MÉMOIRE
Il ne /aut point de mÀm^oire a table; , parce que chacun s'y montre sans défiance. Les anciens disaient : Odi memorem compotorem.
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MÉMOIRE. {Il faut qu'un menteur ait bonne) Sans la mémoire, le menteur est exposé à se contredire* Les faits que l'on invente sont plus difficiles à retenir que les véritables.
Ménage.
Ce n'est qu'un ménage de gâté y dit -on de deux époux aussi déraisonnables l'un que l'autre. Tabôurot , poète du seizième siècle, fait allusion à ce proverbe dans l'épîgramme suivante :
Comme on traitait le mariage D'one maligne et d'nn malin , Un des parenft dit : C'eut dommage »
Us se battront soir et matin.
Non , dit un d'entre eux le plus sage , n les faut mettre ensemble, «fin Que du moins ce couple mutiiF Ne puisse troubler c[u'ub ménage.
Meitteur.
Nos pères disaient : Menteur comme une oraison funèbre j comme une épître dédiccUoircy comme un panégyrique; ils avaient oublié Tépitaphe.
Dans quelque cimetière que Ton entre , à droite , à gauche, on trouve des pierres qui couvrent des individus parfaits.
MENTIR. {Un 'enrage pas pour) C'est-à-dire , pour mentir il ne sort pas de son état naturel ; son habitude est de mentir.
MENUET ! ( Qu^ de choses dans un ) Ce mot emphatique du danseur Mardel est, pour ainsi dire, devenu proverbe.
Marcel, mott en 1759^ mettait à son ai^une importance ridicule. Profitant de l'engouement qité son charlatanisme avait fait naître , il disait à une duchesse :
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<c Madame, vous venez de faire la révérence comme une servante;» à une autre :" a Madame, vous venez de vous présenter en poissarde de la halle ; recommencez voire révérence , et que vos titres de noblesse vous accompagnent dans vos moindres actions. »
Il semblait que toutes ces impertinences fussent de convention , personne ne s'en fâchait. Pour accaparer les seigneurs et les étrangers , Marcel fît décorer un vaste salon. Assis dans un grand fauteuil , il recevait y en l'année 1740, tous ces illustres personnages. Après l'avoir salué dans les règles de l'art, on allait vers la cheminée , et on jetait dans un vase d'argent son écu de six francs. Les révérences de présentation à la cour étaient payées trois cents francs.
Un danseur anglais fort célèbre arriva à Paris, et des* cendit chez Marcel. « Je viens , lui dit-il , vous rendre un hommage que vous doivent tous les gens de notre art : souffrez que je danse devant vous, et que je profite de vos conseils». Volontiers, lui répondit Marcel. Aussitôt l'Anglais exécute des pas très difficiles , et fait de périlleux entrechats. Marcel le regarde , et s'écrie tout à coup : <c Monsieur, on saute dans les autres pays^ et l'on ne danse qu'à Paris. »
MÈRE. (Belle)
En général , les hommes qui se remarient sont plus difficiles dans leur second choix qu'ils n'avaient été dans le premier ; il leur faut une femme jeune et jolie ; de là le nom de belle ^ mère, donné à la seconde épouse par les enfans du premier lit.
Malgré totttes leurs prévenances , ces enfans sont , pour l'ordinaire, contrariés par la belle-mère. . En 1775 , époque où les coiffures de femmes étaient
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très larges et encore plus hautes, puisqu'elles s'élevaient à vingt-deux et vingt-trois pouces au-dessus du front , un marchand de modes de Paris, nommé Baulard, imagina des bonnets à la belle-'mere. Ces bonnets, au moyen de ressorts cachés dont le jeu était facile, s'élevaient et s'abaissaient à volonté. Devant sa belle-ihère, une jeune personne avait une coiffure d'un volume médiocre ; en son absence, elle lâchait les ressorts, et la coiffure remplissait toutes les conditions exigées par la mode.
Mere-graitd.
On dit d'une personne qu'on a vivement relancée , cpjLon Va reni^ojée chez sa mère-grand.
Merlan.
Le peuple a long-temps appelé les perruquiers m^rlans, parce qu'ils étaient couverts de poudré, et ressemblaient à des merlans couverts de farine pour être mis dans la poêle.
MÉSOFFRE. {J qui meschet on luy) C'èst-à-dire, on se prévaut de l'état de gêne où se trouve un vendeur pour acheter à bas prix.
Métier.
Un* y a si petit métier qui ne nourrisse son maître
Un des premiers devoirs des parens est de donner
un état à leurs enfans. Avec la plus petite industrie, on
vit pjirtout. Sua cuique ars pro viatico est y disaient
les Latins.
Il s'agit ici dii simple nécessaire ; et la vie réglée d'un homme qui travaille , l'habitue à s'en contenter.
MÉTIERv (jE^ est du) -. ; -. r.,n !>•,.
Voulait dire autrefois qu'une femme était, de mau-
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Taise vie ; et , entne eiles, les femmes publique» disaient : Notre métier. Aujourd'hui elles parlent de leur état : depuis que je suis dans V état y et -non depuis que je fais le métier : tant est générale la disposition à se donner de Timportance , à s'élever î
MÉTIERS. {Patrons des corps de)
Toutes les compagnies qui font corps ont chaçunç un patron y dont on célèbre la fête à table ^ ainsi qu'à l'église.
Rien de plus futile , ou plutôt de plus risible , que les motifs qui ont fait adopter tel saint préférableinent à tel autre. Les cordonnier sont pris saint Crépin^ de crepidis, chaussures; les libraires et imprimeurs, gens obligés de savoir le latin , saint lean-porte-Latine ; les eouwreurs et lesciiarpentiers, V Ascension, piM*ce qu ils montent, les <»bar6tier8, faiseurs de grillades, saint Laurent, à cause de son gril^ les boulangers , suint Michel, parce qu'ils font des miches; les paveurs, saint Roch, parce qu'ils employent des fragmens de roches; Içs tailleurs^ la Trinité, parce <jue leurs jambes croisées forment un triangle; les tapissiers, saint François d^ Assise, à cause des meubles destinés à s'asseoir; les brossiers, sainte Barbe, à cause de l'analogie qu'il y a entre cette isainte et leurs brosses ^qui sont barbues.
MEUNEEK. {Deyenir d'é^sque)
C'esjtfè-dire, passer çTun emploi éminent à un çimploi obscur.
Quelques étymologistes ont prétendu que ce proverbe était altéré, et qu'il fallait dire : JDcMenir d^évêque aumônier, parce que l'opposition est moins forte; cependant on la trouve plus forte encore dans pape et puis musnier, proveAe qm fait partie d*un recueil itiiprimé,
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il y a plus de deux cents ans , à ia suite du Dictùmnaire JrançcUs'latin de Nicot.
Pour peindre plus fortement les jeux de la fortune^ on a dû chercher Texagération.
MsuiriEiis.
C'est un vieux proverbe dans quelcjues uns de nos départemens, notamment dans celui de TAveyron, que saint Pierre n'a jamais voulu ouvrir la porte du paradis ni aux tailleurs ni aux meuniers.
Les meuniers et les tailieurs laissent dire; ik savent prendre k plaisanterie.
Midi.
Chercher midi à quatorze heures.
C'est-à-dire, cîiercher une c3iose où elle n^estpas, oïl elle ne doit pas se trouver.
Midi.
Chercher midi oh il n*est que onze heures, était jadis fexpression dont on se servait pour caractériser les flaireurs de dîners, les parasites.
MIDI. (^Démons du)
Nos pères appelaient ainsi les chercheurs de dîners^ faisant allusion à ces paroles d'un psaume : ab incursu et dœmonio meridianv.
C'était bien un démon du Midi cpie ce Pierre -de Montmaur, d'abord jésuite, puis charlatan, avocat, poète^ enfin professeur royal «a langue grecque à Paris. ÉpigRonmes, chansons > 'caricatures, portDaîls^ tout fut empkryé pour dévoiler sa sordide avarice ^ et rendre ridicttie sa profession de parasite. On le métamorphosa en perroquet qui cause toujours sansirÂen^e; ojaJb représenta logé au plus baut étage du collège idb Son-
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cour, afin de pouvoir mieux observer la fumée des cuisines ; on n'oublia pas le cheval avec lequel il allait dans un même jour dîner en différentes maisons; on le représenta préchaht dans une marmite^ On lui donna pour devise >un âne mangeant des chardons , avec ces mots : « Qu'importe qu'ils le piquent, pourvu qu'il les mange ». Boileau le signala aussi dans une de ses satires :
Tandis que Pelletier, crotté jusqu'à l'échiné i S'en -va chercher son pain de cuisine en cuisine, Savant en ce métier, si cher aux beaux esprits. Dont Montmaur autrefois Gt leçon dans Paris.
Montmaur mourut en 1 548 , à soixante-quatorze ans. Les différentes satires lancées contre lui ont été recueillies par Sallengre, gazetier hollandais, et forment a volumes in-8°, qui parurent en i-yiS.
MIEL. ( La lune de) ,
C'est-à-dire, le premier mois de mariage. Ce proverbe est un emprunt fait aux Orientaux.
Pendant la lune de miel , la soirée et une partie de la nuit sont consacrées aux plaisirs ; et le jour un mari répète les sermens d'un amour éternel , ou détaille le plan d'un avenir délicieux.
Mieux.
Le mieux est l*ennemi du bien.
Beau et sage proverbe que celui qui inspire du respect pour les choses établies.
MlGIYOKS.
Long-temps avant Henri m on appelait mignons et
* mignots les favoris des rois ; mais ceux de ce prince
occupèrent plus le public que n'avaient fait les favoris
de ses devanciers.
- ce Ce fut en 1 5i6, dit l'Étoile , tome i" de son jour*
nal, que le nom Aé mignon commença à trotter par la bouche du peuplé , à qui ils étoient fort odieux , tant par leurs façons de faire badines et hautaines, que par leurs accoutremens efféminés , et les dons immenses qu'ils recevaient du roi. Ces beaux mignons -portoient des cheveux frisés et refrisés, remontant par- dessus leurs petits bonnets de velours, comme chez les femmes , et leurs fraises de chemises de toile d'atour empesées et longues d'un demi-pied, de façon qu'à voir leurs têtes dessus leurs fraises , il sembloit que ce fut le chef de saint Jean dans un plat. »
Mignon y qui a la mine jolie. Au lieu de mine , on prononce migne dans quelques parties de la France.
Milieu.
Fertu gît au milieu.
Virtus est médium vitiorum , et utrinque reductum ,
à dit Horace.
Avec ce proverbe s'accorde celui-ci : Ne quidnimis.
Uflez y n'abusez pas, le sage ainsi l'ordonne :
L'abstinence ou l'excès ne fit jamais d'beureux.
(VoLTAïaB, Discours 5.)
MINE. {Juger les gens a la)
Il n'e^t pas étonnant que nos pères aient cherché le rapport des passions avec les traits du visage ; ils interrogeaient bien les plis du front et interprétaient les lignes de la main.
MlR.OIK.
Dame qui moult se mire y peu file.
Il y a long-temps que nos dames ont cessé de filer; mais elles n'ont pas non plus un miroir, comme jadis, suspendu à leur ceintu]:e.