‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 41 sur 176 · CHO · texte numérisé non relu

CHO

Le sens dé ce proverbe est que rien ne remplace , dans les affaires , l'expérience des vieillards.

Jean Bachot, dont les opuscules portent le titre de Nuits mQrmantinesy parce qu*il était curé de Mormanten-Brie, écrivait en 1629 : .

Ne fais rien sans conseil ; la grise expérience Et blanche ioy du vieil beanconp te senrira : 'Où l'oeil du corps finît , l'œil de l'esprit commence , Et sa tremblante main le sceptre affermira. .

CHŒUR. (^Jacobins en chaire, cordeliers en) Ce proverbe signifiait que les jacobins .tâchaient d'avoir de bons prédicateurs , et les cordeliers de belles Voix.

CHOEUR. {Enfant de)

Tondu comme un enfant de chœur.

Trois usages fort anciens se sont maintenus relativement aux enfans de chœur, dans les églises cathédrales. On coupe leurs cheveux ras , quoique les chanoines et les chantres soient depuis long-temps en possession de la frisure ; ils saluent à la manière des femmes, en pliant les deux genoux , et au lieu de baisser leur stalle , ils se tiennent, malgré la faiblesse de leur âge, presque debout , appuyés sur l'étroite saillie qu'on nomme misé' ricorde. Autrefois tout le monde restait debout , ou à genoux, pendant l'office divin. Un siège, accordé par grâce , a pris de cet usage le nom de miséricorde.

Revenons au proverbe. C'était en enfans de chœur que se faisaient tondre nos jeunes Parisiennes , en 1 796 , époque où la mode des perruques blondes devint une fureur. Tout devait être sacrifié pour que la perruque prît bien la forme de la tête.

CHOU. {Méncf^er la chèç^re et le)

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C'est parer à deux inconvéniens. Ce proverbe vient d'une question faite à des enfans, pour les. accoutumer à réfléchir et à trouver des expédiens. Voici la question. Un homme a .un bateau fort petit dans lequel il faut qu'il passe un loup , une chèvre et un chou , mais l'un après l'autre. S'il prend le loup le premier, voilà le chou en proie à la chèvre ; s'il prend le chou , le loup étranglera la chèvre ; s'il prend la chèvre , même embarras pdur le voyage suivant ; et pendant qu'il viendra chercher ce qu'il aura réservé pour le troisième , ou la chèvre ou le chou seront mangés. Il y a pourtant uu moyen; c'est de prendre d'abord la chèvre seule; le chou reste avec le loup qui n'y touche pas. Au second voyage , on prend le chou et l'on ramène la chèvre , à la place de laquelle il faut passer le loup, qui, étant à l'autre bord auprès du chou , n'y fera aucun tort. Alors le maître revient , reprend la chèvre restée seule , et ménage ainsi la chèvre et le chou.

Voici un autre problème qui a beaucoup de rapport à celui-là , et qui est cité dans les Récréations mathématiques d'Ozanam. «Trois maris jaloux se trouvent avec leurs femmes, pendant une nuit fort obscure, au passage d'une rivière. Ils rencontrent un bateau sans batelier ; ce bateau est si petit , qu'il ne peut porter que deux personnes à la fois. On demande comment ces six personnes passeront deux à deux, aucune femme ne demeurant en la compagnie d'un ou de deux hommes, si son mari ne s'y trouve. — Deux femmes passeront d'abord; puis l'une, ayant ramené le bateau, repassera avec la troisième femme. Ensuite l'une des trois femmes ramènera le bateau, et, restant à terre, laissera passer les deux hommes dont les deux femmes sont de l'autre côté. Alors un des hommes ramènera le bateau avec sa

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femme, et la mettant à terre, il prendra le troisième homme , et repassera avec lui. Enfin , la femme qui se trouve passée entrera dans le bateau , et ira chercher en deux autres fois les deux autres /emmes. »

Ciel.

// est auec le ciel des accommodemens,

La Dame des belles cousines voulant rendre heureux le petit Jehan de Saintré , s'informe s'il pratique exactement les devoirs de religion.

Ibdijee Mélior couchée avec Parthenopex de Bhis , fait dans le lit sa profession de foi.

Dans un assez grand nombre de romans du moyen âge et de fabliaux, on trouve de pareilles inconséquences.

Henri m fit peindre en saints et en saintes ses mignons et ses maîtresses. L'auteur des Remarques sur la Confession de Sancjr, dit (Remarq. sur le chap. 7, p. 89) : « On fit une grande recherche des enlumineurs , par les mains desquels le roi (Henri m) faisoit enluminer des heures de portraits des personnes qu'il aimoit violemment, et lesquelles étant peintes au naturel , il faisoit draper et habiller en saints et en saintes , les plus favorisés en crucifix, et les plus aimées eu N.-Dames. »

CIGNE. {Chant du)

On dit proverbialement et figurément d'un bel ouvrage qu'un auteur fait peu de temps avant sa mort , que c^est le chant du cigne, par allusion à la fable qui prétend que cet oiseau chante avant de mourir. Les anciens poètes sont allés plus loin à ce sujet : ils ont dit que Ic: chant du cigne était très mélodieux , quoique réellement il soit désagréable.

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