RULHIÈRE
BOURGES. {Armes de)
On dit quelquefois, assez mal à propos, d'un ignorant qui est assis dans un fauteuil , ce sont les armes de Bourges. L'origine de ce proverbe se trouve dans un manuscrit latin de la Bibliothèque du Vatican /plein de remarques curieuses sur les Commentaires de César. On y lit que pendant le siège de Bourges , V ercengentorix, chef des Gaulois,'commanda à un capitaine nommé Asinius PolliOy de faire une sortie sur les troupes de César : celui-ci ne pouvant conduire lui-même ses soldats au coQibat, parce qu'il était incommodé de la' goutte , envoya un lieutenant j mais une heure après , comme on vînt lui dire que ce lieutenant lâchait pied, il se fit pôrtar dans une chaise aUx portes de la ville , et anima tellement ses soldats par ses discours et par sa présence , qu'ils reprirent courage , retournèrent contre les Romains, et en tuèrent un grand nombre. Une si belle action fit dire o^ Asinius dans 3a chaise , avait autant contribué à la défaite de l'ennemi , que les
annes de ses soldats. Quoique le mot armes ne signifie point ici armoiries , et qu'il y ait de la différence entre les mots asinius et asinus , on n'en a pas moins dit asinus in cathedra , un âne dans un fauteuil , et pris cet âne pour les armes de Bourges.
Bourguignons salés.
Ce n'est point parce que les habitans de la Bourgogne aiment les alimens salés, qu'on les appelle Bourguignons salés. Mais quelle est la cause de ce sobriquet ? Le lecteur prononcera.
Jean de Ghâlons, prince d'Orange, s'était emparé d'Aigues-Mortes , au nom de Philippe duc de Bourgogne, pendant les troubles du règne de Charles vu , et y avait mis en garnison quelques compagnies bourguignonnes. Les bourgeois qui supportaient ce joug avec impatience, firent un jour main basse sur la garnison, tiièrent les Bourguignons et jetèrent leurs cadavres dans une cuve avec une grande quantité de sel , afin de les conserver plus long-temps , comme un trophée de leur fidélité envers leur roi légitime , ou simplement , comme dit une histoire de Languedoc , de peur que ces corps morts n'infectassent l'air. Ceci arriva en 1422.
Dans le Glossaire alphabétique placé à la suite des Noels bourguignons y Dijon, 1720, on trouve cette autre interprétation :« Les Bourguignons ayant les premiers des peuples de la Germanie, embrassé le christianisme , leurs voisins encore païens les appelèrent par dérision salés, à cause du sel qu'on mettait dès ce temps-là dans la bouche de ceux qu'on baptisait. »
Le Duchat pense que Bourguignon salé vient de la salade^ ou bourguignotte ^ espèce de casque particulier à la milice bourguignonne.
Le dicton était :
Bourguignon salé , L'épée au côté , La barbe au menton , Saute , Bourguignon.
BOURRE. {Rire sous)
C'était, jadis, rire sous le bourrelet de son chaperon. Rire sous cape^ qui signifiait à peu près' la même chose , nous est resté.
BOURREAU. {Se faire payer en) C'est-à-dire , d'avance.
Le jour où un bouiTcau devait exercer ses fonctions, il faisait , autrefois, percevoir le matin , par ses valets, un droit sur les herbages et les fruits qu'on portait à la, halle. La suppression de ce droit n'e^t pas si ancienne , qu'il n'y ait encore des personnes qui l'ont vu exercer. A mesure que l'impôt se percevait, les valets marquaient le dos du payeur avec de la craie.
On rapporte à l'an 1260 , l'origine du nom de bourreaUy donné aux exécuteurs de la haute justice, Bour^ reau est synonyme de borreau; et ce dernier mot ne diffère de Borel que par la terminaison. Or, en ia6o, un nommé Richard Borel possédait le fief de Bellemcombre , à la charge de pendre les voleurs du canton.
BQURSE. {Danser la)
Ancien usage qui consistait à faire circuler la bourse parmi les danseurs; celui qui la recevait, payait une petite contribution que Ton employait tout de suite à acheter une bouteille de vin.
BOUT. {Par le bon)
Métaphore empruntée du dévidage. On appelle dans