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églises. On avait commencé durant la semaine sainte à exécuter la passion en parties. Un personnage couronné d'épines était au milieu de l'autel , et chantait tout ce que devait dire Jésus; d'autres représentaient les disciples. On choisissait au sort entre les serfs un hoinme roux qui, sous le nom de Judas, donnait à son maître le baiser de trahison; on y voyait Malchus; un homihe fort laid , habillé en femme , faisait le rôle de servante du gouverneur : le grand-prêtre Gaiphe, Pilate, Hérode, y jouaient leurs personnages; un chœur de Juifs chantait Xe crucifige; on y plaçait Barabbas , Siméon le Cyrénéen , les saintes femmes , le bon et le mauvais larron , les bourreaux armés de fouets. Le peuple fondait en larmes.
Des particuliers , témoins de l'effet surprenant que ce spectacle produisait, y virent un moyen de lucre, et résolurent de donner plus d'action et de développement à leurs personnages qu'il n'avait été possible de le faire dans les temples ; et les comédies de la Passion furent des espèces d'opéras à machines : ils y joignirent de la musique. Des* pèlerins, de retour de la Croisade oïl ils s'étaient ruinés, employèrent ce moyen pour subsister, et se joignirent à ceux qui avaient commencé ces représentations.
Dans le quinzième siècle, la troupe du Prince des sots y ou des enfans sans souci ^ se réunit aux Confrères de la Passion ; le peuple qui pleurait auparavant, vint aux mystères pour y rire.
Dans le même temps, les clercs de la basoche imitèrent Aristophane; leurs pièces, qu'ils appelaient moror lités^ dégénérèrent en satires personnelles ; le parlement fut obligé de les réprimer. D'un autre côté, l'Église, qui s'était d'abord montrée si complaisante pour cette