LABRUYÈRE
Mais, hélas ! à peine mariée^ M"* La Bruyère relègue Maubreuil dans un cabinet noir , et elle reprendra la face même de son mari^ son train de vie d'autrefois, sans y associer^ bien entendu, même de loin, celui qui venait de lui sacrifier son nom, à défaut de son honneur^ sacrifié depuis longtemps déjà.
Maubreuil, volé et furieux, plaide alors en séparation, et le procès apprend au public que cette mademoiselle La Bruyère, qui se fait aujourd'hui nommer la marquise d'Orvault,est la fille d'un cocher de Montrouge, dont le fils a été condamné pour tentative de vol et d'assassinat sur la personne de sa propre sœur !
Elle se faisait appeler marquise d'Orvault. J'ai recherché à ce propos l'origine de ce Maubreuil, et son acte de naissance, dont j'ai un extrait sous les yeux, ne lui donne pas, à la rigueur^ le nom sous lequel il est surtout connu :
« Le vingt-sixième jour du mois de mai 178}, dit cette pièce, a été baptisé dans la chapelle du château de Maubreuil Jacques- Armand-Marie , né ce matin audit château, fils de très-haut et très-puissant seigneur Jacques- Louis- Marie Guerry, chevalier seigneur de Beauregard, et de trèshaute et très -puissante dame Bonne-Marie- Félicité de Menardeau de Maubreuil^ son épouse, etc.. »
D'oii il résulte que légalement les vrais noms de M. de Maubreuil devraient être Guerry de Beauregard. Quant au nom d'Orvault, et au marquisat qui l'accompagne^ on en trouve trace datis ledit acte, seulement au nom de la marraine du nouveau-né, M"* Charlotte Dupé d'Orvault, sa grand'mère.
Le héros de cette triste histoire a fini dans la misère et l'abandon peu de temps après le procès qui a si malencontreusement réveillé le souvenir de son nom. Retiré aux Batignolles, privé de tout, sans secours ni amis, loin