‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 6 sur 176 · ACA · texte numérisé non relu

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de nouvelles demandes. Tel cet enfant qui ne voulait pas dire a , de peur qu'ensuite on ne lui fît dire b,

ABBÉ. {^Attendre comme les moines attendent V^

C'est-à-dire , en commençant à dîner.

L'heure du repas est si réglée dans les couvens, que, quand l'heure est sonnée, on se 'met à table sans atteiidre perspnne , pas même le supérieur.

Abseitce.

Les absens ont tort.

Les anciens disaient d'un homme absent : hceres non erit, il n'héritera point.

On oublie les absens, ou si l'on s'en occupe, ils sont dans l'impossibilité de faire valoir leurs droits,

a Se dérober a la cour un seul moment, c'est y renoncer : le courtisan qui l'a vue le matin , la voit le soir pour la reconnoître le lendemain, afin que luimême y soit connu. » ( La Bruyère.)

ACAGNARDER, (j*) devenir paresseux.

rcEn ma grande jeunesse, dit Estienne Pasquier, Recherches de la France y ces fainéans (cagnards) avoient accoutumé au temps d'esté de se venir loger BOubz les ponts de Paris , garçons et garces pesle mesle : et Dieu sçai quel menasge ils faisoient ensemble. Tant y a qu'il me souvient qu'autrefois par cry publtcq' émané du prevost de Paris , il leur fut defFendu sur peine du fouet de plus y hanter; et comme quelques uns y fussent desobeyssans , j'en vey fouëter pour un coup plus d'une douxaine soubz les mesmes ponts, depuis lequel temps ils en oublièrent le chemin. Ce lieu estoit appelle caignardy et ceux qui le frequentoient, caignardiet^s y parce que tout ainsi que les canards, ils voiioient leur detbeure à l'^atië» »

ACC 3

L'opinion de Le ï)\ichat(^Ducaeia/ia) nous paraît plus vraisemblable; il fait dériver cagnard de canis; et paf T^agnard il entend toute espèce d'abri où 1^ gueux aiment à se coucher, comme des chiens.

ACCORDS. {Être de tous bons) Métaphore empruntée de la musique, joîi ce qu'on appelle la quinte est de tous. accords.

ACCOUCHÉE. ( Caquets deV) .

On appelle ainsi les interminables conversations de^ femmes qui visitent une accouchée. Chacune raconte ce qu'elle a eu, ce qu'elle a fait en pareille occasion.

Nous croyons que c'est dans l'ouvrage de Christine de Pisan , intitulé la Cite des Dames , que l'on trouve le plus ancien monument des visites bruyantes faites aux femmes en couche, visites qui dès ce temps-là (quatorzième siècle) étaient appelées caquets de l'aC" couchée.

Christine visita la femme d'un marchand. La chambre de l'accoucl^ée, .ornée d'une tapisserie précieuse en or de Chypre, attirait l'admiration; on y voyait des cartouches où étaient brodés les chiffres et les devises de la dame. Les draps du Ut, en toile fine de Reims, avaient coûté plus de trois cents livres; le couvre-pièd, invention nouvelle, était une étoffe de soie et argent; le tapis sur lequel on marchait était pareil a or. La femme du marchand brillait dans son lit avec la plus élégante robe de soie cramoisie, appuyée sur gentils oreillers a gros boutons de perles orientales.

Dans un autre ouvrage fort ancien , intitulé : le Miroir des vanités et pompes du monde ^ voici ce qu'on lit sur le caquet de V accouchée : « Il y a là caquetoire paré^ tout plein de fins carreaux pour asseoir les fefnmes qui

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