‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 38 sur 176 · CHAPITRE. ( Trois f^nt · texte numérisé non relu

CHAPITRE. ( Trois f^nt

Un ennemi des chanoines a tiré de loin l'explication satirique de ce proverbe.

Centum oi^es fizciunt pecus , decem bosses fiiciunt armentumy très canonici faciunt capitulum, et nu-merus decrescit crescente magnitudine bestiarum.

Les assemblées des chanoines et des moines s'appellent chapitres, parce que anciennement elles se faisaient derrière l'autel, par conséquent au chevet de l'église.

J*ai maints chapitres vus , Qui pour Déant se sont tenus :

Cliapitres non de rats , mais chapitres de moines , Voire chapitres de chanoines.

( La FoiTTAlirB. }

Chapon.

Chapon de huit mois y manger de rois.

Lorsque ce proverbe fut fait, on n'avait point encore apporté de l'Inde l'espèce de volaille qui a pris le nom du lieu de son origine.

Chapon.

Qui chapon donne, chapon lui vient.

Un cadeau nous en procure un autre.

Chapon.

Qui chapon mange, chapon lui vient.

, Parodie du proverbe précédent.

Dans le sens absolu , ce proverbe peut signifier qu'il ne faut pas être si économe, parce que l'on voit des gens dissipateurs s'enrichir. Il peut encore signifier que le bien vient plutôt à ceux qui en ont déjà qu'à ceux qui ne possèdent rien.

L'argent ne cherche que l'argent ,

a dit Maynard dans une épigramme traduite de Martial.

J. J. Rousseau donne le mot de l'énigme : « Le premier écu, dit- il, est plus difficile à gagner que le dernier million. »

Mais pourquoi a-t-on fait servir le chapon à exprimer cette vérité? Parce que , du temps de nos pères, le chapon était un plat très distingué.

Charbon.

Le méchant est comme le charbon , s'il ne vous brûle, il vous noircit.

Charbonnier est maître chez soi.

C'est-à-dire, dans sa hutte. Là, comme un' soldat dans sa guérite , il guette jour et nuit sa charbonnière pendant la huitaine ou la quinzaine qu'elle est en couvée.

Le charbonnier chez qui François t*' se mit à table, crut que le vieux proverbe l'autorisait à se conduire dans sa maison comme il l'aurait fait dans sa hutte, c'est-à-dire, à ne donner à son hôte que la seconde place.

CHARBONNIER. {La foi du)

C'est-à-dire , une foi simple et sans examen. Voici le conte qui a donné lieu à cette façon de parler : Le diable déguisé en ermite, pour pervertir un charbonnier et l'entraîner à la controverse, lui demanda : Que crois-tu? Je crois, répondit-il, ce que l'Église croit. Et que croit

l'Église ? répliqua l'esprit malin. Elle croit ce que je crois, repartit le charbonnier; et le diable tat quinaud.

CHARDON. {^Faire le niais pour avoir du) Les Italiens disent : Faire le niais pour ne pas payer la gabelle,

CHARIVARI. {Faire)

C'est faire du bruit le soif, avec des poêles et des chaudrons , sous les croisées des personnes qu'on veut chagriner.

Ceci a lieu principalement dans les villages, lorsque dés gens d'un âge fort inégal se marient ; surtout lorsque des vieillards passent à de secondes noces.

CHARRETTE. (// vaut mieux être cheval que)

C'est-à-dire, commander que d'être maîtrisé.

Lorsque quelque moine refiise la dignité à laquelle il vient d'être promu, on lui dit, dans le sens de notre proverbe, qu'il vaut encore mieux être moine moinant que moine moine.

Le moine moinant est celui qui a la direction du couvent, et le moiae moine y un simple moine.

Chasse.

Sous Louis XII , la dépense de la noblesse , surtout en chevaux et en équipages de chasse , l'emportait de beaucoup sur ses revenus; ce qui faisait dire à ce prince : La plupart des gentilshommes de mon royaume sont, comme Actéon et Diomede, mangés par leurs chevaux et par leurs chiens.

Chasseub. <

Un repus de chasseur; Un repas prompt et léger.

Une mesre de chasseur; Une mes^e dite à la hâte.

On ferait une longue énumération des expressions proverbiales tirées de l'habitude de la chasse. Cet homme chasse bien au plat; C'est-à-dire, a bon appétit.

Ce garçon chasse de race; C'est-à-dire, a les inclinations de son père.

CHAT. {Emporter le)

C'est sortir d'une maison sans dire adieu à personne. Ainsi s'esquive celui qui dérobe un chat, dans la crainte que les miaulemens de l'animal ne le décèlent.

CHAT. {Faire comme le singe, tirer les marrons du Jeu as^ec la patte du)

C'est-à-dire, se servir adroitement du secours d'un autre pour faire quelque chose qui nous est profitable , mais qu'on n'oserait faire soi-même.

Une fable de La Fontaine a fait naître <;e proverbe.

Les Italiens disent : Tirer les écre\^isses de leur trou as^ec la main d^ autrui.

Dans la Patte du chat, Cazotte donne de bons coups de patte aux femmes françaises de son temps , c'est-àdire, aux grand'mères de nos jolies femmes d'à présent ; mais celles-ci tiennent leurs grand'mères pour fort ridicules, sans avoir besoin de lire Cazotte.

Chat.

• J*appelle un chat un chat »

( BoiLBAU , Sat, I . )

Cet Hémistiche, devenu proverbe, s'applique aux personnes ingénues qui pensent tout haut , ou à ces gens grossiers qui , sans se mettre en peine de la dér cence, appellent les choses par leur nom.

CHAT. {T entends bien minon sans dire) Je devine ce que vous voulez dire.

CHAT. (^Propre comme une écuelle a) Le chlat ayant l'habitude de récurer lui-même son écuelle , et cette écuelle paraissant , après l'opération , nette sans l'être , on dit d'une propreté équivoque , propre comme une écuelle a chat.

CHAT. ( Cest le nid d^ une souris dans V oreille d*uri) Se dit d'une chose impossible. /

Chatemite.

Sobriquet tiré de deux mots latins , cota et mitis , chatte douce.

CHATS. {Faire de la bouillie pour les) Se tourmenter pour une chose dont personne ne doit tirer avantage. Les chats n'aiment point la bouillie, parce qu'ils craignent de se salir les barbes.

CHAUDE. {Faire gorge)

Proverbe tiré de la fauconnerie , comme Jaire curée l'a été de la vénerie.

CHAUSSES. {F^a te promener, tu auras des) Les religieux Feuillans marchaient pieds nus avec des sandales ; mais lorsqu'ils allaient à la campagne , il leur était permis d'être chaussés ; de là le proverbe populaire : Fà te promener, tu auras des chausses.

CHAUSSES. {A^oir la clef de ses)

C'est-à-dire, n'être plus en âge de recevoir le fouet.

Cette façon de parler n'est pas tout-à-fait métaphorique. L'aiguillette qui fermait les chausses, vêtement correspondant à notre culotte, était une sorte de clef.

nS C HE

Il faut qu'anciennement on ait distingué les chausses, prises dans le sens du proverbe , ou chausses hautes, du bas de chausses, qui couvrait les jambes et les pieds ; car le mot bas est devenu synonyme de chausses dans cette dernière acception.

CHAUSSES. ( Gentilhomme de Beauce, qui est au lit quand on refuit ses )

C'est-à-dire, un pauvre gentilhomme.

Dans Gargantua, Rabelais, pour peindre la pauvreté des gentilshommes de Beauce , dit : « Encores de présent les gentilshommes de Beauce desjeunent de baisler » ; c'est-à-dire, se contentent de bâiller, comme font des personnes à jeuft.

CHAUSSES. {Porter le haut de)

On se sert de cette expression populaire pour. dire qu'une femme maîtrise son mari.

Hue Piancelle, un de nos anciens poètes, a composé le fabliau de sire Hans et de dame Avieuse sa femme , lesquels combattirent long-temps à qui porterait le haut de chausses ; mais la femme , après une vigoureuse résistance , fut enfin contrainte de céder. On pense que ce fabUau a donné lieu au proverbe.

CHEMINÉE , ( Il faut faire une croix à la) dit- on à l'arrivée d'une personne qu'on est bien aise de voir, et qui n'était point attendue.

Les anciens marquaient d'une pierre blanche les jours heureux, et d'une pierre noire les malheureux, comme on le voit dans Perse et Horace. Les Romains ont pu nous transmettre cet usage. Pour faire une marque blanche , il est tout simple qu'on ait choisi la cheminée ; il est naturel encore qu'on ait adopté une croix comme

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