Monique , C'est le ton qui fait la musique.
Il est toujours mal entendu De péter plus haut que le Q.
Saint Simon, saint Sulpice, saint Eloi et sainte Monique sont ici pour la rime. M. Boutroux a usé de la même licence dans presque tous les couplets, et beaucoup de proverbes ont ainsi une accolade, bizarre.
En 1789, M. l'alibé Tuet, sous le voile de l'anonyme, fit imprimer à Se^s un volume in-8® de 544 pages , intitulé : Matinées sénonoisesy ou Proverbes français y suivis de leur origine y de leur rapport avec ceux des langues kmciennes et modernes y etc.
Le même ouvrage reparut sous le titre de -P/o-
PRÉLIMINAIRES. xiij
verbes français^ à Paris, en l'an m de la république , sans autre changement qu'un nouveau frontispice.
Nous n'avions rien eu encore d'aussi satisfaisant •sur les proverbes.
En i8o3 parut, a Paris, une Histoire des Pro^ verbes^ rédigée par le traducteur de la Galerie an" glaise (Thëodore-Pierre Bertin); //i^ia de 247 pag- Cest un abrégé incomplet de l'ouvrage précédent.
M. l'aUïé Tuet , dans le postscriptum de ses Mortinees sénonoisesj disait : « Les proverbes qui restent dans mon portefeuille me paraissent aussi intéres-v sans que ceux qui en sortent aujourd'hui. Les ma^^ tières ont été distribuées de manière que le lecteur, s'il désire la suite de cet ouvrage, ne puisse dire «qu'on lui a fait manger son pain blanc le premier : mais avant de risquer une nouvelle fournée (qu'on me pardonne la bassesse de l'allégorie), il est bon que je sache t:e que deviendra celle-ci. »
M. l'abbé Tuet est mort à Sens, le 2 5 décembre 1797, âgé de cinquante-sept ans.
Il avait admis dans ses Matinées sénonoises plusieurs expressions proverbiales; nous l'imiterons. Le nombre des proverbes qui forment une phrase complète, est trop borné pour que l'on puisse en composer un corps d'ouvrage.
xiv OBSERVATIONS, etc.