CER
tables combats. La cour de France, en 1 546, passant l'hiver à la Roche-Guyon, s'amusait à attaquer des cas- \illes (forteresses de bois), et à les défendre avec des pelotes de neige. La division se mit entre les chefs; la querelle s'échauffa , et il en coûta* la vie au duc d'Enghien.
CATIMINL {En)
Sans bruit , sans faire semblant de rien , à peu près comme fait le chat quand il frappe de sa patte une souris.
Catimini est un mot composé de l'adjectif catus , circonspect, et de la production mini y production commune à plusieurs mots faits à plaisir, notamment à brouillamini.
CÉLESTIN. (Foilà un plaisant)
C'est-à-dire , un homme dont la plaisanterie passe les convenances.
Autrefois , à Rouen , les Célestins n'étaient exempts de payer Tentrée de leur boisson qu'à condition qu'un de leurs frères précéderait la première charrette , et ferait un -saut devant la maison du gouverneur. Un jour un de ces moines ayant paru à la tête des charrettes , plus gaillard que n'avait été aucun de ses confrères , le gouverneur ne put s'empêcher de dire : FoUà un plaisant Célestin,
CERNOIR. {De V arbre d'un pressoir le manche d'un) Ce proverbe concerne ceux qui , à force de changer
la destination d'un objet , le réduisent presque à rien. » L'arbre d'un pressoir est une longue et grosse pièce
de bois : pour faire le manche d'un cemoir , il ne faut
qu'un très petit morceau de bois.
CHAMAILLER. (Se)
C'est porter des coups dans la dispute. Anciennement on disait se camailler, parce qu'alors le camail était une armure qui couvrait la tête et le col.
CHAMBRE. (// ny a point de héros pour son valet dé)
Les grands hommes sont comme les grands morceaux d'architecture ; pour les bien voir, il ne faut pas en être trop près.
CHAMPAGNE, (Une sait pas toutes les foires de) disait-on anciennement d'un homme qui ignorait beaucoup de choses utiles. Les foires de Champagne étaient alors très fameuses : par exemple , à Provins , celle de mai; à Troyes, celle de Saint-Jean; à Reims, celle de S{piint-Remi , etc.
En iSgsk les Lombards obtinrent permission de «'é* tablir à Troyes , à cause du grand négoce qui sefiiU sait aux foires.
CHANDELLE , (// doit a Dieu une belle ) dit- on d'un homme sauvé d'un grand danger. Cette expression proverbiale vient de la coutume très ancienne de faire brûler un cierge devant l'imagé de quelque saint, quand on avait échappé à un grand danger.
CHANDELLES. (Être ménager de bouts de) Le proverbe italien est plus expressif : Fermer le fousset et laisser couler le bondon.
Chandeleur.
A la Chandeleur j les grandes douleurs.
Ces grandes douleurs sont le grand froid.
La fête de la Purification de la Vierge se célèbre le
*j février; on YappeWe Chandeleur, parce que le clergé ' et même beaucoup de laïques portent ce jour-là des cierges pendant l'office.
La fête de la Chandeleur, lors de l'établissement du christianisme , a été substituée à celle de la déesse Cérès. *
CHAPEAU. (^Perdre la plus belle rose de son)
C'est-à-dire , faire quelque perte considérable. Non seulement nos pères aimaient l'odeur et la vue de la rose , mais ils l'employaient comme parure. Il n'y ayait point de cérémonie d'éclat , point de noces , point de festin oïl l'on ne portât un chapel ou chapeau de roses; ainsi s'appelaient les couronnes.
L'auteur du roman de Perce^Forest y décrivant une fête, a soin de remarquer ç^^ a{H)i3t chascuri. et chas^ cune un chapeau de roses sur son chief.
Ce roman , imprimé en siîç volumes in-8** , à Paris , en i53i , raconte les aventures chevaleresques d'un roi d'Angleterre, qui fut surnommé Percejprest, pour avoir osé jp^rc^/' prejsque .seul xxnûfarêt remplie d'enchantemens, et occupée par tout un grand lignage très mauvais^ et dont les cruautés et les violeaces tombaient généralement sur toutes les damoiselles du pays.; Ce livre était un de ceux dont on faisait ordinairement leçon au roi Charles ix , par ordre de la reine-mère.
CHAPEAU. [Ventre pointu n^ a jamais porté) Proverbe de femme enceinte. Un ventre qui n'est pas bien rond n'annonce qu'une fille.
Chapeaux woirs.
Dans le département de l'Aveyron , tous ceux qui jouissent d'une certaine fortune sont appelés Chapeaux
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noirs y parce que anciennement les gens peu aisés portaient des chapeaux gris.
CHAPELET. {Donner le)
Était autrefois la même chose que couronner. On appelait chapelet une couronne , parce que c'est un diminutif de chapel , petite couverture de tête , petit chapeau.
Saint Médard, vers l'an 53o, institua à Salency, près de Noyon , le prix le plus touchant ^ue la piété ait jamais offert à la vertu, une couronne de roses pour la fille de ce village , la plus modeste , la plus soumise à ses parens et la plus sage.
Chaperon.
Plusieurs proverbes ont été tirés de ce mot, qui, chez nos aïeux , signifiait une couverture de tête. Ils disaient chaperonner^ comme depuis on a dit bonneter; deux têtes dans un chaperon y comme nous disons, deux têtes dans un bonnet.
«Quelques-uns, dit Es tienne Pascpiier {Recherches de la France) , ont estimé que nos ancestres usoient de cet accoustrement de teste, tout ainsi que maintenant les femmes, c'est-à-dire sans se defeubler (décoiffer). »
Pasquier fait voir qu'on abaissait le chaperon dans certaines occasions, ou du moins qu'on se flécouvrait le front , le reste demourant couvert. Il parle ensuite de l'extinction de la mode des chaperons. « Petit à petit s'abolist cette usance premièrement entre ceux du menu peuple , et successivement entre les plus grands , lesquels, par une forme de mieux séance, commencèrent de changer petits bonnets ronds, portant lors le êhapperon sur les espaulefs pour le reprendre toutes et
quantes fois que bon leur sembleroit* » Le bonnçt était de la couleur du chaperon.
Autre proverbe : // n* est pas honnête a des filles d'aller se promener, si elles n'ont quelque dame qui leur serve de chaperon.
Ce chaperon est une mère , ou une belle-mère , ou une vieille parente.