BRI
un ëclieveau le bon bout y le seul par lequel on puisse commencer, si l'on veut dévider sans perte.
Braguards.
On nommait ainsi , dans le seizième siècle , les hommes qui se distinguaient par la magnificence de leurs bragues, ou brayesy ou brayettes.
La brague se nommait aussi haut-de-chausses. A la brague tenait la brayette^ qui en les couvrant , faisait distinguer les formes secrètes de la virilité. Gette espèce d'étui admettait divers ornemens , et se fermait avec une aiguillette.
Il n'y a point de folie qui , dans un temps ou dans l'autre, ne trouve son analogue. Consultez Martial, Liv. VII , Epigramme 81.
BRAS. {Jeter la pierre et cacher le)
Pour dire faire du mal à quelqu'un d'une manière si cachée , qu'il ne nous en soupçonne pas.
Nos pères disaient aussi , et le proverbe était plus caractéristique : Fait de vilain y jeter la pierre et cacher la main.
BRETIGNY. {Vin de)
Quoique le vin de Bretigny soit faible , un bourgeois de Goulommiers, nommé Chèvre ^ qui allait fréquemment à Bretigny, en boire avec sa famille , avait coutume de revenir en trébuchant; de là le proverbe : c'est du mn de Bretigny, qui fait danser les Chèvres.
Bridoie, Bridoison.
Ces expressions proverbiales sont tirées de Rabelais.
Dans son Gargantua, il s'agit entre frère Jean et Panurge, de mener un truie en laisse, ou de prendre pour monture un oison bridé.
6o BRU
BRODEUR. [Autant pour le)
Ce proverbe s'applique aux personnes qui exagèrent , qui brodent les récits qu'elles font, ou plutôt qui bour^ dent (qui mentent); car l'ancien proverbe était : autant pour le bourdeur (le menteur), le donneur de bourdes.
Le Duchat, qui admet la nouvelle rédaction, autant pour le brodeur y pense que ce proverbe fait allusion aux tailleurs qui trouvent prétexte de grossir leurs nfémoires, en mettant sur le compte d'ouvriers d'un autre état, des ouvrages qu'ils font eux-mêmes; et il se fonde sur ce que broder a été originairement synonyme de border. ' '
BRONZE. [Courtisans du cheval de) On appelait ainsi , sous Louis xiii , les filous qui avaient coutume de roder sur le Pont-Neuf.
BROUTE. [Oîi la cheçre est attachée il Jaut qu'elle) Ce proverbe ne concerne pas les hommes; il ne concerne pas même les femmes en général : on le cite pour imposer silence à une femme qui se plaint de son mari.
BRULE. [Chercher vache noire en bois) Comparaison que nos pères employaient pour dire : Se repaître de chimères*
Brunette.
Sorte d'étoffe fine , tirant sur le noir , dont sTiabil-
laient autrefois les gens riches.
• . . Aussi bien sont amourettes Soubs bureaulx , que soubs brunettes.
( Roman de la Rose, }
C'est-à-dire , l'amour se fait sentir au pauvre conime au riche.
CAB 6r
BURIDAN. (Ane de)
Tous les jours on compare à \âne de Buridan une ^personne qui a de puissans motifs pour rester indécise,
Buridan, né dans l'Artois vers la fin du treizième siècle , était recteur de l'Université de Paris , et fit un commentaire sur Aristote ; mais ce qui l'a rendu le plus célèbre, est le sophisme dont nous allons parler. Il supposait un âne également pressé de la soif et de la faim, entre un seau d'eau et une mesure d'avoine, 'Que fera l'âne ? demandait le dialecticien. Si on lui répondait, il ne sera point assez bête pour ne boire ni ne manger; donc, reprenait le docteur, il se tournera d'un côté plutôt que de l'autre , donc il a le franc arbitre. Ce sophisme occupa les plus grands person* nages du temps.
BUT. {Apre^ grâces Dieu)
Allusion à l'histoire de l'institution de l'Eucharistie , oïl il est dit cpoi après avoir rendu grâces y Jésus y etc. Ce proverbe s'emploie pour engager quelqu'un à boire un coup après gracej', c'est-à-dire , après la prière qui a terminé le repas.
Buvez, ou allez vous-en.
Le sens moral de ce proverbe , que nos pères avaient emprunté des Grecs , est qu^on doit s* accommoder a V humeur de ceux a\^ec qui Von Dit y ou quHlfauts^en séparer.
Cabriole, ou Capriole.
Le premier de ces mots est actuellement en usage ; mais dans le seizième siècle on disait toujours capriole. La capriole est un mouvement ou saut de danseur ;