VERMOND
prose, qui peuvent constituer mes œuvres et dans lesquels toutefois je ne comprends ni mes trois romans, ni mes vingt ou trente discours politiques, ni mes deux cents articles de journaux. Ce n'est point là de la littérature et, je ne suivrai pas, en les faisant réimprimer, l'exemple que me donnent aujourd'hui la plupart de mes contemporains...
i< Je laisse quatre volumes de mémoires. J'ai vu presque tous les grands personnages de mon temps ; j'ai coopéré à bien des événements. J'ai dit la vérité souvent avec passion , trop souvent peut -être, mais j'ai toujours été juste et vrai. Advienne que pourra !
« Fait à Paris, le 9 novembre 1867, neuf jours avant d'avoir accompli mes 90 ans.
«ViENNET. »
Vermond (Louis de) , pseudonyme du romancier et journaliste Louis Enaulty l'élégant auteur de Christine^ de Nadège et de vingt autres romans dont la vogue durera longtemps. Il a encore signé Snor-Luce dans feu le journal de M"* Olympe Audouard, le Papillon (1862 à 1865). — Né en 1824.
Vermond (Paul). Voir Durand.
Verner (Paul). Voir Cagliostro.
Vernert (Louise). A l'époque de la conspiration de Strasbourg (novembre 1836), le prince Louis-Napoléon Bonaparte, aujourd'hui l'empereur Napoléon III, écrivit à quelques-uns de ses affiliés, notamment au colonel Vaudrey, plusieurs lettres, signées de ce pseudonyme, où il déguisait habilement sa personnalité et ses projets. Dans l'une de ces lettres, qui a été rendue publique lors des débats relatifs à cette affaire, Louise Vernert parle seulement à ce même colonel Vaudrey d'un mariage dont il veut
VERNERT. J5J
bien s'occuper pour elle. (( Mon mariage dépend de vous^ dit la prétendue Louise Vernert; mais en attendant que je sache si je me marierai ou si je resterai vieille fille, je vour prie de compter toujours sur ma sincère affection (i). »
Le mariage, comme on le pense bien, c'était la conspiration dont le résultat pouvait, en effet, dépendre de l'accord avec le prince du colonel Vaudrey, qui commandait un des régiments d'artillerie de la garnison de Strasbourg.
Mais le prince a publié depuis, soit comme prisonnier ou proscrit, soit comme Empereur, des ouvrages qui ont mieux servi à établir sa sérieuse réputation d'écrivain.
En 1832, à 24 ans^ parut sa première publication, une simple brochure, sous ce titre peu ambitieux : Rêveries po^ Uîiques ;
En 1833 il adresse une ËpUre en vers à M. de Château-», briand au sujet de la duchesse de Berry ;
Les Considérations sur la Suisse sont de la même année ;•
Le célèbre Manuel d artillerie parut seulement à Zurich, quatre ans plus tard (1836);- : :
En i8}7, l'illustre écrivain publie à Londres son ouvrage le plus répandu et le plus popularisé : Idées Napo--, léoniennes. Traduit dans presque toutes les langues de. PEurope, ce curieux écrit, apologie et justification de Napoléon l*^ et du régime impérial, a fait en peu d'années le tour du monde entier. Il a eu de nombreuses éditions,; dont l'une surtout, à bon marché, a eu une vente considfr. rable.
Du fort de Ham, en 1 841, le prince, alors prisonnier, livre à la publicité , d'abord une note curieuse sur l'artil-
(i) On trouvera cette lettre entièrement reproduite dans /* procès de Strasbourg, publié en même temps que celui de Boulogne, par un avocat du barreau de Paris, M. Albert Fermé. (2 val. in- 18, Le Chevalier, novembre 1^68.) .... . . . /