‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 92 sur 176 · MAR Û · texte numérisé non relu

MAR Û

Pour dire, ii ne s'est pas fiât prier. Cette expression ncms Tient des Latins. Scindere pallium signifiait , chez eux, presser un hôte de rester, hiî saisir le manteau pour l'empêcher de pai'tvr. Giceron, pariant de deux personnes qui étaient venues le voir , dit : Ils sont restés, quoique je ne les aie engagés que iaiblement : Ho» rum ego vix attigi penulam y tamen remanserurU.

MANTEAUX. (^Garderies)

C'est-à-dire^ n'être pas de la fête, de la partie de^ plaisir.

Dans le temps où les équipages étaient moins communs que maântenant, il y avait une couleur pour les manteaux de f>onnefoHune ; c'est à Begnard que nous en devons la connaissance :

Tn prendras ce mantma Adt pour bonne fortnney De couleur de muraille.

(£« Joueur, Acte 11 « Scène 4*)

MARAIS. ( Demoiselle^ du )

Dans le dix-septième siècle on appelait ainsi, à Paris, les courtisanes y parce quSl y en avait beaucoup de logées dans ce quartier. Marion de l'Orme était de ce nombre.

MARCHAND, {Politesse de)

C'est-à-dire, afFabîlité inspirée par l'intérêt.

L'art de capter la bienveillance , d'embarrasser la re- CDimaissance, est un métier dont les marchands font apprentissage. Plus vous montrez d'embaiTas lorsqu'il s'agit de faire un choix , plus ie marchand bien appris est officieux.

Un provincial qui avait fait déplier une grande<quan- •tité de pièces d'étoffe^ et à qui :auoime ^e ûonveiKiit, était^mbarrassé pour rprendre oMgédu marduiDd. Voilà

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ma bourse , dit-il ; je vous laisse libre de me vendre ou de me renvoyer. Ce discours ne déconcerta pas le marchand. Vous seriez trompé ailleurs, lui dit- il, tandis que je sais la valeur de ma marchandise. Là -dessus il ouvrit la bourse, prit ce qu'il lui fallait, coupa l'étoffe et la livra à notre provincial.

MARGUERITE. (^ lajranche) Ce proverbe vient d'une superstition amoureuse. ^ On voit quelquefois des amans cueillir une marguerite, et l'interroger sur les sentimens de leurs maitresses, en arrachant une feuille à chaque question, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de la fleur. L'oracle est renfermé dans la dernière feuille ; et ce qu'elle annonce les agite d'espérance ou de frayeur.

Mariage.

Ne t'y fourre pas chaudement y Ou tu auras un coup d'estrille :

Mais pour procéder sagement , De bonne mère prend la fille.

Mariage.

Usera marié cette année ^ dit-on, en plaisantant, d'une personne qui jette au plancher certaines choses qui s'y s^ttachent.

Pareil pronostic se tirait à Rome, et un passage d'Horace fait présumer qu'on y ajoutait foi. C'était pour les amans un bon augure, quand en poussant des pépins de pomme du bout des doigts on frappait le plancher.

Mariage.

Maisonjaite et femme a faire.

Pour dire qu'il faut rechercher en mariage une fille dont les biens puissent tout de suite défrayer un ménage, et un esprit docile qu'on puisse plier à son gré.

MAIL aai

Mariée.

Se plaindre de ce que la mariée est trop belle. Se plaindre de ce qu'une chose a toutes les qualités qu'elle doit avoir.

MARIÉE. {Délier la jarretière delà) f Façon de parler toujours usitée , quoique la décence ^it substitué à une vraie jarretière un ruban qui se fait apercevoir près de la cheville, et qu'un enfant dé* tache.

Un autre usage, qui ne se pratique plus que dans les campagnes, consiste à porter aux mariés , le lendemain des noces, avant qu'ils soient levés, le chaudeauy breuvage chaud, composé de lait, d'œufs et de sucre.

Madame de Sévigné va nous faire connaître, par une exception , ce qui se pratiquait de son temps dans la' classe élevée. «On les marie ce soir (lo mars 1687, le fils du duc de Grammont et la fille de M. de Noailles);

personne n'est prié , personne n'est averti On les

mariera; on ne ti*ouvera point un grand étalage de toilette; on ne les couchera point; on laissera le soin à la gouvernante et au gouverneur de les mettre dans Je même lit. Le lendemain on supposera que tout a bien été. On n'ira point les tourmenter; point de bo'hs mots, point de mauvaises plaisanteries. Ils se lèveront : le garçon ira à la messe et au dîner du roi ; là petite personne s'habillera comme à l'ordinaire ; elle ira faire des visites avec sa bonne maman ; elle ne sera point sur un lit exposée à toutes les ennuyeuses visites. »

Les nouvelles mariées, vêtues de leurs plus beaux habits et couchées sur. un lit, recevaient, pendant trois jours , la visite de toutes les personnes qui se présentaient chez elles. La Bruyère a signalé cette mode

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ridicule dans le passage suivant : «Le bel et judicieux usage que celui qui , préférant une sorte d'effronterie aux bienséances àe la pudeur, expose une femme d'une seule nuit sur un lit comme sur un théâtre, pour j faire, pendant quelques jours, un ridicule personnage, et la livrertm cet état à la curiosité des gens de l'un et de l'autre sexe , qui , connus ou inconnus , accourent de toute une ville à ce spectacle pendant qii'il dure! Que manque-t-il à une telle coutume |>ottr être entièrement bizarre et incompréhensible , que d'être lue dans quel* que relation de la Mingrélie ?»

MARMITEUX. {Jîr}

La marmite des quatre^temps y dont Rabelais parle, Livre ii, chapitre 7 de son Pantagruel ^ donne l'explication de ce mot.

L'air marmiteux était celui d'un hypocrite qui voulait persuader que le jeûne l'exténuait. Nous disons : air piteux, du bas latin pietosus, pris en mauvaise part.

MARMOT. ( Croquer le )

On croque le marmot y quand on attend et qu'on s'ennuie; ce qui apparemment se dit parce que les po«> lissons qu'on fait attendre, s'amusent à dessiner des marmots , à faire des croquis de marmots.

Un marmot est une figure grotesque; on donnait autrefois le nom de marmots aux petits singes ; et de là marmjoter, parler entre ses dents ; de là aussi Les petits garçons ont été appelés marmots.

De marmousj qui, en bas-breton, est synonyme de marmot j l'on a fait le dmîuixxûf mannouset ; puis, par aphérèse, mouset.

Les Gascons disent : croquer le mouset.

MAROTTE. {Chacun a sa)

MAR aaS

G'est-à-dife sa fplie. La marotte est le sceptre des fous^ sceptre aiasi appelé d'une t^te de Marotte ^ de petite Marie, de petite fille, qui en forme la partie supérieure.

Mettant à l'écart; les fantaisies cruelles et les turpitudes, et sans remonter trop haut ni chercher des exemples ailleurs que dans notre France , nous trouvons un Henri m qui, pendant quelques années, prit plaisir à porter en écharpe un panier rond, plein de petits bichons ou de petits épagneuls: cette fantaisie lui fit dé* penser plus de cent mille écus.

Sous la régence, l'abbé d'Entragues, parent de madame la princesse de Conti , et fort répandu dans la haute société y affectait toutes les manières des femmes, travaillait en tapisserie, portait un éventail, et en déshabillé se Coiffait comme elles. Pelletier de Souzy le trouvant un jour assis dans son lit, en peignoir, en cornette et en rubans, crut s' être trompé et s'enfuit.

Monsieury frère de Louis xiv, à l'âge de douze ans, avait eu la fantaisie de s'habiller quelquefois en fille. L'abbé de Choîsy, à peu près du même âge, eut aussi cette fantaisie ; sa mère s'y pi'éta ; et comme il était sou* vent chez Monsieur^ on prenait plaisir à les habiller tous deux en filles , et à les faire paraître ainsi aux théâtres et dans les cercles. Gela mit, une dixaine d'an*« nées plus tard, dans l'esprit de l'abbé de Choisy l'idée de vivre dans le fond d'une province , sous l'habit de femme; il choisit le Berri, et se fît appeler la comtesse des Barres. A l'aide de ce travestissement, il abusa de quelques demoiselles de condition ; lui-même a écrit ses aventures sous le titre A^ Histoire de la comtesse des Barres (Bruxelles, 1736). Voici un extrait de ce livre: (l'abbé de Choisy avait vingt-deux ans; il venait de

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perdre sa mère ) a J'allai rèndre% visite à madame de

La Fayette, avec mes pendans d'oreiUes, ma croix de diamans, mes bagues, et dix ou douze mouches. Elle s'écria en mé voyant ? Ah , la belle femme!.... Cela me donna du courage, et je continuai pendant deux mois à m'habiller tous les jours en femme; j'allai partout faire des visites , à l'église , au sermon , à l'opéra , à la comédie , et il me semblait qu'on y était accoutumé. Je me fis peindre par Ferdinand, fameux peintre italien,' qui fit de moi un portrait qu'on allait voir. Enfin , je contentai pleinement mon goût. »

Colbert avait toujours des chats qui jouaient 4ans son cabinet.

Crébillon ramassait les chiens dans les rues, et don* nait à chacune de ces bêtes des noms grecs et romains.- On le voyait, un livre à la main , entouré àePériclès , de Scipiorif de Sylla^ etc.

La folie du marquis de Brunoy consistait à décorer aussi magnifiquement qu'une cathédrale l'église du bourg de Brunoy. Lorsqu'il fut interdit, cette église avait cent soixante chapes dont il avait fait don. Un dais lui avait coûté 3o,ooo fi^ancs. En 17 "y 2, il dépensa 100,000 fîp. pour la procession de la Fâte-Dieu, et pareille somme l'année suivante. Il rangeait lui-même ' les porte-chapes sur deux lignes , proportionnant les tailles, symétrisant les couleurs, et criant : A moi les rougets, à moi les jaunets. Sans compter les ecclésiastiques, il soudoyait seize chantres , serpens bu inusiciens, dixhuit enfans de chœur, huit sonneurs, un organiste et un maître de la sonnerie.

. Privé de la satisfaction de pouvoir se livrer à ses goûts , le marquis de Brunoy mourut au mois de mars 1781 , à peine âgé de trente-trois ans.

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La marotte de Rétif de la Bretonne était un soidier de femme à talon haut : ses Contemporaines, ses Parisiennes, son Pied de Fanchette, et plusiem-s autres de ses romans en font «foi ; et dans Monsieur Nicùlas, ou le Cœur humain dévoilé, \\ dit qu'à l'âge de dix ans, lorsque, dans son village, il voyait les chaussures des fêtes rangées en parade , suivant l'usage , « U palpitait de plaisir, rougissait et baissait les yeux ' comme devant les filles elles-mêmes. » '

Le dessinateur Desrais, mort à Paris en i8i6 , aimait le bonnet rond ^t la hotte. d'une blanchisseuse. Que l'on examine les gravures exécutées d'après ses dessins, il y en a les trois quarts où l'on verra des blanchisseuses portant la hotte.

^ Quelques hommes , en dépit du goût général , exigent d'une femme sur laquelle ils ont de l'autorité, qu^elle fesse couper ses cheveux et porte perruque.

Celui-ci aime une femme en Madeleine , les cheveux épars; cet autre a du plaisir à lui voir la tête rasée.

Chacun a son califourchon , disait Sterne.

MARTIN. {Prêtre)

Vieux proverbe que Coquillart explique fort bien , en parlant des gens qui se mêlent de tout :

Ils sont chapelains et prélats, Ils sont les vrais prêtres Martin; Us chantent haut, répondent bas.

MARTIN. {Plus d'un âne à la foire a nom) Par ce proverbe nos pères voulaient ^ire qu'un indice ne suffisait pas pour affirmer une chose.

La coutume de donner des noms de saints à différentes espèces d'animaux domestiques subsiste encore dans nos campagnes. Un âne s'appelle Martin, une chèvre Jeanne, un geai ou un merle Jacquot, dimi-

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nutif de Jacques; une pie Agathe , ou Margot y diminutif de Marguerilie ; un oison Piron , diminutif de Pierre.

MATE. {En/ans deja)

Autrefois on donnait ce nom aux escrocs , aux filous. La Mate était une place où ces sortes de gens avaient coutume de s'assembler. De mate, on a fait matois.

Mathaitasius.

Nom supposé , qui est deTenu une «expressioci proverbiale.

Hyacinthe CkHxIonBÎery plus connu BOiis le nom de Theiniseuil de Saint-Hyacinthe ^ rîmagina en 171 4 pour caractériseï* un homme vain , dont la tête est pleine d'un docte fatras.

Son ouvrage a pour tib^e : Le Ch^'^^Œu^^re d^un inconnu j poème heureusement décotu^rt et mis au jour, avec des remarques sas^antes et recherchées; par M. le docteur Ghrisostome Mathanasius.

Saint*Hyacinthe, né à Orléans^ et réfugié en Hol* lande, prit pour texte une chanson qu'il enteiMlaît sou-^ vent fredonner par la fille d'un menuisier chez lequel il était logé.

C'était une idée à la fois originale et piquante que 'celle de se servir, pour combattre les savan tasses, des moyens mêmes sur lesquels ils fondent leurs prétentions et leur orgueil.

Voici le premier couplet de cette pkte chanson :

L'autre jour CoHn malad»

D*ane grosse maladie Pensant mourir, De tr6p songer à ses amours

J7e peut dormir; n veut tenir celle qu'il aime Tonte Ja nuit , Sntre ses bras.

MAT n^j

Saintf-Hyacintiie prend tous les mots àe fa chanson Fun après l'autre, les comniente en pluéie n-s langues, s'appesantit sur ceux qui ooat le moins 'besoin d'explieation, et s'efiCbrce de &ire trouver partout des beautés.

Les uns veulent que McUhanasius vienne de deu^ mots grecs, dont le sens e^ j'apprends, je règne y et signifie, prince des commentateurs. Selon d'autres, il vient dW mot grec qui signifie docteur^ et du ^mot provençal ase , dne.

Quoi qu'il en sort , les armes gravées au bas du porttrait du docteur sont un soufflet, avec un paon et un âne pour supports , et un perroquet {ibuff^iîmier ; ce qui signifie que le docteur Mathanasius est ignorant comme un âne , orgueilleux comme nn paon , remplî de vent eomxne iin soufflet , ei qu'il repète çovo^e un perroquet <;e qw a été dit avant Jkii. On Ht aiutour «de ce portrait : Cbrisos^tomus Matbanasâus D^. Q, S. Tfi.^ JP* L. If*^ oe qui pej^t «'interpréter par : jDo<}|;eur qui ^ laoque 4e la littérature»

le plan ad icoawBontaire du docteur Mathanasius se £t à table, au commencement de l'année 17149 entre icinq, ou six amis, et M. de Saint-Hyacintbi^ fut chargé de l'exécution.

Les Mémoires de VAcodémieih Trayes^ par Girosley et Lefèvre ; les Chats ^ par ft][o,niorif ; la Pis^frteUUm stir r antiquité de CA^zi7/c>^,parDefeuille, etle Projet d'une histoire de la ville de Paris sur un nouveau plan, par Coste, de Toulouse, peuvent être regardés comme des imitations du Chef-^d'œui^re d*un inconnu.

MATIN. ( Qui a l?on voisin , a bon )

Dans le DicÂimuiaine de Tré^QuXj^ et daqs çel^i da

iaS MAT

V Académikjfirançaisey on trouve matin; ce qui veut ^ire.qu^ave^^ljgiibon voisin on a bonne garde.

Richelet écitt matùi , sans acicent circonflexe , et le sens est plus naturel : il s'agit du gracieux accueil que l'on doit attendre d'un bon voisin*

Suivant la première interprétation, le proverbe ne serait applicable qu'aux gens de la campagne, paixe que eux seuls se font garder par des mâtins. Ainsi restreint, le proverbe ne serait pas encore juste, parce que les habitations étant isolées , le chien préposé à la garde de l'une, na^met pas l'autre en sûreté.

Voyons doi|(^|Uniquement dans ce proverbe les poli<^ tesses et les légers services que de bons voisins reçoivent les uns des autres. .

MATIN. ( Fous ne vous êtes pas lei^é assez ) C'est-à-»dire , vous n'êtes pas assez fin pour in'attraper. Voici le proverbe à l'entier : Fous a^ez cru prendre ht mère au nid; vous ne vous êtes pus levé assez piatin. Les oiseleurs qui veulent lever un nid, et prendre la mère avec les petits, se mettent en campagne de bon matin , sans quoi ils courraient risque de ne pluil trouver que les petits.

MATINES. {Chanter Magnificat a) Faire une chose à contre-temps , renverser l'ordre. Assidus à tous les offices de l'Eglise, nos pères en avaient tiré une foule de comparj^isons.

MATINES. {Étourdi comme kptemier coup de) Ce proverbe peint Tétat d'un religieux ou d'un chanoine, au premier coup qui le réveille pour aller à matines.

Une nuit que Charles-Quiht , devenu *ih6îrife, feisait sa ronde avant nuitines , un novice éveillé' en sursaut

MÉD aag

lui dit : Hélas ! sacrée majesté, vous gui n^apez point donné de repos au monde tandis que vous y avez été, laissez au moins dormir et reposer ceux qui sont hors du monde.

MATINES. [Dangereux comme le retour de^ Estienne Pasquier, qui cite ce proverbe (Livre viii, chapitre 55 Aes Recherches de la France^, interprète lé danger par les coups qu'est exposé à recevoir un lïioine qui, la veille, a eu querelle avec un de ses confrères.

Nous aimons/ mieux l'explication de Le Duchat (/)«catiana, page Siy). Il s'agit d'un dévot non cloîtré, d'un ecclésiastique qui , le matin , au sortir de l'église , rencontre quelque femelle. Le cardinal Jacques de Vitry, légat du pape , qui fit à Paris un long séjour, et qui nous a laissé un tableau des mœurs de Patis au treizième siècle, dit que « les filles publiques dans les rues, dans les places, devant leur maison, arrêtaient effrontément les ecclésiastiques qui passaient , et appelaient sodomites ceux qui refusaient de les suivre. »

MAURE. [Traiter quelqu* un de Turc a) C'est le traiter avec une extrême rigueur.

Les Turcs sont les oppresseurs des régences mauresques.

Méchant.

A méchant méchant et demi.

Ce proverbe est très expressif chez les Italiens : A chair de loup dent de chien.

Médecin.

Qui veut la guarison du mire, il lui comient so/è mehain dire.

a3o MÉD

C'est-à'^ire, qui veut être guéri par le médecin, doit lui déclarer son mal.

Nos ancêtres appelaient leurs médecins mires.

Mire vient du bas-breton mir.

Les mires étaient à la fois chirurgiens , médecins et apothicaires; ils se servaient de filles pour panser leurs malades. Perceval parlant d'une dislocation , dit :

Li envoya un mire sage Et trois pucelles de l'escole Qui luy renouent Is canole.

Ces filles étaient reçues aux écoles de médecine.

Médecins d'eau douce.

Médecins dont les remèdes ne font ni plus de bien ni plus de mal que de Feau commune.

Cette locution proverbiale se prend en mauvaise part. Cependant d'habiles médecins ont exercé leur profesàioil à Paris même, en vrais médecins d'eau douce.

Bouvart (mort en Ï787) avait ordonné à la vieille Comtesse d'Esclignac de boire tous les jours à son letér un verre d'eau fraîche, de prendre une demiheure après une tasse de chocolat, et après le chocolat un veiTe d'eau. Un matin^elle ne pensa pas à la première partie de l'ordonnance , et sa distraction dura jusqu'à ce qu'elle eût pris son chocolat et le verre d'eau qui devait le suivre ; tout à coup elle s'aperçut de son oubli, et manda le médecin. Vous avez eu raison de me faire appeler, lui dit le docteur; il faut que votre chocolat se U'ouve entre deux eaux : prenez un lavement.

Tronchin (mort en 1781) excellait à guérir les vapeurs des femmes; il leur recommandait l'exercice et la tempérance. Celles qui avaient le courage de suivre ce conseil s'en trouvaient bien ; c^était le petit nombre.

MÉD aSi

Quant aux autres malades, il les guérissait ou ne les guérissait pas, en leur faisant avaler des pilules de savon. Il ne connaissait pas de moyen plus efScace de nettoyer l'estomac.

Nous ne savons à quel médecin, appartient l'anecdote suivante. Ce docteur traitait madame de S*** pour un rhume. — Eh bien î comtesse, lui, dit-il, où en sommes-nous aujourd'hui? Voyez, lui répondit-elle en présentant son bras; il le prit, et ta ta le pouls longtemps, car elle avait le bras fort beau. Nous en verrons la fin dans une huitaine , dit- il avec l'air satisfait; continuez : eau de poulet, nourriture légère, se tenir chaudement, et ne pas isortir. -»— Que dites-vous donc là, docteur? je compte bien aller ce soir à uo concert où doivent chanter mes nièces : j'ai promis ; je serai velue chaudement^ et je n'aurai qu'un pas à faire de ma voiture à la salle de musique. — Allez, et revenez tout de suite. — Quoi ! je ne pourrai pas voir le commencement du bal-? — Restez-y quelques momens ; mais n'en partagez pas les folies. — Je* n'aurai garde; ni Wal$e, ni ^gavotte, ni anglaise; une ou deux contredanses seulement où je ne ferai que marcher. -^ J'y consens. Point de souper. — Mais qu'importe, docteur, que je maiige ici pu là mon aile de poulet? — - Soit. Point de liqueurs au moins. — Ah 1 un verre de punch pour mûrir mon rhume, •— * Essayez ; mais ne restez pas trop tard.

La dame dansa, bioaucoup ^ soupa bien , but des li- <|ueurs,,«i> Bse rentra qa'à quatre heures. Elle avoua tout le lendemain au docteur, qui ne la trouva pas plus mal, et en rit beauoottp a-vee elle. .

MEi;)EÇJ|)fS., i^Lff^ ^^r,rç couvre ^^ fautes des) , JJn iqauYai& pçi^tre ^. fit médecin : comme on lui

îi32 MEL

demandait pourquoi il avait changé d'état : j'ai préféré , dit-il , celui dont la terre couvre les fautes.

MEDIANOCHE. {Faire)

Expression empruntée de la langue espagnole.

C'était, sous Louis xiv, faire un repas en viande , à minuit, lorsqu'un jour gras succédait à un jour maigre.

Madame de -Se vigne, dans une lettre adressée à sa fille, en 1 671, raconte qu'une femme de Rennes, qui avait ouï parler des medianoches , dit, à-<[uatre heures du soir, qu'elle venait de faire medianoche. « Cela , dit madame de Sévigné, est d'une sotte bête qui veut être à la mode. »

Cette mode avait déjà quelques années, car on voit beaucoup d'exemples de medianoches dans les Memoires de madame de Motteville.

Pourvu que minuit fût sonné, les personnes qui s'étaient crues dans l'obligation de jeûner, se faisaient servir sans scrupule des viandes exquises.

Le peuple a conservé son. medianoche; c'est le réveillon du jour de Noël, après la messe de minuit.

MELUN, {Faire comme l'anguille dey crier a^ant quon Vécorche.

On représentait à Melun le mystère de saint Bapthélemi, qui, suivant la, tradition de l'Église, futécorché. Un écolier nommé Languille, qui avait le personnage du saint, fut intimidé dès le momeat où l'on, vint pour l'attachera la croix, et il poussa un cri; ce qui fit dire ^ux assistans : Languille crie avant qu'on Véeorche.

Aux grandes fêtes, nos pères représentaient' les miracles des ç^ipts,,ç»l;4e$.suj^s de la 3ihle; il^ dôpraaient ces pièces Jçs non^s ^de ,jniracles et de mfstèrè^i ' " -

D'abor.(J les repj^sentations avaient eu lifCU dam les

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